
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Nelly Crémel, le meurtre et l’enquête
CRIMES IMPOSSIBLESReuil-en-Brie · Luzancy · Rebais · Meaux · Melun
2 juin 2005 · instruction en 2005–2007 · verdict le 18 juin 2008
Gateau : perpétuité, 22 ans de sûreté · Mathey : 30 ans, 16 ans de sûreté · verdict de 2008
Reuil-en-Brie, Seine-et-Marne, 2 juin 2005. Nelly Crémel, 39 ans, part courir et ne rentre pas. Son corps est retrouvé le 10 juin. L’enquête conduit à Patrick Gateau et Serge Mathey, puis à un procès à Melun. Le 18 juin 2008, Gateau est condamné à perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté ; Mathey reçoit trente ans de réclusion, dont seize ans de sûreté. Leur culpabilité est jugée. Le dossier laisse toutefois une question majeure : comment comprendre la récidive de Gateau, libéré sous condition après une première condamnation à perpétuité ?
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Nelly disparaît pendant son jogging le 2 juin 2005 ; elle est retrouvée morte huit jours plus tard.
- La justice
- Les assises condamnent Gateau à perpétuité et Mathey à trente ans le 18 juin 2008.
- La question restante
- La récidive et les récits opposés sur le rôle de chacun restent au cœur de la lecture du dossier.
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1. Le footing du 2 juin
Nelly Crémel habite Reuil-en-Brie, dans l’est de la Seine-et-Marne. Le 2 juin 2005, elle quitte son domicile pour son jogging matinal sur les routes qui relient le secteur du Tillet à Luzancy. Son absence ne correspond pas à un départ préparé : ni vêtements ni papiers ne manquent, rapporte la presse pendant les recherches. Son mari alerte les gendarmes. [1] [2]
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2. Huit jours de recherches
Les gendarmes inspectent bois, routes, chemins et abords des champs. Des moyens aériens, des cavaliers et des équipes avec chiens participent au dispositif. Le 10 juin, le corps de Nelly est retrouvé dans un bois. La recherche d’une disparue devient une enquête sur une mort violente ; les constatations doivent désormais éclairer les circonstances du crime. [1] [2]
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3. Deux hommes mis en cause
Les investigations conduisent à Serge Mathey et Patrick Gateau. Mathey dénonce son compagnon ; les deux hommes reconnaissent leur présence mais leurs déclarations varient sur les responsabilités. En juin 2005, ils sont mis en examen et incarcérés. L’instruction cherche donc les objets et les lieux qui peuvent confirmer ou contredire ces versions. [3] [4]
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4. Le vol et le déplacement de la victime
Selon l’accusation présentée à l’ouverture du procès, les deux hommes cherchent à commettre un vol lorsqu’ils rencontrent Nelly. Ils la contraignent à monter dans une voiture. Le butin comprend vingt euros, une montre et un baladeur. Un projet de cambriolage de son domicile est abandonné. L’accusation soutient ensuite qu’ils décident de la tuer pour empêcher une dénonciation. [5]
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5. Retrouver l’arme malgré les fausses pistes
Une arme constitue un élément matériel central. Les hommes affirment d’abord l’avoir jetée dans le Grand Morin, ce qui entraîne des recherches dans la rivière. En août 2005, les gendarmes retrouvent finalement un fusil caché dans un jardin de Rebais, sur des indications de Gateau. Le Parisien décrit cette découverte en octobre. Elle montre pourquoi les aveux ne suffisent pas : l’emplacement vérifiable d’un objet peut corriger un récit antérieur et fournir une pièce à expertiser. [4]
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6. La reconstitution et les rôles discutés
En mai 2006, une reconstitution confronte les versions aux lieux. Mathey reconnaît des gestes meurtriers mais affirme agir sous la pression de Gateau. Celui-ci minimise son propre rôle et accuse Mathey d’être à l’origine du passage à l’acte. La question soumise aux juges porte sur les actes de chacun, l’éventuelle contrainte invoquée et leur participation à une même entreprise criminelle. [3] [6]
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7. Un recours avant le procès
Gateau conteste l’ordonnance qui le renvoie devant les assises. Le 18 mai 2007, la chambre de l’instruction de Paris confirme ce renvoi pour l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat. À ce stade, elle permet la tenue du procès ; elle ne prononce pas encore la peine. L’appel évoqué dans ces articles concerne donc une décision d’instruction, antérieure d’un an au verdict. Le présenter comme un second procès après condamnation fausserait la chronologie. [3]
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8. Melun ouvre les débats
Le procès s’ouvre le 9 juin 2008 devant la cour d’assises de Seine-et-Marne, à Melun. Trois ans séparent les faits de cette audience. Les jurés examinent les circonstances de la rencontre, le vol, les violences et les versions contradictoires. La défense de Gateau insiste sur l’incertitude concernant son rôle exact. L’accusation soutient que les deux hommes sont coauteurs. [2] [5] [7]
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9. La récidive entre dans la salle
Gateau porte déjà une condamnation à perpétuité prononcée à Lyon en 1990 pour un assassinat commis en 1984. Il bénéficie d’une libération conditionnelle en 2003. Ce passé explique la place du dossier dans le débat public sur la récidive. Il ne dispense pas la cour d’examiner les faits de 2005. Les déclarations politiques visant la décision de libération appartiennent à ce contexte ; elles ne valent ni expertise du risque ni jugement sur une faute individuelle de magistrat. [8] [9]
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10. Les réquisitions et les défenses
Le ministère public demande la perpétuité pour les deux accusés. Les débats distinguent cependant leur situation : Gateau est récidiviste, tandis que Mathey invoque la domination de son coaccusé. Le compte rendu de Franceinfo relève qu’au terme des audiences chacun continue à rejeter une part de la responsabilité sur l’autre. La cour doit individualiser les peines sans perdre de vue leur participation au crime. [8]
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11. Deux peines le 18 juin 2008
Le 18 juin, la cour condamne Patrick Gateau à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté. Serge Mathey reçoit trente ans de réclusion avec seize ans de sûreté. Le verdict suit la réquisition pour Gateau et retient une durée différente pour Mathey. Les deux sont condamnés pour l’assassinat de Nelly. Une période de sûreté ne se lit pas comme une date de libération automatique : les sources du verdict ne permettent pas d’annoncer leur situation actuelle. [8] [10]
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12. Ce que le verdict clôt, ce qu’il ne dit pas
Les condamnations apportent une réponse pénale à la disparition et au meurtre. Elles ne transforment pas tous les récits des accusés en vérités identiques, et ne donnent pas accès au détail de l’exécution des peines. La recherche documentaire menée jusqu’au 30 septembre 2026 ne retrouve pas de décision ultérieure modifiant ce verdict. Cette limite est indiquée sans inventer un recours ou une libération. [8] [10]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Établi
La disparition du 2 juin, la découverte du 10 juin 2005, la récupération d’une arme et le procès de juin 2008 sont documentés. Les peines de Gateau et Mathey sont distinctes. La libération conditionnelle antérieure de Gateau explique la qualification de récidive discutée aux assises. [2] [4] [8] [10]
Incertain ou non établi
Les accusés divergent sur l’initiative et la contrainte. Le corpus ne permet pas de connaître leurs conditions actuelles de détention ni de confirmer une libération. Il ne documente pas davantage une condamnation personnelle d’un magistrat pour la libération de 2003. [3] [8] [9]
Les dates clés
- 2 juin 2005 Nelly Crémel disparaît pendant son jogging près de Reuil-en-Brie. [2]
- 10 juin 2005 Son corps est découvert ; les investigations conduisent aux deux suspects. [2] [3]
- Août 2005 Un fusil est retrouvé à Rebais après les recherches dans la rivière. [4]
- Mai 2006–18 mai 2007 Reconstitution, puis confirmation du renvoi de Gateau aux assises. [3] [6]
- 9–18 juin 2008 Procès à Melun et condamnations des deux hommes. [7] [10]
Les lieux de l’affaire
Reuil-en-Brie et les routes vers Luzancy forment le secteur du jogging. Rebais intervient dans l’enquête sur l’arme. Meaux est le siège de l’instruction et Melun celui du procès. La photographie situe ce territoire ; elle ne prétend pas montrer le lieu exact de la mort ni une scène de 2005. [1] [4] [7]
Ce qui rend cette affaire singulière
La faible valeur du butin contraste avec l’ampleur du crime, mais ne l’explique pas à elle seule. L’affaire associe des indices matériels, deux récits qui s’opposent et une récidive après perpétuité. La suivre chronologiquement permet de distinguer ce que l’enquête établit, ce que les accusés soutiennent et ce que la cour décide. [3] [4] [5] [8]
Sources et méthode
Le dossier croise la presse locale des recherches, les comptes rendus de l’instruction et ceux des assises. Les reprises d’une même dépêche ne sont pas des confirmations indépendantes. Les erreurs ponctuelles d’âge ou de mois dans certains articles ne sont pas reprises : le 2 juin 2005 et l’âge de 39 ans sont recoupés. Aucun arrêt intégral ni dossier d’exécution de peine n’est disponible dans le corpus. Le recours de 2007 est identifié comme un recours contre le renvoi. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.
- Le Parisien — Recherches autour de Reuil-en-Brie, 10 juin 2005
- La Dépêche — Faits et positions des accusés à l’ouverture du procès, 10 juin 2008
- Le Parisien — Confirmation du renvoi aux assises, 19 mai 2007
- Le Parisien — Découverte de l’arme, 28 octobre 2005
- La Dépêche — Thèse de l’accusation, 9 juin 2008
- Le Parisien — Reconstitution à Reuil-en-Brie, 3 mai 2006
- LyonMag — Ouverture des assises, 9 juin 2008
- Franceinfo, Brèves de prétoire — Compte rendu du verdict, 19 juin 2008
- Le Petit Journal — Débat sur la récidive, 10 juin 2008
- La Dépêche — Peines et périodes de sûreté, 19 juin 2008