
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Nadine Chabert : disparition et procès
DISPARITIONSFos-sur-Mer et Istres, Bouches-du-Rhône ; Aix-en-Provence ; Draguignan, Var
Disparition le 10 juin 2003 ; procès en septembre 2010 ; acquittement en décembre 2011
Disparition non élucidée ; Patrick Chabert acquitté en appel le 20 décembre 2011
Fos-sur-Mer, 10 juin 2003. Nadine Chabert, trente-quatre ans, disparaît alors qu’une audience de conciliation doit accompagner son divorce. Le lendemain, son absence au travail déclenche l’alerte. Son mari Patrick affirme l’avoir déposée à un rond-point pour un déplacement professionnel. Les enquêteurs relèvent des incohérences dans son emploi du temps et retiennent une hypothèse criminelle. Condamné à vingt ans de réclusion en 2010, il est acquitté en appel le 20 décembre 2011. Sa fille et la mère de Nadine réclament alors que d’autres pistes soient examinées. Le dossier révèle une différence essentielle : l’issue du procès d’un homme ne répond pas nécessairement à la question du sort de la femme disparue. Nadine n’a pas été retrouvée.
L’affaire en 30 secondes
- La disparition
- Nadine Chabert ne donne plus signe de vie après le 10 juin 2003.
- L’issue judiciaire
- Son mari, condamné en première instance, est acquitté en appel en décembre 2011.
- La question ouverte
- Le sort de Nadine reste inconnu malgré les procès et les démarches de ses proches.
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1. Une journée de juin qui ne s’achève pas comme prévu
Nadine Chabert vit à Fos-sur-Mer et travaille dans une société de réinsertion à Istres. Le 10 juin 2003, une audience de conciliation est prévue à Aix-en-Provence dans le cadre de son divorce. Elle ne s’y présente pas. Les enquêteurs vont chercher à reconstruire ses déplacements. [2] [4]
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2. Le travail donne l’alerte le lendemain
Le 11 juin, Nadine manque également à ses obligations professionnelles. Son employeur prévient les policiers. Des collègues rapportent qu’elle leur avait demandé de s’inquiéter si elle cessait de venir travailler et de regarder du côté de son mari. Ces témoignages orientent rapidement les investigations vers le couple. [1] [5]
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3. Le récit du dernier trajet
Patrick Chabert affirme avoir conduit Nadine au rond-point d’un supermarché de Fos-sur-Mer le 10 juin, en début d’après-midi. Elle devait, selon lui, y retrouver une collègue avant de partir en formation à Paris. Il indique ensuite s’être rendu aux obsèques de sa grand-mère. Les policiers cherchent à vérifier cet enchaînement. Le dépôt au rond-point demeure sa déclaration ; il ne fournit pas un témoignage indépendant sur ce que Nadine aurait fait ensuite. [1] [2]
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4. Deux lectures d’une même situation familiale
L’accusation s’intéresse à l’hypothèse d’un divorce mal accepté. Des collègues de Nadine décrivent une femme qui prépare un changement de vie et ne partirait pas sans sa fille. Patrick affirme, de son côté, avoir accepté la séparation. La mère et la fille de Nadine ne le croient pas responsable de sa disparition. [2] [5]
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5. L’appel nocturne et la chambre d’hôtel
Un appel passé dans la nuit du 10 au 11 juin conduit les enquêteurs vers la région toulonnaise. Patrick avait d’abord donné une autre version de l’endroit où il se trouvait. Il reconnaît finalement avoir dormi dans un hôtel proche de son chantier. La durée de certains trajets soulève également des questions. Pour les enquêteurs, ces écarts renforcent les soupçons ; lui invoque des oublis et conteste qu’ils révèlent un crime. [1] [3]
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6. Une accusation construite sans découverte de corps
L’instruction retient un scénario dans lequel Patrick aurait tué Nadine puis dissimulé son corps. Il nie. Le dossier arrive devant les assises sans découverte de la disparue et sans aveu. Il repose donc sur les témoignages et les contradictions que l’accusation estime convergentes. La défense conteste précisément ce passage des anomalies à la certitude d’un homicide commis par le mari. [2] [4]
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7. Septembre 2010 : la première condamnation
Patrick Chabert comparaît libre devant les assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Poursuivi pour assassinat, il est condamné à vingt ans de réclusion pour meurtre : la préméditation n’est pas retenue. Il est incarcéré et fait appel. [2] [3]
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8. Des parties civiles qui soutiennent la défense
À l’approche de l’appel, Émilie, la fille du couple, et Hélène Perez, la mère de Nadine, poursuivent leur mobilisation. Leurs avocats, Denis Fayolle et Rémy Nougier, ne partagent pas la thèse du ministère public. Roland Agret, engagé dans la défense de personnes contestant leur condamnation, travaille aussi sur le dossier. [4] [6]
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9. 20 décembre 2011 : l’acquittement
Le procès en appel se tient devant les assises du Var, à Draguignan. Le ministère public requiert de nouveau au moins vingt ans de réclusion et écarte les hypothèses de départ volontaire. La défense et les parties civiles contestent cette lecture. Le 20 décembre 2011, Patrick Chabert est acquitté. Le sort de Nadine reste, lui, inconnu. [4] [5]
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10. Les proches demandent de regarder ailleurs
La famille évoque les fréquentations nouvelles de Nadine et son intérêt pour l’ésotérisme. Des écrits retrouvés après la première enquête nourrissent ses interrogations. Les proches demandent des vérifications sur une possible emprise ou une séquestration. Ce sont des pistes, pas des faits judiciairement démontrés. La mention de pratiques spirituelles ne permet ni d’affirmer l’existence d’un groupe criminel ni d’accuser les personnes qui la connaissaient. [6] [7]
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11. Après l’acquittement, obtenir une nouvelle instruction
En mai 2012, la mère et la fille de Nadine déposent plainte contre X pour enlèvement et séquestration. La plainte se heurte à des décisions d’irrecevabilité. Elles poursuivent leurs recours ; en juillet 2015, Le Parisien rapporte une cassation avec renvoi à Nîmes. Le cabinet Fayolle annonce ensuite le retour du dossier à Aix pour une instruction, treize ans après la disparition. [7] [8] [9]
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12. Une famille confrontée à l’absence de réponse
En 2023, Denis Fayolle explique à RMC Crime que la reprise des investigations n’a pas permis de retrouver Nadine. Il critique des pistes qui, selon lui, auraient été négligées et décrit la lassitude de sa cliente. À cette date, ils n’ont pas engagé de démarche auprès du pôle national de Nanterre. Les sources consultées ne documentent pas de résolution ultérieure. [10]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Nadine Chabert disparaît en juin 2003. Patrick Chabert est condamné à vingt ans de réclusion en première instance, puis acquitté le 20 décembre 2011. Sa fille et sa belle-mère demandent ensuite de nouvelles investigations contre X. Le bilan publié en 2023 ne fait état d’aucune découverte de Nadine.
Incertain ou non établi
Le lieu où Nadine s’est rendue après sa dernière présence connue, les circonstances de sa disparition et son sort ne sont pas établis. Le scénario du rond-point est une déclaration de Patrick. Les hypothèses de départ volontaire, d’emprise ou de séquestration n’apportent pas de solution démontrée. Aucun autre responsable ne peut être désigné sur la base des documents retenus.
Les dates clés
- 10 juin 2003 — Disparition de Nadine ; absence à l’audience de conciliation.
- 11 juin 2003 — L’alerte est donnée par son employeur.
- 2004 — Nouvelles auditions et investigations sur l’emploi du temps du mari.
- Septembre 2010 — Condamnation de Patrick à vingt ans de réclusion en première instance.
- 20 décembre 2011 — Acquittement en appel devant les assises du Var.
- Mai 2012 — Plainte contre X pour enlèvement et séquestration.
- 2015–2016 — Recours puis relance de l’instruction rapportés par la presse et les avocats.
- Juin 2023 — La disparition reste inexpliquée dans le bilan des vingt ans.
Les lieux de l’affaire
Fos-sur-Mer est le lieu de vie du couple et du dernier trajet décrit. Istres est liée au travail de Nadine ; Aix-en-Provence à la conciliation et au premier procès. Les déplacements vers Arles et le secteur toulonnais sont discutés pendant l’enquête. Draguignan accueille l’appel. La photographie des remparts de Fos-sur-Mer donne un contexte communal ; elle ne montre pas le rond-point évoqué dans les déclarations.
Ce qui rend cette affaire singulière
Deux procédures se succèdent sans répondre à la même question. Les assises jugent un homme et aboutissent finalement à son acquittement. Les démarches suivantes cherchent à retrouver une femme dont le destin demeure inconnu. La place des parties civiles est également particulière : la mère et la fille de Nadine ont soutenu Patrick tout en demandant que les recherches continuent.
Sources et méthode
Les comptes rendus de 2010 et 2011 distinguent accusation, première condamnation et acquittement. Les articles ultérieurs documentent les recours des proches. Les critiques de l’enquête et la piste d’une emprise sont attribuées à ceux qui les formulent. Vérification documentaire : 24 septembre 2026.
- Le déroulement de la disparition et l’emploi du temps — RTL, 5 juin 2023
- L’ouverture du procès — La Dépêche, 23 septembre 2010
- Le verdict de première instance — Le Monde, 25 septembre 2010
- Le réquisitoire en appel — L’Est Républicain, 19 décembre 2011
- L’acquittement en appel — L’Est Républicain, 20 décembre 2011
- La plainte pour enlèvement et séquestration — Le Parisien, 27 mai 2012
- Le recours des proches — Le Parisien, 12 mars 2013
- La relance après cassation — Le Parisien, 5 juillet 2015
- Le renvoi du dossier à Aix — cabinet Fayolle Associés
- Le bilan des vingt ans, entretien avec Denis Fayolle — RMC Crime, 11 juin 2023