ÉPISODE 14 · LE DOSSIER DOCUMENTAIRE

Ted Binion : la mort, les procès et le trésor de Pahrump

Las Vegas, 1998. Une mort d’abord attribuée à une overdose, un coffre d’argent métal et deux procès aux verdicts différents.

Le 17 septembre 1998, Ted Binion est retrouvé mort à Las Vegas. Dès le lendemain soir, Rick Tabish vient récupérer son argent enterré à Pahrump. Le rapprochement nourrit une accusation de meurtre. Pourtant, après une première condamnation annulée, le second jury acquitte Tabish et Sandy Murphy du meurtre, tout en les condamnant pour des infractions liées au trésor. Ce dossier raconte l’affaire et son dénouement.

Las Vegas et Pahrump, NevadaAcquittement du meurtre au second procès
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Illustration de l’épisode Ted Binion : un homme devant un coffre rempli de lingots
Illustration de l’épisode 14 de L’envers de l’affaire.

02 · L’ENQUÊTE À ÉCOUTER

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14 • Ted Binion | Le faux suicide et le vrai trésor de Pahrump ⚰️ 🇺🇸 💰

Paru le 18 mai 2026 · 39 min 21 s.

L’épisode suit le passage d’une première hypothèse d’overdose à une accusation de meurtre, puis aux verdicts successifs. Le dossier ci-dessous permet de retrouver les lieux, les témoignages et les décisions de justice.

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Du Horseshoe de Las Vegas au coffre de Pahrump

Pour comprendre l’affaire Ted Binion, il faut distinguer trois lieux : le casino familial du centre de Las Vegas, la maison où il meurt et le terrain de Pahrump où il a fait enterrer son argent. Le premier explique l’origine de sa fortune, le deuxième devient le centre d’une enquête sur un décès, le troisième celui d’une procédure pour vol. Les événements se croisent, mais les preuves recueillies sur ces trois scènes n’ont pas toutes la même portée.

Le Horseshoe appartient à l’histoire de Fremont Street, dans le centre ancien de Las Vegas. Benny Binion, le père de Ted, y ouvre son établissement en 1951. Le casino se développe autour du jeu et accueille, à partir de 1970, les rencontres qui deviendront les World Series of Poker. Ted grandit dans cet univers familial où une fortune peut prendre la forme très concrète de pièces et de réserves de métal précieux. [3]

Plusieurs mois avant sa mort, Ted perd sa licence de jeu. L’arrêt de la Cour suprême du Nevada relie directement cette rupture au déplacement de sa collection personnelle : l’argent conservé au Horseshoe doit être installé ailleurs. Il ne s’agit donc pas d’un trésor ancien découvert dans le désert, mais de biens appartenant à un propriétaire connu et transportés à sa demande. [1]

Durant l’été 1998, Ted confie à l’entrepreneur Rick Tabish la construction d’un coffre souterrain sur une parcelle lui appartenant près du ranch familial, à Pahrump, dans le comté de Nye. Las Vegas relève du comté de Clark : le dossier concernera ainsi des services de police différents. Fin août ou début septembre, Binion prévient lui-même le bureau du shérif de Nye que son argent a été déplacé et demande une surveillance du secteur. Le dépôt est discret, mais son existence n’est pas inconnue des autorités. [1]

La décision de 2003 évalue la collection de pièces et de barres à environ huit millions de dollars. Ce montant est celui présenté dans cette source à propos de l’époque des faits ; il ne constitue ni une expertise actuelle ni la valeur certaine de chaque pièce. Le point matériel essentiel est la nature du dépôt : de l’argent métal, en barres et en monnaies, dont l’enlèvement demande des hommes et des véhicules. [1]

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Ted Binion, Sandy Murphy et Rick Tabish : les liens documentés

Sandy Murphy est la compagne de Ted et partage sa maison. Rick Tabish intervient dans ses affaires et connaît l’installation de Pahrump pour l’avoir construite. La relation entre les trois protagonistes forme donc un réseau personnel et matériel : vie commune, confiance professionnelle et accès au patrimoine. L’accusation soutient également que Murphy et Tabish sont devenus amants. Cette liaison participe à son scénario, mais ne démontre pas à elle seule un accord pour tuer. [1]

La fille de Ted, Bonnie Binion, occupe une place centrale dans les discussions sur la destination de l’argent. Selon le témoignage de Tom Standish, l’un des avocats de Ted, celui-ci avait demandé à Tabish de récupérer le dépôt s’il venait à mourir, afin d’éviter que d’autres membres de la famille n’en privent Bonnie. Standish affirme avoir assisté à cette conversation. Il s’agit d’un témoignage présenté au procès, qui donne un fondement à l’explication de Tabish ; il ne tranche pas à lui seul la légalité de l’opération qui suivra. [1]

Un autre avocat, James Brown, est chargé des questions successorales. Son rôle ne doit pas être confondu avec celui de Standish : Brown rapportera un appel concernant la place de Murphy dans le testament, tandis que Standish témoigne des instructions sur le coffre. Ces deux échanges ont des objets différents et nourrissent des arguments opposés. [1]

L’argent peut ainsi être interprété de deux manières concurrentes. Pour la défense, il existe des instructions de protection du patrimoine. Pour l’accusation, les difficultés financières de Tabish et les intérêts successoraux de Murphy offrent un mobile. Une enquête doit établir comment les personnes ont agi ; constater qu’elles pouvaient avoir un intérêt matériel ne suffit pas à établir les actes qui leur sont reprochés.

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17 septembre 1998 : un décès d’abord interprété comme une overdose

Le 17 septembre 1998, Sandy Murphy trouve Ted Binion sans vie dans leur maison de Las Vegas. Une ambulance et des policiers sont appelés. Les secouristes tentent de le ranimer, sans succès. Murphy, très bouleversée selon les descriptions rapportées dans l’arrêt, est conduite à l’hôpital. Les agents prennent des photographies du corps et des lieux. [1]

L’hypothèse initiale est celle d’une overdose. Des accessoires liés à la consommation d’héroïne et des traces du produit sont retrouvés dans une salle de bains proche. Peter Sheridan, le fournisseur de Ted, déclarera au procès lui avoir vendu de l’héroïne la veille du décès. L’existence d’une consommation antérieure fournit un contexte concret à cette première interprétation. Elle ne résout pourtant pas la question des circonstances exactes de la mort. [1]

Le lendemain, le médecin légiste en chef du comté de Clark, le docteur Lary Simms, pratique l’autopsie. Les analyses révèlent de l’héroïne, du Xanax et du Valium dans le sang. Simms retient alors une mort par surdose, sans pouvoir déterminer si elle a été accidentelle ou volontaire. La présence des substances et la qualification des circonstances sont donc, dès le départ, deux questions distinctes. [1]

Parce que les premiers intervenants ne soupçonnent pas immédiatement un acte criminel, la maison n’est pas isolée et préservée comme une scène d’homicide. Cette décision pèsera sur la suite : l’enquête devra interpréter des photographies, des souvenirs et des objets dans un environnement qui n’est pas resté figé. L’arrêt ne dit pas que toute preuve devient inutilisable ; il décrit une perte de maîtrise des lieux dont la défense fera un argument important. [1]

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18–19 septembre : l’argent de Pahrump est chargé dans des camions

Le soir du 18 septembre, au lendemain du décès, Tabish téléphone au shérif du comté de Nye. Il annonce qu’il vient à Pahrump pour retirer l’argent du coffre. Il explique agir conformément aux instructions de Ted en cas de décès. Ce coup de téléphone est essentiel : la récupération n’est pas une opération dont tous les participants auraient cherché à dissimuler l’existence aux autorités. [1]

Tabish se rend sur place avec Dave Mattsen et Mike Milot. Les hommes chargent les réserves d’argent dans leurs véhicules. Les agents de Nye les interceptent une fois le chargement effectué. Après plusieurs heures de rétention, ils sont arrêtés, puis remis en liberté sous caution. La succession des événements est saisissante : Ted vient de mourir et les biens de son coffre souterrain sont déjà en train d’être déplacés. [1]

L’explication de Tabish repose sur la mission qu’il dit avoir reçue. Le parquet y voit au contraire un enlèvement frauduleux. Les témoignages relatifs à Bonnie et aux instructions de Ted deviennent déterminants, car le fait de connaître un coffre ou d’avoir participé à sa construction n’équivaut pas automatiquement à un droit d’emporter son contenu après la mort de son propriétaire. [1]

L’affaire du dépôt dispose de ses propres éléments : un lieu identifié, des biens retrouvés, des personnes présentes et une opération de transport constatée. Le décès, lui, impose de reconstituer des actes supposés dans la maison de Las Vegas. Cette différence explique pourquoi les jurés pourront plus tard acquitter du meurtre tout en condamnant pour des infractions relatives à l’argent. Les deux questions sont liées dans le récit, mais demeurent distinctes devant la justice.

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Tom Dillard et la reprise d’une enquête sur des lieux déjà modifiés

Environ une semaine après la mort, des membres de la famille Binion engagent Tom Dillard, ancien enquêteur spécialisé dans les homicides, comme détective privé. Il interroge des témoins et consulte des experts. Son travail contribue à remettre en question la première lecture du décès. L’impulsion vient donc aussi de l’entourage du défunt, puis rejoint le travail du médecin légiste et celui des autorités pénales. [1]

Les policiers reviennent chercher des éléments dans la maison environ quatre semaines après la mort. Pendant cet intervalle, plusieurs personnes ont pu entrer dans la pièce où le corps avait été découvert. Au procès, la comparaison des photographies prises à des dates différentes montre que des objets ont été déplacés. L’enquête ne peut plus supposer que l’état des lieux observé un mois après correspond exactement à celui du 17 septembre. [1]

La défense fait témoigner Paul Dougherty, spécialiste des procédures policières et de la reconstitution des scènes. Il critique la collecte des éléments et l’absence de protection initiale de la maison. Son appréciation est celle d’un expert appelé par la défense, pas une décision judiciaire annulant automatiquement toutes les observations. La Cour suprême rapporte ces critiques parce qu’elles éclairent les difficultés de preuve rencontrées au premier procès. [1]

Environ six mois après le décès, Simms examine les matériaux réunis par Dillard et conclut cette fois à un homicide. Ce changement concerne la manière dont la mort aurait été provoquée. Il précède les poursuites visant Murphy et Tabish pour le décès et l’appropriation des biens. Il ne s’agit pas de la découverte publique d’un film montrant les faits, mais d’une nouvelle interprétation d’un ensemble d’éléments, ensuite soumise à la contradiction des experts et des avocats. [1]

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Les expertises : une surdose reconnue, des mécanismes opposés

Le premier procès met en présence de nombreux médecins. D’après la synthèse de la Cour suprême, tous, à l’exception du docteur Michael Baden, attribuent la mort à une surdose impliquant l’héroïne, le Xanax et le Valium. Ils débattent notamment de la contribution de chaque substance, mais s’accordent globalement sur un effet toxique combiné. Cet accord sur un mécanisme d’intoxication ne signifie pas qu’ils s’entendent sur une mort accidentelle. [1]

Simms défend la possibilité d’une surdose provoquée par autrui. Baden, expert de l’accusation, développe une autre explication : une asphyxie infligée. Il n’a pas personnellement pratiqué l’autopsie de Ted ; son opinion s’appuie sur l’examen du dossier et sur son interprétation de marques photographiées sur le corps. Le désaccord ne sépare donc pas simplement un bloc d’experts à charge d’un bloc d’experts à décharge. Il existe aussi entre les deux explications médicales proposées par le parquet. [1]

D’autres médecins attribuent les marques à des causes différentes, comme des troubles cutanés, des heurts ou l’intervention des secouristes. Les observations existent, mais leur origine et leur valeur démonstrative sont discutées. Raconter ces traces comme la preuve certaine d’une technique criminelle reviendrait à adopter une expertise sans exposer les objections qui lui ont été opposées. [1]

La Cour suprême se prononcera également sur cette opposition. En 2003, elle estime que le témoignage de Baden pouvait permettre à un jury rationnel de retenir une cause criminelle. Elle refuse donc de déclarer l’accusation impossible en droit faute de preuve suffisante sur ce point. Cela ne valide pas chaque détail de la reconstitution et ne préjuge pas du verdict que rendra un nouveau jury. [1]

Trois niveaux restent à distinguer : les résultats observés, leur explication médicale et la responsabilité pénale de personnes précises. Même une qualification médico-légale d’homicide ne prouve pas, à elle seule, que Murphy ou Tabish en sont les auteurs. C’est cette dernière démonstration que l’accusation doit apporter au procès.

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L’appel à James Brown et les témoignages qui nourrissent les soupçons

James Brown raconte que Ted l’a appelé la veille de sa mort pour demander une modification de son testament. Selon l’avocat, Ted voulait en écarter Murphy et avait accompagné cette demande d’une remarque laissant entendre qu’elle pourrait le tuer. Brown ne rapporte ces paroles aux enquêteurs que plusieurs jours après le décès ; il affirme en avoir pris note moins de vingt-quatre heures après avoir appris la mort. [1]

Ce témoignage aura un fort impact. Il semble faire entendre la voix du défunt anticipant sa propre fin. Mais il présente une difficulté majeure : une inquiétude exprimée par Ted, même fidèlement rapportée, ne démontre pas ce que Murphy pensait ni ce qu’elle a fait. La remarque peut renseigner sur l’état d’esprit de celui qui l’aurait prononcée, sans constituer une preuve directe d’un projet homicide chez une autre personne. [1]

D’autres déclarations s’ajoutent au dossier. L’employée de maison dit que Murphy l’a renvoyée plus tôt la veille et lui a demandé de ne pas venir le lendemain. Le jardinier rapporte des rideaux fermés, contrairement aux habitudes qu’il décrit. Un enquêteur privé relève une diminution des appels entre Murphy et Tabish ce jour-là. Bonnie indique que de l’argent et des pièces anciennes manquent dans la maison. Ce sont des témoignages et des interprétations présentés à charge, pas des scènes auxquelles le lecteur aurait accès directement. [1]

L’accusation invoque également les difficultés financières de Tabish. Un témoin, Kurt Gratzer, affirme que celui-ci lui a parlé de tuer Binion et a sollicité son aide. La défense oppose à cet ensemble l’hypothèse d’une surdose accidentelle ou volontaire. Au lieu d’une preuve unique réglant toutes les questions, le jury reçoit ainsi un faisceau d’éléments dont il doit apprécier la crédibilité, la cohérence et la portée. [1]

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Le procès de 2000 : trois affaires devant le même jury

Le premier procès dure six semaines et fait intervenir 115 témoins. Il ne porte pas seulement sur la mort de Ted Binion. Trois ensembles d’accusations sont réunis : le décès et des biens manquant dans la maison de Las Vegas ; l’enlèvement de l’argent du coffre de Pahrump ; et une affaire distincte concernant Leo Casey, associé à un projet d’exploitation de sable et de gravier près de Jean, au Nevada. [1]

Dans ce troisième dossier, Tabish est accusé d’avoir exercé des violences et des pressions pour obtenir le transfert d’intérêts économiques. Murphy n’est finalement pas jugée pour ces faits. Le parquet soutient que les trois affaires s’inscrivent dans un même projet financier. Les défenses demandent leur séparation, estimant que les accusations Casey risquent de faire considérer Tabish comme coupable dans l’affaire Binion par association. [1]

Après huit jours de délibération, le jury condamne Murphy et Tabish pour le meurtre au premier degré, ainsi que pour d’autres infractions concernant les biens. Il condamne également Tabish dans l’affaire Casey. Les peines comprennent alors la réclusion à perpétuité avec une possibilité de libération conditionnelle après vingt ans pour le meurtre, à laquelle s’ajoutent d’autres peines selon les chefs retenus. [1]

À ce stade, un homicide a bien été retenu contre eux par un jury. Mais le récit ne peut s’arrêter à ce verdict : les condamnations sont contestées en appel, et la manière dont les accusations et les témoignages ont été présentés devient à son tour l’objet d’un examen approfondi.

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14 juillet 2003 : les deux erreurs qui imposent un nouveau procès

La Cour suprême du Nevada annule les condamnations de Murphy et Tabish relatives au décès, aux biens de la maison et au dépôt de Pahrump. Elle ordonne un nouveau procès sur ces points. Elle maintient en revanche les condamnations de Tabish concernant Casey. Le résultat n’est donc ni l’annulation de toutes ses condamnations ni un acquittement général. [1]

Le premier motif concerne la réunion des affaires. Pour la majorité de la Cour, l’argent et la cupidité invoqués comme lien ne suffisent pas à démontrer un projet commun justifiant de tout juger ensemble. Le dossier Casey, plus solide à ses yeux, a pu renforcer artificiellement celui de Binion, reposant largement sur des indices. Le jury pouvait être conduit à raisonner à partir d’une réputation de violence plutôt qu’à partir des preuves propres au décès. [1]

Le second motif concerne les propos attribués à Ted par James Brown. La Cour ne décide pas que l’avocat les a inventés. Elle reproche au juge de ne pas avoir indiqué au jury la limite de leur utilisation : ils pouvaient éclairer l’état d’esprit de Ted, mais ne devaient pas devenir une preuve de l’intention ou de la conduite de Murphy. Le parquet les avait pourtant employés comme s’ils annonçaient la vérité de ce qui s’était passé. [1]

Ces erreurs sont jugées suffisamment importantes pour avoir compromis l’équité du procès. Les juges ne sont pas unanimes sur l’ensemble du raisonnement : des opinions séparées défendent le maintien de certaines condamnations, voire de toutes. Le texte intégral permet de lire ces divergences. Le renvoi décidé par la majorité ouvre néanmoins la voie à un nouvel examen des accusations. [1]

Annuler une condamnation ne revient pas à affirmer que le décès était nécessairement accidentel. La Cour rejette même, dans le même arrêt, l’argument selon lequel aucune cause criminelle ne pouvait être retenue sur la base des témoignages du premier procès. Elle exige surtout que les accusations soient rejugées sans les erreurs qu’elle a identifiées. [1]

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23 novembre 2004 : acquittement du meurtre, condamnations pour l’argent

Le second procès aboutit le 23 novembre 2004 à l’acquittement de Sandy Murphy et Rick Tabish pour le meurtre de Ted Binion. Le jury les reconnaît cependant coupables de trois chefs relatifs à l’argent du dépôt. Le résultat sépare ainsi les deux questions que la proximité des événements avait réunies : la responsabilité dans le décès et l’appropriation du trésor. [2]

Le titre officiel du podcast parle d’un « faux suicide ». Il annonce l’angle de l’épisode ; le résultat judiciaire doit rester explicite : les deux accusés ont été acquittés du meurtre au second procès. Ils ne doivent donc pas être présentés comme les meurtriers condamnés de Ted Binion.

L’acquittement ne fournit pas une reconstitution certaine des derniers instants de Ted. Il signifie que le second jury n’a pas retenu leur culpabilité pour ce meurtre. Inversement, les condamnations liées à l’argent ne démontrent pas rétroactivement qu’ils ont causé sa mort. Le dénouement de l’affaire tient précisément à cette séparation.

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Après les procès : une vie reconstruite et des questions persistantes

Sandy Murphy est libérée en décembre 2004. Dans l’entretien publié en 2010 par Orange Coast, elle décrit sa reconstruction et son activité dans une galerie d’art en Californie, tout en contestant encore les condamnations relatives à l’argent. Ce témoignage renseigne sur son parcours et son point de vue à cette date ; il ne constitue pas une décision effaçant ces condamnations. [2]

L’histoire ne se termine donc pas par un trésor introuvable. Les réserves souterraines ont été localisées, déplacées et récupérées par les autorités. La difficulté principale porte sur le décès et sur la valeur des preuves utilisées pour l’expliquer. Les premières constatations, l’intervention des enquêteurs privés, les expertises concurrentes et les règles du procès ont conduit à des résultats différents au fil du temps.

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La chronologie de l’affaire Ted Binion

  1. 1951

    Benny Binion ouvre le Horseshoe sur Fremont Street, à Las Vegas. [3]

  2. Été 1998

    Après la perte de sa licence de jeu, Ted fait aménager le coffre souterrain de Pahrump par Rick Tabish. [1]

  3. 17 septembre 1998

    Sandy Murphy découvre Ted mort dans sa maison. Les premiers intervenants envisagent une overdose. [1]

  4. 18 septembre 1998

    Autopsie par Lary Simms. Le soir, Tabish annonce au shérif son intention de récupérer l’argent. [1]

  5. Nuit du 18 au 19 septembre 1998

    Tabish, Mattsen et Milot sont interceptés après le chargement du dépôt. [1]

  6. Environ six mois après la mort

    Simms requalifie les circonstances du décès en homicide après examen des éléments réunis par Dillard. [1]

  7. 2000

    Premier procès : condamnations pour meurtre et pour des infractions concernant les biens. [1]

  8. 14 juillet 2003

    La Cour suprême annule les condamnations liées à Binion et au coffre ; elle maintient celles de Tabish dans l’affaire Casey. [1]

  9. 23 novembre 2004

    Acquittement de Murphy et Tabish pour meurtre au second procès ; condamnations relatives à l’argent. [2]

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D’autres enquêtes de L’envers de l’affaire

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Sources, méthode et crédits

Le récit repose principalement sur l’arrêt intégral du 14 juillet 2003. Celui-ci expose les éléments du premier procès, en distinguant les témoignages, les positions des parties et les conclusions des juges. Le résultat du second procès est documenté par la rétrospective citée ci-dessous. Les affirmations discutées restent attribuées à ceux qui les ont formulées.

  1. Cour suprême du Nevada — Tabish v. State, 14 juillet 2003 — Arrêt intégral : faits débattus au premier procès, expertises, témoignages, motifs de l’annulation et opinions dissidentes.
  2. Matthew Heller, Orange Coast — Sandy Murphy’s Complicated Life, 11 mai 2010 — Entretien et rétrospective donnant le verdict du 23 novembre 2004 et les suites pour Murphy. Les passages rétrospectifs restent rattachés à leur époque.
  3. Binion’s Gambling Hall — histoire de l’établissement — Repères sur le Horseshoe de Fremont Street, ouvert par Benny Binion en 1951.
  4. L’envers de l’affaire — épisode 14 sur Spotify — Titre officiel, numéro, date de parution, durée et illustration de l’épisode.

Texte documentaire, podcast et illustration : L’envers de l’affaire. La vignette est une illustration éditoriale, pas une photographie des preuves. Titre, numéro et durée repris de la fiche Spotify. Dossier publié et vérifié le 14 septembre 2026.