Façade blanche et clocher de l’église de la Présentation d’Arrauntz à Ustaritz, vus depuis la rue.
16 août 2024 — Église de la Présentation, quartier Arrauntz à Ustaritz : vue de contexte communal. Ce repère public du quartier ne représente pas la scène du crime.Photo : © Peter Potrowl / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage ni modification du contenu.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Mélodie Massé, le meurtre d’Ustaritz

CRIMES IMPOSSIBLES

Ustaritz · Boucau · Bayonne · Pau, Pyrénées-Atlantiques, France

Meurtre : septembre 2017 · procès : septembre 2019

Réclusion criminelle à perpétuité prononcée le 27 septembre 2019

Ustaritz, Pyrénées-Atlantiques, 13 septembre 2017. Mélodie Massé, étudiante infirmière de 23 ans et enceinte de huit mois, est retrouvée morte dans le logement où elle séjourne avant son accouchement. Une trace génétique conduit les gendarmes à Cédric Bernasconi, arrêté quatre jours plus tard. Le 27 septembre 2019, les assises de Pau le condamnent à la réclusion criminelle à perpétuité. L’audience examine les faits et son discernement au moment du crime. Au-delà de la condamnation, les alertes antérieures sur son état et les ruptures de son suivi posent la question de la prévention, sans établir à elles seules une responsabilité judiciaire de tiers.

L’affaire en 30 secondes

Le meurtre
Mélodie Massé est tuée le 13 septembre 2017 à Ustaritz, où elle séjourne avant son accouchement.
La justice
Cédric Bernasconi est condamné à perpétuité par les assises des Pyrénées-Atlantiques en 2019.
La question restante
Comment comprendre les alertes antérieures et la rupture du suivi avant le passage à l’acte ?

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1. Une étudiante et ses projets

Mélodie suit une formation en soins infirmiers à Talence, en Gironde. À quelques semaines de son accouchement, elle passe un temps de repos à Ustaritz, dans un appartement loué par sa mère, dans le quartier Arrauntz. Les témoignages de ses amis recueillis par Sept à Huit rappellent son goût pour le chant et la musique. [1] [5]

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2. La découverte du 13 septembre

Le soir du 13 septembre 2017, son compagnon rentre dans l’appartement et la découvre sans vie. Les secours et les enquêteurs interviennent. L’autopsie conclut à une mort par asphyxie ; l’enquête établit également des violences sexuelles. Les gendarmes doivent reconstituer les heures écoulées et déterminer qui est entré dans le logement. [2] [3] [6]

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3. Les vérifications autour du logement

Les investigations examinent l’emploi du temps des personnes présentes ce jour-là. Celui du compagnon est vérifié et il est rapidement mis hors de cause. Le logement et ses accès sont au centre des constatations. Aucun lien antérieur entre Mélodie et l’homme ensuite arrêté n’est établi dans les comptes rendus. Cette absence de relation connue oriente le récit vers une intrusion plutôt que vers un conflit personnel documenté. [2] [9]

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4. Une identification par les traces

L’ADN relevé sur la scène correspond à celui de Cédric Bernasconi, déjà enregistré au fichier national des empreintes génétiques. Les gendarmes recherchent alors ses lieux de passage et surveillent des points où il pourrait se rendre. Elle permet de cibler les recherches, mais les auditions et les autres constatations restent nécessaires pour reconstituer ce qu’il a fait. [3] [6]

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5. L’arrestation à Boucau

Le 17 septembre, quatre jours après le meurtre, Bernasconi est interpellé à Boucau au terme d’une poursuite alors qu’il conduit un véhicule volé. Sa garde à vue ouvre une nouvelle phase : les enquêteurs peuvent confronter ses déclarations aux traces recueillies. Les circonstances de l’entrée dans le logement, les actes commis et leur intention doivent encore être examinés. [2] [4] [5]

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6. La mise en examen

Le 19 septembre 2017, Bernasconi est mis en examen à Bayonne et placé en détention. Les accusations comprennent l’homicide volontaire et le viol sur personne vulnérable. Il explique être entré pour voler et reconnaît les violences. Ce récit du cambriolage appartient à ses déclarations : il ne suffit pas à décrire toutes ses intentions. L’instruction doit confronter sa version aux éléments matériels et préparer l’examen de sa responsabilité. [3] [6]

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7. Les alertes avant le crime

Après l’arrestation, le maire d’Anglet, Claude Olive, rapporte avoir demandé une hospitalisation contrainte en janvier 2017, à la suite de plaintes de riverains. Selon son témoignage au Parisien, un psychiatre n’avait pas soutenu cette démarche. Ces déclarations éclairent une alerte antérieure, mais ne constituent pas un jugement sur une faute médicale. Elles ouvrent une interrogation sur la circulation des informations et la continuité de la prise en charge. [4]

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8. La question du discernement

L’instruction fait examiner les troubles psychiatriques de Bernasconi. Les comptes rendus préparatoires au procès indiquent qu’une expertise conclut à une altération du discernement, sans abolition. L’homme est donc renvoyé devant une cour d’assises. Le débat porte sur son état au moment des actes, et ne se réduit pas à l’existence d’un diagnostic. Le parcours médical devient une partie du dossier à discuter contradictoirement, non une réponse automatique sur la culpabilité. [5] [6]

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9. Un procès public malgré la demande familiale

Les audiences commencent à Pau le 23 septembre 2019. Les proches demandent le huis clos afin de préserver la victime et la famille de l’exposition des faits. La cour rejette cette demande et maintient des débats publics. Durant cinq jours, elle entend notamment des experts sur l’état de l’accusé. [7]

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10. Les actes reconnus, l’intention discutée

À l’audience, Bernasconi reconnaît les actes mais conteste avoir voulu provoquer la mort de Mélodie. L’accusation confronte cette position à la nature des violences. La question de l’intention rejoint celle de son discernement, sans s’y confondre : il faut apprécier les faits comme l’état de l’accusé lorsqu’il les commet. Le procès ne consiste donc pas seulement à identifier un auteur, déjà connu, mais à statuer sur sa responsabilité pénale. [8] [10]

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11. La perpétuité le 27 septembre 2019

Les assises des Pyrénées-Atlantiques prononcent la réclusion criminelle à perpétuité. Elles ne retiennent pas la période de sûreté de vingt-deux ans requise par l’avocat général. Un suivi socio-judiciaire de dix ans est prévu en cas de sortie, avec soins et interdiction de contact avec les parties civiles. Le compte rendu de l’AFP rapporte aussi que l’accusation se félicite de voir écartée l’altération du discernement au moment des faits. [9] [10]

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12. Ce que le verdict ne permet pas de déduire

La décision rapportée tranche la culpabilité de Bernasconi. Elle ne fournit pas, dans les sources accessibles, une réponse judiciaire sur d’éventuelles défaillances de tiers dans son suivi. Il faut également distinguer la peine prononcée de ses modalités futures d’exécution. Aucun arrêt ultérieur n’est identifié dans le corpus consulté : cette fiche n’affirme donc ni une date de sortie, ni le résultat d’un éventuel recours dont elle ne dispose pas. [4] [9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Mélodie est tuée le 13 septembre 2017. L’identification génétique conduit à Bernasconi, arrêté le 17 septembre et mis en examen le 19. La cour d’assises le condamne à perpétuité le 27 septembre 2019. [2] [3] [9]

Incertain ou contesté

Les déclarations sur ses intentions sont discutées au procès. Les alertes antérieures soulèvent une question de prévention, sans établir dans ce corpus une responsabilité pénale ou civile d’un tiers. Le jugement intégral et une éventuelle procédure ultérieure ne sont pas disponibles ici. [4] [8] [10]

Les dates clés

  1. Janvier 2017 Demande d’hospitalisation rapportée ensuite par le maire d’Anglet. [4]
  2. 13 septembre 2017 Meurtre et découverte de Mélodie à Ustaritz. [2]
  3. 17 septembre 2017 Arrestation de Bernasconi à Boucau. [2] [5]
  4. 19 septembre 2017 Mise en examen et placement en détention. [3]
  5. 23 septembre 2019 Ouverture du procès à Pau ; huis clos refusé. [7]
  6. 27 septembre 2019 Condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. [9]

Les lieux de l’affaire

  • Talence — Commune girondine où Mélodie suit sa formation infirmière. [5]
  • Ustaritz, quartier Arrauntz — Lieu de séjour et du crime. La photographie montre un repère public du quartier, sans lien avec la scène. [5]
  • Anglet et Bayonne — Communes évoquées dans le parcours de Bernasconi et les premières étapes judiciaires. [3] [4]
  • Boucau — Commune de l’arrestation, quatre jours après le meurtre. [2]
  • Pau — Siège de la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques qui juge les faits en 2019. [7]

Ce qui rend cette affaire singulière

L’enquête identifie rapidement un suspect grâce aux traces génétiques, mais deux années séparent les faits du procès. Cette durée correspond à une autre question : comment juger un auteur dont les troubles psychiatriques sont documentés ? Le dossier associe une investigation matérielle, une discussion sur le discernement et le souhait des proches de préserver l’intimité de la victime. Ces dimensions demandent des réponses distinctes. [3] [5] [7]

Sources et méthode

Les premières publications de septembre 2017 sont distinguées des comptes rendus d’audience de septembre 2019. Les reprises d’une même dépêche AFP ne comptent pas comme des confirmations indépendantes. L’expertise d’instruction et la position retenue au terme des débats sur le discernement sont séparées. Les vingt-deux ans de sûreté sont une réquisition non retenue, et ne sont pas attribués au verdict. Les déclarations du maire sont présentées comme son témoignage. Le jugement intégral et une éventuelle décision de recours n’ont pas été consultés. Les détails intrusifs et les informations sans utilité pour comprendre l’enquête sont écartés. Vérification documentaire : 1er octobre 2026.

  1. TF1 Info / Sept à Huit, portrait de Mélodie par ses proches, octobre 2017
  2. Le Parisien, identification et arrestation du suspect, 18 septembre 2017
  3. Le Parisien, mise en examen et premières vérifications, 19 septembre 2017
  4. Le Parisien, témoignage du maire d’Anglet sur une demande d’hospitalisation, 22 septembre 2017
  5. Mediabask, ouverture du procès, 20 septembre 2019, actualisé le 23 septembre
  6. 20 Minutes / AFP, instruction et questions soumises aux assises, 22 septembre 2019
  7. Ouest-France / AFP, rejet de la demande de huis clos, 23 septembre 2019
  8. La Dépêche / AFP, premières déclarations de l’accusé au procès, 23 septembre 2019
  9. Le Parisien avec AFP, verdict et mesures prononcées, 27 septembre 2019, actualisé le 28 septembre
  10. AFP, Maud Vallereau, compte rendu du verdict publié par France-Soir, 27 septembre 2019