La halle de la place du marché et l'église de Monfort (Gers), le 19 mars 2012.
La halle de la place du marché et l’église de Monfort, le 19 mars 2012. Vue du village du Gers ; la ferme de la Boupillère n’est pas représentée.Photo : © Traumrune / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 3.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, conservée en entier et sous la même licence.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Tuerie de Monfort, les quatre victimes

CRIMES IMPOSSIBLES

Monfort · Auch · Région toulousaine · Bordeaux

1999–2009 · Bilan documentaire en 2024

Perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté confirmée en appel en 2003

Monfort, nuit du 20 au 21 mai 1999. Deux couples néerlandais sont tués dans la ferme de la Boupillère, leur lieu de vacances dans le Gers. Leurs corps sont découverts le 22 mai. Des traces sur de l’adhésif, l’utilisation de leurs cartes bancaires et des contradictions conduisent à l’arrestation de Kamel Ben Salah, employé à des travaux de peinture. Condamné en 2002, il reçoit de nouveau la perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté en appel, en mars 2003. Il nie les assassinats. Une piste examinée en 2009 n’identifie pas l’auteur d’une empreinte inconnue : le déroulement complet des faits demeure discuté.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Les époux Van Hulst et Nieuwenhuis sont tués dans la nuit du 20 au 21 mai 1999, à la Boupillère.
La justice
Kamel Ben Salah est condamné à perpétuité en 2002, puis en appel en mars 2003, avec vingt-deux ans de sûreté.
La question restante
Les débats persistent sur le scénario et une empreinte non identifiée. Une comparaison effectuée en 2009 exclut l’homme alors recherché.

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1. Une maison de vacances dans le Gers

Les Van Hulst achètent la Boupillère en 1998 et entreprennent de rénover cette ancienne ferme. Marianne Van Hulst est la sœur de Dorothéa Nieuwenhuis. Les deux couples se retrouvent dans le Gers au printemps suivant. Kamel Ben Salah, recommandé par des connaissances, participe notamment aux travaux de peinture. [3] [4]

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2. Des amis trouvent une maison fermée

Des amis néerlandais attendus à la Boupillère ne parviennent pas à joindre leurs hôtes. La maison paraît fermée et les voitures ne sont pas visibles sous le hangar. Les quatre corps sont découverts le samedi 22 mai 1999. Les enquêteurs constatent que les véhicules sont rangés dans le garage. [1] [3]

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3. La dernière soirée et un premier témoin

Le 20 mai au soir, Marianne et les Nieuwenhuis dînent au restaurant à Fleurance. Le propriétaire reste à la ferme avec Ben Salah pour les travaux. Celui-ci affirme quitter les lieux après le retour des trois convives, alors que tout le monde est encore vivant. Il prend ensuite contact avec les gendarmes et est d’abord entendu comme témoin. [4] [5]

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4. Les cartes dessinent un parcours

Des tentatives de retrait apparaissent avant les morts ; d’autres opérations ont lieu après. Les enquêteurs rapprochent les lieux et les horaires des distributeurs des déplacements de Ben Salah. Le 22 mai, à Roques-sur-Garonne, il fait des achats en espèces dans le centre commercial où des cartes des victimes sont utilisées. Pour l’accusation, la coïncidence et les dépenses étayent le mobile financier. [4] [5]

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5. L’adhésif relie le chantier au dossier criminel

De l’adhésif employé pour entraver les victimes porte des empreintes de Ben Salah et une trace biologique à son nom, mêlée à celles de victimes. Il explique avoir manipulé ce ruban pour protéger les surfaces avant de peindre et s’être coupé au travail. Il est mis en examen et détenu en juin 1999. [2] [3] [4]

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6. Les contradictions sur l’emploi du temps

Les policiers et les magistrats confrontent les premières déclarations aux achats, aux déplacements et aux témoignages. Lors du procès en appel, Le Monde décrit un accusé mis en difficulté par les questions sur son emploi du temps. L’accusation voit dans ses variations une tentative de dissimulation. [6] [8]

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7. Les objections de la défense

Les armes ne sont pas retrouvées. Les expertises rapportées avant le premier procès ne mettent pas en évidence de trace de Ben Salah dans les voitures déplacées des victimes. La défense conteste également la possibilité de reconstituer une action solitaire à partir du dossier. En 2024, l’ancien responsable de l’IRCGN François Daoust rappelle au contraire l’importance de deux empreintes sur l’adhésif. Les deux lectures s’opposent sur la force de l’ensemble, pas sur une disparition des débats scientifiques. [3] [11]

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8. Les assises du Gers condamnent en 2002

Le premier procès commence le 22 mars 2002 à Auch. Les familles venues des Pays-Bas assistent aux débats, avec un dispositif de traduction simultanée. Le 4 avril, Kamel Ben Salah est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté. Il continue de nier les faits et fait appel. [4] [5] [8]

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9. La perpétuité confirmée en appel

Le second procès s’ouvre à Bordeaux le 25 février 2003. Les charges et les objections sont examinées à nouveau. Dans la nuit du 7 au 8 mars, les assises de la Gironde confirment la perpétuité et les vingt-deux ans de sûreté. Le Monde rapporte aussitôt l’annonce d’un pourvoi par la défense. Cette annonce ne renseigne pas, à elle seule, sur son résultat : aucune décision de cassation concernant ce recours n’est identifiée avec certitude dans les sources réunies ici. [5] [7]

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10. Une lettre relance une vérification en 2006

Une lettre adressée à la justice en 2006 attire l’attention sur un homme susceptible d’éclairer une empreinte restée sans attribution. Une enquête complémentaire cherche à vérifier cette piste, plusieurs années après la condamnation en appel. L’existence de cette démarche n’équivaut pas à une révision déjà accordée. [9] [10]

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11. Un homme retrouvé à Barcelone en 2009

Au début de novembre 2009, les gendarmes français localisent en Espagne un homme d’une cinquantaine d’années que la piste les conduit à rechercher. Le but est de comparer ses empreintes à celle demeurée inconnue dans la Boupillère. [9] [10]

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12. La comparaison exclut le suspect de cette piste

Les résultats ne correspondent pas. L’homme interrogé à Barcelone est mis hors de cause et libéré. La Dépêche annonce cette issue le 5 novembre 2009. La comparaison apporte ainsi une réponse négative concernant une personne précise ; elle ne donne pas le nom de l’auteur de l’empreinte. Le bilan de RTL en 2024 revient sur ces incertitudes, tout en rappelant la double condamnation. Aucun nouveau verdict annulant celle de 2003 n’est établi par les sources consultées. [10] [11]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Les quatre victimes appartiennent aux couples Van Hulst et Nieuwenhuis. Leurs corps sont découverts le 22 mai 1999. Ben Salah travaille dans la ferme avant les faits ; ses empreintes et une trace biologique sont discutées aux procès. Les assises le condamnent en 2002 et en appel en 2003. L’homme interrogé en Espagne en 2009 est écarté par la comparaison d’empreintes. [4] [7] [10]

Incertain ou non établi

La chronologie complète à l’intérieur de la ferme et l’origine de chaque trace ne sont pas restituées avec la même certitude. Une empreinte non attribuée n’établit pas, à elle seule, la présence d’un second meurtrier. Le pourvoi annoncé en 2003 ne permet pas de présumer son issue. Les sources publiques réunies ne suffisent pas non plus à fixer la situation pénitentiaire de Ben Salah au 29 septembre 2026. [3] [7] [11]

Les dates clés

  1. 1998 Les Van Hulst achètent la Boupillère et y entreprennent des travaux. [3]
  2. 20–21 mai 1999 Nuit des quatre assassinats. [5]
  3. 22 mai 1999 Découverte des corps dans la ferme. [1] [4]
  4. Juin 1999 Ben Salah est placé en détention dans l’enquête. [2]
  5. 4 avril 2002 Perpétuité et vingt-deux ans de sûreté à Auch. [8]
  6. 7–8 mars 2003 Même peine prononcée en appel à Bordeaux ; pourvoi annoncé. [7]
  7. 2006 Une lettre conduit à de nouvelles vérifications. [10]
  8. Novembre 2009 Un homme interrogé à Barcelone est mis hors de cause. [10]

Les lieux de l’affaire

Monfort est la commune du Gers où se situe la Boupillère. Fleurance, Roques-sur-Garonne et plusieurs villes de la région toulousaine jalonnent les vérifications des déplacements et des cartes. Auch accueille le premier procès, Bordeaux le second. Barcelone appartient à l’enquête complémentaire de 2009. La vue de la halle et de l’église situe le village ; elle ne représente pas la ferme privée. [3] [5] [10]

Ce qui rend cette affaire singulière

La même présence professionnelle fournit à l’accusation un lien avec les lieux et à la défense une explication possible pour certaines traces. Les opérations bancaires ajoutent une chronologie extérieure à la ferme, sans restituer chaque geste à l’intérieur. Enfin, la comparaison de 2009 possède une portée limitée mais nette : elle innocente l’homme alors interrogé, sans renverser le verdict ni résoudre toute l’affaire. [4] [5] [10]

Sources et méthode

Les comptes rendus contemporains des procès priment pour les dates et les peines. Les rétrospectives éclairent les débats, sans remplacer les décisions. Certaines publications varient sur des horaires, des montants ou l’orthographe de prénoms ; les détails non nécessaires sont écartés. Les empreintes digitales sont distinguées des traces d’ADN. Le résultat négatif de la piste espagnole est présenté après son ouverture. Les recherches de suites judiciaires ne permettent pas d’identifier une décision annulant le verdict d’appel ; l’issue exacte du pourvoi annoncé reste une limite documentaire. Vérification documentaire : 29 septembre 2026.

  1. Le Monde, 26 mai 1999 — Les premières interrogations sur les quatre morts de Monfort
  2. Le Monde, 26 juin 1999 — Un suspect écroué pour assassinats
  3. Louis Destrem, La Dépêche, 17 mars 2002 — Chronologie des faits et éléments contradictoires
  4. Nelly Terrier et Valérie Brioux, Le Parisien, 22 mars 2002 — L’ouverture du premier procès
  5. Bernard Ducom, La Dépêche, 24 février 2003 — Le procès en appel et les mouvements bancaires
  6. Le Monde, 5 mars 2003 — Les questions sur l’emploi du temps de l’accusé
  7. Le Monde, 8 mars 2003 — Perpétuité confirmée en appel, pourvoi annoncé
  8. La Dépêche, 22 mai 2009 — Dix ans après les faits, retour sur les indices et les procès
  9. La Dépêche, 3 novembre 2009 — La recherche d’un deuxième homme
  10. Béatrice Dillies, La Dépêche, 5 novembre 2009 — L’homme interrogé est mis hors de cause
  11. RTL, 2024 — Les zones d’ombre vingt-cinq ans après les faits, avec François Daoust et Édouard Martial