
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Nicolas Charbonnier, l’étrangleur de Strasbourg
CRIMES IMPOSSIBLESStrasbourg · quartier de la Robertsau · Saint-Jean-d’Illac · Gironde
Crimes de 1986 · arrestation en janvier 2013 · verdict le 23 mars 2016
Perpétuité prononcée le 23 mars 2016 · quinze ans de sûreté · absence d’appel rapportée
Strasbourg, nuit du 21 au 22 janvier 1986. Une enfant subit un viol et une tentative de meurtre à son domicile ; elle survit. En mars, Martine, 17 ans, est tuée dans un autre appartement. L’enquête reste longtemps sans auteur identifié. Une empreinte de paume conduit finalement à Nicolas Charbonnier, arrêté en janvier 2013. Le 23 mars 2016, il est condamné à perpétuité avec quinze ans de sûreté. Comment une trace conservée permet-elle de résoudre ces crimes, alors que la prescription empêche de juger d’autres faits évoqués dans le dossier ?
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Une enfant survit à une agression en janvier 1986 ; une adolescente est tuée à Strasbourg en mars.
- La justice
- Nicolas Charbonnier est condamné à perpétuité avec quinze ans de sûreté le 23 mars 2016.
- La question restante
- La condamnation ne couvre pas tous les faits évoqués : plusieurs sont prescrits.
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1. Une enfant survit en janvier 1986
Dans la nuit du 21 au 22 janvier, un homme entre dans un logement strasbourgeois et agresse une enfant. Les comptes rendus du procès la désignent par son prénom, Marion. Elle survit aux violences. Les faits sont poursuivis comme un viol et une tentative de meurtre. La famille et les policiers ignorent alors l’identité de l’auteur. [8]
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2. Une voix sans identité
Après l’agression, la famille reçoit des appels anonymes. L’homme se présente sous le nom de Zorro et revendique les faits. Une conversation est enregistrée. La voix donne aux enquêteurs un élément à conserver et à comparer, sans fournir immédiatement un nom. Des années plus tard, une expertise la rapproche de Charbonnier. [1] [7]
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3. Le meurtre de Martine
En mars 1986, un agresseur entre dans l’appartement de deux sœurs étudiantes à Strasbourg. Martine, 17 ans, est tuée. Sa sœur aînée, Patricia, survit. L’affaire est associée au quartier de la Robertsau, dont le nom devient celui du dossier dans la presse locale. Les enquêteurs examinent les ressemblances avec l’agression de janvier. [8]
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4. D’autres faits, un périmètre à préciser
Des agressions commises en 1985 et 1986 sur de jeunes femmes majeures sont aussi examinées. Les articles préparant le procès indiquent que certains faits sont reconnus, tandis que d’autres sont niés. Ils ne seront pas tous jugés en 2016. Le surnom d’étrangleur regroupe ainsi une histoire d’enquête plus large que les seules infractions soumises aux assises. [1] [2]
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5. Une empreinte conservée
Une trace de paume est relevée dans l’enquête sur le meurtre de Martine. Elle reste longtemps sans correspondance exploitable. Il ne s’agit pas d’un profil ADN : la comparaison porte sur les reliefs laissés par une main. Cette distinction permet de comprendre le rôle de la conservation des éléments anciens. Le progrès tient ici à la possibilité de rapprocher une trace déjà recueillie d’empreintes désormais présentes dans un fichier. [2] [3]
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6. Le rapprochement de 2012
En 2012, les recherches font correspondre l’empreinte ancienne avec celle de Nicolas Charbonnier, enregistré pour un vol. L’homme vit alors dans la région bordelaise. En 2021, le commandant Philippe Hittinger revient dans les Dernières Nouvelles d’Alsace sur la persistance des recherches de la police strasbourgeoise. Le rapprochement scientifique donne un nom au suspect ; les enquêteurs doivent ensuite vérifier son parcours et le confronter aux faits. [1] [2] [4]
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7. L’arrestation en Gironde
Le 21 janvier 2013, Charbonnier est arrêté. Installé depuis des années à Saint-Jean-d’Illac, il mène une vie professionnelle et familiale loin de Strasbourg. Le 25 janvier, il est mis en examen et placé en détention. [3]
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8. Les aveux devant la juge
Le 8 février 2013, Charbonnier reconnaît les faits devant la juge d’instruction, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace. Ses avocats rapportent qu’il souhaite assumer, tout en ayant du mal à entrer dans les détails. L’instruction confronte ces aveux aux pièces conservées, à la trace identifiée et aux témoignages ; leur seule existence ne dispense pas de déterminer ce qui peut légalement être jugé. [3]
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9. Le procès après trente ans
Les audiences commencent le 17 mars 2016 devant la cour d’assises du Bas-Rhin. Les victimes survivantes et les familles témoignent des conséquences durables des crimes. Le temps écoulé occupe aussi la défense : les avocats soutiennent que leur client n’est plus l’homme de 1986 et invoquent sa vie ultérieure. Cette argumentation concerne la peine et la personnalité ; elle n’efface pas les faits reconnus et examinés par la cour. [2] [8] [9]
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10. La prescription au cœur des débats
Les poursuites portent sur les faits concernant Marion et Martine. Les tentatives visant des femmes majeures sont prescrites. Pour le meurtre de Martine, la qualification d’actes de barbarie est un point décisif rapporté au verdict : la cour la retient, ce qui permet de juger ces faits selon les règles applicables. Le dossier illustre une limite précise : identifier un auteur et pouvoir le poursuivre sont deux questions distinctes. [2] [9]
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11. La perpétuité du 23 mars 2016
Après cinq journées d’audience, les assises condamnent Charbonnier à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de quinze ans de sûreté. Le verdict concerne le meurtre de Martine et les faits de viol et de tentative de meurtre commis sur Marion. La durée de sûreté est rapportée le jour même par l’AFP et le lendemain par Le Parisien. Elle ne correspond pas à une peine limitée à quinze années. [5] [6] [9]
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12. Le dernier état documenté
À l’annonce du verdict, l’avocat de Charbonnier ne confirme pas encore sa décision sur un éventuel appel. La rétrospective de RTL publiée en 2025 indique ensuite qu’il n’en forme pas. La recherche menée au 30 septembre 2026 ne retrouve pas de décision ultérieure contraire. Aucun dossier d’application des peines n’est consulté. Le récit s’arrête donc au dernier état judiciaire documenté, sans inventer une date de sortie ou une procédure supplémentaire. [6] [7]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Établi
Une empreinte palmaire permet l’identification de Charbonnier après des années d’enquête. Il est arrêté en janvier 2013 et reconnaît les faits. Le 23 mars 2016, les assises du Bas-Rhin le condamnent à perpétuité avec quinze ans de sûreté. L’absence d’appel est rapportée par RTL en 2025. [3] [5] [7]
Incertain ou non établi
Le corpus ne fournit pas l’intégralité des décisions et des expertises. Les autres agressions évoquées ne peuvent être présentées comme autant de condamnations. La prescription explique leur absence du procès, sans valoir acquittement ni déclaration de culpabilité. La situation actuelle d’exécution de la peine n’est pas documentée. [1] [2] [6]
Les dates clés
- 21–22 janvier 1986 Agression de Marion, qui survit. [1] [5]
- Mars 1986 Meurtre de Martine à Strasbourg. [3] [5]
- 2012 Correspondance entre une empreinte ancienne et celle de Charbonnier. [1] [4]
- 21–25 janvier 2013 Arrestation en Gironde, mise en examen puis détention. [3]
- 8 février 2013 Aveux devant la juge d’instruction. [3]
- 17–23 mars 2016 Procès à Strasbourg ; perpétuité avec quinze ans de sûreté. [5] [6]
- 2025 RTL rapporte l’absence d’appel du verdict. [7]
Les lieux de l’affaire
Strasbourg est la ville des crimes et du procès. La Robertsau donne au dossier son appellation locale. Saint-Jean-d’Illac, en Gironde, est la commune où Charbonnier s’établit avant son arrestation. La photographie de la Petite France situe Strasbourg : ce quartier représenté à l’image n’est pas présenté comme le lieu d’une agression. [3] [4] [5]
Ce qui rend cette affaire singulière
Le dossier se résout grâce à une trace ancienne, longtemps privée de correspondance, et à sa confrontation avec un fichier enrichi. Le temps joue pourtant dans deux sens : il permet une identification nouvelle, mais limite les poursuites pour certains actes. La mémoire des victimes, la conservation matérielle et les règles de prescription se rencontrent ainsi dans un même procès. [2] [4] [6]
Sources et méthode
Les articles de l’arrestation sont recoupés avec ceux du procès et du verdict. Les sources divergent sur le jour exact du meurtre de mars 1986 et parfois sur l’âge de l’enfant : le récit conserve le mois et privilégie les comptes rendus d’audience. La formulation juridique est donnée sans détails graphiques. L’article RTL de 2025 renseigne l’absence d’appel ; ses raccourcis sur la période des crimes ne sont pas repris. Aucun arrêt intégral ni expertise originale n’est présenté comme consulté. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.
- AFP / Dernières Nouvelles d’Alsace — Périmètre des poursuites et préparation du procès, 15 mars 2016
- Reuters, Gilbert Reilhac / La Tribune — Empreinte palmaire, prescription et position de la défense, mars 2016
- Dernières Nouvelles d’Alsace, Aurélien Poivret — Arrestation et aveux, 8 février 2013
- Dernières Nouvelles d’Alsace, Emmanuel Viau — Entretien avec Philippe Hittinger, 16 septembre 2021, partie accessible
- Le Parisien, Louise Colcombet — Compte rendu du verdict, 24 mars 2016
- AFP / La Dépêche — Verdict du 23 mars 2016, sûreté et qualification retenue
- RTL — Rétrospective mentionnant l’absence d’appel, 15 août 2025
- Dernières Nouvelles d’Alsace, Aurélien Poivret et AFP — Ouverture et témoignages, 17 mars 2016
- Dernières Nouvelles d’Alsace, Antoine Bonin — Débat sur la prescription et verdict, 23 mars 2016