Vue de Lorgues avec ses clochers, ses maisons aux toits de tuiles et une prairie fleurie au premier plan.
Vue générale de Lorgues, dans le Var, datée du 2 mai 2007 par son auteur. Photographie de contexte géographique ; elle ne représente pas le lieu des faits.Photo : Moumousse13 / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 3.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage ni modification du contenu ; licence conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Sylviane Fabre, le meurtre de Colette Deromme et les deux procès

CRIMES IMPOSSIBLES

Lorgues · Aups · Draguignan · Aix-en-Provence

Avril 2011–février 2012 · procès de janvier 2014 · appel d’octobre 2015

Trente ans de réclusion pour meurtre, confirmés en appel le 8 octobre 2015 · préméditation écartée

Lorgues, 14 avril 2011. Colette Deromme, cinquante ans, disparaît après sa journée de travail. Ses affaires laissées sur place inquiètent ses proches ; son corps est découvert le 15 mai près d’Aups. L’enquête, un temps parasitée par un rapprochement avec Xavier Dupont de Ligonnès, revient à son entourage et à un conflit immobilier. Son ex-belle-sœur Sylviane Fabre reconnaît l’avoir tuée. Condamnée à trente ans en janvier 2014, elle reçoit la même peine en appel le 8 octobre 2015. Les deux cours écartent la préméditation. Le dossier montre ainsi comment une responsabilité reconnue laisse subsister un débat décisif sur la préparation du crime.

L’affaire en 30 secondes

La disparition
Colette Deromme disparaît le 14 avril 2011. Son corps est retrouvé le 15 mai près d’Aups.
La justice
Sylviane Fabre est condamnée à trente ans de réclusion en 2014, peine confirmée en appel en 2015.
La question centrale
L’accusation soutient un crime préparé ; les jurés retiennent le meurtre et écartent la préméditation lors des deux procès.

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1. Une absence inhabituelle à Lorgues

Colette Deromme travaille dans une grande surface de Lorgues. Le 14 avril, elle quitte son emploi puis disparaît. Sa voiture et plusieurs affaires personnelles sont retrouvées à son domicile. L’absence de nouvelles alerte sa famille. [9] [2]

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2. Une autre affaire brouille les premières pistes

Au même moment, les recherches concernant Xavier Dupont de Ligonnès se concentrent en partie dans le Var. Son ancien passage à Lorgues nourrit des rapprochements autour de la disparition de Colette. Cette piste ne sera pas l’explication du meurtre. La proximité géographique et les coïncidences de calendrier doivent être replacées dans le contexte des premières recherches, sans fabriquer un lien criminel entre les deux dossiers. [2] [3]

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3. Le corps découvert près d’Aups

Le 15 mai 2011, le corps de Colette est retrouvé en contrebas d’une route, près d’Aups, dissimulé sous des pierres. La découverte met fin à l’incertitude sur son sort et donne une nouvelle direction aux investigations. Le lieu est distinct de celui du meurtre : cette différence oblige les enquêteurs à rechercher à la fois les circonstances de la mort et celles du transport du corps. [4]

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4. Deux femmes liées par une société immobilière

Colette et Sylviane Fabre, sœur de son ancien compagnon, sont associées dans une société civile immobilière propriétaire d’une bastide. Leur relation s’est dégradée autour de la gestion et du contrôle de ce patrimoine. Des soupçons de malversations sont évoqués dans les premiers articles. Il faut les présenter comme des griefs du conflit, sans inventer une décision financière distincte que les sources ne fournissent pas. [1] [4]

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5. Dix mois de recoupements

Les gendarmes confrontent les auditions de l’entourage aux éléments de téléphonie. Un déplacement nocturne de Sylviane et de son fils, après la disparition, retient leur attention. Le 20 février 2012, six personnes sont placées en garde à vue dans le Var et en Mayenne. Cette opération collective correspond à une phase de vérification ; elle ne signifie pas que six personnes seront reconnues coupables du crime. [1]

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6. Les aveux de Sylviane Fabre

En février 2012, Sylviane reconnaît avoir tué Colette. Les récits de l’enquête décrivent un affrontement dans une dépendance, sur fond de différend immobilier. Les déclarations de son fils contribuent à éclairer les événements qui suivent. L’aveu recentre l’enquête sur l’entourage familial, mais il reste nécessaire d’éprouver le scénario : circonstances de la rencontre, rôle de chacun et éventuelle préparation. [5] [2]

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7. Le transport et la dissimulation du corps

Les comptes rendus du procès situent le meurtre dans un appentis d’une maison occupée par David Parel, le fils de l’accusée. La nuit suivante, celui-ci aide sa mère à déplacer le corps. Le projet de transport est perturbé par une panne du véhicule, avant l’abandon près d’Aups. Ces faits postérieurs à la mort auront leur propre qualification ; ils ne suffisent pas à attribuer à David le geste homicide. [6] [2]

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8. L’instruction confronte les versions

En mai 2012, Le Parisien annonce une reconstitution destinée notamment à vérifier ce que Sylviane dit avoir accompli. Sa défense conteste déjà la préméditation. L’accusation s’interroge sur un rendez-vous qui aurait servi à attirer Colette ; l’avocate décrit un accès de colère. [4]

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9. Le premier procès à Draguignan

En janvier 2014, les assises du Var condamnent Sylviane Fabre à trente ans de réclusion pour meurtre. La préméditation est écartée, malgré la thèse d’un crime préparé. Var-Matin rapporte les arguments de la défense : proximité de témoins possibles et absence d’organisation cohérente après les faits. [7]

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10. La condamnation distincte de David Parel

David Parel reçoit trois ans de prison, dont un avec sursis, pour recel de cadavre et modification de la scène de crime. Les comptes rendus de 2015 précisent qu’il n’a pas fait appel. Sa condamnation concerne donc l’aide apportée après la mort. Cette précision est indispensable lorsque l’on reprend les articles d’enquête, où les soupçons initiaux et certains prénoms varient encore. [6]

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11. À Aix, le débat sur la préméditation reprend

L’appel s’ouvre le 5 octobre 2015 devant les assises des Bouches-du-Rhône. Sylviane reconnaît les violences mais nie les avoir préparées. Le ministère public demande vingt-cinq ans et soutient l’hypothèse d’un piège. Son avocat Olivier Lantelme lui oppose l’improvisation du déroulement et des suites du crime. L’enjeu porte sur l’intention formée avant la rencontre, pas sur la réalité du décès. [6] [8]

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12. Trente ans confirmés le 8 octobre 2015

La cour d’assises d’appel confirme trente ans de réclusion pour meurtre et écarte à nouveau la préméditation. La peine dépasse les réquisitions de vingt-cinq ans. Cette combinaison montre que qualification et niveau de sanction sont examinés séparément : rejeter la thèse de l’assassinat n’impose pas de suivre la peine demandée par le parquet. Le verdict rapporté ce jour-là est la dernière décision de jugement retenue dans ce dossier. [8]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Colette Deromme a été tuée par Sylviane Fabre, qui a reconnu les faits. Deux procès ont abouti à une peine de trente ans pour meurtre. David Parel a été condamné pour son intervention après le décès. La piste d’un lien avec Xavier Dupont de Ligonnès n’explique pas le crime. [3] [6] [8]

Incertain ou non établi

La préparation a été soutenue par l’accusation, mais écartée par les jurés aux deux procès : elle ne doit pas devenir un fait affirmé dans le récit. Les sources ouvertes ne remplacent pas l’arrêt motivé ni les expertises intégrales. Elles ne permettent pas non plus de fixer une date de sortie ou de décrire la situation actuelle des condamnés. [7] [8]

Les dates clés

  1. 14 avril 2011 Disparition de Colette Deromme à Lorgues ; l’alerte familiale suit. [1] [2]
  2. 15 mai 2011 Découverte du corps près d’Aups. [4]
  3. 20 février 2012 Interpellations de plusieurs personnes de l’entourage. [1]
  4. Février 2012 Aveux de Sylviane Fabre rapportés dans la presse. [5]
  5. Janvier 2014 Trente ans de réclusion prononcés par les assises du Var. [7]
  6. 5–8 octobre 2015 Procès d’appel à Aix-en-Provence ; peine de trente ans confirmée. [6] [8]

Les lieux de l’affaire

  • Lorgues — Lieu de vie et de travail de Colette, ainsi que du conflit autour de la SCI. La vue générale en couverture ne représente pas la dépendance où le meurtre a été commis. [1] [6]
  • Aups — Secteur de découverte du corps, distinct du lieu des violences. [4]
  • Draguignan — Premier procès, devant la cour d’assises du Var en janvier 2014. [7]
  • Aix-en-Provence — Procès d’appel devant les assises des Bouches-du-Rhône en octobre 2015. [6] [8]

Ce qui rend cette affaire singulière

Une disparition d’abord rapprochée d’un dossier très médiatisé se résout dans un conflit entre proches. Le lien immobilier, les liens familiaux et les actes accomplis après la mort doivent être démêlés. La particularité judiciaire tient aussi à deux décisions concordantes : une longue peine pour meurtre, sans préméditation retenue. Le portrait sévère de Sylviane proposé par certains récits télévisés ne constitue pas une preuve supplémentaire. [2] [7] [8] [2]

Sources et méthode

La chronologie de l’enquête est recoupée avec les comptes rendus de Var-Matin et de l’AFP au moment des procès. Le 14 avril est retenu pour la disparition ; certaines notices évoquent le 15, jour où l’absence est constatée. Le premier verdict est situé en janvier 2014, sans confondre sa date avec celle de l’article du 24. Les prénoms contradictoires des premiers articles sont remplacés par David Parel, identifié dans les comptes rendus de 2015. Le meurtre retenu au jugement est distingué de l’assassinat soutenu par l’accusation. Les pièces intégrales de procédure ne sont pas disponibles dans le corpus consulté. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.

  1. Le Parisien — Rebondissement dans l’enquête sur l’homicide de Colette Deromme, 21 février 2012
  2. France Télévisions — Sylviane Fabre : la colère d’une femme blessée, présentation du 23 janvier 2018
  3. RMC Crime, Alix Mancel — Retour sur l’affaire Colette Deromme, 10 septembre 2023
  4. Le Parisien — Le crime entre belles-sœurs était-il prémédité ?, 10 mai 2012
  5. Le Parisien — La belle-sœur de Colette Deromme a avoué, 22 février 2012
  6. AFP / Le Point — Sylviane Fabre nie toute préméditation à l’ouverture de l’appel, 5 octobre 2015
  7. Var-Matin, G. D. — Affaire Deromme : trente ans pour Sylviane Fabre, 24 janvier 2014
  8. AFP / Le Point — Trente ans pour un meurtre sur fond de conflit financier, 8 octobre 2015
  9. RTL — Affaire Colette Deromme : que s’est-il passé dans la maison de la haine ?, enquête et témoignages