Perspective arborée de l’avenue Philippe-Auguste vers la place de la Nation à Paris.
Avenue Philippe-Auguste, Paris 11e, avec la place de la Nation en arrière-plan, le 1er novembre 2011. Vue de contexte géographique ; cette photographie ne montre pas la scène du crime.Photo : Mbzt / Wikimedia Commons · Source · CC BY 3.0. Image entière conservée, redimensionnée et convertie en WebP ; aucun recadrage ni filtre. Licence de la source conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Mireille Knoll : le meurtre antisémite et les procès

CRIMES IMPOSSIBLES

Paris · 11e arrondissement · Cour d’assises de Paris

2018–2023

Condamnation définitive après désistement de l’appel

Paris, 23 mars 2018. Les pompiers interviennent dans un appartement de l’avenue Philippe-Auguste, dans le 11e arrondissement. Ils y découvrent Mireille Knoll, 85 ans, morte après une agression à l’arme blanche. Plusieurs départs de feu ont endommagé le logement. L’enquête se tourne rapidement vers deux visiteurs, dont un homme qu’elle connaît depuis qu’il est enfant. Tous deux reconnaissent leur présence, mais chacun accuse l’autre d’avoir tué. Au fil de l’instruction puis des audiences, deux questions doivent être tranchées : qui a commis le meurtre et quel rôle l’antisémitisme a-t-il joué ? Les réponses judiciaires distingueront les responsabilités. Le procès d’appel annoncé n’aura finalement pas lieu.

L’affaire en 30 secondes

La victime
Mireille Knoll, 85 ans, est tuée chez elle le 23 mars 2018.
Le verdict
Mihoub est condamné pour meurtre antisémite ; Carrimbacus est acquitté du meurtre.
Les recours
Les deux hommes se désistent de leur appel ; aucun second procès d’assises n’a lieu.

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1. Une vie derrière le nom devenu public

Mireille Knoll avait quitté Paris pendant l’Occupation pour échapper aux persécutions antijuives. À la fin de sa vie, elle est veuve et très affaiblie par la maladie de Parkinson. Aux assises, ses proches décrivent son goût des relations et sa confiance envers les autres. Elle habite un logement social et reçoit des visites. Ce portrait restitue une existence quotidienne : celle d’une femme entourée, dont la vulnérabilité physique sera aussi examinée par la justice. [1] [2]

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2. Un incendie qui révèle un homicide

Les premières constatations font apparaître une agression mortelle et plusieurs foyers d’incendie dans l’appartement. La mort de Mireille Knoll ne peut donc pas être expliquée par un simple accident domestique. Les enquêteurs doivent déterminer qui était présent, ce qui a disparu et ce que les flammes ont pu détruire. L’état des lieux complique la reconstitution. L’enquête combine les constatations médico-légales, les objets retrouvés et les déclarations recueillies dans l’immeuble. [3] [4]

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3. Un voisin connu et un autre visiteur

Yacine Mihoub est le fils d’une voisine de Mireille Knoll. Il la connaît depuis longtemps et se présente comme proche d’elle. Le jour des faits, il fait venir Alex Carrimbacus, rencontré en détention. Leur présence chez la victime est établie ; la difficulté consiste à attribuer les gestes. [4] [5]

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4. Deux récits qui s’accusent mutuellement

Dès l’enquête, les versions changent sur le déroulement de la visite, le meurtre et les départs de feu. Mihoub affirme que Carrimbacus a porté les coups ; celui-ci accuse Mihoub. Des objets dérobés et leurs déplacements occupent aussi les investigations. Les policiers cherchent des éléments extérieurs permettant de départager des personnes qui ont chacune intérêt à minimiser leur participation. [6]

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5. La destruction de preuves dans le dossier

L’enquête s’intéresse également à Zoulikha Khellaf, la mère de Mihoub. Le nettoyage d’un couteau et la disparition d’objets sont examinés comme des actes susceptibles d’empêcher la manifestation de la vérité. Elle comparaîtra avec les deux hommes, mais sous une accusation différente. [7] [8]

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6. Le préjugé de richesse soumis aux juges

Carrimbacus rapporte que Mihoub a associé les Juifs à l’argent et à une situation aisée. Mihoub conteste la portée de ces déclarations et ses avocats en discutent la fiabilité. Les magistrats examinent aussi l’ambivalence de ses rapports avec Mireille Knoll. La question ne consiste pas à choisir entre vol et antisémitisme comme deux explications incompatibles : un vol peut être orienté par un préjugé visant l’appartenance religieuse de la personne. La cour retiendra cette dimension. [9] [10]

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7. 2020 : un appel avant le procès

En juillet 2020, les juges ordonnent le renvoi des deux hommes devant les assises pour meurtre aggravé, en retenant la vulnérabilité de Mireille Knoll et sa religion. Cette qualification est contestée devant la chambre de l’instruction, qui la confirme en novembre. Il s’agit d’un contrôle du renvoi et des charges, pas encore d’un jugement de culpabilité. Cette étape explique pourquoi des articles parlent dès 2020 d’une décision en appel, avant même l’ouverture du procès d’assises. [10] [11]

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8. Les assises ouvertes en octobre 2021

Le procès commence à Paris le 26 octobre 2021. Les proches viennent parler de Mireille Knoll, tandis que les enquêteurs reprennent la scène et les interrogatoires. Les deux accusés du meurtre continuent de se renvoyer la responsabilité. La cour entend également leur parcours et les expertises. Pour les parties civiles, l’enjeu est d’obtenir une reconnaissance du crime antisémite ; pour les juges et jurés, il faut parvenir à une décision individualisée malgré les récits concurrents. [1] [4] [12]

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9. Distinguer l’auteur du meurtre et le voleur

Au terme des débats, l’avocat général considère Mihoub comme l’auteur du meurtre. Il demande une condamnation distincte pour Carrimbacus, dont il ne retient pas la participation à l’homicide. Les défenses contestent les charges qui visent leurs clients. Le verdict suivra cette séparation des responsabilités. [12] [13]

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10. 10 novembre 2021 : deux décisions différentes

Mihoub est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté pour le meurtre à caractère antisémite de Mireille Knoll. Carrimbacus est acquitté du meurtre, mais condamné à quinze ans de réclusion pour vol aggravé, avec une sûreté des deux tiers. Le caractère antisémite est aussi retenu pour ce vol. [8] [13]

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11. La condamnation de la mère de Mihoub

Zoulikha Khellaf est reconnue coupable de destruction de preuves. Elle reçoit trois ans de prison, dont deux avec sursis ; la partie ferme est aménagée sous surveillance électronique à domicile. Cette condamnation concerne l’obstacle apporté à la recherche de la vérité. Les trois décisions issues du même procès répondent ainsi à trois situations différentes, avec des peines et des qualifications qu’il faut conserver séparées. [8] [14]

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12. 2023 : l’appel disparaît, le verdict demeure

Mihoub fait d’abord appel, comme Carrimbacus. Le désistement de ce dernier est annoncé en décembre 2021. Le 10 janvier 2023, celui de Mihoub est confirmé par son avocat et une source judiciaire. La procédure est close : la condamnation devient définitive sans nouveau débat aux assises. L’absence d’un second procès ne correspond donc ni à une confirmation prononcée par une autre cour, ni à une peine modifiée. Le verdict de novembre 2021 reste celui qui tranche l’affaire. [15] [16] [2]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Mihoub a été condamné pour le meurtre antisémite. Carrimbacus a été acquitté de l’homicide et condamné pour vol aggravé. La mère de Mihoub a été condamnée pour destruction de preuves. Les appels des deux hommes ont été retirés.

Incertain ou non établi

Les déclarations contradictoires ne permettent pas de restituer chaque instant comme une scène certaine. Elles n’effacent pas le verdict. L’appel examiné en 2020 concernait le renvoi aux assises ; aucun second procès d’assises n’a eu lieu après 2021.

Les dates clés

  1. 23 mars 2018 — Découverte de Mireille Knoll dans son appartement incendié.
  2. Juillet 2020 — Renvoi aux assises avec les circonstances aggravantes.
  3. Novembre 2020 — Qualification antisémite maintenue lors du contrôle du renvoi.
  4. 26 octobre 2021 — Ouverture des assises de Paris.
  5. 10 novembre 2021 — Verdict distinguant les trois responsabilités.
  6. Décembre 2021 — Désistement annoncé de Carrimbacus.
  7. 10 janvier 2023 — Désistement de Mihoub confirmé ; procédure close.

Les lieux de l’affaire

L’avenue Philippe-Auguste, dans le 11e arrondissement de Paris, est le lieu du crime et du voisinage entre Mireille Knoll et la famille de Mihoub. Le procès se tient devant les assises de Paris. La photographie illustre le contexte urbain, à la date indiquée en légende.

Ce qui rend cette affaire singulière

Le dossier associe la recherche d’un auteur dans un appartement incendié et la preuve d’un mobile antisémite. Sa chronologie impose aussi de distinguer l’appel sur les charges, le jugement aux assises et les appels retirés après la condamnation.

Sources et méthode

Synthèse des comptes rendus d’instruction, d’audience et des annonces de désistement. Le récit distingue accusation, réquisitions et verdict. Le témoignage associatif est croisé avec la presse. Les détails graphiques sont écartés ; la photographie est une vue de contexte créditée.

  1. Le Monde, portrait de Mireille Knoll à travers les audiences, 29 octobre 2021
  2. AFP / The Times of Israël, rappel biographique et clôture de la procédure, 10 janvier 2023
  3. TF1 Info, premiers éléments de l’enquête, mars 2018
  4. Le Monde, ouverture du procès et premières constatations, 27 octobre 2021
  5. Le Monde, liens entre les accusés et la victime, 26 octobre 2021
  6. Le Monde, contradictions relevées pendant l’instruction, 16 mai 2019
  7. UEJF, compte rendu d’audience sur les preuves, 10 novembre 2021
  8. Le Monde, les trois décisions prononcées, 10 novembre 2021
  9. TF1 Info, les accusations et la qualification avant les assises, 26 octobre 2021
  10. Le Parisien, contrôle du renvoi devant les assises, 19 novembre 2020
  11. Le Monde, renvoi aux assises ordonné en juillet 2020
  12. Le Monde, dernières audiences et versions opposées, 9 novembre 2021
  13. Le Parisien, réquisitions et verdict, 10 novembre 2021
  14. Euronews, peines et aménagement concernant Zoulikha Khellaf, 11 novembre 2021
  15. Le Parisien, appel de Mihoub, 16 novembre 2021
  16. Le Parisien, désistement de Carrimbacus, 30 décembre 2021