Façade sud du palais de justice historique de Paris, vue depuis la place Saint-Michel.
La façade sud du palais de justice historique de Paris, vue depuis la place Saint-Michel le 25 novembre 2018. Photographie de contexte judiciaire.Photo : Celette / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, meurtre de Jacques Perrot

CRIMES IMPOSSIBLES

Paris · Le Havre · Fleury-Mérogis

1985–1998 · décès en 2021

Quinze ans pour complicité d’assassinat · 24 mars 1994

Paris, 27 décembre 1985. L’avocat Jacques Perrot est tué par balles dans l’immeuble de ses parents, avenue Georges-Mandel. Les enquêteurs examinent sa séparation avec la jockey Darie Boutboul et ses relations avec sa belle-mère, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul. Celle-ci est condamnée en 1994 à quinze ans de réclusion pour complicité d’assassinat. La décision sanctionne une participation au crime, sans lever toutes les questions sur son exécution ni permettre de présenter le tireur comme judiciairement identifié.

L’affaire en 30 secondes

Le crime
Jacques Perrot, avocat de trente-huit ans, est tué à Paris le 27 décembre 1985.
La justice
Sa belle-mère est condamnée pour complicité d’assassinat, et non comme auteure des tirs.
La limite
L’identité du tireur et certains liens entre les protagonistes restent discutés.

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1. Un avocat assassiné dans un escalier

Le soir du 27 décembre 1985, Jacques Perrot est abattu dans la cage d’escalier de l’immeuble où habitent ses parents, dans le seizième arrondissement de Paris. Son portefeuille n’a pas été emporté. L’avocat a trente-huit ans ; il est connu dans le milieu judiciaire et celui des courses hippiques. L’auteur des tirs ne se présente pas et l’arme du crime n’est pas retrouvée. [1][2]

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2. Une séparation au centre des vérifications

Jacques Perrot est marié à Darie Boutboul, femme jockey devenue une personnalité médiatique. Le couple se sépare et la garde de leur fils Adrien constitue un sujet de conflit. L’enquête se tourne vers cet environnement familial, notamment vers Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, la mère de Darie. Le désaccord autour de l’enfant éclaire une hypothèse de mobile. [2][3]

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3. Les découvertes sur le passé de la belle-mère

Perrot s’intéresse à l’histoire que raconte sa belle-mère. Il apprend notamment que l’homme présenté depuis longtemps comme son mari défunt est vivant. Le dossier révèle également que l’avocate a été radiée du barreau en 1981. La portée exacte des informations que Perrot détenait avant sa mort doit cependant rester distincte de ce que l’instruction découvrira ensuite. [4]

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4. Une procédure judiciaire qui n’existait pas

Les audiences de 1994 examinent les relations de l’ancienne avocate avec la Société des missions étrangères. Chargée d’un litige, elle a présenté pendant des années des procédures inexistantes et perçu d’importants paiements. Les religieux finissent par découvrir la supercherie. Cet épisode explique sa radiation et une partie de ses ressources. [5]

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5. La mort de Bruno Dassac ouvre une autre piste

Le 5 mai 1988, le corps de Bruno Dassac est retrouvé dans le port du Havre. Ce représentant de commerce, lié au monde des courses, a été tué. Ses relations avec Cons-Boutboul donnent une nouvelle direction aux investigations. Il est envisagé comme un possible exécutant de l’assassinat de Perrot, mais il ne pourra être interrogé sur cette hypothèse. Sa propre mort constitue un dossier distinct : aucun récit ne doit fusionner les deux crimes en une seule condamnation. [1][6]

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6. Des versements et des conversations examinés

L’enquête financière établit des versements de Cons-Boutboul vers un compte suisse de Dassac. Les policiers s’intéressent aussi à des échanges téléphoniques, notamment par l’intermédiaire d’une charcuterie. Pour l’accusation, les contacts et les mouvements d’argent contribuent à relier les deux protagonistes. La défense conteste ce que l’on peut en déduire. [2][4]

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7. Des témoignages tardifs à apprécier

Un chauffeur de taxi rapporte plusieurs années après les faits des propos que Cons-Boutboul lui aurait tenus pour trouver quelqu’un capable de s’en prendre à son gendre. Ce témoignage est discuté à l’audience, avec les autres éléments de l’instruction. Son ancienneté et sa portée font partie de l’examen contradictoire. [4][6]

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8. Une instruction suivie d’un procès très exposé

L’enquête s’étend sur plusieurs années et traverse les dossiers Perrot et Dassac. Le 2 mars 1994, le procès de Marie-Élisabeth Cons-Boutboul s’ouvre devant la cour d’assises de Paris. La notoriété de Darie et les contradictions de sa mère attirent les médias, mais l’objet judiciaire reste précis : sa complicité alléguée dans l’assassinat de Jacques Perrot. [6][7]

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9. Accusation et défense devant les jurés

L’accusation rapproche le conflit familial, les mensonges, les paiements et les relations avec Dassac. La défense souligne l’absence d’arme, d’aveu et d’un exécutant directement confronté aux accusations. Les parties civiles ne parlent pas toutes d’une même voix : la position de Darie diffère de celle de la famille Perrot. Les débats portent ainsi sur la valeur d’un ensemble d’indices, dans une affaire dont plusieurs maillons restent contestés. [2][7][8]

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10. Le verdict du 24 mars 1994

La cour d’assises de Paris condamne Marie-Élisabeth Cons-Boutboul à quinze ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat. La qualification est essentielle : elle ne désigne pas la personne ayant tiré sur Jacques Perrot. Le verdict reconnaît une participation pénalement punissable à un crime commis par autrui. Il ne transforme pas pour autant toutes les hypothèses exposées pendant l’instruction en faits définitivement démontrés, notamment sur l’identité de l’exécutant. [2][8]

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11. La sortie de prison de décembre 1998

Le 28 décembre 1998, après plus de neuf ans de détention, Cons-Boutboul quitte Fleury-Mérogis. Le compte rendu publié le lendemain par Le Parisien décrit un régime de semi-liberté accordé par un juge de l’application des peines. Il faut conserver ce vocabulaire et cette date, plutôt que parler d’un acquittement ou d’une peine annulée. Elle rejoint sa fille et continue de nier sa participation au meurtre. La condamnation de 1994 reste le cadre judiciaire de sa sortie. [9]

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12. Le décès ne résout pas les incertitudes

Marie-Élisabeth Cons meurt le 15 avril 2021, à quatre-vingt-seize ans, à Blois. Les sources publiques consultées n’ont pas fait apparaître de décision ultérieure annulant sa condamnation. Les récits rétrospectifs continuent pourtant de distinguer le verdict et une élucidation complète du crime. La fiche ne présente donc ni Dassac comme un tireur condamné, ni sa mort comme un second assassinat judiciairement attribué à Cons-Boutboul. [6][10]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Jacques Perrot a été tué à Paris en décembre 1985. Cons-Boutboul a été condamnée pour complicité d’assassinat le 24 mars 1994. Sa sortie de Fleury-Mérogis sous régime de semi-liberté est rapportée le 29 décembre 1998. Son décès en avril 2021 est documenté.

Incertain ou non établi

Le tireur n’a pas été identifié par une condamnation. Le rôle exact de Dassac et les circonstances de son propre meurtre ne peuvent être présentés comme entièrement résolus. Le poids respectif du conflit familial et des secrets financiers dans le mobile ne se déduit pas mécaniquement du verdict.

Les dates clés

  1. 27 décembre 1985 — Assassinat de Jacques Perrot, avenue Georges-Mandel.
  2. 5 mai 1988 — Découverte du corps de Bruno Dassac au Havre.
  3. 2 mars 1994 — Ouverture du procès de Cons-Boutboul à Paris.
  4. 24 mars 1994 — Quinze ans de réclusion pour complicité d’assassinat.
  5. 28 décembre 1998 — Sortie de Fleury-Mérogis sous régime de semi-liberté.
  6. 15 avril 2021 — Décès à Blois, à quatre-vingt-seize ans.

Les lieux de l’affaire

Le seizième arrondissement de Paris est le lieu du meurtre de Jacques Perrot. Le port du Havre correspond à la découverte de Bruno Dassac et à une enquête distincte. Le palais de justice historique de Paris accueille les assises de 1994 ; Fleury-Mérogis est la prison quittée en 1998. La photographie du palais, prise en 2018 depuis la place Saint-Michel, montre un cadre judiciaire postérieur au procès.

Ce qui rend cette affaire singulière

L’affaire oblige à séparer trois niveaux : les dissimulations biographiques, les indices d’une participation criminelle et les faits effectivement sanctionnés. Un mensonge avéré peut orienter une enquête sans démontrer chaque hypothèse qui l’accompagne. Le débat sur la force des indices a survécu au verdict ; le rapporter ne signifie ni effacer la condamnation ni fabriquer une certitude sur les zones restées obscures.

Sources et méthode

Les comptes rendus du procès de 1994, la chronique judiciaire Larousse et l’article contemporain sur la sortie de prison sont recoupés. Le commentaire de Georges Moréas est utilisé comme analyse critique attribuée, non comme une décision judiciaire. Les arrêts intégraux n’ont pas été consultés. Le meurtre de Dassac est distingué de la condamnation dans l’affaire Perrot. La date du décès est rapprochée des données d’état civil publiées. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. Larousse, Journal de l’année 1995, page 122 — Le crime et le contexte du procès
  2. Larousse, Journal de l’année 1995, page 123 — Les charges et le verdict du 24 mars 1994
  3. Georges Moréas, POLICEtcetera — Analyse rétrospective des limites du dossier Cons-Boutboul
  4. Le Monde, 3 mars 1994 — Les secrets de Marie-Élisabeth Cons à l’ouverture du procès
  5. Le Monde, 6 mars 1994 — Les Missions étrangères et la procédure fictive
  6. TF1 Info, décembre 2015 — Les questions qui subsistent après le procès
  7. Le Monde, 24 mars 1994 — Les positions des parties civiles
  8. La Dépêche du Midi, 25 juillet 2002 — Synthèse du procès et de ses incertitudes
  9. Le Parisien, 29 décembre 1998 — La sortie sous régime de semi-liberté
  10. Acte-deces.fr, registre de Blois 2021 — Marie-Élisabeth Françoise Henriette Émilie Cons, données issues de l’Insee