
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Patrick Tissier, les crimes et récidives
CRIMES IMPOSSIBLESCher ; Muret ; Perpignan ; Fitou ; Hérault
Crimes de 1971 à 1993 ; verdict en 1998 ; situation documentée en mai 2026
Perpétuité avec trente ans de sûreté ; toujours détenu selon la source du 7 mai 2026
Perpignan, 13 septembre 1993. Karine Volckaert disparaît. L’arrestation de Patrick Tissier, huit jours plus tard, conduit à retrouver son corps et révèle une succession de crimes après plusieurs condamnations. Concetta Lemma a été tuée ; Marie-Josée Gauze a survécu à une agression. En janvier 1998, la cour d’assises prononce la perpétuité avec trente ans de sûreté. La question qui demeure concerne la prévention de la récidive et l’exécution de cette peine. Une source de mai 2026 le décrit toujours détenu.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Après des condamnations antérieures, deux meurtres et une tentative de meurtre sont commis en 1993.
- La justice
- Le 30 janvier 1998 : perpétuité et trente ans de sûreté aux assises de Perpignan.
- La question restante
- Comment évaluer la récidive et suivre une peine dont la sûreté ne vaut pas durée totale ?
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1. Un premier meurtre et vingt ans de réclusion
En 1971, Patrick Tissier tue Marie-Françoise Pinson dans le Cher. Une condamnation à vingt ans de réclusion intervient en 1972. Ce point de départ est parfois brouillé par les rétrospectives, qui confondent la date du crime et celle du jugement. Le compte rendu de l’Assemblée nationale du 8 décembre 1993 mentionne bien une condamnation en 1972. [1][10]
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2. Une permission suivie de nouvelles violences
En décembre 1982, il bénéficie d’une permission de sortie de la prison de Muret et ne réintègre pas l’établissement. Durant cette fuite, il commet de nouvelles violences. Arrêté à Nice en avril 1983, il est condamné en 1985 à dix ans de réclusion. Ces faits constituent une étape essentielle du dossier de récidive : une sortie temporaire est suivie de nouvelles infractions, puis d’une nouvelle peine. [1][10]
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3. Le retour à la liberté en 1992
Libéré en janvier 1992, Patrick Tissier s’installe à Perpignan. Il trouve des relations dans une communauté religieuse locale et entre notamment en contact avec la famille Volckaert. Cette insertion apparente explique comment il peut être connu de personnes qui deviendront ses victimes ou leurs proches. Elle ne prouve pas que ceux qui l’accueillent connaissent l’ensemble de son passé. [10]
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4. La disparition de Concetta Lemma
Le 6 août 1993, Tissier tue sa voisine Concetta Lemma. À l’ouverture du procès de 1998, Le Monde rapporte que ses restes ont été retrouvés dans un canal souterrain. Il serait donc faux de prolonger indéfiniment les premières recherches infructueuses en affirmant que son corps n’a jamais été découvert. [3][11]
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5. Une victime survit et peut témoigner
Dans la nuit du 10 au 11 septembre 1993, Marie-Josée Gauze subit une agression à laquelle elle survit. La justice retiendra une tentative de meurtre. Son témoignage donne accès à des faits que l’accusé ne peut raconter seul : une victime est présente pour décrire ce qu’elle a vécu. Cette tentative figure parmi les crimes examinés au procès et éclaire la proximité chronologique des violences de l’été et de septembre. [5][11]
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6. Le 13 septembre, Karine disparaît
À Perpignan, le 13 septembre 1993, Karine Volckaert disparaît. Tissier connaît sa famille. Les recherches conduisent ensuite à Fitou, dans l’Aude, où son corps est retrouvé dans un puits après l’arrestation du suspect. La découverte transforme la recherche d’une personne disparue en enquête sur un homicide. [2][10]
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7. L’interpellation dans l’Hérault
Le 21 septembre 1993, Patrick Tissier est arrêté dans l’Hérault après une poursuite. Le compte rendu contemporain situe l’interpellation près de Paulhan, même si son titre emploie Montpellier comme repère régional. L’enquête rapproche alors les faits commis à Perpignan et reprend ses déplacements. Le travail judiciaire doit ensuite confronter ses déclarations aux découvertes matérielles et aux témoignages. [2]
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8. Le dossier entre dans le débat parlementaire
L’émotion provoquée par le meurtre de Karine et la connaissance du passé de Tissier nourrissent les débats sur la récidive. À l’Assemblée nationale, en décembre 1993, son parcours est invoqué pour discuter l’exécution des longues peines. Le 1er février 1994, une loi renforce les possibilités de sûreté dans certains crimes. Cette chronologie ne permet pas de confondre le contenu d’une réforme, les arguments politiques qui l’accompagnent et la peine effectivement prononcée dans cette affaire. [1][8][9]
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9. Les assises de janvier 1998
Le procès s’ouvre le 26 janvier 1998 devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. L’enfance difficile invoquée par Tissier fait partie de l’examen de sa personnalité ; elle ne constitue ni une explication suffisante des crimes ni une exonération. [3][5]
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10. La responsabilité et la dangerosité discutées
Les experts entendus aux assises décrivent une personnalité inquiétante, sans retenir une irresponsabilité pénale. Leurs appréciations sont rapportées dans les comptes rendus d’audience de janvier 1998. Elles éclairent le débat judiciaire sur le risque de récidive, mais ne doivent pas être transformées en diagnostic établi aujourd’hui à distance. [4]
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11. La perpétuité avec trente ans de sûreté
Le 30 janvier 1998, Tissier est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de trente ans. Le verdict concerne les crimes commis contre Concetta Lemma, Marie-Josée Gauze et Karine Volckaert. La réclusion à perpétuité est la peine ; les trente années désignent la période de sûreté qui l’accompagne. Ces deux notions ne forment pas une peine fixe de trente ans dont l’expiration entraînerait mécaniquement la sortie du condamné. [6][7]
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12. Ce que les sources permettent de dire en 2026
L’échéance de septembre 2023 a relancé les articles sur une éventuelle libération. Pouvoir présenter une demande ne signifie pas l’obtenir. Le 7 mai 2026, les Dernières Nouvelles d’Alsace présentent toujours Patrick Tissier comme incarcéré et condamné à perpétuité. Aucune décision publique accordant sa libération n’a été identifiée lors de cette vérification. Il faut donc dater ce constat, sans annoncer une sortie ni garantir ce que déciderait à l’avenir une juridiction compétente. [10][11]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Les condamnations antérieures de 1972 et de 1985 sont mentionnées dans les débats parlementaires. Les crimes de 1993 débouchent sur le verdict du 30 janvier 1998. La presse de mai 2026 indique que Tissier reste incarcéré.
Incertain ou non établi
La documentation publique consultée ne donne pas accès à l’intégralité du dossier d’application des peines ni aux évaluations actuelles. Elle ne permet pas de prévoir une décision future. L’absence de décision de libération retrouvée dans ces sources ne constitue pas un relevé exhaustif des demandes ou recours.
Les dates clés
- 1971–1972 — Meurtre de Marie-Françoise Pinson, puis condamnation à vingt ans.
- 1982–1985 — Fuite pendant une permission, nouvelles violences, puis condamnation à dix ans.
- Janvier 1992 — Libération et installation à Perpignan.
- Août–septembre 1993 — Crimes contre Concetta Lemma, Marie-Josée Gauze et Karine Volckaert.
- 21 septembre 1993 — Arrestation dans l’Hérault.
- 1er février 1994 — Loi renforçant les dispositions relatives à la sûreté.
- 30 janvier 1998 — Condamnation à perpétuité avec trente ans de sûreté.
- 7 mai 2026 — Une source de presse le présente toujours détenu.
Les lieux de l’affaire
Le Cher correspond au premier crime jugé. Muret est le lieu de détention d’où part la permission de 1982. Perpignan concentre les relations, les crimes de 1993 et le procès. Fitou est le lieu de découverte du corps de Karine. L’Hérault est celui de l’arrestation. La photographie du palais de justice montre un lieu de procédure, à une date postérieure aux audiences.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’affaire réunit plusieurs moments distincts de l’histoire pénale d’un même homme : première condamnation, violences pendant une sortie, nouvelle incarcération et crimes après libération. Elle oblige à examiner les décisions dans leur succession réelle.
Sources et méthode
Les dates des condamnations anciennes sont recoupées avec le compte rendu parlementaire, consulté par son extrait indexé. La loi de 1994 et la notice INA sont des sources primaires ; les articles contemporains documentent les audiences et les découvertes. Les termes parfois approximatifs des rétrospectives sur la perpétuité ne sont pas repris comme qualifications juridiques. Les décisions intégrales et le dossier pénitentiaire n’ont pas été consultés. Le dernier état carcéral sourcé date du 7 mai 2026. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Assemblée nationale — débats du 8 décembre 1993, deuxième séance, p. 7329 : condamnations antérieures (extrait indexé)
- Le Monde — arrestation et découverte du corps de Karine, 23 septembre 1993
- Le Monde — ouverture des audiences et éléments de l’instruction, 28 janvier 1998
- Le Monde — les expertises présentées aux assises, 29 janvier 1998
- Le Monde — les récits examinés à l’audience, 30 janvier 1998
- Le Monde — verdict du 30 janvier 1998, compte rendu publié le 1er février
- INA — notice du journal Soir 3 du 30 janvier 1998 : condamnation de Patrick Tissier
- Légifrance — loi n° 94-89 du 1er février 1994, notamment article 6
- INA — archives du débat sur la perpétuité et rétrospective, septembre 2023
- RMC Crime / BFMTV — parcours et échéance de sûreté, 19 septembre 2023
- Dernières Nouvelles d’Alsace — situation carcérale de Patrick Tissier, 7 mai 2026