Porte verte et façade en pierre du palais de justice de Paris, avec l’inscription Tribunal correctionnel, en mai 2023.
Façade sud du palais de justice de Paris, photographiée le 7 mai 2023. Photographie de contexte judiciaire, postérieure aux évasions de 2013 et de 2018 ; elle ne montre aucune scène du crime ni une audience de Rédoine Faïd.Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Rédoine Faïd, les braquages et évasions

CRIMES IMPOSSIBLES

Villiers-sur-Marne · Sequedin · Réau · Creil

Années 1990–2026

Incarcéré · plusieurs condamnations criminelles

Réau, 1er juillet 2018. Un hélicoptère utilisé par un groupe armé permet à Rédoine Faïd de quitter la prison ; le pilote est un otage. Le fugitif est repris trois mois plus tard à Creil. Cette évasion, jugée en 2023, s’ajoute à celle de Sequedin en 2013 et à plusieurs dossiers de braquages, dont l’opération ayant entraîné la mort de la policière Aurélie Fouquet. Condamné et incarcéré, Faïd conteste aussi ses conditions de détention. La dernière décision retrouvée, en août 2026, concerne un transfert de prison, pas sa culpabilité.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Des braquages et deux évasions de prison en 2013 et 2018, avec prises d’otages.
La justice
Vingt-cinq ans dans l’affaire Fouquet, vingt-huit ans en appel pour un braquage de 2011, quatorze ans pour Réau.
La question restante
Comment appliquer la sécurité pénitentiaire dans le respect des droits du détenu et des décisions de justice ?

01 / 12

1. Des premiers braquages au récit du repenti

Originaire de Creil, Rédoine Faïd commet des braquages dans les années 1990. Arrêté en 1998, il passe plusieurs années en prison, puis sort en 2009. Un livre publié en 2010 participe à son exposition médiatique : il y présente son ancienne vie de voleur. Les nouvelles affaires judiciaires qui suivent empêchent de prendre ce récit de rupture pour un bilan définitif de son parcours. [1]

02 / 12

2. La mort d’Aurélie Fouquet

Le 20 mai 2010, une opération liée à un projet d’attaque de fourgon entraîne une fusillade à Villiers-sur-Marne. Aurélie Fouquet, policière municipale, est tuée. Rédoine Faïd est poursuivi puis condamné comme organisateur du braquage avorté. Ce rôle doit être nommé précisément : sa condamnation ne signifie pas qu’il aurait personnellement tiré sur la policière. Le dossier dépasse donc l’image du voleur de fonds pour inclure les conséquences mortelles de l’opération. [2]

03 / 12

3. Un autre dossier dans le Pas-de-Calais

Le 17 mars 2011, un fourgon de transport de fonds Loomis est attaqué dans le Pas-de-Calais. Le groupe emporte environ deux millions d’euros. Les comptes rendus judiciaires décrivent une opération particulièrement violente, avec usage d’explosifs et d’armes de guerre. Cette attaque est distincte de celle projetée en 2010 : elle donnera lieu à son propre procès, puis à un jugement en appel en 2020. [3]

04 / 12

4. L’évasion de Sequedin en 2013

Le 13 avril 2013, Faïd s’évade de la prison de Sequedin, dans le Nord. Quatre membres du personnel sont pris en otage et des portes sont détruites à l’explosif. Il est repris après plusieurs semaines de fuite. Le 14 mars 2017, les assises du Nord le condamnent à dix ans de réclusion pour cette évasion. Un appel est ensuite annoncé : cette fiche identifie donc cette peine comme celle prononcée en première instance, sans inventer l’issue d’un recours. [2] [4]

05 / 12

5. Une condamnation devenue définitive

Le 14 avril 2018, la cour d’assises de Paris condamne Faïd en appel à vingt-cinq ans de réclusion dans l’affaire de Villiers-sur-Marne. Le 9 mai 2019, la Cour de cassation rejette son pourvoi, rendant cette condamnation définitive dans l’ordre judiciaire français. La peine sanctionne son rôle d’organisateur. [2]

06 / 12

6. Le 1er juillet 2018 à Réau

Alors qu’il se trouve au parloir du centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne, Faïd est extrait de la prison par un groupe arrivé en hélicoptère. L’évasion se déroule en quelques minutes. La brièveté de la scène, reprise dans les images et les récits, ne dit rien de sa préparation ni de la contrainte exercée sur le pilote. Il ne s’agit pas d’un transport volontaire fourni au fugitif, mais d’une opération armée avec prise d’otage. [5] [6]

07 / 12

7. Le pilote, une victime de l’évasion

Stéphane Buy, le pilote de l’hélicoptère, décrit dès juillet 2018 les menaces et les violences subies. Il est obligé d’effectuer le vol, puis abandonné après la sortie de prison. Son témoignage revient devant la cour en septembre 2023. Le replacer dans le récit permet de mesurer ce que masque une présentation limitée à l’exploit du fugitif : la peur d’un homme contraint, et les conséquences d’une opération dont il n’était pas complice. [5]

08 / 12

8. La fin de la cavale à Creil

Le 3 octobre 2018, Faïd est arrêté à Creil, dans l’Oise, après environ trois mois de recherches. Cette interpellation met fin à sa deuxième grande cavale depuis une prison. Elle ne clôt pas les poursuites concernant l’évasion de Réau : les enquêteurs doivent encore établir les participations, la préparation et l’aide éventuellement apportée pendant la fuite. Le procès de ces faits n’interviendra que cinq ans après la sortie en hélicoptère. [1] [6]

09 / 12

9. Vingt-huit ans pour l’attaque de 2011

Le 13 mars 2020, les assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, condamnent Faïd en appel à vingt-huit ans de réclusion pour l’attaque du fourgon de 2011. La peine de première instance était de dix-huit ans. Cette aggravation appartient au dossier Loomis, et non à celui de la mort d’Aurélie Fouquet. [3]

10 / 12

10. Le verdict de l’automne 2023

Le procès de l’évasion de Réau s’ouvre le 5 septembre 2023 à Paris, avec douze accusés. Dans la nuit du 25 au 26 octobre, Faïd est condamné à quatorze ans de réclusion. Le ministère public en avait demandé vingt-deux. Les autres peines répondent aux rôles retenus pour chacun. Le verdict porte sur l’évasion de 2018 et ses préparatifs ; il ne rejuge pas les braquages antérieurs. [6] [7] [8]

11 / 12

11. Un contentieux sur les conditions de détention

La prévention d’une nouvelle évasion entraîne des mesures de sécurité et un isolement prolongé. Ces conditions font l’objet de contestations judiciaires, notamment en 2025, avant son transfert à Condé-sur-Sarthe. Le contrôle de la dignité de la détention concerne la manière d’exécuter les peines. Il n’efface pas les condamnations et ne suppose pas que le détenu soit innocent : les deux questions juridiques sont distinctes. [9] [10]

12 / 12

12. Le transfert annulé le 19 août 2026

Le 7 août 2026, un juge ordonne le transfert de Faïd de Condé-sur-Sarthe vers Valence en raison de ses conditions de détention. Le 19 août, la chambre de l’application des peines de Caen infirme cette décision. Selon le parquet cité par l’AFP, les changements apportés par l’administration ont remédié aux difficultés retenues. Cette décision annule un transfert ; elle ne libère pas Faïd et ne réduit pas les condamnations criminelles rappelées ici. [9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Les évasions de Sequedin et de Réau ont eu lieu en 2013 et 2018. La condamnation à vingt-cinq ans dans l’affaire Fouquet est devenue définitive après le rejet du pourvoi en 2019. Une peine de vingt-huit ans a été prononcée en appel en 2020 pour le fourgon de 2011, et quatorze ans en 2023 pour Réau.

Incertain ou non établi

Les peines ne sont pas additionnées ici pour annoncer une date de libération. Les articles disponibles ne donnent pas un état exhaustif de tous les recours et de l’exécution des sanctions. Aucune décision ultérieure à celle du 19 août 2026 n’est retenue faute de document public vérifiable dans les sources consultées.

Les dates clés

  1. 20 mai 2010 — Mort d’Aurélie Fouquet à Villiers-sur-Marne.
  2. 17 mars 2011 — Attaque du fourgon Loomis.
  3. 13 avril 2013 — Évasion de Sequedin.
  4. 14 avril 2018 — Vingt-cinq ans en appel dans l’affaire Fouquet.
  5. 1er juillet 2018 — Évasion de Réau.
  6. 3 octobre 2018 — Arrestation à Creil.
  7. 9 mai 2019 — Rejet du pourvoi dans l’affaire Fouquet.
  8. 13 mars 2020 — Vingt-huit ans en appel pour le braquage de 2011.
  9. 26 octobre 2023 — Quatorze ans pour l’évasion de Réau.
  10. 19 août 2026 — Annulation en appel du transfert vers Valence.

Les lieux de l’affaire

Villiers-sur-Marne est le lieu de la mort d’Aurélie Fouquet. Sequedin et Réau sont les prisons des deux évasions. Creil est la ville de l’arrestation de 2018. Paris et Saint-Omer accueillent plusieurs procès. Condé-sur-Sarthe et la juridiction de Caen apparaissent dans le contentieux de détention de 2026.

Ce qui rend cette affaire singulière

Cette histoire combine des dossiers pénaux distincts, deux évasions très médiatisées et un contentieux durable sur la détention. Les victimes, notamment Aurélie Fouquet, les agents pris en otage et le pilote contraint, permettent de restituer ce que la seule célébrité du fugitif tend à reléguer au second plan.

Sources et méthode

Les comptes rendus d’audience, le témoignage du pilote et les dépêches citant les autorités judiciaires sont rapprochés. Les dates de faits sont distinguées de celles des jugements et des articles. La décision d’août 2026 est connue par l’AFP et les déclarations du parquet, sans accès au texte intégral. Les annonces de recours ne sont pas transformées en décisions acquises. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. RTL, 2023 — Rédoine Faïd, parcours et deux évasions
  2. AFP / Le Dauphiné libéré, 10 mai 2019 — Condamnation définitive dans l’affaire Fouquet
  3. AFP / Le Parisien, 13 mars 2020 — Vingt-huit ans de réclusion en appel
  4. RTL, 2017 — Le procès de l’évasion de Sequedin
  5. RTL, 2023 — Le témoignage du pilote Stéphane Buy
  6. RTL, octobre 2023 — Quatorze ans pour l’évasion de Réau
  7. AFP / Le Parisien, 26 octobre 2023 — Le verdict du procès de Réau
  8. 20 Minutes, 26 octobre 2023 — Compte rendu d’audience et peines prononcées
  9. AFP / Boursorama, 19 août 2026 — Transfert de Condé-sur-Sarthe annulé en appel
  10. Dalloz — Conditions de détention et contrôle du respect de la dignité