La façade de pierre de la mairie de Saint-Chamond, avec son entrée centrale, ses fenêtres rouges et des branches fleuries au premier plan.
La façade historique de la mairie de Saint-Chamond, dans la Loire, photographiée le 9 mai 2015. Vue de contexte géographique ; cette photographie ne représente pas le lieu des faits.Photo : Bissorte / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage ni modification du contenu ; licence conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Philippe Gletty, le meurtre et l’enquête sur un rendez-vous fatal

CRIMES IMPOSSIBLES

Saint-Paul-en-Jarez · Saint-Chamond · massif du Pilat · Loire

2012–2014 · suivi documentaire jusqu’en 2026

Bettina Geoffray : dix-huit ans pour assassinat en 2014 · libération conditionnelle rapportée en 2021

Saint-Paul-en-Jarez, 27 février 2012. Philippe Gletty, quarante-sept ans, dirigeant de Princeps Alu, disparaît. Son corps est retrouvé le 4 mars dans le Pilat. L’enquête remonte à sa secrétaire, Bettina Beau, également connue sous son nom de naissance, Geoffray : elle reconnaît avoir organisé leur rencontre et l’avoir tué. Le 23 mai 2014, les assises de la Loire la condamnent à dix-huit ans de réclusion pour assassinat. L’identité de l’auteure est établie ; la part respective des tensions professionnelles, de l’argent et de leur relation intime demeure plus difficile à expliquer. Des années plus tard, sa fille Anaïs entreprend une démarche personnelle de dialogue et de pardon.

L’affaire en 30 secondes

La disparition
Le 27 février 2012, le dirigeant disparaît ; son corps est retrouvé six jours plus tard dans le Pilat.
La justice
Sa secrétaire reconnaît les faits et est condamnée à dix-huit ans de réclusion pour assassinat en mai 2014.
La question restante
Comment articuler les explications professionnelles, financières et personnelles avancées autour du crime ?

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1. Un dirigeant ne rentre pas

Philippe Gletty travaille dans la menuiserie en aluminium et PVC, à la tête d’une entreprise de la vallée du Gier. Son absence, le 27 février, inquiète son épouse, qui donne l’alerte. Le dossier commence donc comme une disparition. [1]

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2. La découverte dans le Pilat

Le 4 mars, le corps est retrouvé dans un secteur boisé du massif du Pilat, à quelques kilomètres de l’entreprise. Des blessures par arme à feu établissent une mort violente. La recherche du disparu devient une enquête criminelle. Les lieux ne racontent cependant pas, à eux seuls, comment le dirigeant y est arrivé ni qui l’y a accompagné. [1] [7]

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3. Une collaboratrice au cœur du quotidien

Bettina Beau est une proche collaboratrice de Philippe Gletty. Elle suit les comptes et les difficultés de trésorerie de Princeps Alu. Une relation intime entre eux est également rapportée au procès. Ces liens expliquent que les enquêteurs examinent ses déclarations et son emploi du temps. [3] [8]

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4. Le rendez-vous et les traces laissées

Les investigations reconstituent un rendez-vous fixé par messages. Dans son récit rétrospectif, RTL décrit aussi un repère noté dans l’agenda du dirigeant et les vérifications menées autour de ses déplacements. Ces éléments donnent un cadre matériel à la dernière rencontre. [9]

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5. Une arme retrouvée, puis les aveux

Une perquisition permet de retrouver l’arme au domicile de la secrétaire. Elle appartient à son mari. Bettina lui annonce ensuite être l’auteure des tirs et se présente aux gendarmes. Les comptes rendus situent ses aveux au 8 mars 2012. L’avocat général soulignera au procès qu’ils interviennent après cette découverte : leur portée doit être appréciée avec les preuves déjà recueillies. [1] [2] [7]

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6. Ce que reconnaît Bettina Beau

Elle admet avoir préparé la rencontre et tué Philippe Gletty. L’emploi d’une arme emportée avant le rendez-vous et les circonstances du déplacement nourrissent la question de la préméditation. Dès l’annonce du procès, Le Progrès distingue les faits qu’elle reconnaît de leur explication. Aux assises, le problème n’est plus seulement de savoir qui a tiré, mais de déterminer comment le projet s’est formé. [4] [9]

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7. Les comptes de l’entreprise

L’enquête met également au jour des détournements, estimés à plus de trente-huit mille euros, réalisés au moyen de fausses factures. Ils donnent lieu à une condamnation distincte à dix-huit mois avec sursis. Cette procédure éclaire le contexte financier ; elle ne permet pas de présenter automatiquement l’argent comme l’unique mobile du meurtre. [3]

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8. Des explications concurrentes

La défense, assurée par David Metaxas, invoque l’épuisement et la pression ressentie au travail. D’autres éléments concernent une promotion attendue qui revient à un autre salarié. L’ex-mari décrira plus tard une femme déstabilisée par les difficultés de l’entreprise. Ces lectures viennent d’acteurs différents : elles sont des explications proposées, et non une motivation intérieure que le dossier permettrait de mesurer avec certitude. [3] [8]

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9. Trois jours devant les assises

Le procès s’ouvre le 21 mai 2014 devant la cour d’assises de la Loire. Les débats comprennent les constatations médicales et les témoignages de salariés de Princeps Alu ainsi que de l’ex-mari. Le compte rendu du 22 mai décrit plusieurs tirs. Leur examen judiciaire confronte les déclarations de l’accusée à la matérialité des faits, sans qu’une description détaillée des blessures soit nécessaire pour comprendre la décision. [4] [5]

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10. L’accusation refuse une justification

L’avocat général Philippe Chassaigne demande dix-huit ans de réclusion. Il combat l’idée que le stress ou une ambition professionnelle déçue puissent justifier l’assassinat. La défense cherche, de son côté, à faire entendre le contexte dans lequel sa cliente dit avoir basculé. Expliquer une trajectoire et établir une responsabilité constituent deux questions différentes, discutées dans une même audience. [2]

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11. Le verdict du 23 mai 2014

Après quatre heures de délibéré, la cour prononce dix-huit ans de réclusion criminelle, conformément aux réquisitions. L’assassinat est retenu. Le Progrès et Le Parisien annoncent cette condamnation dès le vendredi 23 mai au soir. Plusieurs récits ultérieurs indiquent le 24 : ce dossier privilégie les publications contemporaines, qui permettent de distinguer le verdict de ses reprises le lendemain. [1] [2]

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12. Après la peine, le dialogue d’Anaïs

RTL rapporte une libération conditionnelle de Bettina Geoffray le 2 juillet 2021. En 2024, Anaïs Gletty publie Pardonner, avec Nathalie Mazier, après des lettres puis une rencontre avec celle qui a tué son père. Son témoignage évoque la justice réparative et les réponses qu’elle recherchait. Cette démarche appartient à Anaïs : elle ne parle pas pour tous les proches et ne modifie ni les faits ni la condamnation. [7] [8]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Philippe Gletty est mort à la suite de tirs. Bettina Beau a reconnu l’avoir tué et les assises ont retenu l’assassinat. Les récits d’audience, la découverte de l’arme et les aveux forment une base convergente. La peine prononcée est de dix-huit ans de réclusion. [1] [2] [5]

Incertain ou non établi

Les sources ne livrent pas une explication unique du passage à l’acte. Les tensions de travail, la relation intime et les détournements sont documentés à des titres différents. Leur poids exact dans la décision de tuer ne doit pas être inventé. [3] [8]

Les dates clés

  1. 27 février 2012 Disparition de Philippe Gletty. [1]
  2. 4 mars 2012 Découverte de son corps dans le Pilat. [1]
  3. 8 mars 2012 Aveux de Bettina Beau rapportés par la presse. [1]
  4. 21–23 mai 2014 Procès devant les assises de la Loire ; condamnation à dix-huit ans. [2] [4]
  5. 2 juillet 2021 Libération conditionnelle rapportée par RTL. [8]
  6. Mai 2024 Anaïs Gletty rend publique sa démarche dans Pardonner. [7]

Les lieux de l’affaire

  • Saint-Paul-en-Jarez — Commune de l’entreprise Princeps Alu, dans la Loire. [5]
  • Massif du Pilat — Secteur du rendez-vous et de la découverte du corps. Les publications évoquent les environs de Doizieux ; la photographie d’en-tête situe seulement la vallée voisine. [1] [3]
  • Saint-Chamond — Repère géographique de la vallée du Gier représenté en photographie, sans identification d’une scène de crime. [9]
  • Cour d’assises de la Loire — Juridiction du procès de mai 2014. [2]

Ce qui rend cette affaire singulière

La résolution ne fait pas disparaître toutes les questions. Les investigations identifient rapidement une auteure qui connaît intimement la victime et l’entreprise. Le procès établit sa responsabilité tout en confrontant plusieurs lectures du mobile. Le témoignage ultérieur d’Anaïs ajoute une autre temporalité : celle d’une proche qui cherche à comprendre après le jugement. Raconter ensemble ces étapes exige de ne confondre ni l’aveu avec une explication complète, ni le pardon personnel avec une révision judiciaire. [4] [7]

Sources et méthode

Les comptes rendus contemporains du procès sont rapprochés des témoignages ultérieurs. Le 23 mai 2014 est retenu pour le verdict, annoncé ce soir-là par deux journaux ; certaines rétrospectives indiquent le lendemain. Beau et Geoffray désignent la même personne. Les positions de la défense et de l’ex-mari sont attribuées. Les informations sur la libération conditionnelle proviennent de RTL, sans consultation de la décision correspondante. Les textes de présentation des émissions sont utilisés comme tels ; aucune écoute intégrale n’est revendiquée. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.

  1. Le Parisien — Dix-huit ans de réclusion pour la secrétaire, 23 mai 2014
  2. Le Progrès — Bettina Geoffray condamnée à dix-huit ans, 23 mai 2014
  3. Le Parisien — La secrétaire avait tué son patron, 21 mai 2014
  4. Le Progrès — La secrétaire devant les assises, 17 mai 2014
  5. Le Progrès — Compte rendu d’audience et constatations médicales, 22 mai 2014
  6. Le Progrès — Condamnée à dix-huit ans, 24 mai 2014
  7. Le Parisien, Cyril Michaud — La démarche d’Anaïs Gletty et le livre Pardonner, 19 mai 2024
  8. RTL — Pourquoi Bettina Beau a-t-elle tué son patron ? Témoignage de son ex-mari
  9. RTL — Rétrospective sur l’enquête et le rendez-vous, 24 septembre 2026