Entrée du métro Sinchon dans l’arrondissement de Mapo à Séoul
Entrée de la station Sinchon, Mapo, le 21 novembre 2018. Photographie de contexte du secteur ; elle ne représente pas une scène de crime. Image redimensionnée et convertie en WebP.Photo : LERK / Wikimedia Commons · Seoul-metro-240-Sinchon-station-entrance-1-20181121-082044.jpg · Source · CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage ni retouche du lieu ; proportions et licence conservées.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Yoo Young-chul, les meurtres de Séoul

CRIMES IMPOSSIBLES

Séoul · Mapo · Sinsa-dong · Corée du Sud

Septembre 2003–juillet 2004 · justice en 2004–2005

Condamné à mort pour vingt meurtres ; peine confirmée en juin 2005, non exécutée

À Séoul, le 24 septembre 2003, un couple est tué dans sa maison de Sinsa-dong. D’autres attaques frappent des logements, puis des femmes disparaissent après des rendez-vous. Arrêté en juillet 2004 grâce à une alerte venue de leur milieu professionnel, Yoo Young-chul est condamné à mort pour vingt meurtres. La peine devient définitive en juin 2005 et demeure non exécutée dans les sources consultées. Le dossier est jugé, mais il oblige encore à demander comment les disparitions ont été rapprochées et pourquoi tous les aveux n’ont pas été retenus.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Des attaques à domicile et des disparitions de femmes se succèdent à Séoul en 2003–2004.
L’enquête et la justice
Vingt meurtres sont retenus ; la condamnation à mort est confirmée en juin 2005.
La question restante
Comment les alertes ont-elles conduit à l’arrestation, et où s’arrêtent les faits prouvés ?

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1. Septembre 2003, une maison de Sinsa-dong

Un couple âgé est tué dans sa résidence de Sinsa-dong le 24 septembre 2003. Les premiers comptes rendus policiers relient ensuite cette attaque à d’autres maisons de Séoul, notamment à Gugi-dong, Samseong-dong et Hyehwa-dong. La succession des lieux importe : les crimes ne sont pas concentrés dans une seule rue, et leur rapprochement devient un enjeu de l’enquête. [1]

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2. Une série qui déroute les enquêteurs

Les maisons visées paraissent correspondre à des milieux aisés, mais les enquêteurs constatent que de l’argent reste sur place. Dans le logement de Hyehwa-dong, un incendie a aussi été allumé. Le récit policier de juillet 2004 explique que ces constatations ont brouillé la piste du vol. [1]

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3. Le déplacement vers Mapo

À partir de mars 2004, Yoo fait venir des femmes travaillant dans le commerce du sexe à son logement de l’ouest de Séoul. Le Korea Herald situe ce logement dans Mapo. Son réexamen de l’affaire rapporte aussi l’usage d’une fausse identité policière pour les intimider. Ce changement des victimes et des lieux rompt avec les attaques précédentes dans des maisons aisées. [2]

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4. Des absences et un même numéro

Plusieurs femmes ne reviennent pas de rendez-vous pris après des appels semblables. Le responsable d’un établissement remarque la répétition d’un numéro et avertit la police. Le 15 juillet 2004, un nouveau contact rend possible un rendez-vous. Le tournant vient ainsi de personnes qui connaissent le travail et les absences des victimes. [3]

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5. L’arrestation et la fuite

La police reconnaît ensuite que le responsable et des employés ont maîtrisé Yoo avant qu’un agent ne le menotte. L’officier initialement envoyé avait quitté le point de rencontre. Une fois retenu, Yoo parvient encore à s’échapper avant d’être repris. Il faut distinguer l’arrestation du 15 juillet de la révélation publique des crimes quelques jours plus tard, souvent confondues dans les résumés. [3] [4]

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6. Les recherches près de Bongwon

Les indications du suspect orientent les fouilles vers la montagne derrière le temple Bongwon. Onze corps y sont retrouvés, selon le bilan publié le 26 juillet. Les recherches ne confirment cependant pas chaque déclaration : une autre victime évoquée par Yoo n’est pas retrouvée au lieu indiqué. L’aveu ouvre une piste ; la découverte, l’identification et les autres pièces doivent encore lui donner une portée judiciaire précise. [5]

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7. Le parquet doit vérifier les déclarations

À la fin de juillet, la police transmet ses dossiers au parquet. Dong-A Ilbo relève alors la place considérable laissée aux déclarations du suspect et le manque de preuves matérielles dans certains volets. Yoo a fait varier le nombre de crimes qu’il revendique. Les enquêteurs ne peuvent pas lui attribuer automatiquement toutes les violences restées sans auteur dans la ville. [4]

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8. Septembre 2004, l’ouverture du procès

Le 6 septembre, Yoo comparaît pour la première fois. Il reconnaît des meurtres et tient des propos provocateurs, tout en annonçant qu’il ne souhaite plus participer aux audiences. Le compte rendu publié le lendemain mentionne vingt et une accusations et de nouvelles affirmations de sa part. Ces paroles n’augmentent pas, à elles seules, le nombre des faits établis. Les juges doivent examiner les charges, même lorsque l’accusé semble renoncer à se défendre. [6]

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9. Le dossier distinct d’Imun-dong

Une femme tuée en février 2004 à Imun-dong figure dans les accusations initiales. Yoo reconnaît d’abord ce crime, puis se rétracte. Le tribunal ne retient pas cette accusation, faute de preuves suffisantes. Le parquet conteste cette exclusion. Cet épisode rend la différence entre vingt et vingt et un particulièrement importante : le chiffre le plus souvent répété dans un récit médiatique ne remplace pas celui des homicides dont la culpabilité est judiciairement reconnue. [7] [8]

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10. Le 13 décembre, vingt meurtres retenus

Le tribunal du district central de Séoul prononce la peine de mort le 13 décembre 2004. Reuters rapporte vingt meurtres retenus et une accusation écartée. La gravité de la série et la peine prononcée ne dispensent donc pas le tribunal de distinguer les dossiers. À ce stade, la sentence de première instance ne constitue pas encore le dernier acte de procédure : la question de l’accusation exclue continue devant la juridiction supérieure. [7] [8]

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11. Juin 2005, la peine devient définitive

La Cour suprême confirme la condamnation et rejette le recours du parquet concernant le meurtre non retenu. Yonhap donne le 9 juin 2005 comme date de confirmation définitive. Vingt homicides constituent donc le bilan judiciaire de référence de cette fiche. L’arrêt met fin à ce recours ; il ne transforme pas les déclarations supplémentaires du condamné en faits prouvés et n’autorise pas à reprendre indistinctement les premiers totaux policiers. [8] [9]

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12. Une peine toujours distincte de son exécution

En septembre 2023, le ministère de la Justice confirme le transfert de Yoo de Daegu au centre de détention de Séoul, situé à Uiwang. La présence d’une installation d’exécution suscite des spéculations, mais le ministère invoque une mesure d’administration pénitentiaire. Le rapport d’Amnesty publié en 2026 ne recense aucune exécution en Corée du Sud en 2025. Aucun document consulté n’annonce l’exécution de Yoo : transfert, sentence et exécution sont trois événements différents. [10] [11]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Ce qui est établi

  • Vingt homicides sont retenus dans la condamnation devenue définitive en juin 2005. [9]
  • L’alerte d’un établissement et l’intervention de ses employés contribuent directement à l’arrestation. [3]
  • Des corps sont retrouvés près du temple Bongwon sur les indications du suspect. [5]

Ce qui reste incertain

  • Les aveux supplémentaires ne constituent pas un bilan judiciaire vérifié. [4] [6]
  • Les mobiles proclamés par Yoo ne donnent pas une explication indépendante de chaque crime. [2] [4]
  • Le transfert annoncé en 2023 ne fixe aucune date d’exécution. [10]

Les dates clés

  1. Un couple est tué à Sinsa-dong. [1]

  2. Des femmes sont attirées au logement de l’ouest de Séoul. [2]

  3. Arrestation de Yoo ; une fuite sera suivie d’une nouvelle capture. [3] [4]

  4. Première comparution dans le procès. [6]

  5. Condamnation à mort pour vingt meurtres. [7]

  6. Confirmation définitive par la Cour suprême. [9]

  7. Transfert de Daegu au centre de détention de Séoul. [10]

Les lieux de l’affaire

  • Sinsa-dong et le nord de SéoulMaisons concernées par la première partie de la série. [1]
  • MapoArrondissement du logement évoqué dans les disparitions de femmes. [2]
  • BongwonTemple voisin de la zone où des corps sont découverts. [5]
  • UiwangCommune où se trouve le centre de détention dit de Séoul. [10]

Ce qui rend cette affaire singulière

L’affaire tient autant à l’alerte donnée par l’entourage professionnel des victimes qu’à la vérification des aveux après l’arrestation. Le procès retient vingt meurtres tout en écartant une accusation. La question documentaire demeure celle de la chaîne qui relie une absence signalée, une trace retrouvée et un crime effectivement prouvé. [3] [5] [8]

Sources et méthode

Les comptes rendus contemporains sont croisés avec Yonhap, une rétrospective du Korea Herald et le rapport d’Amnesty sur 2025. Les nombres annoncés pendant l’enquête sont distingués du bilan judiciaire de vingt meurtres. Les décisions intégrales n’ont pas été consultées. Le transfert est documenté en 2023 ; la recherche récente ne fournit pas d’annonce d’exécution. Les récits de fiction et les affirmations spectaculaires non corroborées ne servent pas à établir les faits. Vérification documentaire : 3 octobre 2026.

  1. Korea JoongAng Daily, Suspect held in killings of masseuses, elderly, 18 juillet 2004
  2. The Korea Herald, rétrospective de l’enquête, 8 novembre 2023, reprise sur Daum
  3. Korea JoongAng Daily, Serial killer was caught by masseuses, not the police, 20 juillet 2004
  4. Dong-A Ilbo, Police Serial Killer Investigation Wholly Dependent on Yoo’s Testimony, 25 juillet 2004
  5. Korea JoongAng Daily, Police end serial murder probe, 26 juillet 2004
  6. Korea JoongAng Daily, Serial killing suspect says he is guilty, 7 septembre 2004
  7. Reuters, condamnation de Yoo, 13 décembre 2004, archive Folha
  8. Korea JoongAng Daily, Death penalty upheld in serial killer verdict, juin 2005
  9. Yonhap, situation pénitentiaire et rappel de la décision du 9 juin 2005, 4 août 2008
  10. Yonhap, transfert au centre de détention de Séoul, 25 septembre 2023
  11. Amnesty International, Death sentences and executions 2025, publié en 2026