Façade du château du Sautou à Donchery, ancienne propriété de Michel Fourniret.
Le château du Sautou, à Donchery, ancienne propriété de Michel Fourniret, photographié en janvier 2007.Photo : Meithal / Wikimedia Commons · Source · Domaine public (PD-self). Image convertie en WebP et redimensionnée ; cadrage intégral conservé dans le fichier, recadrage possible à l’affichage ; licence de la source conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Monique Olivier et Michel Fourniret : la complicité, les aveux et les corps recherchés

CRIMES IMPOSSIBLES

Yonne · Ardennes · Seine-et-Marne · Belgique

Crimes examinés : années 1980–2000 · Dernier verdict présenté : 19 décembre 2023

Monique Olivier condamnée à perpétuité ; autres investigations distinctes

Le 19 décembre 2023, Monique Olivier est condamnée à perpétuité pour sa complicité dans les crimes de Michel Fourniret contre Marie-Angèle Domèce, Joanna Parrish et Estelle Mouzin. Cette audience s’ajoute à des condamnations antérieures. Elle met au premier plan une question longtemps masquée par la figure du tueur : quels actes sa compagne a-t-elle accomplis, et que permettent encore ses déclarations lorsque les années ont passé et que des victimes restent introuvables ?

L’affaire en 30 secondes

Victimes du procès de 2023
Marie-Angèle Domèce, 18 ans ; Joanna Parrish, 20 ans ; Estelle Mouzin, 9 ans.
Enquête
Une aide active, des alibis et des déclarations successives à confronter aux faits.
Justice
Perpétuité en 2008, vingt ans en 2018, nouvelle perpétuité avec vingt ans de sûreté en 2023.

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Une présence qui facilite l’approche des victimes

La relation commence par une correspondance en 1984, alors que Michel Fourniret est détenu. Monique Olivier le rejoint après sa sortie en 1987. Dans plusieurs crimes, sa présence contribue à rassurer les personnes approchées. Les comptes rendus du procès de 2023 décrivent une aide apportée au déroulement des faits, pas la simple connaissance tardive d’actes déjà accomplis. [1]

Les décisions successives empêchent de réduire Olivier à une spectatrice extérieure. Elles n’autorisent pas davantage à lui attribuer automatiquement tous les crimes évoqués autour de Fourniret.

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L’arrestation de 2003 ne résout pas tous les dossiers

En juin 2003, en Belgique, une jeune fille parvient à échapper à Fourniret. Son arrestation ouvre une enquête qui prend une autre dimension avec les déclarations de Monique Olivier en 2004. Les investigations reviennent alors sur des disparitions anciennes. Des affaires séparées par les lieux et les années commencent à être rapprochées. Un aveu ne suffit cependant pas à restituer seul un parcours : il faut retrouver les lieux, comparer les dates et rechercher des éléments de confirmation. [6]

Le 28 mai 2008, à Charleville-Mézières, Fourniret est condamné pour sept meurtres. Olivier reçoit la perpétuité avec vingt-huit ans de sûreté pour sa complicité dans quatre meurtres et un viol. Les périmètres des condamnations ne sont donc pas identiques. D’autres faits restent hors de ce premier procès, faute d’avoir été élucidés ou instruits au même moment. [3]

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Trois victimes, trois chemins vers le procès de 2023

Marie-Angèle Domèce, 18 ans, disparaît à Auxerre en 1988. Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans venue travailler comme assistante d’anglais, est retrouvée morte dans l’Yonne en mai 1990. Estelle Mouzin, 9 ans, disparaît à Guermantes le 9 janvier 2003. Ces trois histoires ne doivent pas être fondues dans une seule chronologie : pour Joanna, un corps permet des constatations ; pour Marie-Angèle et Estelle, son absence laisse d’autres questions matérielles sans réponse. [3]

Joanna avait proposé des cours d’anglais. Fourniret l’approche sous le prétexte de cours pour son fils. Ses parents, Roger Parrish et Pauline Murrell, cherchent pendant des décennies à obtenir une réponse judiciaire. ITV retrace les lenteurs, les déceptions et les démarches de cette famille. Fourniret reconnaît sa responsabilité en 2018, mais meurt en mai 2021 avant d’être jugé pour ce meurtre. L’audience de 2023 examine donc la responsabilité pénale d’Olivier ; elle n’est pas un procès posthume de Fourniret. [2]

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Pourquoi les déclarations successives doivent être recoupées

Dans l’affaire Estelle Mouzin, un appel téléphonique a longtemps soutenu l’alibi de Fourniret. En 2019, Monique Olivier déclare qu’elle a elle-même passé cet appel : sa présence à lui ne peut donc plus en être déduite. Cette déclaration retire un appui à sa version. Fourniret reconnaît ensuite son implication en 2020. La fiche consacrée à Estelle détaille cette enquête ; ici, le point central est la fonction d’un alibi et la manière dont une parole nouvelle oblige à reprendre un raisonnement ancien. [5]

La difficulté ne disparaît pas quand la personne qui a menti se met à parler. Une indication de trajet, une description de maison ou un emplacement supposé doivent encore être comparés aux lieux et aux autres traces. Les années écoulées compliquent les vérifications. Une déclaration peut donc faire avancer l’enquête tout en demeurant insuffisante pour retrouver une victime. Le procès de 2023 établit une complicité dans les trois affaires, mais n’apporte pas les corps de Marie-Angèle Domèce et d’Estelle Mouzin. [3]

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Farida Hammiche : un autre mobile, un autre procès

Le meurtre de Farida Hammiche, en 1988, ouvre un volet différent. Les récits judiciaires le relient à l’appropriation d’un butin et à l’élimination d’une personne susceptible d’en réclamer une part. RTL retrace la rencontre des protagonistes autour de ce trésor et l’aide apportée par Olivier. [4]

Le 16 novembre 2018, à Versailles, Fourniret reçoit une nouvelle condamnation à perpétuité et Olivier est condamnée à vingt ans de réclusion pour complicité. Le corps de Farida n’a pas été retrouvé dans les comptes rendus examinés. Une condamnation peut ainsi établir une responsabilité sans résoudre la question de la sépulture. Pour sa famille, l’issue pénale et la recherche de ses restes constituent deux attentes distinctes. Ce procès ne doit pas être confondu avec celui de 2008 ni avec l’audience de Nanterre de 2023. [6]

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Le verdict de Nanterre et les recherches qui continuent

Le 19 décembre 2023, après plusieurs semaines de débats, la cour d’assises des Hauts-de-Seine condamne Monique Olivier à la réclusion criminelle à perpétuité, avec vingt ans de sûreté. Les déclarations de l’accusée sont confrontées aux attentes des proches, qui cherchent aussi des réponses concrètes sur les derniers moments et les lieux où les victimes ont été laissées. [3]

D’autres investigations restent distinctes de ce verdict. Le 9 février 2026, Le Parisien annonce une nouvelle opération dans l’Orne avec Olivier, concernant Lydie Logé, disparue en 1993. Le journal rapporte ses déclarations sur sa participation et sur un emplacement possible. Cette annonce ne prouve ni une découverte ni une nouvelle condamnation. Elle montre surtout que le travail de vérification continue après un procès : la justice peut avoir établi plusieurs crimes tout en poursuivant la recherche d’autres victimes. [7]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Olivier a été condamnée à plusieurs reprises pour complicité, notamment en 2008, 2018 et 2023. Le verdict de Nanterre concerne Domèce, Parrish et Mouzin. Fourniret est mort en 2021 ; il n’a pas comparu à ce procès.

Incertain ou non établi

Les sources du procès de 2023 ne localisent pas les corps de Domèce et Mouzin. Une indication d’Olivier sur un autre dossier reste à vérifier. L’opération annoncée en 2026 dans l’affaire Logé ne vaut ni résultat de recherche ni verdict.

Les dates clés

  1. 1984–1987 — Correspondance, puis vie commune après la sortie de prison de Fourniret.
  2. 1988–1990 — Crimes concernant Domèce, Hammiche et Parrish.
  3. Janvier–juin 2003 — Disparition d’Estelle Mouzin, puis arrestation de Fourniret en Belgique.
  4. 2004 — Déclarations d’Olivier sur plusieurs crimes.
  5. 28 mai 2008 — Premières condamnations à perpétuité.
  6. 16 novembre 2018 — Verdict dans l’affaire Farida Hammiche.
  7. 10 mai 2021 — Décès de Fourniret.
  8. 19 décembre 2023 — Perpétuité pour Olivier dans trois autres affaires.
  9. Février 2026 — Nouvelles recherches annoncées dans l’affaire Lydie Logé.

Les lieux de l’affaire

Auxerre et l’Yonne relient les affaires Domèce et Parrish. Guermantes est le lieu de la disparition d’Estelle. La Belgique intervient dans l’arrestation de Fourniret. Charleville-Mézières, Versailles et Nanterre accueillent des procès distincts ; l’Orne concerne l’enquête Logé.

Deux enquêtes à lire ensuite

Sources et vérification

  1. Sky News — Verdict et rôle de Monique Olivier, 19 décembre 2023
  2. ITV News — Joanna Parrish, de sa disparition au verdict, 21 décembre 2023
  3. RTL — Condamnation pour complicité dans trois meurtres, 19 décembre 2023
  4. RTL — Farida Hammiche et le volet financier, 2023
  5. Le Parisien — Monique Olivier contredit l’alibi de Fourniret, 21 novembre 2019
  6. Wikipédia — Michel Fourniret, repères des procédures de 2003, 2008 et 2018
  7. Le Parisien — Recherches dans l’affaire Lydie Logé, 9 février 2026