LE DOSSIER DOCUMENTAIRE

Affaire Salaün-Pallatin : le braquage de Thonon-les-Bains

Thonon-les-Bains, 29 juillet 1995. Un braquage du Crédit Agricole coûte la vie au policier Denis Hoog. Une Renault 21 abandonnée et une bande sonore orientent l’enquête. Trois hommes seront condamnés, tout en contestant leur participation.

L’affaire en bref

Lieu et date
Crédit Agricole, avenue des Prés Verts à Thonon-les-Bains · 29 juillet 1995.
Victimes
Denis Hoog, policier tué ; Michel Loiseau et Éric Albert, grièvement blessés.
Justice
Trois condamnations à Chambéry en 2001 ; peines confirmées devant les assises du Rhône en mars 2002, selon les comptes rendus cités. Participation contestée.
Sources et repères judiciaires
Le palais de justice de Chambéry éclairé la nuit, avec une statue devant la façade.
Le palais de justice de Chambéry, lieu du premier procès en mars 2001. Photographie nocturne datée de 2003 dans ses métadonnées ; elle ne représente pas le jour de l’audience.Photo : Guillaume Burlet / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 2.5. Recadrage d’affichage au carré ; image redimensionnée et convertie en WebP, sous la même licence.

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29 juillet 1995 : l’alarme du Crédit Agricole

Thonon-les-Bains, samedi 29 juillet 1995. Au Crédit Agricole de l’avenue des Prés Verts, une alarme signale un braquage. Les policiers envoyés sur place vont se retrouver face à des hommes lourdement armés. Denis Hoog est tué ; Michel Loiseau et Éric Albert sont grièvement blessés. Les auteurs quittent les lieux. L’argent de la banque, objectif initial de l’attaque, n’est pas emporté selon les récits de l’intervention. [3]

L’affaire commence par une scène qui ne laisse aucun doute sur la gravité des actes. Elle va pourtant devenir une enquête où l’identité des participants sera âprement discutée. Une voiture abandonnée, une arme et un enregistrement sonore orientent les investigations. Trois hommes sont poursuivis : René Salaün, Pierre Pallatin et Nenad Dzambas. Tous contestent avoir participé au braquage ; tous seront condamnés.

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Thonon, Chambéry, Lyon : les lieux de l’affaire

Thonon-les-Bains se situe en Haute-Savoie, sur la rive française du Léman. L’avenue des Prés Verts est le lieu du braquage. C’est là que se trouvent la banque, les personnes retenues à l’intérieur et les policiers qui arrivent à la suite de l’alerte. La photographie qui ouvre ce dossier représente le palais de justice de Chambéry, où se tiendra le premier procès ; elle ne montre pas la scène du crime. [8][2]

Chambéry appartient à la Savoie voisine. L’affaire devait d’abord être jugée à Annecy, mais le palais de justice y a été endommagé par un attentat en janvier 2001. Le compte rendu contemporain du Parisien explique le transfert des débats à Chambéry. Ce déplacement est lié à l’état du bâtiment judiciaire, sans lien établi ici avec le braquage de Thonon. [2]

La Charente-Maritime intervient pour une autre raison : Salaün situe sa présence avec Pallatin à Nancras et invoque un passage au casino de Royan. Ce territoire appartient à leur défense. Il ne correspond pas à une étape de fuite établie après le braquage. Cette distinction permet de suivre le dossier sans transformer tous les lieux cités en un itinéraire unique. [5]

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L’attaque commence avant l’ouverture

Le retour sur les faits publié en 2025 décrit une intrusion dans la nuit précédant le braquage : des barreaux d’un vasistas auraient été sciés, puis des hommes auraient attendu dans l’agence. Vers 8 h 30, l’arrivée des employés et de clientes les place face aux braqueurs. Une alarme silencieuse provoque l’intervention de la police. Ces précisions sont rapportées par l’article de Tamara Vincent repris dans l’hommage à Denis Hoog. [8]

Le dispositif comporte aussi un danger extérieur. Les comptes rendus décrivent des tirs provenant des abords de la banque, puis la sortie d’hommes armés. Les équipages venus répondre à l’alarme se retrouvent pris dans une confrontation dont ils ne connaissent pas d’emblée toutes les positions. La suite de l’enquête devra reconstituer les rôles sans confondre ce qui se passe dans l’agence et ce qui se déroule devant elle. [2]

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Denis Hoog, Michel Loiseau et Éric Albert

Denis Hoog a quarante ans. Né en 1955 à Pompey, en Meurthe-et-Moselle, il est entré dans la Police nationale en 1979. Sa carrière l’a conduit dans la région lyonnaise, puis à Thonon-les-Bains en 1985. Il travaille donc dans la ville depuis dix ans lorsque survient le braquage. La notice mémorielle retrace ce parcours et les distinctions qui lui ont été attribuées après sa mort. [3]

Le Journal officiel publie sa citation à l’ordre de la Nation le 6 août 1995. Le texte, daté du 4 août, précise qu’il est mort en mission le 29 juillet à Thonon-les-Bains. C’est ce document officiel qui fixe la date retenue dans le présent dossier. Certaines publications donnent le 25 juillet ; elles ne sont pas suivies sur ce point. [1]

Michel Loiseau et Éric Albert survivent à leurs blessures. Leurs noms apparaissent dans les comptes rendus de l’intervention, puis dans la mémoire de l’affaire. En 2025, Loiseau revient publiquement sur cette matinée et participe à l’hommage rendu à son collègue. Le braquage possède ainsi une histoire qui continue après les arrestations et les procès : celle des policiers qui ont vécu l’affrontement et de leurs proches. [8]

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Ce que les équipages découvrent devant la banque

Dans les souvenirs recueillis en 2025, Michel Loiseau part avec Albert à bord d’une voiture banalisée. Un second véhicule arrive avec Denis Hoog, Jean-Pierre Picot et Dominique Rougerie. Les policiers se répartissent pour couvrir les lieux. Loiseau insiste sur le danger venu de l’extérieur, alors que leur attention se porte vers l’intérieur de l’agence. [8]

Pour les enquêteurs, les récits des intervenants servent à reconstituer cette succession : arrivée, positions, tirs, départ des malfaiteurs. Ils ne fournissent pas automatiquement un visage pour chaque rôle. Les comptes rendus présentent des auteurs cagoulés ; les descriptions de silhouettes seront justement discutées par la défense. [2][6]

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La Renault 21 abandonnée ouvre une piste

Après la fuite, une Renault 21 est retrouvée. Les présentations de l’affaire relient ce véhicule aux braqueurs et décrivent plusieurs objets laissés à bord. À voir à lire mentionne notamment une Kalachnikov, présentée comme l’arme du crime. La voiture devient ainsi un prolongement matériel de la scène de la banque. [4]

Son intérêt est immédiat : les malfaiteurs ont quitté l’agence, mais une partie du matériel utilisé ou transporté reste accessible. Une arme peut être examinée ; des objets peuvent être comparés à des témoignages ; des traces peuvent orienter les recherches sur les occupants. La découverte ne donne pas encore les noms, mais elle fournit plusieurs voies à suivre après la disparition des auteurs.

Le résumé publié par Toutelatele en 2017 cite une perruque, des lunettes et un cheveu parmi les découvertes. Il rapporte également un témoignage donnant l’identité des suspects. Cette présentation montre que l’enquête avance sur deux plans : l’exploitation de la voiture et les informations fournies sur des personnes. Elle ne détaille pas, pour autant, toutes les opérations qui relient chacun des objets à chacun des hommes poursuivis. [11]

La Renault 21 conserve cette place centrale jusque dans la contestation. Dans son texte de 2008, Salaün discute les objets retrouvés et la manière dont le véhicule aurait été utilisé. La défense ne nie donc pas seulement une présence à la banque : elle cherche aussi à montrer que le matériel décrit ne correspond pas aux hommes accusés. L’objet qui permet d’ouvrir une piste devient une pièce autour de laquelle se confrontent l’accusation et la défense. [5]

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Les objets retrouvés et la question de l’ADN

Les inventaires publics ne sont pas tous identiques. Terrafemina évoque une perruque, des accessoires, des cheveux et un ADN inconnu. La notice mémorielle mentionne aussi un vêtement de travail et des douilles. Ces textes s’accordent sur l’importance du matériel abandonné, mais ils ne reproduisent pas les scellés ni les résultats complets des analyses. [6][3]

Le statut de la trace biologique est le point le plus délicat. Un cheveu peut être présenté comme une piste susceptible d’identifier un occupant ; cette possibilité ne constitue pas le résultat d’une comparaison. Le dossier accessible ne permet pas d’écrire qu’une correspondance ADN désigne Salaün, Pallatin ou Dzambas. L’expression « ADN inconnu », utilisée dans un résumé des objections, ne permet pas davantage de nommer un autre participant.

La distinction importe ici parce que la voiture est fréquemment présentée comme le tournant de l’affaire. Elle fournit effectivement une matière d’enquête. Mais l’identification des trois hommes repose, dans les récits publics, sur un ensemble comprenant aussi des déclarations et la circulation d’une arme. Réduire ce cheminement à une découverte génétique ferait disparaître une partie du dossier.

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Trois hommes arrêtés, trois positions à distinguer

Nenad Dzambas, Pierre Pallatin et René Salaün sont interpellés en 1996 et 1997, selon le compte rendu publié à l’ouverture du procès. Le délai rappelle que le dossier ne se résout pas dans les heures qui suivent la découverte du véhicule. L’enquête se poursuit avant d’aboutir à leur renvoi devant les assises. [2]

Leurs positions ne se superposent pas. Dzambas reconnaît avoir vendu une arme à Pallatin, tout en niant sa participation au braquage. Pallatin affirme ne jamais s’être rendu à Thonon. Salaün conteste lui aussi sa présence le jour des faits. La transaction admise par le premier devient un élément à examiner sans constituer un aveu commun aux trois hommes. [2]

Dans le titre habituel de l’affaire, seuls Salaün et Pallatin subsistent. Cette simplification médiatique efface Dzambas, alors que sa déclaration sur l’arme est un point du récit judiciaire. Elle tend aussi à présenter les deux autres comme un bloc. Or l’enquête pose des questions distinctes : qui aurait fourni le matériel, qui aurait été présent dans l’agence ou à ses abords, et quels éléments permettent de le soutenir ?

La notoriété pénale de Salaün pèse dans la manière dont les médias racontent l’affaire. Sa défense prend appui sur une séparation qu’il maintient : il admet son passé de braqueur, mais refuse l’attribution des actes de Thonon. Le désaccord porte donc sur cette opération particulière. Le procès doit examiner le 29 juillet 1995, les indices qui s’y rapportent et les réponses individuelles des accusés.

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La Kalachnikov : une transaction au cœur du dossier

Une déclaration rapportée à l’audience donne au parcours de l’arme une dimension précise : Dzambas admet une vente à Pallatin. La Kalachnikov retrouvée dans la Renault 21 est par ailleurs présentée comme liée aux tirs du braquage. Ces deux informations expliquent pourquoi l’origine de l’arme occupe une place aussi importante dans les investigations. [2][4]

Le rapprochement relie désormais un objet de la voiture à une relation entre des personnes. Il reste à établir la suite : où l’arme s’est-elle trouvée après la transaction, entre quelles mains a-t-elle circulé, et qui l’a utilisée à Thonon ? Les documents consultés ne donnent pas une chronologie complète et vérifiable de ces étapes.

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La bande sonore : des paroles, mais quelle identification ?

La banque a laissé une autre trace : un enregistrement sonore. Le chapitrage du documentaire consacre plusieurs passages aux voix et à leur expertise. L’enquête dispose ainsi d’un matériau différent des objets abandonnés dans la voiture : les paroles prononcées pendant les faits. [7]

L’objectif est d’attribuer les voix aux hommes soupçonnés. Pour la défense, c’est justement le point faible. Dans son témoignage de 2008, Salaün rapporte des avis divergents sur la qualité de l’enregistrement et sur la possibilité d’une comparaison fiable. Il conteste la conclusion allant dans le sens de l’accusation. Ce récit est celui du condamné ; les rapports d’expertise eux-mêmes n’ont pas été consultés pour ce dossier. [5]

La bande compte d’autant plus que les auteurs sont décrits comme cagoulés. Elle semble offrir un accès à ce que les visages dissimulés ne permettent pas d’identifier directement. Mais, contrairement à une transcription qui renseigne sur les mots, la reconnaissance d’un locuteur porte sur la personne qui les prononce. C’est cette attribution que discutent les présentations de l’affaire. [6]

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Nancras et Royan : la présence que Salaün revendique

À la géographie de l’accusation, Salaün oppose celle d’un déplacement avec Pallatin. Dans L’Envolée, il raconte qu’ils devaient se rendre au Portugal et qu’un passage familial les avait conduits à Nancras, en Charente-Maritime. Il affirme s’y être trouvé au moment où se commettait le braquage de Thonon. [5]

Son argument repose sur des souvenirs de séjour et sur des personnes qui, selon lui, peuvent attester leur présence. Il invoque aussi un passage au casino de Royan. Il ne s’agit donc pas uniquement d’une négation : Salaün propose un emploi du temps concurrent, loin de la Haute-Savoie. Le détail des dépositions et des documents datés n’est cependant pas disponible dans les sources consultées.

La confrontation porte sur une date précise, le 29 juillet. Les hommes peuvent avoir voyagé ensemble, rencontré des proches et fréquenté un établissement sans que ces informations situent automatiquement chaque heure de leur déplacement. Pour comprendre l’objection, la question déterminante est celle du rattachement des attestations au moment du braquage. La fiche expose l’alibi invoqué ; elle ne le présente pas comme une présence judiciairement reconnue.

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La fenêtre, les silhouettes et les chaussures

La question de la fenêtre rejoint la préparation du braquage. Si les auteurs ont pénétré dans la banque par une ouverture étroite, leur corpulence devient un élément à confronter à ce passage. Terrafemina cite cette objection parmi les points de défense. La controverse porte en particulier sur Pallatin. [6]

Le témoignage publié par Salaün développe également des différences entre les descriptions des malfaiteurs et l’apparence des accusés. Il mentionne des chaussures de sport de pointure 46 retrouvées dans la voiture, alors qu’il donne des pointures plus petites pour Pallatin et pour lui. Il oppose aussi ses tatouages et son port de lunettes aux descriptions qu’il rapporte. Ces précisions proviennent de sa défense et ne sont pas des constatations vérifiées ici sur les pièces originales. [5]

Le relevé de l’ouverture, les conditions d’une reconstitution et les rapports complets sur les scellés permettraient d’aller plus loin. Leur absence dans les documents consultés délimite l’analyse. On peut décrire précisément les objections et leur cible ; on ne peut pas leur attribuer une conclusion technique que les sources disponibles ne donnent pas.

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Les indices : faits documentés, contestations et inconnues

La comparaison ci-dessous rassemble les éléments dispersés dans le récit. « Documenté » signifie ici rapporté par les sources citées : cela ne transforme pas une présentation télévisée en expertise judiciaire. Les décisions sont examinées dans les sections suivantes.

Les éléments du dossier et les limites des sources publiques
ÉlémentCe qui est documentéCe qui reste contesté ou inconnu
Renault 21Voiture reliée à la fuite et retrouvée avec plusieurs objets, dont une Kalachnikov. [4]Les résumés consultés ne détaillent pas l’attribution de chaque objet à chaque occupant.
Perruque et accessoiresPlusieurs publications signalent du matériel dans le véhicule ; leurs inventaires varient. [3][6][11]Les scellés et rapports complets ne sont pas disponibles dans le dossier documentaire consulté.
Cheveu et trace biologiqueUne piste biologique est rapportée ; un résumé de la défense mentionne un ADN inconnu. [6][11]Aucune correspondance génétique avec l’un des trois condamnés n’est établie par les sources utilisées ici.
Circulation de l’armeÀ l’ouverture du procès, Dzambas reconnaît une vente à Pallatin et nie le braquage. [2]La chaîne complète des détenteurs, entre transaction et attaque, n’est pas reconstituée dans les documents consultés.
Enregistrement sonoreUne bande provenant de la banque est examinée ; son rôle apparaît dans le documentaire et la défense. [5][7]L’identification vocale est contestée. Les rapports originaux ne permettent pas ici de départager les expertises.
Alibi de Nancras et RoyanSalaün invoque un séjour, des témoins et un passage au casino. [5]Les attestations et leur portée horaire ne sont pas directement contrôlables dans les documents disponibles.
Fenêtre et descriptionsLa défense oppose la corpulence de Pallatin et des différences matérielles aux rapprochements. [5][6]Les dimensions relevées, les reconstitutions et les réponses complètes à l’audience n’ont pas été consultées.

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Mars 2001 : le premier verdict à Chambéry

Le procès s’ouvre à Chambéry en mars 2001. La publication du Parisien du 16 mars présente les trois hommes et leurs positions au début des débats. Leur participation reste contestée ; une semaine d’audience est alors annoncée. Le déplacement depuis Annecy explique pourquoi une affaire de Haute-Savoie est jugée dans le palais de justice de la Savoie voisine. [2]

La notice mémorielle de Denis Hoog donne la date du 23 mars 2001 pour le verdict : réclusion criminelle à perpétuité pour René Salaün, vingt ans pour Pierre Pallatin et quinze ans pour Nenad Dzambas. Cette répartition reste attribuée à la notice, car les arrêts intégraux n’ont pas été consultés. Elle permet de distinguer les trois peines au lieu de résumer l’affaire par une condamnation commune. [3]

Ce verdict tranche les responsabilités dans le cadre du procès. Il n’obtient pas l’adhésion des condamnés, qui maintiennent leur contestation. L’étape suivante sera un nouvel examen devant une cour d’assises d’appel. Le récit ne s’arrête donc pas au mois de mars 2001 : un second lieu de jugement, dans le Rhône, entre dans la chronologie.

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Mars 2002 : les peines confirmées dans le Rhône

Une brève de La Radio Plus datée du 14 mars 2002 apporte un repère contemporain du second verdict. Elle indique que les jurés de la cour d’assises du Rhône ont confirmé les peines la veille, soit le 13 mars. L’article situe leur éventail entre quinze ans de réclusion et la perpétuité et annonce qu’un avocat entend se pourvoir en cassation. [10]

Cette source complète les notices rétrospectives qui donnent seulement l’année 2002. Elle permet de replacer l’appel dans un mois et devant une juridiction identifiée. Elle ne reproduit pas le détail des débats ni les motifs de l’arrêt. L’annonce du pourvoi renseigne sur l’intention de poursuivre la contestation ; elle ne donne pas son résultat.

La succession des deux procès intervient au début d’une réforme. La loi du 15 juin 2000 a ouvert l’appel des condamnations prononcées par les cours d’assises, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2001. Le texte prévoit un réexamen par une autre cour d’assises, désignée à l’époque par la chambre criminelle de la Cour de cassation. L’affaire de Thonon est donc jugée pendant les premières années de ce dispositif. [9]

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De la parole d’un condamné au documentaire

En 2008, le témoignage de Salaün prolonge sa contestation dans une publication militante. Il exprime sa demande de reconnaissance d’une erreur judiciaire. Cette prise de parole constitue un document sur sa position ; sa publication ne prouve pas qu’une juridiction ait accueilli une demande de révision. [5]

Le documentaire de Faites entrer l’accusé ramène ensuite l’affaire devant un public plus large. La notice de rediffusion présente l’enquête à travers des entretiens et un parcours qui revient sur la voiture, les voix et les hommes poursuivis. Un récit télévisé organise les informations pour les rendre intelligibles ; il ne donne pas nécessairement accès à toutes les pièces discutées aux audiences. [7]

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2025 : la mémoire des policiers demeure

Le 29 juillet 2025, trente ans après le braquage, une plaque est dévoilée sur un mur de l’agence. L’hommage de Police Action Solidaire indique qu’elle répond à une demande de Michel Loiseau et a été organisée avec la ville, la Police nationale et le Crédit Agricole. Le lieu de l’attaque porte désormais un rappel visible de la mort de Denis Hoog. [8]

Ce retour à la banque clôt un autre parcours que celui des audiences. L’affaire a circulé entre les tribunaux, les publications de défense et les documentaires. Pour les policiers intervenants, elle reste attachée à une matinée, à des positions devant le bâtiment et à un collègue perdu. La commémoration réunit cette mémoire au lieu où les faits se sont produits.

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Ce que l’on peut conclure sur Salaün-Pallatin

Le braquage de Thonon-les-Bains a été jugé. Les trois hommes poursuivis ont été condamnés, puis les peines ont été confirmées en appel selon les comptes rendus cités. Le dossier public conserve aussi leurs négations et les objections formulées sur les identifications. Aucune source consultée pour cette fiche ne permet d’annoncer une annulation des condamnations.

Le point central de l’affaire demeure le lien entre des traces concrètes et les personnes auxquelles elles sont attribuées. La voiture fournit du matériel. Une déclaration introduit le parcours de l’arme. L’enregistrement donne accès à des voix. En réponse, la défense invoque une autre géographie, des différences physiques et une critique des rapprochements. C’est cet affrontement entre plusieurs chemins d’identification qui explique la place durable de l’affaire dans les récits documentaires.

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Les repères à conserver

  1. 29 juillet 1995 — Thonon-les-Bains

    Braquage du Crédit Agricole et fusillade. Denis Hoog meurt en service ; deux policiers sont grièvement blessés.

  2. 4 et 6 août 1995 — L’hommage officiel

    La citation à l’ordre de la Nation est signée, puis publiée au Journal officiel.

  3. Mars 2001 — Le procès à Chambéry

    Le Parisien relate l’ouverture des débats. La notice mémorielle situe le verdict au 23 mars.

  4. 13 mars 2002 — Le verdict d’appel

    La Radio Plus annonce le 14 mars la confirmation des peines la veille, devant les assises du Rhône, et un pourvoi en cassation envisagé.

  5. Février 2008 — La défense publiée

    L’Envolée publie le témoignage dans lequel Salaün maintient sa contestation.

  6. Décembre 2013 — Le récit télévisé

    La présentation de Terrafemina accompagne la diffusion de Faites entrer l’accusé consacrée à l’affaire.

  7. 2025 — Trente ans après

    Une plaque commémorative est dévoilée le 29 juillet sur le mur de l’agence, en mémoire de Denis Hoog.

Dates rapprochées des sources [1], [2], [3], [5], [6], [8] et [10]. Cette chronologie sépare les faits, les décisions rapportées, les prises de parole et la commémoration.

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Sources, méthode et limites documentaires

Ce dossier croise un texte officiel, des comptes rendus contemporains des procès, des notices mémorielles, des présentations documentaires et la défense publiée de René Salaün. Les analyses de rédaction rapprochent ces éléments ; elles ne constituent pas de nouvelles constatations de l’enquête.

Les arrêts intégraux et les expertises originales n’ont pas été consultés. Les chiffres et dates divergents sont attribués ou écartés lorsque leur vérification est insuffisante. Le verdict d’appel est précisé grâce à une publication du 14 mars 2002. Sources consultées le 15 septembre 2026.

  1. Journal officiel — Citation à l’ordre de la Nation

    Texte du 4 août 1995, publié le 6 août. Source officielle pour l’identité de Denis Hoog et la date de sa mort en service.

  2. Le Parisien — Le policier avait été tué pendant le braquage

    Jean-Louis Ruchon, 16 mars 2001. Compte rendu de l’ouverture du procès et positions des accusés. La date du braquage donnée dans cet article comporte une erreur ; le 29 juillet est retenu d’après le Journal officiel.

  3. Police Action Solidaire — Denis Hoog

    Notice associative : intervention, victimes, biographie et répartition des peines rapportées. L’appel est également documenté par la brève contemporaine [10].

  4. À voir à lire — Sur la piste de Salaün et Pallatin

    Jérémy Gallet, 29 août 2021. Article proposé à l’origine de ce dossier ; présentation du documentaire et de son affaire.

  5. L’Envolée, no 22 — Témoignage de René Salaün

    Février 2008, pages imprimées 40–41. Témoignage de défense : alibi, objections physiques et identification vocale. Ces affirmations restent attribuées. La publication autorise la réutilisation de ses articles (page 43).

  6. Terrafemina — Faites entrer l’accusé : Salaün et Pallatin

    Antoine Huot de Saint Albin, 2 décembre 2013. Présentation des indices et des objections. Son résumé des dates et des peines diverge des autres sources : il n’est pas utilisé pour établir le verdict.

  7. TV-Programme — Sur la piste de Salaün et Pallatin

    Notice de rediffusion, 5 novembre 2024, et chapitrage du documentaire. Utilisés pour situer ses thèmes, sans prétendre disposer d’une transcription intégrale.

  8. Police Action Solidaire — Hommage à Denis Hoog, trente ans après

    29 juillet 2025. Hommage, plaque dévoilée et reprise du récit de Tamara Vincent pour Le Dauphiné libéré, avec les souvenirs des policiers intervenants.

  9. Légifrance — Loi du 15 juin 2000, version initiale

    Articles 81 et 140 : création de l’appel des condamnations d’assises et entrée en vigueur au 1er janvier 2001. Contexte juridique historique des procès de 2001–2002.

  10. La Radio Plus — Perpétuité pour le meurtre du policier à Thonon-les-Bains

    14 mars 2002. Brève contemporaine annonçant la confirmation des peines la veille, aux assises du Rhône, et un pourvoi en cassation annoncé.

  11. Toutelatele — René Salaün, Nenad Dzambas et Pierre Pallatin

    Paul Gratian, 30 juillet 2017. Présentation de la rediffusion : voiture, objets et information sur les suspects. Source secondaire, sans rapports d’expertise.