ÉPISODE 18 · LE DOSSIER DOCUMENTAIRE
Fabrice Vial : l’assassinat sur le yacht Team Vip à Porto-Vecchio
Un tir dans la nuit, une balle introuvable et des pistes qui relient la baie corse aux affaires d’un entrepreneur.
Porto-Vecchio, nuit du 11 au 12 août 2011. Fabrice Vial passe la soirée sur son yacht lorsqu’un tir l’atteint. Ce dossier reprend ses dernières journées, les recherches en mer et les pistes de l’enquête, jusqu’au non-lieu rapporté en 2018. Le récit contient toutes les révélations documentées.
Écouter l’épisode sur Spotify ↗
02 · L’ENQUÊTE À ÉCOUTER
Écouter l’épisode 18 de L’envers de l’affaire
18 • L’assassinat de Fabrice Vial | Le sniper et le « pinsout » 🎯 🇫🇷 🚤
Paru le 28 mai 2026 · 36 min 44 s.
Des dernières journées du chef d’entreprise aux pistes examinées après le tir : l’enquête dans la baie de Porto-Vecchio et au-delà.
03 / 18
12 août 2011 : une nuit au mouillage, puis un seul coup de feu
Golfe de Porto-Vecchio, dans la nuit du 11 au 12 août 2011. Le Team Vip est au mouillage. À bord, Fabrice Vial prolonge une soirée entre amis. Il a 43 ans. Vers une heure du matin, un tir le frappe alors qu’il se trouve sur le pont. Le chef d’entreprise meurt sur son yacht. Le compte rendu publié le jour même par Europe 1 situe bien les faits dans cette nuit du jeudi au vendredi. [4]
Le récit préparatoire décrit un dîner en petit comité, puis des invités qui se séparent à bord. Fabrice Vial reste avec une jeune femme rencontrée pendant son séjour. Son avocat Thierry Fradet et sa compagne se trouvent ailleurs sur le bateau. Les membres de l’équipage ont leurs propres occupations. La présence de plusieurs personnes ne signifie donc pas que plusieurs regards sont tournés au même moment vers la victime. [1]
Le yacht, long d’environ 37 mètres, devient soudain une scène de crime. Il faut comprendre d’où vient le tir, distinguer ce qui a été entendu de ce qui a été vu, puis retrouver les positions de chacun. La soirée a laissé des souvenirs ; l’enquête va devoir les transformer en repères.
Le premier mystère est matériel. L’agresseur n’est pas appréhendé à bord. La scène est ouverte sur l’eau et la nuit. Le bateau n’a pas les limites d’une pièce fermée : on peut y être exposé à ce qui se passe autour, sans percevoir clairement ce qui approche ou s’éloigne.
Le second mystère concerne la victime. Pourquoi viser cet homme, dans cette baie, à ce moment précis ? La réponse ne se trouve pas immédiatement dans les conversations du dîner. Pour la chercher, les enquêteurs vont remonter bien au-delà de la soirée corse, vers les entreprises, les voyages et les relations de Fabrice Vial.
04 / 18
De la menuiserie familiale aux yachts : deux mondes derrière un même nom
Fabrice Vial vient de la région toulonnaise. Il développe l’activité familiale de menuiserie jusqu’à lui donner une dimension internationale. Le document préparatoire évoque un réseau de magasins, des usines, une expansion en Europe et des intérêts en Amérique du Sud. Il travaille notamment avec son frère Philippe. [1]
Son activité ne s’arrête pas aux portes, aux fenêtres et aux équipements de la maison. Il s’intéresse aussi à la plaisance et reprend les chantiers Couach, spécialisés dans les yachts. Le bateau sur lequel il séjourne en Corse appartient ainsi à un univers qui est à la fois celui de ses loisirs et celui de ses affaires. [1] [2]
Cette double appartenance donne une profondeur particulière au décor. Pour un visiteur, le yacht peut n’être que l’image d’une fortune. Pour les enquêteurs, il renvoie également à des entreprises, des commandes, des financements et des partenaires. Le lieu du crime fait déjà partie du parcours professionnel de la victime.
En 2011, le groupe de menuiserie traverse des difficultés. La réussite passée et les besoins d’argent présents coexistent. Une entreprise peut avoir grandi rapidement et se retrouver fragilisée lorsque son marché ralentit ou que ses engagements deviennent plus difficiles à tenir. Ce changement de situation conduit naturellement à examiner les relations financières. [1]
Le portrait qui se dessine n’est donc pas celui d’un simple vacancier fortuné. Vial transporte avec lui des dossiers en cours, des décisions à prendre et plusieurs cercles de relations. Les enquêteurs doivent reconstituer cet ensemble sans supposer que toute tension professionnelle constitue une raison de tuer.
05 / 18
Du tribunal de commerce de Toulon à un séjour décidé rapidement
Le texte fourni pour préparer l’épisode situe une étape importante au 9 août 2011 : une audience au tribunal de commerce de Toulon concernant l’avenir du groupe. Fabrice Vial est accompagné de deux avocats, Thierry Fradet et Maurice Lantourne. Après cette journée, il décide de passer quelques jours en Corse. [1]
Le caractère peu anticipé du séjour est également souligné par Le Parisien. Ce détail prendra une grande importance après le meurtre. Le départ ne ressemble pas, dans les récits retenus, à des vacances annoncées longtemps à l’avance et connues de tous. [2]
Le document préparatoire suit ensuite le trajet vers Figari, un passage à Bonifacio et une soirée au Via Notte, près de Porto-Vecchio. Il décrit aussi les moments de navigation et les allées et venues entre la terre et le yacht. Ces étapes donnent aux recherches plusieurs points d’appui : des transports, des lieux publics, des personnes qui ont pu voir ou entendre quelque chose. [1]
L’itinéraire est utile parce qu’il raconte une circulation. Le voyage en avion ne constitue pas la fin du déplacement : il reste les routes, les embarquements, les escales et le choix du mouillage. Connaître l’arrivée de Fabrice Vial en Corse n’équivaut pas nécessairement à connaître le lieu où il passera la nuit suivante.
Après le crime, chaque étape doit être reprise avec une question différente. Qui savait que le départ était décidé ? Qui connaissait le bateau ? Qui pouvait apprendre qu’il se trouvait dans le golfe de Porto-Vecchio ? Le travail ne consiste pas à désigner le premier proche informé. Il consiste à comprendre comment une information a pu circuler jusqu’à l’auteur du tir.
Le contraste fait avancer le récit : pour les participants, ces journées appartiennent encore au registre des vacances et des affaires que l’on évoque entre amis. Pour l’enquête, elles deviennent les dernières occasions de retrouver un contact, une observation ou un échange susceptible d’expliquer l’attaque.
06 / 18
Toulon, Figari, Bonifacio, Porto-Vecchio : la carte de l’affaire
L’affaire relie le continent à la Corse, puis le rivage au mouillage. Les lieux ci-dessous correspondent aux étapes évoquées dans le document préparatoire et aux territoires des investigations. Ils ne constituent pas un trajet supposé du tireur. [1]
| Lieu | Rôle dans le dossier |
|---|---|
| La Seyne-sur-Mer et Toulon | Le groupe familial, les relations professionnelles et l’audience précédant le séjour. |
| Figari | Le point d’arrivée aérien décrit pour le déplacement en Corse. |
| Bonifacio | Une étape des journées de détente et de navigation. |
| Porto-Vecchio et son golfe | Les sorties, le mouillage du Team Vip et la scène du crime. |
| Ajaccio puis Marseille | Les premières investigations et le traitement du dossier par la juridiction spécialisée. |
Sur terre, le parcours se raconte par des lieux d’arrivée et de passage. En mer, les repères changent. Le yacht se trouve au mouillage, entouré d’un espace que les passagers ne surveillent pas comme on surveillerait un couloir ou une porte d’entrée. La position du bateau, celle des personnes et leurs champs de vision prennent alors une importance particulière.
La carte permet aussi de séparer deux questions souvent mélangées. La première porte sur le lieu depuis lequel le tir aurait été effectué. La seconde concerne l’origine de ceux qui l’auraient organisé. Une action commise en Corse peut conduire à des recherches sur le continent ou à l’étranger. La scène ne désigne pas automatiquement la provenance du mobile.
Le dossier doit donc avancer sur deux plans : un espace relativement resserré autour du yacht, et un réseau de relations beaucoup plus vaste. C’est leur rencontre que les enquêteurs cherchent à établir.
07 / 18
Ce que les personnes à bord peuvent raconter
La personne la plus proche de Fabrice Vial au moment du tir est la jeune femme qui l’accompagne sur le pont. Dans le matériau préparatoire, son témoignage évoque une petite lumière rouge, puis une embarcation et deux silhouettes. Ce sont des indications d’observation, pas des identités reconnues. [1]
Le récit reprend également les auditions de l’équipage et des invités. Ces personnes ont partagé la soirée, mais elles n’ont pas assisté à la même scène depuis le même endroit. Certains peuvent préciser un horaire ou un déplacement ; d’autres décrire ce qu’ils ont entendu. Leurs témoignages doivent être rapprochés sans leur attribuer un champ de vision qu’ils n’avaient pas.
Cette différence explique pourquoi un yacht occupé peut laisser si peu de descriptions utiles de l’agresseur. Avoir été à bord ne signifie pas avoir observé l’extérieur au bon instant. Le choc du tir arrive avant que chacun ait compris ce qui se passait. Les souvenirs se forment dans des conditions brusquement bouleversées.
La lumière rouge prend beaucoup de place dans les récits publics, où elle est associée à un dispositif de visée. Dans une enquête, l’observation et son interprétation restent pourtant deux étapes. Le témoignage peut orienter les recherches ; il ne suffit pas à établir un modèle d’arme ni le parcours professionnel de celui qui l’aurait utilisée.
Deux silhouettes ne permettent pas davantage de distribuer avec certitude les rôles. L’idée d’un pilote et d’un tireur est une reconstitution possible de l’organisation du crime. Elle ne vaut pas reconnaissance de deux auteurs. La fiche conserve ce qui rend le témoignage intéressant tout en laissant ouvertes les questions qu’il ne résout pas.
Le document préparatoire rapporte enfin les difficultés vécues par la témoin après cette nuit. Il serait injuste de transformer sa réticence à revivre la scène ou le silence public d’un autre témoin en preuve de complicité. L’enquête doit trouver des éléments de participation ; elle ne peut se contenter d’interpréter une réaction au drame. [1]
08 / 18
La balle perdue : une pièce matérielle qui manque à l’enquête
Le projectile n’est pas retrouvé. Le texte préparatoire décrit les recherches menées à bord et dans l’eau, avec l’intervention de plongeurs. Cette absence devient l’une des limites durables du dossier. La reconstitution dispose de constatations sur la victime et sur la scène, mais pas de la balle elle-même. [1]
Il manque donc une pièce que les experts auraient pu examiner directement et, le cas échéant, confronter à d’autres éléments. Le tir a eu lieu ; ce sont certaines possibilités d’analyse et de comparaison qui se trouvent réduites. L’enquête doit avancer avec ce qui reste, plutôt qu’avec l’objet que tout le monde espérait retrouver.
Le récit de l’épisode situe l’hypothèse de tir à une distance de l’ordre d’une centaine de mètres, depuis l’eau. Cette estimation est également reprise par RTL. Elle aide à comprendre pourquoi le yacht seul ne suffit pas à contenir la scène de crime. [1] [3]
Le mot « sniper » traduit la manière dont la difficulté du tir a marqué le dossier. Il ne fournit pas, à lui seul, une identité, un uniforme ou une formation démontrée. Décrire le résultat d’un tir ne permet pas de connaître avec certitude toute la carrière de son auteur.
La préparation comporte des détails d’arme et de position qui varient selon les récits. Ils ne sont pas fixés ici comme des certitudes supplémentaires. Le cœur de l’affaire ne dépend pas d’un catalogue technique : un homme est visé à distance, un projectile manque et les possibilités de relier matériellement l’attaque à un auteur restent limitées.
C’est le moment où les recherches sur l’eau et les recherches sur les relations de la victime commencent à se répondre. Si la scène livre peu d’objets, les enquêteurs doivent espérer qu’un trajet, un contact ou une information extérieure les ramènera vers elle.
09 / 18
Un pneumatique incendié et une scène maritime difficile à refermer
Un pneumatique incendié est évoqué dans le document préparatoire après le meurtre. Sa découverte nourrit l’hypothèse d’une embarcation utilisée puis abandonnée. Mais le rapprochement n’aboutit pas, dans les éléments retenus, à une identification de l’auteur ni à une preuve définitive de l’usage de ce bateau pendant l’attaque. [1]
Cette piste illustre une difficulté fréquente des récits d’enquête : deux événements proches dans le temps et dans l’espace semblent pouvoir s’emboîter. L’un peut effectivement expliquer l’autre. Encore faut-il pouvoir établir le lien. Sans cette étape, le bateau découvert et le bateau aperçu restent deux éléments à rapprocher, pas un seul objet certain.
La remise en situation sur le yacht sert, elle aussi, à poser des questions concrètes. Où se trouvaient les témoins ? Que pouvaient-ils voir ? Quelles positions sont compatibles avec les constatations ? Le bateau apporte des dimensions et des repères que la mémoire seule ne peut pas restituer.
Une reconstitution ne fait cependant pas revenir la nuit du crime. Elle permet de tester une description avec les moyens disponibles. Le texte de travail raconte les difficultés de cet exercice ; la fiche n’en déduit pas une démonstration absolue sur le nombre d’auteurs ou leur niveau d’entraînement. [1]
10 / 18
L’hypothèse d’un informateur : suivre la circulation de l’information
L’un des fils les plus insistants du dossier est celui d’une information transmise au bon moment. Le voyage est présenté comme peu anticipé, et les déplacements sur place ne se résument pas à une seule adresse. Dans ce contexte, les enquêteurs s’intéressent à ceux qui pouvaient connaître la présence de Vial et le mouillage du yacht. [1]
L’hypothèse d’une « taupe » ne doit pas être transformée en personnage déjà identifié. Elle désigne une question : quelqu’un a-t-il renseigné l’auteur du crime depuis l’entourage de la victime, directement ou indirectement ? Le document préparatoire la développe longuement, notamment dans l’entretien avec Damien Delseny. [1]
La distinction entre connaissance et transmission est essentielle. Une personne peut savoir que Vial part en Corse sans savoir où il dort. Elle peut connaître le bateau sans connaître la soirée. Elle peut enfin transmettre une information banale sans connaître les intentions de celui qui la reçoit. L’enquête doit suivre ces étapes au lieu de les fusionner.
Les téléphones et les emplois du temps deviennent alors des outils de rapprochement. Un appel peut aider à établir une présence ou une relation ; il n’explique pas automatiquement le contenu d’une conversation. Le travail consiste à remettre les contacts dans leur contexte, puis à chercher ce qu’ils permettent réellement d’établir.
Le texte de préparation mentionne des vérifications dans l’entourage professionnel et familial. Aucune ne permet d’identifier un informateur dans le dénouement rapporté. Cette absence de résultat est importante : elle empêche de présenter les proches, les invités ou l’équipage comme un cercle de complices simplement parce qu’ils disposaient d’une partie de l’information. [1]
Le mystère de l’heure et du lieu reste donc entier. Il suggère un degré de préparation, mais ne livre pas le chemin précis par lequel les auteurs auraient appris que leur cible se trouvait là.
11 / 18
L’argent : des entreprises en difficulté, mais quel lien avec le meurtre ?
Le document préparatoire revient sur les besoins de financement du groupe Vial, les engagements envers les banques et les démarches engagées pour préserver l’activité. Après une phase d’expansion, le dirigeant doit trouver des solutions pour une entreprise fragilisée. L’audience toulonnaise prend place dans cette situation. [1]
Cette piste conduit à examiner les créanciers, les partenaires et les projets. Elle ne se limite pas à la richesse affichée par un yacht. Une fortune apparente peut coexister avec une trésorerie tendue, des participations difficiles à vendre ou une entreprise qui réclame de nouveaux apports. Ce qui importe pour l’enquête est de savoir où se situent les engagements et les éventuels différends.
La différence entre patrimoine et argent disponible aide à lire ce chapitre sans raccourci. Posséder des actifs ne signifie pas disposer immédiatement des sommes nécessaires pour régler une échéance. À l’inverse, chercher un financement ne démontre pas que l’on a contracté une dette auprès d’un milieu criminel.
Les recherches s’étendent aussi aux affaires menées hors de France. Le récit préparatoire évoque l’Amérique du Sud et l’Afrique parmi les directions explorées. Le carnet d’adresses de Vial ne se laisse donc pas réduire à ses dernières journées en Corse. [1]
Pour qu’une difficulté économique explique un meurtre, il faut encore relier plusieurs éléments : un conflit précis, une personne intéressée au passage à l’acte et des indices de participation. Une dette isolée ou un projet contesté ne suffit pas. C’est ce lien que les investigations ne parviennent pas à rendre démontrable dans les sources retenues.
La piste financière est ainsi à la fois très large et très exigeante. Elle ouvre de nombreuses portes, mais chacune doit être confrontée à la même scène : pourquoi ce tir sur ce bateau, dans cette nuit de Porto-Vecchio ?
12 / 18
Le nautisme, les projets portuaires et les pistes du banditisme
La reprise de Couach place Fabrice Vial au contact d’un autre secteur que la menuiserie. Le document préparatoire évoque des ambitions dans les yachts de grande taille, mais aussi des projets autour de leur accueil et de leur maintenance. Il cite notamment Saint-Mandrier, dans le Var, et des perspectives portuaires en Corse. [1]
Construire un yacht, trouver un emplacement pour l’accueillir et assurer son entretien relèvent d’activités liées mais différentes. Elles mobilisent des terrains, des installations, des clients et des financements. Pour les enquêteurs, ce secteur élargit le réseau de relations à examiner. Il peut faire se rencontrer des personnes qui ne se côtoient pas dans la menuiserie industrielle.
Le matériau préparatoire explore, dans ce contexte, de possibles proximités avec des figures du banditisme. Il rapporte des interrogations sur des relations d’affaires et sur des contacts communs. Il indique également que les rapprochements envisagés ne suffisent pas à établir une responsabilité dans le meurtre. [1]
Une personne connue d’un avocat, d’un partenaire ou d’une société ne devient pas pour autant le commanditaire d’un crime. Le lien professionnel doit être distingué du lien criminel. C’est particulièrement important dans un dossier où l’absence de coupable laisse beaucoup de place à la circulation des noms.
Le Parisien évoque en 2019 une piste liée au banditisme corse, en précisant le caractère non abouti des rapprochements. Cette piste mérite d’être mentionnée parce qu’elle fait partie de l’histoire publique de l’enquête. Elle ne permet pas de désigner un groupe ou un individu comme auteur établi de l’assassinat. [2]
L’affaire conserve ainsi une différence nette entre le soupçon d’un crime organisé et la preuve d’une organisation précise. La première idée peut guider des vérifications ; la seconde exige des faits qui relient les personnes, les moyens et la décision de tuer.
13 / 18
De la scène corse à Marseille : les moyens et les limites de l’enquête
Après les premières investigations, le dossier est traité à Marseille par la juridiction interrégionale spécialisée. Le récit préparatoire y voit la nécessité d’examiner un homicide complexe et les relations économiques susceptibles de l’entourer. [1]
Les JIRS sont des juridictions spécialisées dans des affaires de criminalité organisée, financière ou informatique. Leur ressort dépasse celui d’une seule juridiction locale et leur intervention peut couvrir l’enquête, l’instruction et le jugement. La présentation de la Gendarmerie nationale rappelle ce cadre. Elle explique le rôle de l’institution ; elle ne tranche pas le dossier Vial. [5]
Dans cette affaire, le travail doit faire dialoguer des éléments très différents : les constatations sur le yacht, les témoignages, les déplacements, les contacts et les opérations financières. La difficulté ne tient pas seulement au nombre de pistes. Elle tient à la possibilité de relier ce que chacune apporte aux autres parties du dossier.
L’entretien avec Damien Delseny inclus dans le document fourni contient une lecture critique des investigations. Le journaliste estime que certaines pistes locales auraient mérité d’être davantage approfondies et évoque des difficultés possibles de circulation des informations entre services. Il s’agit de son analyse, pas d’une faute institutionnelle établie par une décision citée dans cette fiche. [1]
Le dossier Vial reste difficile parce que les pistes ne convergent pas jusqu’à une chaîne de responsabilité démontrée. Les investigations éclairent des morceaux du parcours et de la scène ; elles ne les réunissent pas dans une explication judiciaire complète.
14 / 18
2018 : un non-lieu, puis l’attente d’un élément nouveau
Dans sa rétrospective du 2 août 2019, Le Parisien rapporte qu’un non-lieu a été rendu à l’été 2018. C’est le résultat procédural documenté ici. Il intervient après plusieurs années d’investigations sans identification du tireur ni démonstration d’une commandite. [2]
La famille n’obtient donc pas le procès qui permettrait d’entendre une accusation étayée contre un auteur désigné. Le meurtre demeure un fait ; la responsabilité pénale de son auteur reste à établir. Le non-lieu ne signifie pas que la mort aurait été expliquée par une autre cause.
En 2022, l’avocat de la famille, Me Jean-Pierre Darmon, exprime sur RTL l’espoir qu’un témoignage ou un nouvel élément permette de reprendre le dossier. Cette déclaration décrit une attente et une possibilité. Elle n’annonce pas qu’une réouverture a eu lieu. [3]
Une rétrospective du Nouveau Détective publiée le 26 août 2025 rappelle encore le non-lieu de 2018 et l’absence de condamnation. Les sources examinées pour cette fiche ne fournissent pas de dénouement judiciaire ultérieur vérifié. [6]
Pour les proches, cette différence est essentielle. Le temps passé n’apporte pas à lui seul une réponse. Une commémoration, une émission ou un article peuvent remettre l’affaire en lumière ; seul un élément susceptible d’être vérifié peut modifier ce que l’on sait réellement.
15 / 18
La chronologie de l’affaire Fabrice Vial
- Avant août 2011 — Développement du groupe de menuiserie et activités dans les yachts ; difficultés financières examinées ensuite par les enquêteurs.
- 9 août 2011 — Audience à Toulon et départ vers la Corse dans la chronologie du texte préparatoire.
- Les jours suivants — Déplacements entre Figari, Bonifacio, Porto-Vecchio et le Team Vip.
- Nuit du 11 au 12 août 2011 — Fabrice Vial est tué sur son yacht au mouillage dans le golfe de Porto-Vecchio.
- Après le crime — Auditions, recherches matérielles, reconstitutions et investigations sur les relations de la victime.
- Été 2018 — Non-lieu rapporté par Le Parisien.
- Juin 2022 — L’avocat de la famille évoque sur RTL l’espoir d’un élément nouveau.
- Août 2025 — Une rétrospective rappelle l’absence de condamnation.
Repères établis à partir du document préparatoire, du compte rendu contemporain d’Europe 1 et des rétrospectives datées. Le jour du crime est fixé au 12 août ; les variantes présentes dans certains récits ne sont pas reprises comme des événements distincts. [1] [4] [2] [3] [6]
16 / 18
Le « sniper » et le « pinsout » : deux mots, une enquête encore sans réponse
Le titre du podcast rapproche le tireur décrit dans les récits et l’entrepreneur venu du continent. « Pinsout » reprend phonétiquement pinzutu, mot corse désignant une personne venue de France continentale. Le Robert en donne ce sens. Le terme sert ici au titre ; il ne constitue pas une explication du meurtre. [7]
Le lieu apporte une question, pas une culpabilité collective. Fabrice Vial pouvait se trouver sur le continent ou à l’étranger ; il est tué pendant ce séjour en Corse. Pourquoi cette occasion a-t-elle été choisie ? Ce choix répond-il à une opportunité, à des informations disponibles ou à un différend lié à l’île ? Les sources ne permettent pas de trancher.
Il reste aussi à comprendre comment la présence au mouillage a pu être connue et qui aurait organisé l’attaque. Les hypothèses d’un informateur et d’une commandite s’articulent entre elles, mais elles ne se prouvent pas mutuellement. Chacune réclame ses propres éléments.
La force documentaire de l’affaire tient finalement à cet écart : une scène relativement simple à résumer, et une histoire de relations beaucoup plus difficile à reconstituer. Le podcast permet de suivre ce passage du visible à l’inconnu, du yacht éclairé aux décisions que l’enquête n’a pas réussi à attribuer.
17 / 18
Écouter Fabrice Vial et découvrir les dossiers liés
L’épisode 18 de L’envers de l’affaire dure 36 min 44 s. Ouvrir « L’assassinat de Fabrice Vial | Le sniper et le “pinsout” » sur Spotify.
18 / 18
Sources, crédits et actualisation
Dossier de L’envers de l’affaire, établi à partir du document préparatoire fourni pour l’épisode et des publications ci-dessous. Le récit a été réécrit pour la lecture web. Les témoignages, analyses de journalistes et hypothèses ne sont pas présentés comme des conclusions judiciaires. Aucun nom de suspect n’est ajouté à partir d’une rumeur.
- L’envers de l’affaire — épisode 18 : Fabrice Vial28 mai 2026, 36 min 44 s. Métadonnées du podcast et document préparatoire fourni pour l’épisode, incluant un récit et un entretien avec le journaliste Damien Delseny.
- Jean-Michel Décugis, Le Parisien — le sniper de la baie de Porto-Vecchio2 août 2019. Rétrospective de l’enquête, pistes et non-lieu rapporté à l’été 2018.
- RTL — Meurtre à Porto-Vecchio : pourquoi un sniper a-t-il assassiné Fabrice Vial ?9 juin 2022. Présentation du dossier et propos de Me Jean-Pierre Darmon, avocat de la famille. La date du 13 août figurant dans cet article n’est pas retenue : les sources contemporaines situent le décès le 12.
- Europe 1 — Corse : un entrepreneur tué sur son yacht12 août 2011. Compte rendu contemporain confirmant la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 août et le mouillage dans le golfe de Porto-Vecchio.
- Gendarmerie nationale — 20 ans d’existence pour les JIRSFloriane Hours, 28 novembre 2024. Source institutionnelle sur les missions des juridictions interrégionales spécialisées, utilisée pour expliquer le cadre de l’enquête.
- Le Nouveau Détective — sept affaires maritimes non résolues26 août 2025. Rappel du non-lieu de 2018 et de l’absence de condamnation dans l’affaire Vial à la date de cette rétrospective.
- Le Robert — Pinzutu1er décembre 2020. Repère lexical pour le mot repris phonétiquement dans le titre du podcast.
Visuel : illustration d’ambiance créée pour L’envers de l’affaire, représentant un yacht au mouillage de nuit. Il ne s’agit ni d’une photographie d’archives ni d’une reconstitution exacte du Team Vip ou du crime.
Titre, numéro, date de parution et durée : catalogue Spotify de l’émission. Dernière vérification éditoriale : . Cette date correspond à la révision du dossier, pas à l’annonce d’une avancée judiciaire.
L’ENVERS DE L’AFFAIRE
100 % mystère — 100 % enquête
0 % sensationnel — 0 % scandale