
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Le Monstre de Florence, crimes inexpliqués
CRIMES IMPOSSIBLESFlorence · Signa · Mugello · San Casciano in Val di Pesa · Italie
Huit doubles meurtres, 1968–1985 · Condamnations définitives en 2000 · Révision refusée en 2026
Vanni et Lotti définitivement condamnés pour quatre doubles meurtres ; pas de verdict définitif contre Pacciani.
Florence et sa région, septembre 1985. La découverte de deux campeurs français tués aux Scopeti porte à seize le nombre de victimes de huit doubles meurtres rapprochés depuis 1968. L’enquête conduit à plusieurs procès : Vanni et Lotti sont définitivement condamnés pour quatre scènes, tandis que Pacciani meurt avant son nouveau procès. En 2026, une tentative de révision échoue. Le dossier demeure incomplet, mais il n’est pas dépourvu de réponses judiciaires.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Seize victimes sur huit scènes entre 1968 et 1985.
- La justice
- Deux condamnations définitives concernent les quatre derniers doubles meurtres.
- La question restante
- L’ensemble des responsabilités et la circulation de l’arme restent discutés.
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1. Un nom collectif pour huit doubles meurtres
Entre 1968 et 1985, seize personnes sont tuées dans les environs de Florence. Le nom de Monstre de Florence finit par réunir ces huit doubles homicides. Il désigne un dossier criminel, sans démontrer à lui seul qu’un homme unique accomplit tous les actes. Les lieux sont dispersés entre plusieurs communes de Toscane, loin d’une seule scène centrale. [3][4]
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2. 1968 : le premier dossier possède déjà un condamné
Dans la nuit du 21 au 22 août 1968, Barbara Locci et Antonio Lo Bianco sont tués près de Signa. Stefano Mele, le mari de Locci, reconnaît les faits et reçoit une peine de seize ans de prison. Ce crime entre plus tard dans la série grâce aux rapprochements balistiques. Une difficulté apparaît alors : expliquer la circulation de l’arme après cette première enquête. [4][5]
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3. 1974 et 1981 : la série devient visible
En septembre 1974, Stefania Pettini et Pasquale Gentilcore sont tués près de Borgo San Lorenzo. En juin 1981, Carmela De Nuccio et Giovanni Foggi meurent à Mosciano, près de Scandicci ; en octobre, Susanna Cambi et Stefano Baldi à Calenzano. La répétition de certains indices conduit les enquêteurs à relier les scènes. L’enquête doit désormais dépasser les relations personnelles de chaque couple pour examiner un ensemble. [3][5]
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4. 1982 à 1984 : d’autres victimes, d’autres communes
En juin 1982, Antonella Migliorini et Paolo Mainardi sont atteints à Baccaiano. Mainardi meurt à l’hôpital sans apporter le témoignage décisif espéré. En septembre 1983, deux voyageurs allemands, Horst Wilhelm Meyer et Jens-Uwe Rüsch, sont tués à Giogoli. En juillet 1984, Pia Rontini et Claudio Stefanacci le sont près de Vicchio. La présence de deux hommes parmi les victimes de 1983 interdit de réduire la série à un scénario immuable. [3][4]
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5. Septembre 1985 : les deux victimes françaises
Nadine Mauriot et Jean-Michel Kraveichvili campent aux Scopeti, près de San Casciano in Val di Pesa. Leurs corps sont découverts le 9 septembre 1985. La chronologie judiciaire situe le double meurtre dans la soirée précédente, mais cette datation sera contestée par des consultants. Une lettre adressée à la magistrate Silvia Della Monica devient une autre pièce du dossier. [3][8][9]
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6. La balistique relie les scènes sans donner un nom
Les comparaisons des projectiles et des douilles constituent le lien matériel majeur entre les homicides. Les enquêteurs recherchent une arme de calibre .22, généralement décrite comme une Beretta, qui n’est pas retrouvée. La balistique rapproche des tirs ; elle ne permet pas, à elle seule, de nommer celui qui tient l’arme ou d’exclure sa circulation entre plusieurs personnes. [3][4]
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7. 1993–1994 : Pietro Pacciani au centre du procès
Pietro Pacciani est arrêté en janvier 1993. Son procès s’ouvre à Florence le 19 avril 1994. L’accusation assemble des témoignages, ses déplacements supposés et des objets saisis lors des recherches. Le 1er novembre, il est condamné à la perpétuité pour sept doubles meurtres, le crime de 1968 étant exclu du verdict. [4][5]
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8. L’acquittement annulé et le procès qui n’a pas lieu
Le 13 février 1996, la cour d’appel acquitte Pacciani. Le 12 décembre suivant, la Cour de cassation annule cet acquittement et ordonne un nouvel examen. Pacciani meurt le 22 février 1998, avant ce nouveau procès d’appel. Il n’existe donc pas de condamnation définitive contre lui pour les crimes de la série. [5][6]
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9. Vanni et Lotti : des condamnations devenues définitives
Une procédure distincte vise notamment Mario Vanni et Giancarlo Lotti, dont les déclarations mettent en cause ses compagnons. L’arrêt du 31 mai 1999 maintient la perpétuité de Vanni et fixe la peine de Lotti à vingt-six ans. Il porte sur les quatre doubles meurtres de 1982 à 1985 ; Vanni est acquitté pour Calenzano. La Cour de cassation rend ces condamnations définitives le 26 septembre 2000. Elles concernent huit victimes, et ne règlent pas l’intégralité des huit scènes. [1][2][3]
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10. Les hypothèses de commanditaires restent à leur place
Au fil des années, les investigations explorent aussi des commanditaires supposés et des scénarios de crimes organisés. Leur retentissement médiatique ne leur donne pas la valeur d’un jugement. L’ex-pharmacien Francesco Calamandrei, poursuivi dans un volet lié à quatre doubles homicides, est acquitté en mai 2008. Une personne citée dans une piste, mise en cause par un témoin ou renvoyée devant un tribunal n’est pas, pour autant, reconnue coupable. [6]
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11. 2024 : ce que les travaux sur l’ADN permettent de dire
En juillet 2024, les parties civiles présentent l’analyse de Lorenzo Iovino sur des données génétiques provenant notamment d’un projectile retrouvé en 2015 dans le matériel des campeurs français. La RAI rapporte un profil partiel inconnu et des rapprochements proposés avec d’autres pièces. Une contamination par un expert ayant manipulé le matériel est également documentée. Ces travaux justifient des demandes de comparaison ; ils n’identifient pas judiciairement un nouvel auteur et ne valent pas annulation des verdicts. [7][8]
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12. 2026 : la demande de révision Vanni échoue
Le 7 février 2026, La Nazione rapporte le rejet, par la Cour de cassation, du recours présenté pour le neveu de Mario Vanni après un refus à Gênes. La demande repose sur une étude entomologique qui propose de dater plus tôt le crime des Scopeti et conteste ainsi le récit de Lotti. Les juges ne retiennent pas cette base pour rouvrir le procès. Cette décision maintient la condamnation concernée ; elle ne transforme pas toutes les autres questions du dossier en faits définitivement éclaircis. [9]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Les huit doubles homicides, leurs rapprochements balistiques et les décisions de justice sont documentés. L’arrêt de 1999, confirmé en 2000, fixe les responsabilités retenues contre Vanni et Lotti. Le parcours de Pacciani s’arrête avant le nouvel examen ordonné en cassation.
Incertain ou non établi
Le nombre total de participants, l’explication complète du crime de 1968 et certaines reconstructions demeurent débattus. Aucun résultat cité ici ne permet d’attribuer avec certitude un ADN inconnu à l’auteur des tirs. Les théories de commanditaires ne sont pas des conclusions générales acquises.
Les dates clés
- 1968–1981 — Quatre doubles meurtres à Signa, dans le Mugello, à Scandicci et à Calenzano.
- 1982–1985 — Baccaiano, Giogoli, Vicchio et Scopeti : quatre nouvelles scènes.
- 1994–1998 — Condamnation, acquittement annulé, puis mort de Pacciani.
- 31 mai 1999 – 26 septembre 2000 — Arrêt concernant Vanni et Lotti, puis confirmation définitive.
- 2008 — Acquittement de Calamandrei.
- 2024 — Présentation de nouvelles interprétations génétiques.
- Février 2026 — Rejet rapporté du recours relatif à la révision Vanni.
Les lieux de l’affaire
Le dossier couvre les campagnes autour de Florence, de Signa au Mugello et au secteur de San Casciano. Les Scopeti sont le lieu du dernier double meurtre. Florence accueille les principaux procès ; Gênes examine la demande de révision. La photographie montre San Casciano et la vallée de la Pesa, sans désigner une scène de crime.
Ce qui rend cette affaire singulière
Une même affaire contient plusieurs états de preuve : une arme reliant des scènes, des témoignages discutés, des condamnations définitives et des recherches poursuivies par les familles. Sa singularité tient à cette superposition.
Sources et méthode
Le dispositif de l’arrêt de 1999 est consulté dans une copie numérisée ; les archives sonores et les chronologies de presse servent au recoupement. Les annonces sur l’ADN sont datées de 2024, même lorsqu’elles réapparaissent sur une page actualisée ensuite. Le refus de révision de 2026 repose ici sur un compte rendu de presse, et non sur une lecture de son arrêt intégral. Les hypothèses sont distinguées des condamnations. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Cour d’assises d’appel de Florence — arrêt du 31 mai 1999, copie numérisée, dispositif p. 235
- Radio Radicale — archive sonore du procès en appel, audience du 20 mai 1999
- RAI, Chi l’ha visto? — dossier historique, publié en 2002
- Corriere della Sera — parcours dans les archives des huit doubles meurtres
- Polizia e Democrazia — chronologie des faits et des procédures, janvier 2002
- La Nazione — acquittement de Francesco Calamandrei, 21 mai 2008
- RAI News — analyses génétiques présentées par les parties civiles, 29 juillet 2024
- ANSA — demande familiale de nouvelles comparaisons, 8 août 2024
- La Nazione — rejet du recours concernant la révision Vanni, 7 février 2026