ÉPISODE 27 · LE DOSSIER DOCUMENTAIRE

Sous-marins sans retour : retrouver l’ARA San Juan

Un dossier court sur les 44 disparus de l’Atlantique Sud, le signal acoustique et la découverte de l’épave.

Atlantique Sud, 15 novembre 2017. L’ARA San Juan cesse de donner de ses nouvelles avec 44 personnes à bord. Le sous-marin argentin devait rejoindre Mar del Plata depuis Ushuaia. Une recherche internationale commence. Un an plus tard, l’épave sera localisée au large de la Patagonie. Entre ces deux dates, l’enquête apprend à retrouver un navire que personne ne voit, à partir d’un signal que des capteurs lointains ont enregistré.

Atlantique Sud · Patagonie · Argentine2017–2026 · épave retrouvée · jugement de première instance
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Illustration d’ambiance : une coque de sous-marin dans les profondeurs, éclairée par un robot sous-marin.
Illustration d’ambiance issue des ressources du projet. Ni photographie d’archive, ni reconstitution exacte de l’ARA San Juan.

02 · L’ENQUÊTE À ÉCOUTER

Écouter l’épisode 27 de L’envers de l’affaire

27 • Sous-marins sans retour | Les disparus des abysses ⚓ 🇦🇷 🌊

Paru le 25 juin 2026 · 34 min 24 s.

Retrouvez l’épisode complet. Le dossier écrit ci-dessous se concentre sur l’ARA San Juan et la recherche de son épave.

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Novembre 2017 : un retour interrompu

Le San Juan appartient à la marine argentine. Avant la perte de contact, son équipage a signalé une entrée d’eau et un problème de batteries. Ce message est une pièce essentielle : une difficulté technique a été portée à la connaissance de la terre. Il ne raconte cependant pas toute la suite des événements. [1]

La disparition devient publique le 17 novembre. Navires et avions sont mobilisés, avec une assistance étrangère. Le 30 novembre, la marine met fin à la phase de sauvetage. La recherche du bâtiment continue. Le changement d’objectif est douloureux : retrouver une position doit désormais permettre de documenter un naufrage et de répondre aux familles. [1]

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Des hydrophones enregistrent ce que la surface ne montre pas

Le CTBTO, l’organisation chargée de préparer la vérification du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, dispose d’un réseau international de surveillance. Dans les enregistrements du 15 novembre, les chercheurs isolent une anomalie acoustique reçue à Ascension et aux îles Crozet. Les deux stations sont à des milliers de kilomètres de la zone recherchée. [2]

L’analyse associe les signaux et estime leur origine. Elle ne fournit pas une photographie ni une position parfaitement certaine. L’étude expose aussi les limites de l’interprétation : la présence d’un signal bref ne suffit pas à démontrer une explosion. Le réseau a une mission nucléaire ; cela ne donne aucune nature nucléaire à l’événement détecté. [2]

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2018 : passer d’une zone probable à une épave identifiable

Ocean Infinity reprend la recherche avec le Seabed Constructor et cinq véhicules sous-marins autonomes. Ces appareils emportent notamment des sonars et explorent sans câble les reliant au navire. Des robots téléopérés complètent les moyens disponibles. Trois officiers argentins et quatre proches de membres de l’équipage embarquent comme observateurs. [3]

Le 17 novembre 2018, l’entreprise annonce avoir localisé et confirmé l’épave, après deux mois de recherche. Son communiqué la situe dans une ravine, à 920 mètres de profondeur, environ 600 kilomètres à l’est de Comodoro Rivadavia. La fiche retient l’ordre de grandeur d’environ 900 mètres, également employé dans l’étude scientifique. [3] [2]

Selon les chercheurs, le lieu de découverte se trouve à moins de vingt kilomètres de leur localisation de l’anomalie. Ce rapprochement montre l’utilité du signal pour guider une recherche ; il ne transforme pas, rétrospectivement, la zone estimée en coordonnées exactes. [2]

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Retrouver le bâtiment ne reconstitue pas chaque instant

Les images présentées par la marine montrent le sous-marin brisé, avec une coque résistante implosée et des éléments dispersés. La découverte apporte une réponse matérielle à la disparition. Elle ne constitue pas à elle seule une explication complète de ce qui a conduit le navire jusqu’à cet état. [1]

Pour lire ce dossier, il faut garder trois questions distinctes : où se trouve le bâtiment, quels événements les traces permettent d’établir, et quelles responsabilités peuvent être démontrées. Une réponse à la première ne dispense pas d’enquêter sur les deux autres. Aucun dialogue, aucune décision de bord ni aucun dernier instant n’est reconstitué ici.

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2026 : le naufrage devant les juges

Le procès de quatre anciens hauts responsables de la marine s’ouvre le 3 mars 2026. Il porte sur leurs obligations et leur rôle dans la catastrophe. Un procès examine des responsabilités individualisées ; la mise en cause d’un responsable ne vaut pas condamnation. [4]

Le 8 juillet, à Río Gallegos, Claudio Villamide est condamné à trois ans de prison avec sursis pour manquement à ses devoirs et catastrophe aggravée par négligence. Luis López Mazzeo, Héctor Alonso et Hugo Correa sont acquittés. Ce résultat est celui de la première instance rapporté par la presse. Il ne doit pas être présenté comme la clôture définitive de toutes les procédures. [5]

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Ce que le dossier permet de dire

Établi : la perte du San Juan et de ses 44 occupants, la localisation de l’épave et les résultats judiciaires rapportés ci-dessus. À interpréter avec méthode : les enregistrements acoustiques et ce qu’ils indiquent sur l’événement. Non reconstitué ici : l’enchaînement précis des dernières manœuvres et les derniers moments de l’équipage.

Le passage du silence à une épave retrouvée donne à cette histoire son mouvement. Les traces deviennent plus précises, sans que chaque lacune disparaisse. Respecter ces limites permet de raconter l’enquête sans prêter aux 44 disparus des paroles ou des gestes que les sources ne permettent pas de connaître.

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Les repères essentiels

  1. 15 novembre 2017 — Perte de contact avec le San Juan, qui compte 44 personnes à bord.
  2. 30 novembre 2017 — Fin de la phase de sauvetage ; recherche de l’épave maintenue.
  3. 17 novembre 2018 — Ocean Infinity annonce la découverte à environ 900 mètres de profondeur.
  4. 3 mars 2026 — Ouverture du procès de quatre anciens responsables de la marine.
  5. 8 juillet 2026 — Une condamnation avec sursis et trois acquittements en première instance.

Repères : [1] [3] [4] [5]

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Trois dossiers sur les enquêtes en mer

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Sources, méthode et crédits

Dossier documentaire original de L’envers de l’affaire, publié le 14 septembre 2026. Cette version courte se concentre sur l’ARA San Juan. Elle accompagne l’épisode 27 sans constituer sa transcription ni prétendre en reprendre tous les cas. Les sources scientifiques et le communiqué de découverte sont distingués des synthèses et des comptes rendus judiciaires de presse.

  1. Disappearance of ARA San Juan — synthèse et références

    Synthèse secondaire utilisée pour les repères de la disparition, la fin de la phase de sauvetage et la présentation de l’épave. Les éléments scientifiques sont vérifiés séparément dans l’étude des chercheurs.

  2. Nielsen et al. — CTBTO’s Data and Analysis Pertaining to the Search for the Missing Argentine Submarine ARA San Juan

    Étude scientifique primaire en accès libre, publiée en ligne le 3 mars 2020, volume 178 de Pure and Applied Geophysics (2021), pages 2557–2577. Détection, localisation et limites de l’interprétation du signal acoustique.

  3. Ocean Infinity — découverte de l’ARA San Juan

    Communiqué primaire du 17 novembre 2018 : localisation, moyens employés et présence d’observateurs. Source de l’entreprise qui a réalisé la recherche ; ses appréciations commerciales ne sont pas reprises.

  4. El País — ouverture du procès de l’ARA San Juan

    3 mars 2026, Mar Centenera. Compte rendu de presse sur l’ouverture du procès et les questions soumises aux juges ; il ne constitue pas le jugement.

  5. El País — un officier condamné, trois acquittés

    8 juillet 2026, Javier Lorca. Compte rendu du verdict de première instance à Río Gallegos. La présente fiche ne certifie pas l’issue d’éventuels recours.

  6. L’envers de l’affaire — épisode 27 sur Spotify

    25 juin 2026 ; 34 min 24 s dans le catalogue enregistré, vérifié le 13 septembre 2026. Titre, numéro, séparateur, émojis et lien conservés exactement.

Crédit visuel : vignette carrée sans texte, issue des ressources existantes du projet. Il s’agit d’une illustration d’ambiance, et non d’une photographie de l’épave. Les métadonnées Spotify sont celles du catalogue enregistré.