
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Roselyne Lejard, l’enquête sur l’assassinat de Christophe Lejard
CRIMES IMPOSSIBLESRognonas · Avignon · Orne · Aix-en-Provence
24 novembre 2010 · instruction en 2011–2012 · verdict du 21 juin 2016
Roselyne Lejard condamnée à vingt-cinq ans de réclusion le 21 juin 2016
Rognonas, 24 novembre 2010. Christophe Lejard quitte son mas pour rejoindre son entreprise. La barrière, habituellement ouverte, est fermée. Il descend de voiture et un tireur l’abat. L’enquête passe de la piste professionnelle à un crime organisé dans l’entourage familial. Le 21 juin 2016, Roselyne Lejard, également nommée Roseline Painchault, est condamnée à vingt-cinq ans de réclusion pour avoir commandité l’assassinat. Son fils Arnaud Privat reçoit quinze ans et le tireur Christopher Munsch vingt ans. Les responsabilités sont établies ; la place respective de l’argent, de la séparation et des liens familiaux reste au cœur des lectures du mobile.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Christophe Lejard, entrepreneur de 48 ans, est tué devant sa propriété de Rognonas alors qu’il part travailler.
- La justice
- En juin 2016, la commanditaire reçoit vingt-cinq ans, le tireur vingt ans et l’intermédiaire quinze ans.
- La question restante
- Comment un conflit conjugal devient-il un projet partagé, puis exécuté par un ami du fils de l’épouse ?
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1. Un départ interrompu au bout de l’allée
Christophe Lejard dirige une entreprise de menuiserie. À l’aube, son trajet commence dans l’allée de la propriété familiale. Le 24 novembre, il s’arrête devant la barrière baissée et sort de son véhicule. Un coup de feu le tue. Son fils découvre la scène peu après. [1] [2]
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2. La barrière révèle une préparation
Selon la famille, cette barrière reste ordinairement ouverte. Sa fermeture inhabituelle force donc le conducteur à s’immobiliser et à descendre. Les enquêteurs y voient un dispositif préparé pour exposer la victime. La position de cet objet compte autant que l’arme : elle relie le choix du lieu aux habitudes de Christophe. [1] [2]
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3. Les affaires de l’entrepreneur sont vérifiées
Les gendarmes examinent les relations professionnelles, la comptabilité et les éventuels conflits de Christophe. Les témoignages recueillis décrivent un entrepreneur apprécié. Roselyne évoque des difficultés financières, mais les vérifications ne donnent pas corps au règlement de comptes professionnel suggéré. [1] [2]
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4. La séparation et le patrimoine
Christophe veut quitter son épouse. La séparation annoncée menace un équilibre conjugal et financier construit depuis des années. Les proches évoquent la colère de Roselyne et la peur de voir le patrimoine partagé. L’accusation insistera sur l’argent ; ses avocats sur la rupture et le sentiment d’abandon. [3] [4]
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5. Une trace conduit jusqu’à l’Orne
Des prélèvements sur la barrière conduisent à Christopher Munsch, un proche d’Arnaud Privat, le fils de Roselyne issu d’une précédente union. Munsch vit dans l’Orne. L’enquête rapproche ainsi une trace matérielle recueillie dans le Sud et une relation familiale située à plusieurs centaines de kilomètres. [2] [3]
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6. Le tireur reconnaît son rôle
Au cours des auditions, Munsch finit par reconnaître son implication. Les comptes rendus d’audience décrivent un contrat de 15 000 euros. Roselyne admet avoir demandé la mort de son mari ; Arnaud reconnaît avoir sollicité son ami. Ces déclarations permettent de reconstituer une chaîne : une demande, un intermédiaire, puis un exécutant. [5] [6]
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7. Arnaud Privat, entre sa mère et son ami
Arnaud occupe la place centrale d’intermédiaire. Réentendu le 25 janvier 2012, il explique, selon RTL, les demandes répétées de sa mère et le recours à Munsch. Au procès, sa défense décrit un homme incapable de se dégager de l’influence maternelle. [3] [4]
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8. Le dossier se prolonge en détention
L’instruction examine ensuite un autre projet visant Christopher Munsch, cette fois pendant son incarcération. Roselyne cherche à faire éliminer celui qui exécute le premier contrat. Une ancienne codétenue, Sylvie Colomer, entre aussi dans le dossier par les mouvements d’argent. Il faut distinguer ce projet supplémentaire de l’assassinat consommé de Christophe : Munsch n’est pas une seconde victime tuée dans cette affaire. [5] [7]
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9. Le premier procès s’interrompt
Le procès s’ouvre le 18 mai 2015 à Aix-en-Provence. Quatre personnes comparaissent, avec des rôles et des poursuites différents. Le lendemain, l’état de santé de Roselyne est jugé incompatible avec sa présence aux débats et l’audience est renvoyée. Ce premier rendez-vous judiciaire ne se termine donc pas par un verdict. Le procès de 2016 reprend l’affaire après cette interruption ; ce n’est pas un procès en appel. [8] [9]
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10. En juin 2016, juger des responsabilités différentes
Les débats reprennent le 15 juin 2016 devant les assises des Bouches-du-Rhône. Roselyne, Arnaud et Munsch répondent de leur participation au crime. Sylvie Colomer comparaît pour le volet financier. Les aveux ne rendent pas toutes les questions identiques : il reste à apprécier l’initiative, l’aide apportée, l’exécution et les infractions liées à l’argent. Le procès individualise ainsi des responsabilités au sein d’un même dossier. [9]
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11. Le verdict du 21 juin 2016
La cour condamne Roselyne à vingt-cinq ans de réclusion, Munsch à vingt ans et Arnaud à quinze ans. Sylvie Colomer reçoit cinq ans de prison dans le volet d’escroquerie. Le Dauphiné rapporte également que Roselyne est reconnue coupable d’une offre visant à faire assassiner Munsch en prison. La commanditaire de la mort de Christophe reçoit une peine plus lourde que l’homme qui tire : le jugement ne réduit pas le crime au dernier geste. [7]
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12. Ce que le jugement laisse à comprendre
Les comptes rendus opposent une lecture centrée sur le patrimoine à celle d’une rupture insupportable. Les sources consultées ne permettent pas de décrire la situation pénitentiaire actuelle des condamnés. [4] [7]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Établi
Christophe Lejard est assassiné le 24 novembre 2010. Les investigations relient la barrière à Munsch et mettent au jour le rôle de Roselyne et d’Arnaud. Après l’interruption de mai 2015, le verdict est rendu le 21 juin 2016 : vingt-cinq, vingt et quinze ans de réclusion pour les trois participants au crime. [2] [7] [8]
Incertain ou non établi
Le mobile ne se résume pas à une intention intime que les sources permettraient de mesurer exactement. Le déroulé intégral des échanges préparatoires n’est pas reconstitué ici. Le texte complet du jugement et le dossier d’application des peines ne sont pas consultés ; aucune libération actuelle n’est affirmée. [4]
Les dates clés
- 24 novembre 2010 Christophe est tué au départ de son domicile de Rognonas. [1]
- 2011 Les investigations rapprochent le tireur de l’entourage familial. [2] [6]
- 25 janvier 2012 Arnaud décrit son rôle d’intermédiaire lors d’une nouvelle audition. [3]
- 18–19 mai 2015 Ouverture du procès puis renvoi pour raison médicale. [8]
- 15 juin 2016 Reprise des débats aux assises des Bouches-du-Rhône. [9]
- 21 juin 2016 Verdict : vingt-cinq ans pour Roselyne, vingt pour Munsch, quinze pour Arnaud et cinq pour Colomer. [7]
Les lieux de l’affaire
- Rognonas — La commune des Bouches-du-Rhône abrite le mas familial et le lieu de l’assassinat. La photo montre son église, sans rapport direct avec la scène du crime. [1]
- Avignon et ses environs — Le cadre de l’activité professionnelle de Christophe explique la vérification initiale de la piste économique. [3]
- L’Orne — Arnaud et Munsch ont des liens dans ce département. Cette distance géographique ne les soustrait pas aux recoupements. [2]
- Aix-en-Provence — Les audiences de 2015 et de juin 2016 se tiennent aux assises des Bouches-du-Rhône. [8] [9]
Ce qui rend cette affaire singulière
Une modification minuscule du paysage quotidien devient le premier indice du piège. La barrière oblige Christophe à sortir et conserve une trace utile à l’enquête. Le dossier change ensuite d’échelle : de l’allée d’un mas, il remonte vers un intermédiaire dans une autre région et vers une commanditaire présente dans la famille. Le volet apparu en détention ajoute un second projet criminel, sans effacer la victime autour de laquelle tout commence. [1] [2] [5]
Sources et méthode
Les comptes rendus contemporains des audiences et du verdict sont confrontés aux rétrospectives de France Télévisions, RMC et RTL. Les variantes Roselyne Lejard et Roseline Painchault désignent ici la même personne. Le 15 juin 2016 correspond à l’ouverture des débats, contrairement à la date de verdict donnée par une rétrospective RTL : les articles des 21 et 22 juin fixent le jugement au 21 juin. Les récits divergent aussi sur les contacts téléphoniques directs avec Munsch ; ce détail n’est pas retenu. Le texte intégral de l’arrêt et une pièce primaire établissant un éventuel désistement d’appel ne sont pas consultés. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.
- France Télévisions — Roselyne Lejard, plutôt veuve que divorcée, présentation documentaire, 2020
- RMC Crime, Elisa Fernandez — Retour sur la barrière, l’enquête et le trio, 7 mai 2023
- RTL — Assassinat de Christophe Lejard : un complot familial, 12 mars 2025 ; date du verdict rectifiée par les comptes rendus contemporains
- Le Parisien, Murielle Kasprzak — La veuve noire écope de 25 ans de prison, 22 juin 2016
- La Dépêche, Guillaume Atchouel — Le premier procès et les aveux des accusés, 19 mai 2015
- Le Monde, Luc Leroux — Aux assises, une veuve noire, un fils paumé et un tueur à gages improvisé, 14 juin 2016
- Le Dauphiné libéré, Jim Gassmann — Verdict et peines, 21 juin 2016
- Le Dauphiné libéré — L’accusée malade, le procès renvoyé, 19 mai 2015
- Le Dauphiné libéré — Le procès a commencé, 15 juin 2016