Le haut bâtiment de béton du palais de justice de Créteil, vu depuis son parvis planté d’arbres.
Le palais de justice de Créteil, photographié le 13 juin 2007. Vue de contexte judiciaire, postérieure au procès de Rémy Roy en 1996.Photo : Didier B (Sam67fr) — Wikimedia Commons · Source · CC BY 2.5. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, conservée en entier et sous la même licence.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Rémy Roy, les meurtres du Minitel

CRIMES IMPOSSIBLES

Draveil · Champigny-sur-Marne · Paris · Villeneuve-Saint-Georges · Créteil

1990–1991 · procès en 1996

Perpétuité prononcée le 28 juin 1996 · dix-huit ans de sûreté

Draveil, octobre 1990. La découverte de Paul Bernard mort ouvre une série de crimes en région parisienne. Gilbert Duquesnoy et Hugues Moreau sont tués à leur tour. En octobre 1991, Bruno Giraudon survit à une agression. Les rencontres par Minitel, son témoignage et des objets volés conduisent les enquêteurs vers Rémy Roy. Le 28 juin 1996, la cour d’assises du Val-de-Marne prononce la perpétuité avec dix-huit ans de sûreté. La responsabilité pénale est tranchée ; les explications que Roy donne de ses actes restent discutées.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Trois hommes sont tués en 1990. Un quatrième survit en octobre 1991.
La justice
Rémy Roy est condamné à perpétuité à Créteil en juin 1996.
La question restante
Comment évaluer ses explications sans les confondre avec des faits prouvés ?

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1. Des rencontres derrière un terminal

Au début des années 1990, les messageries du Minitel permettent de nouer des contacts sous pseudonyme. Dans cette affaire, elles servent à préparer des rendez-vous avec des hommes homosexuels. L’enquête doit passer des échanges à distance à une identité, puis relier cette personne aux différents lieux. Le surnom médiatique résume ce point commun, mais laisse de côté le travail matériel qui suit. [3] [8]

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2. Paul Bernard, à Draveil

Les 11 et 12 octobre 1990 constituent les premiers repères : le rendez-vous de Paul Bernard, puis la découverte de son corps. Cet agent d’assurances de quarante-six ans meurt à Draveil, près de la Seine. La rencontre entre dans la chronologie des crimes attribués à Roy. À ce stade, les enquêteurs doivent reconstituer les derniers contacts de la victime. [1] [2]

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3. Gilbert Duquesnoy, à Champigny

Dans la nuit du 19 au 20 octobre, Gilbert Duquesnoy devient la deuxième victime. Astrologue connu sous le nom de mage Nathaniel, il reçoit à Champigny-sur-Marne. Son corps est découvert quelques jours plus tard. La proximité avec le décès de Paul Bernard donne son importance au rapprochement des dossiers, sans autoriser à remplacer les éléments propres à chacun par une simple ressemblance. [1] [2]

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4. Hugues Moreau, à Paris

Le 17 novembre 1990, Hugues Moreau est tué à Paris. Des moyens de paiement lui sont dérobés. Ce troisième dossier élargit la géographie de l’affaire : les faits ne se concentrent pas dans une seule commune ni dans un seul département. Les vols comptent aussi dans la suite de l’enquête, car un objet emporté peut continuer à laisser des traces après le départ de l’agresseur. [1] [2]

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5. Bruno Giraudon peut témoigner

Le 8 octobre 1991, Bruno Giraudon est agressé à Villeneuve-Saint-Georges. Il survit. Son récit apporte ce que les trois premières victimes ne peuvent plus fournir : une description de la rencontre et du comportement de l’homme reçu. Il contredit ensuite la présentation de Roy, qui cherche à se décrire comme entraîné malgré lui dans ces rendez-vous. L’experte Caroline Legendre rappelle que Roy finit par reconnaître une démarche active pour contacter ces hommes. [1] [5]

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6. La piste des moyens de paiement

Des chèques et des papiers volés sont utilisés pour acheter du matériel vidéo. La notice documentaire détaillée décrit un contrôle d’identité et une copie de permis portant une photographie. Ces démarches commerciales deviennent des points de comparaison pour les enquêteurs. Cette piste relie des magasins, des documents et une image de l’acheteur : des éléments extérieurs au récit du suspect. [2]

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7. Relier une image à un nom

La même chronologie rapporte que des images obtenues au cours des achats sont présentées dans le milieu de la presse nautique. Roy connaît cet univers : ancien skipper, il travaille aussi comme pigiste. Un responsable de revue le reconnaît. Cette identification prend son sens dans une chaîne de recoupements, avec le témoignage du survivant et les documents volés. [1] [2]

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8. L’arrestation à Villejuif

En novembre 1991, les policiers arrêtent Roy à son domicile de Villejuif. Ils découvrent un homme marié, père de famille, dont la vie visible ne correspond pas à l’image que peut suggérer une série de meurtres. Ce contraste frappe les récits de presse. [3] [9]

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9. Le récit du suspect ne suffit pas

Roy propose des explications dans lesquelles il se sent provoqué, humilié ou piégé. Caroline Legendre décrit un homme qui reconnaît les faits tout en exprimant une difficulté à se reconnaître dans ses propres actes. Le témoignage de Bruno empêche de réduire la rencontre à cette seule version. Pour lire le dossier, il faut séparer trois niveaux : ce qui arrive aux victimes, ce que l’accusé raconte et l’interprétation que les experts donnent de ce récit. [4] [5]

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10. Comprendre sans transformer en certitude

Chargée d’examiner Roy, Caroline Legendre recueille son histoire personnelle pendant la détention provisoire. Il évoque des traumatismes et une période de dépression, sur fond d’échec professionnel et de difficultés conjugales ressenties. Elle précise la portée de son travail : comprendre son fonctionnement psychique. Les événements qu’il rapporte ne sont pas tous établis par l’enquête. Une expérience décrite en entretien ne devient pas, par cette seule description, un fait historique vérifié. [4] [6] [9]

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11. Les débats devant les assises

En juin 1996, la cour d’assises du Val-de-Marne examine les crimes. L’expertise prend place aux côtés des autres éléments du dossier. Caroline Legendre raconte que son intervention suscite la colère de proches des victimes : ils peuvent entendre une tentative d’excuse là où elle cherche à expliquer. Elle rappelle la différence entre sa mission et celle d’un avocat. Le procès ne demande pas seulement pourquoi Roy agit ; il doit statuer sur les faits et sur sa responsabilité. [6] [7]

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12. Le verdict et les limites du suivi

Le 28 juin 1996, la réclusion criminelle à perpétuité est prononcée, avec une période de sûreté de dix-huit ans. Cette condamnation reste le résultat judiciaire rapporté par les sources consultées. Celles-ci ne permettent pas de documenter ici un recours aboutissant à son annulation, ni une décision récente d’aménagement. Le terme de la sûreté ne fournit pas une date automatique de sortie. Le dossier conserve donc le verdict établi sans inventer une situation pénitentiaire actuelle. [3] [7] [8]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Trois victimes meurent à l’automne 1990 et Bruno Giraudon survit à l’agression de 1991. Les contacts par messagerie font partie de l’affaire. Le verdict de juin 1996 et les dix-huit ans de sûreté sont concordants dans les références. La culpabilité de Roy ne repose pas sur une interprétation psychologique isolée. [1] [7]

Incertain ou non établi

Les raisons intimes restent éclairées par des déclarations et des interprétations, non par une explication unique démontrée. Les récits traumatiques de Roy demandent une attribution explicite. Les documents accessibles ne donnent pas un état complet de l’exécution de sa peine au 29 septembre 2026. [6] [9]

Les dates clés

  1. Octobre 1990 Meurtres de Paul Bernard et de Gilbert Duquesnoy. [1]
  2. 17 novembre 1990 Hugues Moreau est tué à Paris. [1]
  3. 8 octobre 1991 Bruno Giraudon survit à une agression. [1]
  4. Novembre 1991 Arrestation de Rémy Roy à Villejuif. [3]
  5. 28 juin 1996 Condamnation à perpétuité, avec dix-huit ans de sûreté. [7] [3]

Les lieux de l’affaire

Draveil, Champigny-sur-Marne, Paris et Villeneuve-Saint-Georges correspondent aux quatre épisodes criminels. Villejuif est le lieu de l’arrestation. Créteil accueille le procès devant les assises du Val-de-Marne. La photographie montre ce palais de justice en 2007 : elle situe l’institution et ne représente ni les audiences de 1996 ni un lieu d’agression. [1] [2]

Ce qui rend cette affaire singulière

L’affaire relie un outil de rencontre à distance à des indices très concrets. Le survivant donne une voix contradictoire face au suspect ; les achats et les papiers déplacés ouvrent une autre voie d’identification. Notre lecture documentaire retient cette articulation : le Minitel explique comment les contacts se nouent, tandis que les recoupements permettent d’enquêter sur les violences. [2] [5]

Sources et méthode

La chronologie de RTL en 2016 est recoupée avec la notice secondaire et la brève judiciaire de 1996. Les entretiens de 2024 apportent le témoignage d’une experte de la procédure, pas une nouvelle décision. Les détails d’identification par achats proviennent de la notice secondaire et sont présentés comme tels. Les archives ne donnent pas accès à l’intégralité du dossier judiciaire. Les formulations qui regroupent tous les crimes en 1991 sont écartées au profit des dates détaillées de 1990–1991. Aucun dialogue ni déroulé de scène n’est reconstitué. Vérification documentaire : 29 septembre 2026.

  1. RTL, 21 avril 2016 — Chronologie des trois meurtres et de la tentative de meurtre
  2. Wikipédia — Rémy Roy ; repères recoupés, notice secondaire
  3. RTL, Les Voix du crime, 2024 — Entretien avec Caroline Legendre
  4. RTL, 2024 — Les explications données par Rémy Roy à l’experte
  5. RTL, 2024 — Les questions laissées ouvertes par l’expertise
  6. RTL, 2024 — La distinction entre récit personnel et faits démontrés
  7. Le Monde, 30 juin 1996 — Brève judiciaire confirmant le verdict du 28 juin
  8. RMC+, Faites entrer l’accusé — Présentation du documentaire Rémy Roy
  9. RTL, 2024 — Ce que l’experte observe et ce qu’elle ne peut établir