Façade réelle du 55 boulevard Robert-Schuman à Nantes, avec sa porte bleue et son balcon, photographiée en mars 2017.
Le 55 boulevard Robert-Schuman à Nantes, photographié le 23 mars 2017, six ans après les faits. Cette vue de la façade ne montre pas la terrasse.Photo : Jibi44 / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée par Wikimedia Commons ; recadrage d’affichage au carré, sans retouche de la scène.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Xavier Dupont de Ligonnès : la maison vide et la dernière trace

Affaires criminelles & crimes impossibles

Nantes → Roquebrune-sur-Argens · France

Avril 2011 · Dernière trace rapportée : 15 avril · Découverte : 21 avril

Principal suspect disparu · Faits et témoignages distingués

Lire le dossier

Nantes, avril 2011. Au 55 boulevard Robert-Schuman, les volets restent fermés et les proches n’obtiennent plus de nouvelles. Des courriers annoncent un départ familial : une mutation en Australie pour les uns, une protection sous de nouvelles identités aux États-Unis pour les autres. Pendant ce temps, Xavier Dupont de Ligonnès traverse la France, laisse des paiements et passe plusieurs nuits à l’hôtel. Le 15 avril, sa trace s’arrête à Roquebrune-sur-Argens, après l’abandon de sa voiture. Six jours plus tard, Agnès et ses quatre enfants sont retrouvés morts sous la terrasse de la maison nantaise. La famille n’est pas partie avec lui. Comment rapprocher les derniers jours de ses proches, les démarches qui organisent leur absence et ce trajet qui reste visible jusqu’à un parking du Var ?

LES REPÈRES

L’affaire en 30 secondes

Période
Avril 2011 ; corps découverts le 21 avril.
Lieu
55 boulevard Robert-Schuman, Nantes, France.
Victimes
Agnès et ses quatre enfants : Arthur, Thomas, Anne et Benoît.
Principal suspect
Xavier Dupont de Ligonnès, père de famille disparu.
Dernière trace
15 avril 2011, 16 h 10 : départ à pied de l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens, selon l’extrait.
Justice et inconnues
Aucun jugement sur le fond fourni dans les documents utilisés. Le devenir du suspect après sa dernière trace reste inconnu dans ce corpus.

CHAPITRE 01 / 16

La maison du boulevard Robert-Schuman

Nantes, au début d’avril 2011. La famille Dupont de Ligonnès habite une maison louée au 55 boulevard Robert-Schuman, dans le nord-ouest de la ville. Cette adresse rassemble des vies qui ne se déroulent pas toutes au même endroit : Agnès travaille dans un établissement scolaire, les plus jeunes vont en classe, les aînés étudient et se déplacent. La disparition se remarque d’abord dans ces rendez-vous ordinaires. Un élève manque, un appel n’aboutit pas, une visite reste sans réponse.

Agnès est adjointe à la vie scolaire dans l’ensemble catholique Blanche-de-Castille, où elle enseigne aussi le catéchisme. Arthur, vingt ans, suit une formation en informatique à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée, et travaille dans une pizzeria nantaise. Thomas, dix-huit ans, étudie la musicologie à Angers. Anne, seize ans, et Benoît, treize ans, sont scolarisés à La Perverie. Ces lieux expliquent pourquoi plusieurs entourages constatent séparément leur absence.

Le dossier ne commence donc pas avec une famille isolée de tous. Il commence avec une rupture dans des relations existantes. Des amis cherchent à joindre les enfants ; un employeur attend Arthur ; une voisine observe les volets fermés. Aucun de ces signes, pris seul, ne raconte ce qui est arrivé. Leur accumulation donnera à la maison une importance nouvelle. [1]

CHAPITRE 02 / 16

Les entreprises de Xavier et les difficultés financières

Xavier Dupont de Ligonnès est présenté comme commercial dans l’extrait documentaire. Ses projets ont des noms et des adresses : la SELREF, la Route des Commerciaux, la Carte Crystal et une Fédération française des commerciaux. Ils concernent notamment les voyageurs de commerce, l’hôtellerie, la restauration et la fidélisation de clients. L’image d’un homme régulièrement sur les routes possède ainsi un contexte professionnel identifiable.

La Route des Commerciaux est décrite comme un guide d’hôtels et de restaurants destiné aux représentants. La Carte Crystal correspond à un projet de fidélisation pour les restaurants. Ces activités ne doivent pas être confondues avec une réussite financière démontrée. Le texte transmis rapporte au contraire des structures peu prospères, des commerciaux embauchés puis licenciés et des difficultés qui s’accumulent.

Le 5 avril 2011, un huissier chargé de recouvrer une dette de vingt mille euros se présente au domicile et trouve porte close. Cette visite inscrit un problème d’argent dans la chronologie. Elle ne suffit pas à établir un mobile unique ni à expliquer une décision criminelle. Les finances font partie des éléments examinés autour de Xavier ; elles ne permettent pas de lire ses pensées. [1]

CHAPITRE 03 / 16

Le courriel de 2010 et ce qu’il permet de dire

Bien avant les absences d’avril, un courriel adressé à deux amis évoque une issue suicidaire et la possibilité de faire mourir la famille avec lui. L’extrait reproduit des passages de cet écrit et signale une pièce jointe intitulée « Dispositions.doc ». Ce document antérieur aux meurtres occupe une place particulière : il est présenté comme une expression attribuée à Xavier, pas comme le souvenir d’une conversation reconstituée après sa disparition.[1]

La portée de cet écrit doit rester précise. Il rapporte des propos alarmants dans un contexte de difficultés. Il ne décrit pas l’exécution des faits d’avril 2011 et ne constitue pas un aveu ultérieur de ces faits. On ne peut pas tirer d’un message ancien une chronologie complète, un mécanisme certain ou la preuve de ce qu’un homme aurait décidé plusieurs mois plus tard.

CHAPITRE 04 / 16

Mars 2011 : les achats et les séances de tir

Le 12 mars 2011, selon la chronologie transmise, Xavier achète un silencieux et des cartouches dans une armurerie de Nantes. Le même extrait situe l’obtention de sa licence de tir au 2 février et mentionne quatre séances entre le 26 mars et le 1er avril au stand Charles des Jamonières, à La Jonelière. Ce sont des actes datés et des lieux nommés, auxquels le dossier attribue une place dans la préparation présumée.

D’autres achats apparaissent autour de la fin du mois. Un ticket provenant d’un magasin de bricolage de Saint-Maur, dans l’Indre, est retrouvé au domicile. Le texte hésite entre le 23 et le 30 mars pour sa date et cite notamment des sacs de grande taille et des dalles de sol adhésives. Cette incertitude ne doit pas être effacée pour rendre la chronologie plus nette.

Le 1er avril, l’extrait mentionne l’achat de ciment et d’outils ; le lendemain, celui de sacs de chaux dans plusieurs magasins de la région nantaise. Le rapprochement avec les découvertes ultérieures est au cœur des soupçons. Un ticket atteste toutefois un achat, pas à lui seul l’usage exact de chaque objet. Les rapports d’expertise ne figurent pas dans les documents utilisés ici. [1]

CHAPITRE 05 / 16

Du 1er au 3 avril : les derniers rendez-vous

Le 1er avril, Arthur quitte le lieu de ses études en Vendée. Son employeur à Nantes s’étonne qu’il ne passe pas chercher sa paie à la pizzeria comme il en a l’habitude. Elle ne fixe pas, à elle seule, l’heure de sa mort ou l’endroit où il se trouve ensuite.

Le dimanche 3 avril, l’extrait situe une sortie au cinéma suivie d’un dîner au restaurant pour les parents et trois des enfants. Un voisin rapporte avoir vu Agnès, puis Xavier chargeant de gros sacs dans sa Citroën C5. Ces éléments n’ont pas le même statut : une sortie retracée, un souvenir de voisinage et un déplacement observé ne répondent pas tous aux mêmes questions.

À 22 h 37, Xavier laisse un message sur le répondeur de sa sœur Christine. Il évoque la sortie familiale et des nouvelles de son beau-frère. Le message existe dans le récit comme un élément sonore daté. Son ton apparent n’autorise pas à conclure que tous les membres de la famille vont bien à cet instant. Il renseigne sur ce que Xavier dit, sans donner accès à l’ensemble de ce qui se déroule dans la maison. [1]

CHAPITRE 06 / 16

Le 4 avril : les absences à Nantes, le dîner à Angers

Le lundi 4 avril, Anne et Benoît sont absents de La Perverie pour un motif de maladie. Leurs camarades s’inquiètent de ne pas les joindre. Une explication circule : la famille serait sur le point de partir en Australie à la suite d’une mutation professionnelle du père. Pour des proches qui n’ont pas été avertis directement, ce départ annoncé ne dissipe pas toutes les questions.

Le soir, Xavier dîne avec Thomas au restaurant Le Cavier, à Avrillé, près d’Angers. Des serveurs disent se souvenir d’un repas silencieux et d’un jeune homme qui semble ne pas se sentir bien à la fin. Ces observations restent des témoignages sur une soirée. Elles ne permettent pas d’affirmer une administration de produit ni d’expliquer médicalement l’état de Thomas.

Angers devient un point décisif de la géographie du dossier parce que Thomas n’est pas simplement placé à Nantes pendant toute cette période. Sa vie étudiante, ce dîner et le retour rapporté le lendemain imposent une chronologie distincte. Un récit qui ferait disparaître tous les membres de la famille au même instant gommerait une partie essentielle des éléments transmis. [1]

CHAPITRE 07 / 16

Le 5 avril : le retour de Thomas et les messages suivants

Un ami de Thomas affirme avoir passé l’après-midi du mardi 5 avril avec lui à Angers. Ils font de la musique et regardent la télévision. Thomas envisage de rester dormir lorsqu’un appel de son père le conduit, d’après ce témoignage, à changer ses projets. Xavier lui aurait annoncé un accident de vélo de sa mère. Cette explication est attribuée au père ; elle n’est pas présentée ici comme un accident établi.

L’ami rapporte que Thomas dîne rapidement, puis prend un train vers Nantes autour de 22 h 30. Ce récit apporte un déplacement et une raison annoncée pour ce déplacement. Il ne montre pas ce qui se passe une fois Thomas revenu. Le scénario exposé dans l’extrait situe sa mort dans la soirée du 5 avril, séparément de celles d’Agnès et des trois autres enfants.

Les jours suivants, l’ami reçoit de brefs SMS invoquant une maladie puis un problème de batterie et de chargeur. Un message reçu sur un téléphone peut donner l’impression qu’une relation continue. Il ne suffit pourtant pas à identifier son rédacteur. Le contenu de ces réponses doit donc être distingué d’une preuve que Thomas est encore vivant au moment de leur envoi. [1]

CHAPITRE 08 / 16

Les personnes qui pensent avoir vu Agnès après le 4 avril

Plusieurs témoignages rapportés dans l’extrait ne s’accordent pas avec la fenêtre des décès retenue dans le scénario d’enquête. Une salariée d’un salon de coiffure dit avoir aperçu Agnès le 5 avril autour de midi. Une voisine se souvient d’un échange le 7 avril. Une commerçante évoque également une visite le 7 ou le 8. Ces déclarations font partie des contradictions régulièrement reprises dans les récits de l’affaire.

Le procureur de Nantes est cité sur une limite précise : les médecins légistes ne peuvent pas fixer les décès au jour près. Cela justifie de conserver une marge dans les dates. Cela ne valide pas automatiquement chacun des souvenirs de voisinage. Une conviction exprimée par un témoin, même durable, doit être distinguée de la confirmation indépendante de la scène qu’il décrit.

L’extrait évoque notamment un reportage d’Envoyé spécial diffusé en octobre 2013, dans lequel une voisine maintient son souvenir. Le reportage n’a pas été consulté pour cette édition. Ces éléments sont donc conservés comme des témoignages rapportés par la synthèse, sans en tirer une autre date certaine des meurtres ni une conclusion sur l’identité de leur auteur. [1]

CHAPITRE 09 / 16

Une absence expliquée aux écoles, à l’employeur et au courrier

La disparition prend aussi une forme administrative. L’extrait rapporte la résiliation du bail, des démarches concernant les comptes, des règlements à l’établissement scolaire et une maison partiellement vidée. Ces opérations ne sont pas toutes datées avec la même précision. Elles ont en commun de rendre intelligible, pour différents interlocuteurs, l’idée que les occupants quittent les lieux.

La boîte aux lettres est démontée et une consigne imprimée demande le retour des courriers à leurs expéditeurs. L’employeur d’Agnès reçoit d’abord une explication liée à une maladie, puis celle d’un départ en Australie. Le 11 avril, La Perverie reçoit une lettre signée de Xavier annonçant le départ d’Anne et Benoît pour une mutation urgente. Blanche-de-Castille reçoit une lettre de démission portant la signature d’Agnès ; son directeur ne parvient pas à la joindre.

Une signature rapportée sur un courrier n’autorise pas à attribuer sa rédaction ni à reconstituer les conditions dans lesquelles elle a été apposée. La question centrale est ailleurs : écoles, employeur et destinataires du courrier reçoivent des explications qui peuvent retarder la compréhension d’une absence inquiétante. Le départ existe dans les démarches avant d’être vérifié dans la réalité. [1]

CHAPITRE 10 / 16

Australie ou États-Unis : deux versions d’un départ familial

Les proches ne reçoivent pas tous le même récit. Une lettre dactylographiée, présentée comme non signée et datée du 11 avril, explique que Xavier aurait travaillé secrètement pour la DEA américaine. Selon cette histoire, la famille devrait être protégée aux États-Unis après une affaire de stupéfiants, vivre sous de nouvelles identités et rester injoignable pendant plusieurs années. L’extrait précise que la date aurait pu être ajoutée au document.

Ce scénario ne doit pas être raconté comme l’existence d’une mission ou d’une exfiltration réelles. Il s’agit du contenu de la lettre attribuée à Xavier. Le même texte invite ses destinataires à diffuser l’explication d’une mutation en Australie. Il organise ainsi deux niveaux de récit : une justification publique du départ et une prétendue raison confidentielle pour les proches.

La force de cette construction tient à ce qu’elle explique d’avance l’impossibilité de vérifier. Si la famille doit changer d’identité, ne plus téléphoner et ne pas donner d’adresse, l’absence de nouvelles peut sembler faire partie du programme annoncé. La découverte des victimes à Nantes contredira le cœur de cette histoire : Agnès et les enfants ne sont pas partis vivre ensemble à l’étranger. [1]

CHAPITRE 11 / 16

Du dernier contact nantais au départ vers le sud

Le 8 avril, une dernière connexion de Xavier depuis l’adresse IP du domicile nantais est rapportée dans l’extrait, qui cite le procureur. Xavier écrit aussi à son beau-frère Bertram, annonçant que de plus longues nouvelles passeront par Christine. Le message transmet une assurance ; il ne donne pas la localisation de chaque membre de la famille.

La chronologie jointe situe le départ de Nantes le 10 avril, puis une nuit à Puilboreau, près de La Rochelle. Le trajet se poursuit vers Blagnac, dans l’agglomération toulousaine. Ces étapes font apparaître un déplacement progressif vers le sud et l’est de la France. Elles ne prouvent pas quel devait en être le terme ni si un plan précis prévoyait déjà l’arrêt dans le Var.

Il faut ici séparer la route de Xavier de celle qu’il prête à sa famille. Les lettres parlent d’Australie et des États-Unis ; les étapes retracées conduisent à des hôtels français. Ce décalage fournit le fil du dossier. Il ne permet pas de transformer chaque réservation ou chaque paiement en message volontairement adressé aux enquêteurs. La visibilité du trajet est un constat, pas la preuve d’une intention de se laisser suivre. [1]

CHAPITRE 12 / 16

Blagnac, Le Pontet, La Seyne-sur-Mer : les nuits d’hôtel

Xavier passe la nuit du 11 au 12 avril dans un hôtel Première Classe à Blagnac. L’extrait indique un règlement par carte bancaire et un départ avec la Citroën C5. Une transaction laisse un repère distinct d’un simple signalement visuel : un établissement, un moyen de paiement et une période peuvent être rapprochés. Cette trace n’explique toutefois pas tout ce qu’il fait entre deux étapes.

La nuit suivante le conduit à l’Auberge de Cassagne, au Pontet, près d’Avignon. Le récit transmis mentionne le nom « Xavier Laurent » et un paiement de 214,59 euros. Ce nom d’enregistrement ne démontre pas l’existence d’une identité durablement construite. Il renseigne sur cette étape, sans autoriser une histoire complète de faux papiers ou de réseau d’assistance.

La carte de l’extrait situe ensuite une nuit à La Seyne-sur-Mer, du 13 au 14 avril. L’établissement n’y est pas précisé : le dossier conserve donc le nom de la commune sans compléter l’adresse. Pendant que cette route se poursuit, à Nantes, une couturière du voisinage alerte la police le 13 avril. Les volets fermés depuis plusieurs jours et la présence de la voiture d’Agnès l’inquiètent. Deux géographies avancent alors en parallèle. [1]

CHAPITRE 13 / 16

14 et 15 avril : la voiture reste à Roquebrune-sur-Argens

Le 14 avril, Xavier retire trente euros à un distributeur de Roquebrune-sur-Argens. Il passe la nuit dans un hôtel Formule 1 de la commune. Le lendemain, une caméra le montre quittant à pied le parking à 16 h 10, d’après le relevé reproduit dans l’extrait. Sa Citroën C5 reste sur place. Ce point constitue la dernière trace présentée comme identifiée dans la synthèse transmise.

Le passage de la voiture à la marche change la lecture du trajet. Depuis Nantes, les étapes étaient associées à un véhicule, à des hôtels et à des paiements. À partir de ce parking, le récit documentaire perd sa continuité. Les documents disponibles ici ne donnent ni rendez-vous démontré, ni trajet suivant, ni lieu de séjour attesté.

La présence, dans les récits de l’affaire, d’une disparition survenue le même jour à Lorgues a suscité un rapprochement. L’extrait précise pourtant que l’affaire Colette Deromme a trouvé une autre explication judiciaire, sans lien établi avec Xavier. La proximité d’un lieu et d’une date peut ouvrir une vérification ; elle ne suffit pas à réunir deux dossiers. Cette piste ne prolonge donc pas sa route dans la présente fiche. [1]

CHAPITRE 14 / 16

Le 21 avril : la découverte qui contredit le départ familial

À Nantes, l’inquiétude ne se résout pas par les explications reçues. L’extrait indique qu’une visite policière du 13 avril, avec l’aide d’un serrurier, permet de constater une maison partiellement vidée et nettoyée. Une enquête pour disparition inquiétante est ouverte le 19 avril. La copie transmise s’interrompt au début de cette partie : elle ne fournit pas le récit intégral des opérations de recherche.

Son introduction établit néanmoins le résultat essentiel : le 21 avril 2011, les corps d’Agnès et de ses quatre enfants sont retrouvés sous la terrasse de la maison du boulevard Robert-Schuman. Il ne s’agit plus seulement d’expliquer pourquoi personne ne répond. Il faut désormais enquêter sur cinq morts et sur la disparition du père, désigné comme principal suspect.

La découverte renverse la signification des lettres. L’hypothèse d’une famille réunie à l’étranger ne rend plus compte de la situation. Mais le constat des décès ne donne pas, à lui seul, toutes les circonstances des meurtres. Leur chronologie précise, l’interprétation des traces et l’attribution des actes restent des questions distinctes. [1]

CHAPITRE 15 / 16

Octobre 2019 : l’annonce d’une arrestation et sa remise en cause

Le second document transmis est un extrait de la page de discussion Wikipédia. Des contributions datées du 13 octobre 2019 reviennent sur l’annonce médiatique d’une arrestation attribuée à Xavier Dupont de Ligonnès, puis sur sa remise en cause. Les intervenants décrivent un autre homme arrêté à son arrivée en Écosse et dénoncent la précipitation des journaux. Ce sont des commentaires sur un épisode médiatique, pas des comptes rendus judiciaires.

Des échanges ultérieurs débattent d’un appel anonyme, de la comparaison d’empreintes et du partage des responsabilités entre policiers et médias. Leurs affirmations techniques et leurs spéculations ne sont pas retenues comme des faits établis : les pièces nécessaires pour les vérifier ne sont pas fournies.

Cet épisode explique néanmoins une précaution de lecture : l’annonce d’une identification n’est pas équivalente à sa confirmation. Dans une affaire aussi commentée, une nouvelle présentée comme décisive peut être relayée avant la fin des contrôles. La page de discussion est utilisée ici pour documenter ce débat et ses réserves, pas pour désigner un responsable de l’erreur. [2]

CHAPITRE 16 / 16

Une famille retrouvée, un homme dont la route s’interrompt

La maison de Nantes et le parking du Var ne répondent pas à la même question. La première permet de comprendre que le départ familial annoncé ne correspond pas à la réalité retrouvée. Le second fixe un point où Xavier quitte son véhicule et où le trajet retracé s’arrête. Entre les deux, les lettres, les messages, les paiements et les témoignages composent un dossier de nature très différente selon chaque pièce.

Un nom utilisé à l’hôtel n’établit pas une nouvelle vie. Une lettre sur la protection des témoins n’établit pas un soutien américain. Une absence de trace ne démontre, à elle seule, ni un décès ni une fuite réussie. Les scénarios peuvent être discutés, mais aucun ne doit devenir le dénouement du récit simplement parce qu’il paraît cohérent ou spectaculaire.

Xavier reste le principal suspect désigné par les documents utilisés, qui ne fournissent aucun jugement sur le fond. Au-delà de Roquebrune-sur-Argens, cette édition n’ajoute aucune étape à sa route. [1]

REPÈRES DOCUMENTAIRES

Ce qui est documenté / ce qui reste incertain

Documenté

  • Cinq victimes : Agnès et les quatre enfants, retrouvés le 21 avril 2011 sous la terrasse de la maison nantaise.
  • Des lettres présentent des versions différentes d’un départ familial à l’étranger.
  • Un itinéraire par plusieurs hôtels français est retracé pour Xavier entre le 10 et le 15 avril.
  • Une dernière image à Roquebrune-sur-Argens, le 15 avril à 16 h 10, est rapportée dans la synthèse.
  • Xavier est présenté comme le principal suspect.

Incertain ou non établi

  • La date et l’heure exactes de chaque décès ; les témoignages de voisinage rapportés ne concordent pas tous.
  • Les circonstances précises de rédaction et de signature de chaque courrier ; l’existence d’une mission pour la DEA n’est pas établie.
  • Ce qu’il fait pendant tous les intervalles entre les étapes et le terme qu’il envisage pour son trajet.
  • Son devenir après cette trace : aucun lieu de séjour ultérieur n’est confirmé dans les extraits utilisés.
  • Aucun jugement sur sa culpabilité n’est fourni ; les échanges entre contributeurs ne constituent pas une décision judiciaire.

Ce tableau décrit le niveau d’information des documents utilisés. « Documenté » ne signifie pas que la rédaction a eu accès aux pièces originales de l’enquête.

REPÈRES DOCUMENTAIRES

La chronologie : Nantes, les hôtels, la dernière image

  1. 2010

    Un courriel attribué à Xavier évoque une issue suicidaire et la mort de sa famille.

  2. 2 février 2011

    Obtention d’une licence de tir, selon la chronologie transmise.

  3. 12 mars 2011

    Achat rapporté d’un silencieux et de cartouches à Nantes.

  4. Fin mars 2011

    Ticket de bricolage daté du 23 ou du 30 mars ; quatre séances de tir sont situées entre le 26 mars et le 1er avril.

  5. 1er et 2 avril 2011

    Achats de matériaux et d’outils rapportés dans l’extrait ; Arthur ne passe pas chercher sa paie comme attendu.

  6. 3 avril 2011

    Sortie familiale au cinéma et au restaurant ; message de Xavier à sa sœur à 22 h 37.

  7. Nuit du 3 au 4 avril

    Fenêtre des décès d’Agnès et de trois enfants proposée par les enquêteurs dans le récit transmis, sans datation au jour près par les légistes.

  8. 4 avril 2011

    Absences scolaires à Nantes ; dîner de Xavier et Thomas à Avrillé.

  9. 5 avril 2011

    Visite d’un huissier au domicile ; présence de Thomas à Angers et retour vers Nantes rapportés par un ami. Sa mort est située ce soir-là dans le scénario d’enquête.

  10. 5 au 8 avril 2011

    Témoignages rapportés de personnes pensant avoir aperçu Agnès ; ils restent discutés.

  11. 8 avril 2011

    Dernière connexion depuis le domicile nantais attribuée à Xavier dans l’extrait ; courriel à son beau-frère.

  12. 10 au 11 avril 2011

    Départ de Nantes puis nuit à Puilboreau, selon la carte chronologique transmise.

  13. 11 au 12 avril 2011

    Courriers reçus par les établissements scolaires ; nuit à Blagnac. Une autre lettre porte la date du 11 avril, dont l’apposition est discutée.

  14. 12 au 13 avril 2011

    Nuit à l’Auberge de Cassagne, au Pontet, sous le nom rapporté de Xavier Laurent.

  15. 13 avril 2011

    Alerte d’une voisine et visite policière de la maison ; nuit située à La Seyne-sur-Mer dans l’itinéraire.

  16. 14 avril 2011

    Retrait de trente euros et nuit à l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens.

  17. 15 avril 2011, 16 h 10

    Dernière image rapportée : Xavier quitte le parking à pied, sa voiture restant sur place.

  18. 19 avril 2011

    Ouverture d’une enquête pour disparition inquiétante.

  19. 21 avril 2011

    Découverte d’Agnès et des quatre enfants sous la terrasse du 55 boulevard Robert-Schuman.

  20. Octobre 2019

    Les échanges transmis évoquent une annonce d’arrestation erronée et débattent de l’emballement médiatique. Ils ne remplacent pas les documents de procédure.

Les dates probables et les témoignages restent signalés comme tels. Repères issus de la synthèse transmise [1] et, pour le débat de 2019, de la page de discussion [2].

REPÈRES DOCUMENTAIRES

Les lieux clés : deux géographies à suivre

  • Nantes — 55 boulevard Robert-Schuman

    Le domicile loué par la famille, les alertes du voisinage et la découverte des victimes.

  • Nantes — Blanche-de-Castille et La Perverie

    Les établissements où le travail d’Agnès et la scolarité des plus jeunes rendent les absences visibles.

  • Saint-Laurent-sur-Sèvre et Angers

    Les villes d’études d’Arthur et de Thomas. Angers est aussi le point de départ du retour rapporté de Thomas le 5 avril.

  • Avrillé — Le Cavier

    Le restaurant où le dîner de Xavier et Thomas est situé le 4 avril.

  • Puilboreau → Blagnac → Le Pontet → La Seyne-sur-Mer

    Les étapes successives de l’itinéraire présenté pour Xavier entre le 10 et le 14 avril.

  • Roquebrune-sur-Argens — hôtel Formule 1

    Le retrait d’argent du 14 avril, la voiture laissée sur place et la dernière image du départ à pied le lendemain.

L’Australie et les États-Unis appartiennent au récit de départ annoncé. Ils ne sont pas des étapes de voyage établies pour la famille dans les documents utilisés.

REPÈRES DOCUMENTAIRES

Ce qui rend cette affaire singulière

Le mécanisme central est le décalage entre une disparition expliquée et une disparition constatée. Courriers, démarches et messages donnent d’abord une raison à l’absence de la famille. La découverte sous la terrasse détruit cette explication, tandis que la route du père demeure retracée par des hôtels et des paiements jusqu’au Var. Les documents ne manquent donc pas tous : certains montrent des déplacements, d’autres racontent une version qui ne correspond pas au sort des victimes. L’enquête doit distinguer ces fonctions avant de poser la question de ce qui se passe après la dernière image.

REPÈRES DOCUMENTAIRES

Trois dossiers pour comparer les mécanismes

DOCUMENTATION

Sources documentaires et limites de cette édition

Cette édition organise les deux extraits transmis à la rédaction. Elle ne présente pas ces copies comme un accès au dossier judiciaire et ne revendique pas de nouvelle enquête documentaire sur les faits. Les renvois de l’extrait vers RTL, Envoyé spécial ou d’autres publications sont des références indirectes : leurs contenus originaux n’ont pas été consultés pour cette publication.

  1. Wikipédia — Affaire Dupont de Ligonnès, extrait transmis

    Copie partielle remise à la rédaction le 16 septembre 2026 ; date exacte de la version non fournie. Base du récit familial, des achats, des témoignages, des courriers et du trajet d’avril 2011. La découverte du 21 avril figure dans son introduction. Limites : source de synthèse ; références originales non consultées pour cette édition ; copie interrompue au début de l’enquête pour disparition inquiétante.

  2. Wikipédia — Discussion de l’affaire, extrait transmis

    Contributions datées de 2019 à février 2026 dans la copie reçue. Documente les débats éditoriaux autour de l’annonce d’arrestation de 2019, des sources et de la qualification de l’affaire. Limites : opinions de contributeurs, pas une source judiciaire ni une expertise ; affirmations techniques, accusations et spéculations non retenues comme faits établis. L’extrait se termine au milieu d’un commentaire.

  3. Wikimedia Commons — Nantes, 55 boulevard Robert-Schuman

    Photographie de Jibi44 prise le 23 mars 2017. La notice identifie le bâtiment, la date, l’auteur et la licence CC BY-SA 4.0. Provenance et licence consultées le 16 septembre 2026. Limite : image postérieure aux faits, qui ne montre ni la terrasse ni l’état des lieux en avril 2011.

L’extrait de Wikipédia est reformulé et réorganisé ; les formulations longues et les citations personnelles ne sont pas reproduites. Attribution aux contributeurs de Wikipédia : historique de l’article et historique de la discussion. Le texte de cette fiche est proposé sous CC BY-SA 4.0 ; les photographies et vignettes conservent leurs crédits et droits propres.

Historique éditorial

— Première publication : synthèse des extraits transmis, chronologie, distinction des niveaux de certitude et rapprochements avec le catalogue. Aucune correction antérieure à cette première édition.