
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Tueries du Brabant : l’enquête belge
CRIMES IMPOSSIBLESBrabant, Hainaut et Flandre-Orientale, Belgique ; Maubeuge et Charleville-Mézières, France
Crimes de 1982 à 1985 ; investigations et recours jusqu’en 2026
Non élucidée ; piste française : comparaisons ADN négatives en juillet 2026
Alost, Belgique, 9 novembre 1985. Trois hommes armés attaquent un supermarché Delhaize. Huit personnes sont tuées. Ce dernier massacre porte à vingt-huit le nombre de morts attribués aux tueries du Brabant, une série de crimes commencée en 1982. Les enquêteurs rapprochent armes, véhicules, témoignages et objets abandonnés, sans parvenir à identifier judiciairement les auteurs. Les décennies suivantes accumulent pistes et critiques sur la conduite des investigations. L’annonce de leur clôture par le parquet fédéral en 2024 n’est pourtant pas le dernier acte : des parties civiles obtiennent de nouvelles vérifications. En juillet 2026, les comparaisons ADN liées à la piste française sont annoncées négatives. L’affaire reste non élucidée.
L’affaire en 30 secondes
- Le bilan
- Vingt-huit personnes sont tuées entre 1982 et 1985 ; seize meurent lors des trois attaques de l’automne 1985.
- Les indices
- Armes, voitures volées, témoignages et objets retrouvés à Ronquières relient plusieurs faits.
- La situation actuelle
- Aucun auteur n’a été condamné pour ces tueries ; les vérifications génétiques de 2026 n’ont pas établi le lien recherché.
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1. 1982 : un dossier qui traverse déjà la frontière
La chronologie policière commence par des vols, dont celui d’une arme à Dinant en mars. Le 14 août, deux hommes cambriolent l’épicerie Piot à Maubeuge et tirent sur les policiers venus intervenir. Le 30 septembre, l’armurerie Dekaise est attaquée à Wavre. Ces faits montrent que le dossier dépasse les seuls supermarchés et le territoire du Brabant. [1] [2]
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2. 1983 : le Colruyt et la station-service de Nivelles
Le 17 septembre, des gendarmes répondent à une alarme au Colruyt de Nivelles. Ils essuient des tirs : l’un meurt, l’autre est blessé. Un couple arrêté à la station-service est également tué. Sa Mercedes disparaît. Les marchandises dérobées, notamment du café et de l’huile, sont ensuite retrouvées dans une Saab. Le contraste entre le butin et les vies perdues marque l’enquête. [3]
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3. 27 septembre 1985 : deux Delhaize attaqués
Après la première vague de 1982–1983, les attaques reprennent à l’automne 1985. Le même soir, les Delhaize de Braine-l’Alleud et d’Overijse sont visés. Les hommes armés agissent dans les magasins et sur leurs parkings. Huit personnes meurent au total. Les témoignages décrivent plusieurs assaillants et des prises d’otages, mais leurs signalements ne permettent pas une identification certaine. [4] [5] [9]
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4. 9 novembre 1985 : huit morts à Alost
Vers 19 h 40, trois hommes descendent d’une Volkswagen Golf près du Delhaize d’Alost. Ils tirent sur des clients, entrent dans le magasin et s’emparent d’argent. Huit personnes meurent. Aucun nouveau massacre n’est ensuite attribué à la série. La raison de cet arrêt demeure inconnue. [6] [9]
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5. 1986 : les objets du canal de Ronquières
Le 6 novembre 1986, des sacs sont découverts dans le canal au Large de Fauquez, à Ronquières. Ils contiennent des objets rattachés à plusieurs attaques. Leur intérêt est double : rapprocher les faits et comprendre comment les pièces ont été abandonnées. Une expertise ultérieure citée par la police situe leur immersion bien après les derniers crimes, ouvrant une controverse sur leur parcours. [7]
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6. L’enquête devient elle-même un objet d’examen
Les travaux parlementaires étudient les difficultés policières et judiciaires. Les annexes de 1997 recensent critiques et pistes sur une éventuelle implication de membres de services de sécurité. Cet inventaire de griefs décrit des points à vérifier, sans prouver les accusations contre chaque personne citée. [8]
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7. Banditisme et déstabilisation : des hypothèses concurrentes
Le dossier fait explorer des milieux criminels ainsi que l’hypothèse d’une déstabilisation impliquant des hommes proches de l’extrême droite ou de la gendarmerie. Aucun de ces récits n’a abouti à une condamnation pour les tueries. Les surnoms et portraits-robots aident à classer des témoignages ; ils ne démontrent ni la composition exacte d’une équipe stable ni l’existence d’un commanditaire. [8] [9]
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8. 2018–2024 : reprise fédérale et vérifications scientifiques
Le parquet fédéral reprend le pilotage en 2018. Son bilan de 2024 comprend des milliers d’empreintes vérifiées, des centaines de comparaisons génétiques et plus de quarante exhumations. Une trace, une ressemblance et un soupçon restent à confronter aux circonstances de chaque crime ; ces vérifications n’identifient pas les auteurs. [9] [10]
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9. Juin 2024 : une clôture annoncée, des recours possibles
Le 28 juin, le parquet fédéral annonce qu’il ne voit plus d’actes utiles à entreprendre de sa propre initiative. Les familles reçoivent cette décision comme un nouvel échec. Elle ne signifie pas que les faits sont prescrits ni que les parties civiles perdent toute possibilité d’agir. Elles peuvent solliciter des investigations complémentaires dans le cadre du règlement de la procédure. [10]
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10. 2025 : les parties civiles obtiennent de nouveaux actes
En janvier 2025, la chambre des mises en accusation de Mons ordonne une vérification concernant une immatriculation. En avril, d’autres devoirs sont accordés à la demande de parties civiles représentées par Patrick Ramaël. Ils concernent la piste française étudiée par l’ancien gendarme Jean-Pierre Adam. Une décision d’enquêter sur cette piste ne valide pas ses conclusions. [11] [12]
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11. 2026 : des prélèvements à Charleville-Mézières
Des actes ordonnés fin 2025 conduisent à trois exhumations dans un cimetière de Charleville-Mézières le 27 mai 2026. L’objectif est de comparer des profils génétiques dans le cadre de la piste visant les frères Xavier et Thierry Sliman, décédés. La démarche répond à une question précise de compatibilité des traces. Elle ne permet pas d’affirmer à l’avance que les suspects sont les auteurs. [13] [14]
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12. Juillet 2026 : des comparaisons négatives
Le 30 juillet, le parquet fédéral confirme que les comparaisons ADN n’établissent pas le lien recherché. Cette réponse fragilise la piste française, sans résoudre les vingt-huit meurtres. Au terme des sources consultées pour cette fiche, aucune identification judiciaire nouvelle ne peut être annoncée. Les explications générales sur le mobile et l’organisation des crimes restent des hypothèses. [14]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Les attaques documentées de 1982 à 1985 ont causé vingt-huit morts. Les pièces matérielles et témoignages rattachent plusieurs faits au dossier. Les demandes de parties civiles ont entraîné de nouveaux actes après l’annonce de 2024. Les résultats génétiques rendus publics en juillet 2026 ne confirment pas le rapprochement recherché avec la piste française.
Incertain ou non établi
L’identité complète des auteurs, leurs éventuels soutiens, leur mobile et la raison de l’arrêt des attaques ne sont pas établis judiciairement. L’étude de défaillances policières ne suffit pas à prouver une organisation des crimes par une institution. Les personnes évoquées dans une hypothèse ne doivent pas être présentées comme condamnées pour ces tueries.
Les dates clés
- 1982 — Vols d’armes, cambriolage de Maubeuge et attaque de l’armurerie Dekaise.
- 17 septembre 1983 — Trois morts lors des faits du Colruyt et de la station-service de Nivelles.
- 27 septembre 1985 — Les Delhaize de Braine-l’Alleud et d’Overijse sont attaqués le même soir.
- 9 novembre 1985 — L’attaque d’Alost fait huit morts ; la série meurtrière s’arrête.
- 6 novembre 1986 — Des sacs contenant des pièces liées aux attaques sont découverts à Ronquières.
- 2018–2024 — Pilotage fédéral, nouvelles vérifications, puis annonce d’arrêt des investigations actives.
- Janvier–avril 2025 — La justice ordonne des actes supplémentaires à la demande des parties civiles.
- Mai–juillet 2026 — Prélèvements en France, puis annonce de comparaisons ADN négatives.
Les lieux de l’affaire
Le Brabant de l’époque comprend les actuels Brabant wallon et Brabant flamand. Alost se trouve en Flandre-Orientale ; Ronquières, dans le Hainaut. Maubeuge appartient aux faits de 1982, Charleville-Mézières aux vérifications récentes. La photo montre le palais de justice de Nivelles.
Ce qui rend cette affaire singulière
Le dossier associe lieux ordinaires, violence extrême et enquête de plusieurs décennies. Il impose de suivre séparément attaques, circulation des pièces et décisions. La durée de l’instruction n’a pas transformé les hypothèses en certitudes.
Sources et méthode
Les notices policières fixent dates et lieux. Le rapport parlementaire éclaire les critiques sur l’enquête. Les décisions récentes proviennent de comptes rendus recoupés. Les scénarios, témoignages contestés et résultats négatifs sont présentés avec leurs limites. Vérification documentaire : 24 septembre 2026.
- Police fédérale belge — Chronologie officielle des faits de 1982
- Police fédérale belge — Cambriolage de l’épicerie Piot à Maubeuge, 14 août 1982
- Police fédérale belge — Attaque du Colruyt de Nivelles, 17 septembre 1983
- Police fédérale belge — Attaque du Delhaize de Braine-l’Alleud, 27 septembre 1985
- Police fédérale belge — Attaque du Delhaize d’Overijse, 27 septembre 1985
- Police fédérale belge — Attaque du Delhaize d’Alost, 9 novembre 1985
- Police fédérale belge — Découverte des sacs à Ronquières et expertise sur leur immersion
- Chambre des représentants — Annexes du rapport parlementaire, 14 octobre 1997 ; copie universitaire
- AFP / Le Parisien — Bilan de l’enquête et annonce du parquet fédéral, 29 juin 2024
- Belga / BX1 — Annonce de clôture, réactions et recours des parties civiles, 28 juin 2024
- VRT / Belga — Acte supplémentaire portant sur une immatriculation, 28 janvier 2025
- TV Lux — Nouveaux devoirs d’enquête sur la piste française, 24 avril 2025
- RTL Info, repris par Europe Says — Prélèvements du 27 mai et résultats négatifs, 31 juillet 2026
- Le Parisien — Confirmation des comparaisons ADN négatives par le parquet, 30 juillet 2026