Photographie en noir et blanc de bâtiments industriels, cheminées et installations métalliques à South Chicago.
Zone industrielle de South Chicago, près de la rivière Calumet, vers 1982–1983. Vue de contexte, postérieure aux faits. Vue du contexte urbain de South Chicago ; ne représente pas le lieu des meurtres.Photo : vaticanus / Flickr et Wikimedia Commons · Source · CC BY 2.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage ni modification du contenu.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Richard Speck, le massacre de Chicago

CRIMES IMPOSSIBLES

Chicago · South Deering · Peoria · Stateville · Joliet

Juillet 1966 – décembre 1991 · réexamens en 1968–1972

Coupable de huit meurtres en 1967 · peine capitale annulée, condamnation maintenue · décès pendant la détention le 5 décembre 1991

Chicago, nuit du 13 au 14 juillet 1966. Dans une maison utilisée pour loger des élèves infirmières et des infirmières venues des Philippines, un homme retient neuf femmes. Huit sont tuées ; Corazon Amurao survit en se cachant sous un lit. Son témoignage et des empreintes orientent les policiers vers Richard Speck, arrêté quelques jours plus tard. En avril 1967, un jury le déclare coupable des huit meurtres. Sa peine de mort est ensuite annulée, puis remplacée par une très longue peine de prison. Il meurt en détention en décembre 1991. La question restante concerne surtout le mobile et les récits qu’il laisse : ils ne donnent pas une explication fiable et complète de cette nuit, dont la responsabilité pénale est établie.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Huit femmes sont tuées dans la nuit du 13 au 14 juillet 1966. Une neuvième, Corazon Amurao, survit.
La justice
Le jury retient huit meurtres en 1967. Les décisions ultérieures modifient la peine, pas la culpabilité.
La question restante
Que peut-on établir sur le mobile, sans prendre les déclarations tardives du condamné pour une explication complète ?

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1. Une maison où logent des soignantes

Le logement se trouve dans le sud-est de Chicago, près de l’hôpital auquel les occupantes sont rattachées. Plusieurs sont des élèves américaines ; trois sont des infirmières philippines participant à un échange. La maison sert d’hébergement parce que les places disponibles dans les résidences de l’école ne suffisent pas. [3]

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2. Huit victimes, neuf femmes présentes

Gloria Davy, Suzanne Farris, Merlita Gargullo, Mary Ann Jordan, Patricia Matusek, Valentina Pasion, Nina Jo Schmale et Pamela Wilkening perdent la vie. Corazon Amurao est la seule survivante. Certaines femmes rentrent alors que l’intrus est déjà dans la maison. [1] [3]

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3. Corazon Amurao survit et alerte

Amurao se dissimule sous un lit pendant que l’homme emmène les autres femmes hors de la pièce. Elle reste cachée jusqu’à son départ, puis appelle à l’aide au matin. Son récit fournit aux enquêteurs une description et une chronologie vécue de l’intérieur. [3] [4]

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4. Les empreintes rejoignent le signalement

La police relève des empreintes dans la maison, notamment sur une porte à l’étage. Leur comparaison conduit à Richard Speck. D’autres témoignages situent cet homme dans le secteur, où il cherche un emploi maritime. L’accusation rassemble des éléments matériels et des observations concordantes. [2] [3]

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5. Un médecin reconnaît le suspect

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, Speck est conduit au Cook County Hospital après avoir été blessé. Un jeune médecin, LeRoy Smith, rapproche son apparence et un tatouage du signalement publié. La police est prévenue et l’homme est arrêté. [3]

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6. Préparer un procès hors de Chicago

La défense obtient le déplacement du procès à Peoria, dans un contexte de forte couverture médiatique. L’aptitude de Speck à comprendre la procédure et à participer à sa défense est aussi examinée. Ces garanties ne préjugent pas du verdict. Elles organisent les conditions dans lesquelles les preuves doivent être discutées devant un jury, loin de la scène des crimes et du retentissement immédiat à Chicago. [2]

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7. La survivante désigne l’accusé

Au procès d’avril 1967, Corazon Amurao quitte sa place de témoin pour désigner Speck. Le compte rendu de Time, publié pendant les audiences, décrit ce moment. L’ancien procureur William J. Martin y revient en 2016, en insistant sur le soutien apporté à la survivante. Son geste à l’audience repose sur une expérience antérieure ; sa force émotionnelle ne dispense pas le tribunal d’examiner les autres éléments. [4] [5]

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8. Huit verdicts de culpabilité

Le 15 avril 1967, le jury déclare Speck coupable des huit meurtres et recommande la peine capitale. Le juge prononce la peine de mort en juin. Les deux étapes doivent rester distinctes : le jury décide de la culpabilité et recommande une sanction, puis le tribunal formalise cette sanction. [1] [5]

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9. La première confirmation en appel

En novembre 1968, la Cour suprême de l’Illinois confirme le jugement. Elle examine notamment la publicité entourant l’affaire, l’identification par Amurao et les objections à la sélection du jury. Elle ne retient pas de motif imposant un nouveau procès. [2]

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10. La peine de mort est annulée

En 1971, la Cour suprême des États-Unis annule la peine capitale et renvoie le dossier à la lumière de la jurisprudence Witherspoon sur l’exclusion de jurés opposés à cette sanction. En 1972, les décisions Furman et Moore affectent encore le régime applicable. Le 20 septembre, la Cour suprême de l’Illinois ordonne une nouvelle audience sur la peine. Elle ne prononce pas l’acquittement de Speck et n’efface pas les huit meurtres retenus. [6]

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11. Une très longue peine et des refus de sortie

En novembre 1972, Speck reçoit une peine de quatre cents à mille deux cents ans. Le Chicago History Museum indique une réduction ultérieure à cent–trois cents ans ; des dépêches continuent néanmoins à rappeler le cumul initial. En septembre 1987, UPI rapporte un refus unanime de libération conditionnelle. L’existence de ces audiences signifie qu’une demande peut être examinée, pas qu’une sortie est accordée. [1] [7] [8]

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12. Le décès et les récits postérieurs

Speck meurt le 5 décembre 1991, après son transfert de Stateville vers un hôpital de Joliet. Une vidéo enregistrée en prison puis rendue publique après sa mort nourrit ensuite une controverse sur les conditions de détention. Un rapport parlementaire du Connecticut en expose les conséquences en 1997. Ce document tardif ne remplace ni les constatations de 1966 ni les preuves examinées au procès. [1] [9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Huit victimes sont identifiées. Amurao survit et témoigne ; des empreintes relient Speck à la maison. La condamnation pour les huit meurtres subsiste après les recours. L’annulation concerne la peine capitale. Speck reste détenu jusqu’à son décès de 1991, après plusieurs refus de libération. [1] [2] [6] [7]

Incertain ou contesté

Le mobile ne reçoit pas d’explication unique démontrée par les documents retenus. Les propos tardifs de Speck comportent des récits que le procureur conteste. Ils doivent rester attribués au condamné. Une vidéo de prison ou un souvenir livré cinquante ans après les faits ne permet pas de reconstituer toutes ses intentions au cours de la nuit. [3] [9]

Les dates clés

  1. 13–14 juillet 1966 Huit meurtres dans la maison ; Amurao survit. [1] [3]
  2. 17 juillet 1966 Speck est identifié à l’hôpital et arrêté. [3]
  3. Avril 1967 Procès à Peoria et témoignage de la survivante. [4] [5]
  4. 15 avril 1967 Verdict de culpabilité pour les huit meurtres. [1]
  5. Juin 1967 Peine capitale prononcée. [1]
  6. 22 novembre 1968 Première confirmation par la Cour suprême de l’Illinois. [2]
  7. 1971 Annulation fédérale de la peine de mort. [6]
  8. 20 septembre 1972 Renvoi pour une nouvelle audience sur la peine. [6]
  9. Novembre 1972 Peine de quatre cents à mille deux cents ans. [1]
  10. Septembre 1987 Nouveau refus de libération conditionnelle. [7]
  11. 5 décembre 1991 Décès pendant la détention. [1] [9]

Les lieux de l’affaire

  • South Deering, Chicago — Secteur résidentiel du sud-est où se trouve la maison. La photo représente une zone industrielle voisine de South Chicago, postérieure aux faits. [1]
  • Cook County Hospital — Établissement où le suspect est reconnu puis arrêté. [3]
  • Peoria — Ville choisie pour le procès après le changement de lieu demandé par la défense. [2] [5]
  • Stateville et Joliet — Prison où Speck purge sa peine, puis ville de l’hôpital où il meurt. [1] [9]

Ce qui rend cette affaire singulière

Une survivante fournit un récit essentiel, que des empreintes viennent soutenir. Le dossier est aussi traversé par l’évolution du droit de la peine capitale : la sanction change tandis que la culpabilité demeure. Les commémorations insistent souvent sur l’effet de choc du crime. La lecture documentaire conserve une autre priorité : nommer les huit victimes, situer le rôle d’Amurao et expliquer exactement ce que les décisions successives modifient. [1] [4] [6]

Sources et méthode

Les arrêts de 1968 et 1972 fixent les étapes judiciaires. Le témoignage du procureur est rapproché du compte rendu d’audience et de la synthèse du musée, sans reprendre ses formules sur un prétendu premier massacre. La date du décès suit les sources concordantes, malgré une erreur dans son texte rétrospectif. Les totaux de peine divergents sont explicités. Les documents publics ne constituent pas l’intégralité du dossier ; les détails graphiques sont écartés. Vérification documentaire : 1er octobre 2026.

  1. Chicago History Museum — Richard Speck in Chicago : victimes, verdict, peine et décès, 2023
  2. Cour suprême de l’Illinois — People v. Speck, 41 Ill. 2d 177, 22 novembre 1968
  3. William J. Martin / Wednesday Journal — Témoignage rétrospectif du procureur, 28 juin 2016
  4. Paul Caine / WTTW — Entretien avec le procureur sur Corazon Amurao et le procès, 5 juillet 2016
  5. Time — Trials: Masakit in Peoria, compte rendu d’audience, 14 avril 1967
  6. Cour suprême de l’Illinois — People v. Speck, 52 Ill. 2d 284, 20 septembre 1972
  7. UPI — Refus de libération conditionnelle, 9 septembre 1987
  8. UPI — Témoignages à l’audience de libération conditionnelle, 2 septembre 1987
  9. Connecticut General Assembly, Office of Legislative Research — Richard Speck Tape and Illinois Prison Charges, 21 février 1997