
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Michel Peiry, les crimes en Suisse
CRIMES IMPOSSIBLESRomont · Suisse romande · Sembrancher
1981–2026
Réclusion à vie · sortie et libération conditionnelle refusées en 2026
Canton de Berne, 1er mai 1987. Michel Peiry est arrêté après une enquête accélérée par le témoignage d’une personne qui survit à son agression. Les investigations relient plusieurs crimes commis en Suisse et s’étendent à l’étranger. Le procès se tient à Sembrancher, en Valais, en octobre 1989. Peiry est condamné à la réclusion à vie, assortie d’un traitement ambulatoire. Des décennies plus tard, la question judiciaire porte sur le risque de récidive et les conditions d’exécution de cette peine. En 2026, le Tribunal fédéral confirme deux refus distincts : une sortie accompagnée et une libération conditionnelle.
L’affaire en 30 secondes
- L’enquête
- Le témoignage d’un rescapé permet de rapprocher des dossiers et conduit à l’arrestation du 1er mai 1987.
- La justice
- Une condamnation à vie est prononcée en 1989. Les demandes d’allègement restent refusées en 2026.
- La question restante
- Les aveux, les rétractations et les soupçons dans d’autres pays ne constituent pas un bilan unique de crimes judiciairement établis.
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1. Un homme installé dans la région de Romont
Michel Peiry, né en 1959, travaille dans la restauration puis dans l’industrie. Il pratique notamment la spéléologie et effectue de nombreux voyages. Le dossier concerne pourtant des faits dispersés, des déplacements et des enquêtes menées dans plusieurs ressorts, pas une série entièrement commise dans cette commune. [1]
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2. Des affaires dispersées dans les années 1980
Entre 1981 et 1987, les investigations reconstituent un parcours criminel qui dépasse les frontières suisses. Des victimes sont rencontrées lors de déplacements en auto-stop. Le rapprochement ne s’impose pas immédiatement : les lieux sont éloignés et les dossiers relèvent de services différents. [1] [2] [3]
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3. Le témoignage qui fait progresser l’enquête
Le 24 avril 1987, une personne agressée près de Lausanne parvient à chercher de l’aide. Son récit fournit des renseignements sur le conducteur et sur son véhicule. Un portrait-robot et le signalement de la voiture circulent. Le dossier progresse à partir de ce témoignage, confronté à d’autres affaires. [2] [3]
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4. L’interpellation du 1er mai 1987
Des proches reconnaissent Peiry à partir du signalement diffusé. Il est arrêté alors qu’il effectue un cours de répétition dans le canton de Berne. Les interrogatoires ouvrent ensuite une enquête bien plus large que l’agression à l’origine de l’alerte. Les autorités recherchent des correspondances entre ses déclarations, ses voyages et les constatations déjà recueillies. [2] [4]
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5. Les aveux ne règlent pas tous les dossiers
Peiry reconnaît plusieurs crimes, puis se rétracte sur une partie de ses déclarations. Des vérifications se déroulent à l’étranger, notamment en Italie et en Yougoslavie. Certaines recherches ne permettent pas de retrouver de corps ni de confirmer tous les éléments avancés. Un aveu peut orienter les enquêteurs sans suffire à établir chaque affaire. [1] [5]
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6. Le procès de Sembrancher en octobre 1989
L’audience s’ouvre le 30 octobre à Sembrancher. Le compte rendu contemporain du Monde décrit une procédure essentiellement écrite, sans jury populaire : l’examen oral des faits est bref, puis viennent réquisitions et plaidoiries. Ce fonctionnement cantonal explique la rapidité de l’audience. [5]
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7. La condamnation à la réclusion à vie
Les récits du procès retiennent quatre assassinats et deux tentatives. Les arrêts fédéraux récents datent le jugement du 31 octobre 1989 et rappellent la réclusion à vie ainsi qu’un traitement ambulatoire. Ils mentionnent aussi d’autres infractions, dont enlèvement et séquestration. La peine ne repose donc pas sur tous les crimes un jour attribués à Peiry. Pour sa date, le dossier privilégie ces décisions judiciaires, certaines publications anciennes utilisant un autre jour d’annonce. [2] [4] [5] [6]
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8. Une peine à vie et un suivi thérapeutique
Le traitement ambulatoire accompagne l’exécution de la peine ; il ne transforme pas automatiquement celle-ci en placement dans un établissement de soins. Le suivi vise notamment la compréhension des mécanismes criminels et l’évaluation du risque hors de prison. Une bonne adaptation à la vie carcérale et une capacité à vivre sans danger en liberté sont deux questions distinctes. Les décisions récentes les examinent séparément, sans déduire une absence de risque de la seule conduite en détention. [6] [7]
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9. Des demandes de libération examinées à répétition
Une première demande de libération conditionnelle est refusée en novembre 2002. D’autres décisions suivent, notamment en 2009, 2010, 2011 et jusqu’en 2023. L’arrêt de juillet 2026 récapitule onze refus antérieurs. La durée déjà passée en prison ne constitue pas, à elle seule, une garantie de libération. [4] [8]
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10. La demande de sortie accompagnée
En 2023, Peiry sollicite une sortie accompagnée. L’administration puis les autorités valaisannes refusent. La décision cantonale du 25 avril 2025 s’appuie sur une expertise du risque. La défense invoque la bonne conduite, la très longue détention et l’absence de perspectives. Elle propose un encadrement renforcé. La question porte ici sur un congé limité, et non sur la fin de l’incarcération : ce recours doit être distingué de la demande de libération conditionnelle. [7] [8]
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11. L’arrêt du 11 février 2026
Le Tribunal fédéral maintient le refus de sortie. Il retient un risque de récidive très élevé et estime que le cadre carcéral contient des facteurs qui pourraient réapparaître à l’extérieur. La protection d’autrui demeure déterminante. L’arrêt, rendu le 11 février et publié en mars, admet toutefois le recours sur un autre point : l’assistance judiciaire devait être accordée pour la procédure cantonale. Cette admission partielle ne donne aucune autorisation de sortie. [6] [7]
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12. Le refus de libération confirmé en juillet 2026
Le 28 juillet 2026, un second arrêt examine la libération conditionnelle refusée en Valais. Le Tribunal fédéral confirme le maintien en détention. Il rappelle que des progrès thérapeutiques et une nouvelle évaluation du risque peuvent être examinés, sans annoncer une date de sortie. Là encore, Peiry obtient une correction sur l’assistance judiciaire, pas sur sa liberté. La publication de cette décision est relayée le 13 août. [4] [8]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
L’arrestation date du 1er mai 1987. La justice valaisanne prononce une réclusion à vie en 1989, avec traitement ambulatoire. Les décisions fédérales des 11 février et 28 juillet 2026 maintiennent respectivement le refus de sortie accompagnée et celui de libération conditionnelle. L’assistance judiciaire est accordée sur recours, sans modification de ces refus.
Incertain ou non établi
Le nombre de crimes évoqués dans les aveux ou les soupçons dépasse le périmètre assuré de la condamnation. Les décisions sur le risque de récidive ne permettent pas davantage de prédire avec certitude un comportement futur ; elles apprécient les conditions juridiques d’un éventuel allègement à partir des expertises disponibles.
Les dates clés
- 1981–1987 — Période examinée dans les récits des crimes et déplacements.
- 24 avril 1987 — Une personne survit à une agression et renseigne les enquêteurs.
- 1er mai 1987 — Arrestation et début de la détention.
- 30 octobre 1989 — Ouverture du procès à Sembrancher.
- 31 octobre 1989 — Date du jugement selon le Tribunal fédéral.
- Novembre 2002 — Premier refus de libération rappelé dans l’arrêt de 2026.
- 2023 — Demande de sortie accompagnée.
- 11 février 2026 — Refus de sortie maintenu par le Tribunal fédéral.
- 28 juillet 2026 — Refus de libération conditionnelle confirmé ; publication relayée en août.
Les lieux de l’affaire
Romont, dans le canton de Fribourg, est associé au domicile et au surnom médiatique. Lausanne et Sottens apparaissent dans l’enquête qui précède l’arrestation. Le Valais comprend plusieurs lieux d’investigation et Sembrancher, où siège le tribunal d’Entremont. Le canton de Berne correspond à l’interpellation.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’affaire se prolonge sur deux plans distincts. L’enquête historique rassemble des faits dispersés, avec des aveux partiellement retirés. L’exécution de la peine confronte ensuite la possibilité d’un réexamen à la protection de la population. En 2026, la justice distingue même, dans chaque recours, le droit de faire examiner une demande avec l’aide d’un avocat et le droit d’obtenir la sortie demandée.
Sources et méthode
Les arrêts du Tribunal fédéral constituent les références prioritaires pour la condamnation et les procédures de 2026. Le reportage contemporain sur le procès et les enquêtes rétrospectives servent à reconstituer l’enquête, sans adopter leurs totaux contradictoires. Les scènes de violence et les détails intimes sont écartés. Les dates des décisions sont distinguées de leur publication dans la presse. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Claire Corgnou, journaliste, 17 janvier 2014 — Parcours, enquête et aveux contestés
- Le Temps, 2015 — Retour sur l’enquête et la condamnation de 1989
- RTL, 16 septembre 2020 — Le témoignage à l’origine de l’arrestation
- Tribunal fédéral, 28 juillet 2026 — Arrêt 7B_1185/2025, libération conditionnelle
- Le Monde, 1er novembre 1989 — Compte rendu du procès de Sembrancher
- Tribunal fédéral, 11 février 2026 — Arrêt 7B_518/2025, texte reproduit par l’Université de Neuchâtel
- Frapp / ATS, 11 mars 2026 — Publication du refus de sortie accompagnée
- Frapp / ATS, 13 août 2026 — Publication du refus de libération conditionnelle