LE DOSSIER DOCUMENTAIRE
Loïc Goudard : la chute inexpliquée d’un hôtel de Magaluf, à Majorque
Magaluf, Majorque, début juillet 2018. Loïc Goudard, 19 ans, chute d’un hôtel où il ne séjourne pas. Le récit de son arrivée précipitée dans le bâtiment ouvre une question : que cherche-t-il à fuir, ou à rejoindre ? La conclusion espagnole du suicide est contestée par sa famille. Après des années de démarches, l’enquête française est relancée fin 2025.
L’affaire en bref
- Lieu et période
- Magaluf, sur l’île de Majorque, au début de juillet 2018. Les sources donnent le 1er ou le 2 juillet ; cette divergence est explicitée dans le récit.
- Le point central
- Une chute depuis un hôtel différent de celui du groupe, après une arrivée décrite comme précipitée.
- Situation du dossier
- Hypothèse espagnole du suicide contestée ; reprise des investigations françaises annoncée en décembre 2025. Aucun auteur d’homicide établi dans les sources consultées.

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Une chute, deux dates dans les récits
À Magaluf, une nuit de vacances devient une affaire entre plusieurs pays. Loïc Goudard se trouve à Majorque avec des amis. Il entre dans un autre établissement que le leur, gagne les étages, puis tombe. Ce noyau du récit est commun aux sources. Le calendrier, lui, ne l’est pas tout à fait : plusieurs articles de presse régionale situent le drame le 1er juillet 2018 ; Le Parisien et le récit de RTL retiennent la nuit du 1er au 2 juillet. Faute d’acte original permettant de trancher, conserver cette divergence est plus exact que la faire disparaître. [3] [9]
Dans la version détaillée publiée par RTL, il est près de 4 h 30 lorsque Paula Brown, une vacancière britannique, aperçoit la chute depuis un bâtiment voisin. Elle se rend à la réception de l’hôtel, désigné sous le nom d’AluaSun. Les secours sont alertés. Loïc est retrouvé encore vivant, puis transporté à l’hôpital Son Espases, à Palma. Il ne survit pas. Le témoignage décrit une chute ; il ne révèle pas, à lui seul, le geste qui la précède. [1]
Cette distinction commande toute la suite. Une personne peut observer le passage d’un corps dans son champ de vision sans voir l’intérieur du couloir, le bord de la fenêtre ou une éventuelle présence en retrait. L’événement final est visible. Son déclenchement peut rester hors de vue. L’enquête doit donc relier des observations séparées, faites depuis la rue, la réception et les étages, sans attribuer à un témoin ce qu’il ne dit pas avoir vu.
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Crozet, une ferme et un départ entre amis
Avant Magaluf, il y a Crozet, dans le Pays de Gex. Loïc grandit dans une famille qui travaille dans l’agriculture. France 3 rapporte qu’il suit une formation à Poisy, en Haute-Savoie, avec l’idée de rejoindre l’exploitation parentale. La présentation de l’association familiale évoque une future installation avec son amie et la perspective de reprendre un jour l’activité. Ces éléments restituent un jeune adulte engagé dans une vie concrète, avec un métier à apprendre et un avenir envisagé. [3] [2]
Le voyage naît dans un cadre collectif. Des membres de la Jeunesse de Sergy ont organisé des manifestations et réuni de quoi financer une semaine de vacances. Onze amis partent pour Majorque, selon l’association. À l’échelle de leur village, ce séjour est un projet commun ; à l’arrivée, chacun peut cependant quitter une soirée à un moment différent. C’est ce décalage entre le groupe au départ et les trajectoires individuelles de la nuit qui rend les dernières heures difficiles à restituer.
Les projets de Loïc prennent ensuite une place centrale dans la contestation familiale du suicide. Ils expliquent pourquoi ses proches ne reconnaissent pas leur fils dans la conclusion qui leur est présentée. Ils ne constituent pas un instrument permettant de lire rétrospectivement son état intérieur à chaque minute. Le portrait biographique apporte un contexte et des témoignages de proximité. La cause de la chute doit aussi être établie par les circonstances matérielles.
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La géographie d’une première nuit
Magaluf appartient à la commune de Calvià, sur l’île de Majorque. La station est voisine de Palmanova et se développe autour d’une baie bordée d’hébergements touristiques. Palma est une autre ville, où se situe l’hôpital mentionné dans le récit du secours. Employer ces noms indistinctement ferait perdre une partie du trajet : le lieu des sorties et de la chute n’est pas celui où Loïc est ensuite pris en charge. [13] [1]
L’association raconte que les amis se dispersent progressivement pendant la soirée. Certains rentrent plus tôt. Vers la fin de la nuit, Loïc reste avec trois compagnons, puis annonce à son tour son intention de rentrer. Le lendemain, ceux qui ne le voient pas réapparaître constatent son absence et cherchent à savoir où il se trouve. Ce récit de groupe établit surtout la rupture entre une dernière présence partagée et une suite que les amis ne voient pas. [2]
Il reste un intervalle à combler. Connaître le dernier établissement fréquenté ne suffit pas à savoir pourquoi Loïc choisit ensuite une autre porte que celle de son hôtel. Une erreur d’orientation, une recherche d’aide ou une fuite sont des explications envisageables, avec des implications différentes. Aucune ne doit devenir une scène racontée comme vécue tant qu’un élément vérifiable ne relie pas la sortie à l’entrée dans le bâtiment.
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À la réception : ce que disent les employés
Selon les déclarations rapportées par RTL, un jeune homme arrive dans le hall essoufflé et semble paniqué. Un réceptionniste comprend qu’il n’est pas client. Loïc se dirige vers l’escalier ; un second employé le suit et dit avoir presque réussi à le rejoindre au deuxième étage. La suite de sa montée n’est pas décrite comme une observation continue, jusqu’au moment exact de la chute. [1]
Ces paroles contiennent deux niveaux d’information. L’entrée, la direction prise et la poursuite dans l’escalier sont des actions que les employés disent avoir observées ou accomplies. La panique est leur interprétation d’une attitude. Même sincère, elle ne donne ni la cause de l’agitation ni l’identité d’une personne qui aurait menacé Loïc avant son arrivée. Le récit d’un comportement ne peut pas fournir à lui seul tout son passé immédiat.
Le rôle des employés doit également rester correctement nommé. Ils sont ici des témoins du passage dans l’hôtel, dont les déclarations méritent d’être comparées aux autres éléments. Le fait de suivre un inconnu à l’intérieur d’un établissement n’établit pas une agression. Inversement, qualifier ce suivi d’intervention ordinaire ne répond pas aux questions sur son déroulement précis. Qui voit encore Loïc, à quel endroit, et jusqu’à quelle seconde ?
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La fenêtre au fond du couloir
Les proches se rendent à Majorque et examinent les lieux. Leur attention porte notamment sur la fenêtre par laquelle Loïc serait passé, éloignée au fond d’un couloir. Pourquoi continuer jusque-là ? Dans leur lecture, ce déplacement cadre mal avec un geste volontaire immédiatement décidé. Ils envisagent qu’il ait cherché une issue. Cette hypothèse naît de la disposition du bâtiment, mais elle ne peut être assimilée à un parcours prouvé. [1]
Le garde-corps de l’étage inférieur devient un autre point de discussion. La famille rapporte une déformation et des marques sur les murs. Elle se demande si Loïc a tenté de se retenir. Les observations sont importantes à consigner ; leur attribution à la chute exige cependant une datation et une expertise. Une photographie prise après les faits peut montrer un objet endommagé sans dire quand il l’a été ni par quel mouvement. [5]
Deux questions différentes se présentent donc. La première concerne le passage par la fenêtre : quel geste et quelles circonstances conduisent Loïc à l’extérieur ? La seconde concerne ce qui se produit pendant la chute : y a-t-il un contact avec une structure inférieure ? Répondre à la seconde pourrait aider à comprendre la trajectoire, sans nécessairement résoudre la première. Le corps peut rencontrer un obstacle au cours de plusieurs scénarios de départ.
L’intérêt de cette fenêtre tient à sa position dans un trajet, pas à sa seule hauteur. Un plan intérieur de l’hôtel, la place des portes et les possibilités de circulation seraient des pièces déterminantes pour confronter les versions. Dans les documents publics consultés, on ne dispose pas d’une reconstitution judiciaire publiée qui ferme ce débat. Le couloir reste ainsi une question spatiale précise, au cœur d’une affaire trop souvent réduite au mot « chute ».
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Accident, suicide, intervention d’un tiers
Les premiers récits de presse évoquent deux explications examinées en Espagne : un accident lié à une prise de risque entre balcons, ou une chute volontaire. L’hypothèse du suicide est celle que la presse française rapporte comme ayant été retenue. L’association familiale mentionne aussi une qualification ultérieure d’accident. Faute de disposer des décisions espagnoles successives, leur vocabulaire exact et leur articulation ne peuvent pas être restitués comme s’ils étaient certains. [4] [2]
L’alcool figure dans la présentation initiale de la soirée. France 3 rapporte une alcoolémie de 1,3 gramme par litre et l’absence de stupéfiants détectés dans les analyses évoquées. Le résultat toxicologique original, sa liste de substances recherchées et ses modalités ne sont pas reproduits dans ce dossier. Il serait donc abusif de transformer une phrase de presse en expertise exhaustive de l’état de Loïc. [3]
L’enjeu est de ne pas laisser une caractéristique générale remplacer une démonstration particulière. Une soirée festive peut expliquer un contexte. Elle ne dit pas pourquoi un vacancier monte dans cet hôtel précis, emprunte cet escalier puis passe par cette fenêtre. De même, la mauvaise réputation d’une station ne prouve pas qu’un décès donné résulte d’un crime. Les deux raccourcis évitent le même travail : reconstituer ce qui s’est passé cette nuit-là.
L’intervention d’un tiers recouvre elle-même plusieurs possibilités : un geste direct, une menace, une poursuite ou un événement antérieur qui provoque une fuite. Elles ne sont pas interchangeables et ne désignent pas automatiquement les mêmes personnes. Les proches demandent que ces possibilités soient réellement examinées. Dans les sources accessibles, aucune n’aboutit à l’identification judiciaire d’un auteur responsable de la mort de Loïc.
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Les traces que l’on ne peut plus examiner
À mesure que les parents cherchent des réponses, la disponibilité des pièces devient un problème en soi. France 3 rapporte qu’ils n’ont pas récupéré les vêtements de leur fils. L’association indique que ces effets auraient été détruits, selon l’explication des pompes funèbres locales. Ce sont des informations rapportées par la famille ; la décision écrite de destruction et l’inventaire des effets ne figurent pas dans le corpus public consulté. [3] [5]
La perte d’un vêtement n’a pas pour seul effet de supprimer un souvenir. Dans une enquête sur une mort inexpliquée, il peut constituer un support à examiner : déchirures, dépôts, contacts avec un environnement, traces biologiques éventuelles. Mais l’absence de ce support n’autorise pas à annoncer ce qu’un examen aurait nécessairement découvert. On perd une possibilité de vérification, pas une preuve dont on connaîtrait déjà le contenu.
Le dossier soulève aussi la question des images de surveillance. La famille et son avocat dénoncent l’absence de séquences exploitables sur le trajet et dans l’hôtel. Une caméra visible, une caméra en fonctionnement et un enregistrement conservé sont trois choses distinctes. Pour évaluer cette lacune, il faudrait savoir ce qui a été demandé, quand, à qui et avec quelle réponse technique. Une panne ne se démontre pas de la même façon qu’un effacement, une rétention ou l’absence initiale d’enregistrement. [5]
Ces manques changent la nature de l’enquête. Une première investigation peut confronter des personnes à des traces récentes ; plusieurs années après, elle dépend davantage des documents conservés et des déclarations antérieures. D’où l’importance de distinguer une pièce jamais recueillie, une pièce recueillie mais non transmise et une pièce détruite. Elles produisent toutes du vide pour le lecteur, mais n’engagent pas les mêmes démarches pour un enquêteur.
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Le désaccord autour des examens médicaux
Une autre série de questions apparaît avec les examens pratiqués en France. En mai 2020, Le Dauphiné Libéré rapporte que la contre-autopsie a révélé l’absence de plusieurs organes et d’une partie de la colonne vertébrale. L’article mentionne alors l’intervention de l’avocat Gilbert Collard. Cette étape fait entrer l’affaire dans un second champ d’investigation : au-delà de la chute, que deviennent les éléments prélevés après la mort ? [6]
Les comptes rendus publics ne donnent pas tous la même liste. Le Parisien, en avril 2025, rapporte notamment l’absence du cœur, des poumons, de la vessie et du rachis lombaire. D’autres articles citent des organes différents. Les dates des examens sont également présentées de façon inégale : RTL évoque le transfert à l’institut médicolégal de Lyon en juillet 2018, tandis que RMC situe une contre-autopsie après exhumation en 2019. Il est possible qu’il s’agisse d’étapes distinctes ; les pièces originales manquent pour en dresser une séquence complète. [9] [4]
Le point documentaire le plus solide est donc formulé avec sobriété : les proches et leurs avocats dénoncent des prélèvements dont ils disent ne pas avoir reçu l’explication ni la traçabilité satisfaisante. Un inventaire médical contradictoire serait nécessaire pour fixer exactement la nature de chaque pièce, son prélèvement, son lieu de conservation et son devenir. Accumuler les différentes listes médiatiques fabriquerait une certitude artificielle.
Cette controverse doit rester séparée du mécanisme de la chute. Une anomalie dans la conservation ou la transmission de pièces après un décès peut exister quelle que soit la cause de celui-ci. Pour relier les deux événements dans un même projet criminel, il faudrait des éléments supplémentaires. La gravité de la question médicale justifie une investigation propre ; elle ne résout pas par elle-même les dernières minutes à l’hôtel.
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La carte bancaire : une piste sans relevés publics
Dans son bilan de juillet 2023, RMC Crime mentionne des retraits réalisés avec la carte bancaire de Loïc après sa mort. C’est un élément potentiellement vérifiable, d’une autre nature que l’impression d’un témoin ou l’interprétation d’un déplacement. Un mouvement bancaire peut laisser une date, une heure et un lieu. Mais l’article ne publie ni les relevés ni une identification de la personne qui aurait utilisé la carte. [4]
À ce stade, on ne peut donc annoncer aucun montant, aucun distributeur et aucun bénéficiaire. Il faut même distinguer la date d’une opération de celle de son inscription sur un compte. Sans document, la formule « après sa mort » ne suffit pas à reconstruire une utilisation frauduleuse minute par minute. Elle désigne une question à examiner, dont les paramètres essentiels ne sont pas accessibles au lecteur.
Si l’usage par un tiers était établi, il ouvrirait encore plusieurs niveaux d’enquête : comment la carte aurait-elle changé de mains, à quel moment, et ce transfert aurait-il un lien avec la chute ? Une appropriation après les faits ne démontrerait pas automatiquement une participation à leur déclenchement. L’intérêt de cette piste est précisément de pouvoir être séparée en vérifications concrètes, au lieu de servir de confirmation générale à toutes les suspicions.
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Bourg-en-Bresse et Majorque : deux parcours judiciaires
La famille engage des démarches en France et en Espagne. Un reportage de France 3, actualisé en avril 2019, annonce que la justice espagnole relance les investigations à la suite de son recours. Ce repère montre que l’histoire procédurale ne se résume pas à une enquête unique immédiatement refermée. Il y a des décisions, des contestations et des reprises dont les effets doivent être replacés à leur date. [3]
Du côté français, Le Progrès signale en janvier 2021 que trois témoins doivent être entendus à nouveau sous l’autorité de la juge d’instruction de Bourg-en-Bresse. RMC rappelle ensuite les difficultés d’accès au terrain espagnol et un premier classement de plainte à la fin de 2018. Les proches se heurtent à une situation où les lieux, une partie des témoins et les pièces médicales se trouvent hors de France, tandis que leur demande de justice se poursuit dans l’Ain. [7] [4]
Le vocabulaire employé dans les récits médiatiques n’est pas toujours rigoureusement homogène. « Classement », « non-lieu », « fermeture » et « réouverture » ne décrivent pas nécessairement la même décision ni la même autorité. Le suivi de l’association utilise parfois un langage courant pour raconter un revers. Le récit de RTL fait état d’un non-lieu français environ deux ans avant la mobilisation de décembre 2023. Sans les ordonnances, leur portée exacte ne peut être complétée par déduction.
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2023 : retrouver les témoins, reprendre le terrain
À la fin de 2023, la famille change de méthode et s’entoure de l’avocat Jérôme Goudard. L’homonymie ne correspond pas à un lien de parenté. Des criminalistes interviennent à ses côtés. Le Dauphiné Libéré rend compte en décembre de cette nouvelle mobilisation, tandis que l’association décrit une reprise du dossier et des recherches sur place. L’objectif est de retourner vers les personnes et les lieux qui ont fourni les premières versions. [8] [5] [9]
Un témoin peut avoir quitté l’hôtel, l’île ou le pays depuis longtemps. Le retrouver exige alors un travail distinct de son audition. Le suivi familial mentionne des démarches en Espagne et en Écosse. Dans l’émission de RTL, la Britannique Paula Brown réapparaît au centre de ce travail. Une autre cliente, Shannon Pearson, est évoquée pour des bruits entendus et des appels à la réception. Ces informations proviennent du récit radiophonique et des parties interrogées, pas d’un procès-verbal reproduit ici. [12]
Reprendre une déclaration ancienne peut faire apparaître une précision absente de sa première retranscription : une position, un ordre, une personne présente ou un délai. Cela peut aussi révéler une divergence. Le temps écoulé oblige à comparer ce qui a été dit immédiatement et ce qui est raconté des années plus tard. Une nouvelle audition n’est donc pas automatiquement meilleure parce qu’elle est plus longue ou plus spectaculaire.
Le travail utile consiste à isoler ce qui peut être corroboré. Un appel peut être rapproché d’une trace conservée ; un emplacement peut être confronté au plan ; une personne peut confirmer une présence. Cette reprise méthodique donne un sens à l’intervention de nouveaux enquêteurs. Elle ne leur permet pas de transformer leurs convictions en verdict. Les éléments réunis doivent ensuite être examinés dans un cadre judiciaire.
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2025 : une plainte distincte sur les prélèvements
Le 18 avril 2025, Le Parisien annonce une plainte contre X auprès du procureur de Bourg-en-Bresse. Les qualifications rapportées concernent l’atteinte à l’intégrité d’un cadavre et le commerce illicite d’organes. L’avocat explique que les parents n’ont pas reçu de documents précisant le cadre et la finalité des prélèvements dénoncés. Cette plainte formalise leur demande d’explications ; elle n’atteste pas que les infractions sont constituées. [9]
Le mot « trafic » prend facilement toute la place dans la circulation de l’affaire. Il risque alors de faire oublier les questions auxquelles il faudrait d’abord répondre : quels prélèvements ont été réalisés, par qui, à quel stade de la prise en charge, avec quel enregistrement et pour quel usage ? Sans cette chaîne documentaire, il serait impossible de distinguer les explications proposées ou d’attribuer des responsabilités précises.
Le père de Loïc exprime lui-même une distinction dans l’entretien radiophonique de 2026 : il ne soutient pas que son fils aurait été précipité dans le vide dans le but de récupérer ses organes. Il sépare la mort et les interrogations sur ce qui a suivi. Restituer cette nuance évite d’imputer à la famille un scénario global qu’un de ses membres récuse expressément. [12]
L’affaire comporte ainsi deux demandes de vérité qui peuvent avancer à des rythmes différents. L’une porte sur les circonstances du passage par la fenêtre. L’autre porte sur le traitement du corps et l’accès à une information complète. Une réponse sur l’un de ces volets pourrait être importante pour les proches sans être la solution de l’autre. Les maintenir distincts permet de suivre les découvertes futures sans les forcer à entrer dans une seule histoire.
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Décembre 2025 : l’enquête française relancée
Le 30 décembre 2025, Le Dauphiné Libéré annonce que de nouveaux témoignages ont permis de rouvrir l’enquête du côté français. Le récit de RTL situe une demande de l’avocat en novembre, puis la décision des juges de Lyon au 19 décembre. En janvier 2026, l’association confirme que le dossier ne sera pas refermé et que de nouvelles investigations sont attendues. Ces sources convergent sur une reprise ; l’arrêt lui-même n’est pas reproduit dans les documents consultés. [10] [12] [5]
La portée de cette étape est importante, mais limitée : elle rend à l’enquête une possibilité d’avancer. Elle ne signifie pas qu’un homicide est désormais démontré ou qu’un témoin est devenu coupable. Les carences dénoncées peuvent justifier de recommencer certains actes, de rechercher des pièces ou de confronter les versions. Leur existence ne fournit pas à elle seule la réponse à l’énigme initiale.
En juin 2026, Le Progrès revient sur la persistance de la douleur et des questions de la famille, huit ans après les faits. Aucun dénouement n’est annoncé dans la partie accessible de cet article. À la date de mise à jour du présent dossier, les sources examinées permettent donc d’écrire que l’affaire reste à élucider et qu’une relance française a été annoncée. Elles ne permettent pas de dresser la liste des actes effectivement accomplis depuis cette annonce. [11]
Le point d’arrivée du récit demeure un retour possible vers le même espace restreint : une entrée d’hôtel, un escalier et un couloir. Le temps judiciaire s’étend sur des années ; les secondes à comprendre restent très peu nombreuses. La persévérance des proches a permis que les questions continuent d’être posées. Pour savoir pourquoi Loïc est passé par cette fenêtre, il faut encore que des éléments les relient enfin entre elles.
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Ce que les pièces permettent de dire
| Élément | Ce qui est documenté | Ce qui reste contesté ou inconnu |
|---|---|---|
| La date | Le décès survient au début de juillet 2018, après une chute à Magaluf. | Des articles donnent le 1er juillet ; RTL et Le Parisien retiennent la nuit du 1er au 2. Acte original non consulté. |
| L’hôtel | Les sources concordent : Loïc ne séjourne pas dans l’établissement d’où il tombe. | La raison de son entrée et le déroulement complet de la montée ne sont pas établis. |
| Les témoins | Des employés et des vacancières ont rapporté des observations partielles. | Aucune observation continue du trajet jusqu’au geste déclencheur n’est publiée dans ce corpus. |
| Les pièces médicales | La presse rapporte les contestations des proches sur des prélèvements et leur traçabilité. | La liste exacte, leur finalité et leur devenir restent à documenter ; aucun trafic établi ici. |
| La procédure | Une relance française est annoncée en décembre 2025, puis confirmée par la famille en janvier 2026. | L’arrêt original et le bilan des actes postérieurs ne sont pas disponibles dans les sources examinées. |
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Les dates pour suivre l’affaire
- Avant le départ, 2018
Loïc suit une formation agricole et envisage de rejoindre l’exploitation familiale dans le Pays de Gex. Le séjour à Majorque est organisé entre membres de la Jeunesse de Sergy. [3]
- Début juillet 2018
Après une soirée entre amis à Magaluf, Loïc chute d’un autre hôtel que le sien. Les publications divergent d’un jour ; le récit de RTL retient le 2 juillet. [1]
- Été 2018
Les parents contestent les premières explications et se rendent à Majorque. Ils cherchent à comprendre les déplacements dans l’hôtel et à obtenir les pièces de l’enquête. [5]
- Avril 2019
France 3 annonce une reprise espagnole à la suite du recours des parents. La chronologie comporte donc plusieurs tentatives de relance, dans deux pays. [3]
- Mai 2020
Les questions soulevées par la contre-autopsie française sont exposées dans la presse régionale. Les proches dénoncent l’absence de plusieurs pièces anatomiques. [6]
- Janvier 2021
Le Progrès annonce de nouvelles auditions de trois témoins dans le cadre de l’instruction française. [7]
- Décembre 2023
La mobilisation autour d’un nouvel avocat et de criminalistes fait l’objet d’un reportage. Le travail reprend notamment auprès des témoins. [8]
- Avril 2025
Le Parisien révèle une plainte sur les prélèvements et leur devenir. Les faits dénoncés restent des allégations à examiner. [9]
- Décembre 2025 – janvier 2026
La relance de l’enquête française est annoncée dans la presse puis confirmée par l’association familiale. [10]
- Juin – septembre 2026
Les proches demeurent en quête de réponses. Les sources publiques examinées pour cette mise à jour ne fournissent ni solution établie ni bilan complet des nouvelles investigations. [11]
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Sources, méthode et limites documentaires
Récit original composé à partir des publications ci-dessous, consultées pour cette mise à jour du 15 septembre 2026. Les passages analytiques expliquent les questions soulevées par les pièces rapportées ; ils ne décrivent pas des expertises réalisées par la rédaction. Les déclarations de la famille, de son association et de son avocat sont attribuées comme telles. Aucun entretien direct, déplacement sur place, dossier médical original, procès-verbal intégral ou arrêt de décembre 2025 n’a été consulté. Seules les parties publiquement accessibles des articles réservés aux abonnés ont été utilisées. Les divergences de date et de chronologie médicale sont conservées. Les rapprochements avec le podcast sont thématiques et ne prétendent pas relier les affaires entre elles.
- RTL — Loïc Goudard : les dernières minutes à Magaluf
23 février 2026. Synthèse du récit de L’Heure du crime, avec Pascal Goudard et l’avocat Jérôme Goudard. Source des témoignages rapportés sur l’arrivée dans l’hôtel ; les procès-verbaux originaux ne sont pas publics dans ce corpus.
- Lumière et vérité pour Loïc — L’affaire Loïc
Présentation familiale : projets, voyage associatif et recherche par les amis. Source de partie, explicitement attribuée ; page non datée.
- France 3 — La justice espagnole relance l’enquête
Franck Grassaud, 28 octobre 2018, article actualisé en avril 2019 puis juin 2020. Formation à Poisy, résultats toxicologiques rapportés, enquête de personnalité et reprise espagnole en avril 2019. L’article donne le 1er juillet pour le décès.
- RMC Crime — Cinq ans après, une mort toujours mystérieuse
Elisa Fernandez, 2 juillet 2023. Bilan de procédure et mention de mouvements bancaires après la mort. Les relevés eux-mêmes ne sont pas reproduits.
- Lumière et vérité pour Loïc — Avancées de l’enquête
Chronologie de l’association, comprenant des entrées 2018, 2019, 2022, 2025 et janvier 2026. Revendications, observations de la famille, démarches des criminalistes et financement ; ne remplace pas un dossier judiciaire.
- Le Dauphiné Libéré — Les questions autour de la contre-autopsie
Catherine Mellier, 16 mai 2020. Court article accessible sur la contre-autopsie et la reprise du dossier par Gilbert Collard. Le titre exprime une piste, pas une conclusion judiciaire.
- Le Progrès — Trois témoins auditionnés à nouveau
29 janvier 2021. Chapeau et début accessibles : nouvelle audition de témoins sous l’autorité de la juge d’instruction de Bourg-en-Bresse. Partie réservée aux abonnés non utilisée.
- Le Dauphiné Libéré — La famille relance la recherche de vérité
12 décembre 2023. Titre et chapeau accessibles sur l’intervention de criminalistes. Les accusations suggérées par le titre ne sont pas reprises comme faits.
- Le Parisien — Une nouvelle plainte déposée par les parents
Ronan Folgoas, 18 avril 2025. Partie accessible : qualifications de la plainte et absence d’explications dénoncée par l’avocat. Aucun trafic n’est judiciairement établi par cet article. Date du décès donnée : nuit du 2 juillet 2018.
- Le Dauphiné Libéré — L’enquête relancée sept ans après
Catherine Mellier, 30 décembre 2025. Chapeau public annonçant la réouverture française à la suite de nouveaux témoignages. Arrêt de la chambre de l’instruction non consulté.
- Le Progrès — La douleur d’une famille, huit ans après
30 juin 2026. Partie accessible : persistance des questions familiales. Aucun dénouement judiciaire annoncé dans le texte accessible.
- RTL / Dailymotion — L’intégrale : Loïc Goudard, le mort du balcon
Émission de février 2026 et transcription accessible. Utilisée pour les précisions sur les témoins britanniques, les démarches de novembre-décembre 2025 et la distinction faite par le père entre chute et prélèvements. La transcription automatique peut déformer des noms ; aucun dialogue n’est reproduit.
- Magaluf — Localisation de la station balnéaire
Repérage géographique : commune de Calvià, île de Majorque, voisinage de Palmanova. Notice secondaire ; aucune hypothèse criminelle n’en est tirée.
- Wikimedia Commons — Magaluf 3.jpg
Liilia Moroz, 25 juillet 2010, CC BY-SA 4.0. Vue réelle du front de mer, redimensionnée en WebP et affichée au carré. Aucun bâtiment n’est identifié comme l’hôtel du décès.