
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Sid Ahmed Rezala : la traque
CRIMES IMPOSSIBLESLimoges, Chabenet, Dijon, Amiens et Marseille ; Espagne et région de Lisbonne
Crimes et cavale en 1999 ; arrestation et mort en détention en 2000
Mort en détention le 28 juin 2000 avant extradition et procès pour les trois meurtres
Le 11 janvier 2000, Sid Ahmed Rezala est arrêté dans la région de Lisbonne après plusieurs semaines de recherches. Les policiers français le soupçonnent d’avoir tué Isabel Peake, Corinne Caillaux et Émilie Bazin. Deux victimes ont été retrouvées sur un trajet ferroviaire, la troisième à Amiens. Des contrôles sans billet, des déplacements et des appels téléphoniques ont jalonné la traque. L’arrestation ne permet pourtant pas son retour immédiat en France : une procédure d’extradition s’engage au Portugal. En mai, des aveux paraissent dans la presse. Rezala meurt en détention le 28 juin, avant tout procès pour ces crimes. L’affaire laisse des preuves et des récits à examiner, mais aucune condamnation française pour les trois meurtres.
L’affaire en 30 secondes
- Trois victimes
- Les enquêtes concernent Isabel Peake, Corinne Caillaux et Émilie Bazin.
- La fin de la cavale
- Des appels téléphoniques contribuent à la localisation du suspect près de Lisbonne.
- Un procès qui n’a pas lieu
- Rezala meurt au Portugal pendant la procédure d’extradition vers la France.
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1. Octobre 1999 : le trajet d’Isabel Peake
Isabel Peake, étudiante britannique de vingt ans, prend à Limoges un train de nuit pour Paris. Le 13 octobre 1999, son corps est retrouvé près de la voie ferrée à Chabenet, dans l’Indre. L’enquête cherche à reconstituer son dernier voyage et les personnes qu’elle a pu croiser. Les recherches portent sur les horaires, les arrêts et les constatations matérielles. [1] [5]
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2. Décembre : Corinne Caillaux est tuée
Dans la nuit du 13 au 14 décembre, Corinne Caillaux, trente-six ans, est retrouvée morte dans un train Calais–Vintimille, dans le secteur de Dijon. Une nouvelle enquête commence autour de ce trajet. Le personnel ferroviaire est interrogé, les passages des voyageurs sont examinés. [1] [5] [11]
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3. Les contrôles sans billet donnent un nom
Les enquêteurs comparent les procès-verbaux établis pour des voyages sans billet. Le nom de Sid Ahmed Rezala apparaît dans les vérifications ferroviaires liées aux dossiers. Il présentait ses papiers aux contrôleurs, laissant ainsi des traces de ses déplacements. Ces documents fournissent une identité et des repères horaires. [2]
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4. À Amiens, le dossier Émilie Bazin
Émilie Bazin, étudiante de vingt ans, a disparu à la fin d’octobre. Son corps est découvert à la mi-décembre dans la cave d’un immeuble d’Amiens où Rezala avait vécu. Les enquêteurs rapprochent alors cette affaire des recherches déjà engagées. Ce troisième dossier ne concerne pas un train. Le surnom de « tueur des trains », largement diffusé, ne résume donc ni la géographie des faits ni les circonstances propres aux trois victimes. [1] [5]
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5. Le rendez-vous manqué de Marseille
Un avis de recherche est diffusé le 14 décembre. Rezala passe pourtant la nuit suivante chez ses parents à Marseille et repart avant l’arrivée des policiers. Les comptes rendus contemporains décrivent des retards de transmission et des difficultés de coordination entre magistrats et services d’enquête. Le suspect quitte la ville alors que son nom est connu. La recherche change d’échelle : il faut désormais suivre une fuite au-delà de la France. [2] [3]
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6. De l’Espagne au Portugal
La cavale passe par l’Espagne, puis conduit Rezala au Portugal à la fin de décembre 1999. Ses déplacements ne sont pas tous connus en temps réel. Les services doivent faire circuler les signalements, rapprocher les renseignements et vérifier où il peut se trouver. [2] [3]
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7. 11 janvier : les appels permettent de le retrouver
Les communications avec des proches fournissent une piste au Portugal. Le 11 janvier 2000, les policiers arrêtent Rezala à Baixa da Banheira, dans la région de Lisbonne. La coopération entre enquêteurs français et portugais met fin à plusieurs semaines de recherche. Le suspect est désormais détenu, mais sa présence au Portugal ouvre une étape différente : obtenir sa remise à la justice française, qui souhaite l’interroger et le poursuivre. [3] [4]
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8. L’arrestation ne vaut pas extradition
La France demande le retour de Rezala. Les juridictions portugaises doivent examiner cette demande selon les garanties applicables, notamment au regard des peines encourues. Le 24 mai 2000, le Tribunal suprême portugais accepte son extradition. Cette décision n’entraîne pas un départ immédiat : des recours restent possibles. Il faut distinguer l’autorisation judiciaire de remise et le transfert effectif, qui n’aura finalement pas lieu. [4] [8]
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9. Mai 2000 : des aveux publiés dans la presse
Le Figaro Magazine publie le 20 mai un entretien dans lequel Rezala reconnaît les trois meurtres, selon le journaliste Aziz Zemouri. L’annonce est reprise dès la veille par la presse. Ces déclarations retiennent l’attention des familles et des enquêteurs. [6] [7]
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10. Les conditions de l’entretien sont discutées
Les autorités pénitentiaires portugaises contestent les conditions dans lesquelles le journaliste aurait rencontré le détenu. Zemouri maintient son récit et évoque aussi des conversations téléphoniques enregistrées. La controverse porte sur l’accès à Rezala, l’authenticité des propos et leur éventuel usage judiciaire. Les aveux rapportés doivent donc être attribués à leur source, sans remplacer les vérifications que l’instruction aurait dû soumettre au procès. [7]
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11. Juin : un dernier recours est encore pendant
Le 8 juin 2000, la garde des Sceaux Élisabeth Guigou explique au Sénat que les avocats de Rezala viennent de saisir le Tribunal constitutionnel portugais. Elle indique un délai maximal de trois mois pour statuer. Le débat porte aussi sur la coopération judiciaire européenne. Cette réponse officielle décrit la situation du moment : la France cherche à obtenir son jugement sur son territoire, mais la procédure de remise n’est pas terminée. [9]
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12. 28 juin 2000 : la procédure s’interrompt
Rezala meurt par suicide le 28 juin 2000, en détention dans la région de Lisbonne, avant son extradition. Il n’a pas été jugé pour les trois meurtres. Sa mort empêche la tenue du procès pénal attendu en France et prive les proches d’une confrontation publique des preuves et des réponses du suspect. [10] [11]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Isabel Peake, Corinne Caillaux et Émilie Bazin ont été tuées en 1999. Rezala a été recherché, arrêté au Portugal en janvier 2000, puis visé par une demande d’extradition. Des aveux lui sont attribués dans un entretien publié en mai. Il est mort en détention le 28 juin 2000, sans procès ni condamnation pour ces trois meurtres.
Incertain ou non établi
L’absence de procès ne permet pas de présenter les accusations comme un verdict. Les déclarations à la presse, les indices matériels et les décisions d’extradition ont des fonctions différentes. Certaines étapes de la cavale ont été rapportées avec des divergences de dates. Les détails non recoupés ne sont pas ajoutés au récit.
Les dates clés
- 13 octobre 1999 — Découverte du corps d’Isabel Peake près de la voie ferrée.
- Fin octobre 1999 — Disparition d’Émilie Bazin à Amiens.
- Nuit du 13 au 14 décembre 1999 — Meurtre de Corinne Caillaux dans le Calais–Vintimille.
- Mi-décembre 1999 — Découverte du corps d’Émilie Bazin ; recherches de Rezala.
- 11 janvier 2000 — Arrestation dans la région de Lisbonne.
- 20 mai 2000 — Publication de l’entretien dans Le Figaro Magazine.
- 24 mai 2000 — Accord du Tribunal suprême portugais pour l’extradition.
- 28 juin 2000 — Mort de Rezala en détention avant son retour en France.
Les lieux de l’affaire
Limoges et Chabenet jalonnent le dernier trajet d’Isabel Peake ; Dijon est un repère dans le dossier Corinne Caillaux. Amiens appartient à l’enquête sur Émilie Bazin. Marseille précède la fuite vers l’Espagne et le Portugal. L’arrestation se déroule à Baixa da Banheira, dans l’agglomération de Lisbonne. Le panorama illustre cette région et ne représente ni la prison ni le lieu précis de l’interpellation.
Ce qui rend cette affaire singulière
La traque montre comment des documents ordinaires, comme des procès-verbaux de contrôle ferroviaire, deviennent des repères pour une enquête criminelle. Elle met aussi en évidence la différence entre retrouver une personne recherchée et obtenir son jugement dans un autre pays. Son issue laisse une coupure durable entre la fin de la cavale et le procès que les familles attendaient.
Sources et méthode
Les archives de 1999–2000 sont prioritaires pour la chronologie. La réponse gouvernementale au Sénat documente directement l’état de la procédure d’extradition en juin. L’entretien publié est traité comme une source attribuée, avec la controverse contemporaine. Aucun détail sur la méthode du suicide ni description graphique des crimes n’est reproduit. Vérification documentaire : 23 septembre 2026.
- Les voyages sans retour du tueur des trains — RTL, 2022
- Une incroyable série de bévues — Le Parisien, 20 mai 2000
- L’arrestation de Sid Ahmed Rezala met un terme à des recherches chaotiques — Le Monde, 13 janvier 2000
- Chronologie de janvier 2000 — Archives Larousse
- Le jeune homme était soupçonné du meurtre de trois femmes — Le Monde, 29 juin 2000
- Les aveux de Rezala — Le Parisien, 19 mai 2000
- Les « aveux » controversés de Sid Ahmed Rezala — La Dépêche, 21 mai 2000
- Le Tribunal suprême du Portugal accepte d’extrader Sid Ahmed Rezala — Le Monde, 25 mai 2000
- Extradition de Sid Ahmed Rezala, séance du 8 juin 2000 — Sénat
- La mort de Rezala dans sa prison de Lisbonne — Le Monde, 30 juin 2000
- Meurtre : la SNCF poursuivie pour défaut de sécurité — La Dépêche, 1er octobre 2004