Façade de la mairie de Montbartier, bâtiment clair aux encadrements de briques, précédé de pelouses et de massifs fleuris.
La mairie de Montbartier, dans le Tarn-et-Garonne, photographiée le 17 août 2015. Repère géographique de la commune.Photo : Didier Descouens / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Marc Fasquel et Jocelyne Bourdin, la cavale criminelle

CRIMES IMPOSSIBLES

Charente · Somme · Sud-Ouest · Montauban

1985–1989 · suivi jusqu’en 2020

Bourdin condamnée à vingt ans · Fasquel décédé

Charente, 27 décembre 1985. Une recherche d’emploi conduit Martine Rénéric auprès de Marc Fasquel et Jocelyne Bourdin. Son agression ouvre une série qui traverse la France : sept femmes sont recensées comme victimes, dont deux sont tuées. La cavale s’achève le 14 février 1986, lorsque Fasquel est mortellement blessé à un barrage. Bourdin est condamnée en 1989. Le procès tranche sa responsabilité, sans livrer toutes les clés de la dynamique du couple.

L’affaire en 30 secondes

La série
Sept femmes victimes, dont Geneviève Godard et Christine Morros, tuées.
La justice
Jocelyne Bourdin est condamnée en 1989 à vingt ans de réclusion, dont treize de sûreté.
La limite
Marc Fasquel meurt avant tout procès pour cette série ; les ressorts du couple restent partiellement obscurs.

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1. Un entretien d’embauche détourné

Le 27 décembre 1985, Martine Rénéric rencontre en Charente un couple auprès duquel elle espère trouver un emploi. La rencontre débouche sur une séquestration et des violences, dont un viol. Elle est ensuite relâchée et alerte les gendarmes. Ce premier récit permet de décrire les deux agresseurs et leur véhicule. [1]

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2. D’autres candidates prises au piège

En janvier 1986, une autre recherche d’emploi conduit une femme vers le couple, cette fois en Loire-Atlantique. À Pruniers, dans l’Indre, une nouvelle victime est également agressée. Les fausses identités et les déplacements compliquent le rapprochement immédiat de ces épisodes. Les survivantes donnent l’alerte après leur libération. Leurs récits permettent de reconnaître un procédé commun, malgré des noms d’emprunt et des lieux différents. [1]

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3. Une enquête sur plusieurs territoires

La série traverse plusieurs départements. Les services saisis ne disposent pas d’une seule scène à examiner, mais d’agressions et de déplacements successifs. Les témoignages deviennent essentiels pour relier ces événements. Les articles de février 1986 montrent une recherche nationale en cours, dont le bilan évolue encore. [2][4]

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4. Geneviève Godard, dans la Somme

Le 4 février 1986, le corps de Geneviève Godard est découvert à Courcelles-sous-Thoix, dans la Somme. Cette mort donne une autre gravité à la série d’enlèvements recherchée. Elles doivent aussi reconstituer les derniers déplacements d’une victime décédée. Le lien avec le couple s’inscrit dans le rapprochement des affaires effectué au fil de la poursuite. [2][6]

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5. Christine Morros, dans le Tarn-et-Garonne

Le 10 février, le corps de Christine Morros est retrouvé à Gensac, près de Castelsarrasin. Cette deuxième mort se situe loin de la Somme, dans une région où le couple est désormais recherché. La dispersion géographique ne correspond donc pas à des dossiers indépendants une fois les recoupements effectués. [5]

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6. Les dernières alertes

Les recherches portent aussi sur une agression à Boulogne-sur-Gesse. Le 11 février, Geneviève Tujague est enlevée à Vic-en-Bigorre ; elle est relâchée le lendemain près de Mont-de-Marsan. Ces témoignages rapprochent les enquêteurs d’une série toujours en cours. Les survivantes constituent des sources directes pour décrire les personnes recherchées. [2][4]

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7. Le 14 février à Montbartier

Le 14 février 1986, la cavale s’achève à un barrage de gendarmerie dans le secteur de Montbartier, dans le Tarn-et-Garonne. Marc Fasquel tente de le forcer au volant. Les gendarmes ouvrent le feu ; il est mortellement blessé. Jocelyne Bourdin est arrêtée indemne. La recherche du couple prend fin, mais pas l’enquête. Les procédures doivent encore rassembler les différents faits et déterminer les responsabilités individuelles. [3][4][7]

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8. Bourdin devant le juge

Le 16 février 1986, Jocelyne Bourdin est inculpée à Montauban, notamment pour complicité de meurtres, de viols et de séquestrations. Le décès de Fasquel signifie qu’il ne comparaîtra pas aux assises pour ces faits. Bourdin, elle, doit répondre personnellement des actes qui lui sont reprochés. Son procès ne sera donc pas celui de deux accusés présents devant la cour. [5]

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9. La question centrale de la participation

Bourdin soutient avoir agi sous l’emprise de Fasquel. Les survivantes décrivent au contraire une participation active aux agressions. Cette opposition devient centrale : être la compagne d’un auteur ne démontre pas une complicité, mais des actes accomplis dans la séquence criminelle peuvent l’établir. Les récits des victimes contredisent ainsi la présentation d’une personne simplement entraînée malgré elle. La justice doit apprécier sa responsabilité propre. [6]

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10. Les assises de Montauban en 1989

Le procès s’ouvre le 16 mai 1989 devant les assises du Tarn-et-Garonne. Les audiences se déroulent à huis clos. Les violences, les enlèvements et les deux morts sont examinés dans un même ensemble judiciaire, plusieurs années après la poursuite du couple. [6][7]

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11. Vingt ans de réclusion

Le 20 mai 1989, Jocelyne Bourdin est condamnée à vingt ans de réclusion criminelle, avec treize ans de sûreté, pour sa complicité dans les crimes de la série. Le verdict retient une responsabilité pénale malgré sa défense fondée sur l’emprise. Il ne faut pas en faire un verdict contre Fasquel, mort trois ans auparavant. [6][7]

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12. Ce que documente l’après-procès

Les données de décès issues de l’Insee signalent la mort de Jocelyne Bourdin à Rennes le 12 mars 2020 ; son identité complète et sa date de naissance permettent le rapprochement. Cette donnée ne renseigne ni sur les conditions d’exécution de sa peine ni sur sa vie après la condamnation. Les sources consultées n’ont pas permis d’établir une nouvelle décision modifiant le verdict présenté ici. Le dossier conserve cette limite au lieu de compléter son parcours par supposition. [8]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Les récits des survivantes, les découvertes de corps et les recoupements relient les faits à une même série. Fasquel meurt lors de la fin de la cavale. Bourdin est arrêtée puis condamnée aux assises pour complicité. Les sources rétrospectives concordent sur une peine de vingt ans et treize ans de sûreté.

Incertain ou non établi

Le dossier public ne restitue pas tous les échanges du procès tenu à huis clos. Il ne permet pas non plus de réduire la relation du couple à une explication psychologique unique. La date réelle de libération de Bourdin n’est pas retenue ici faute de recoupement suffisant. Aucune condamnation posthume de Fasquel ne doit être suggérée.

Les dates clés

  1. 27 décembre 1985 — Agression de Martine Rénéric après un contact pour un emploi.
  2. Janvier 1986 — La série se poursuit dans d’autres départements.
  3. 4 février 1986 — Découverte de Geneviève Godard dans la Somme.
  4. 10 février 1986 — Découverte de Christine Morros à Gensac.
  5. 14 février 1986 — Fin de la cavale ; Fasquel mortellement blessé, Bourdin arrêtée.
  6. 16 février 1986 — Inculpation de Bourdin à Montauban.
  7. 16–20 mai 1989 — Procès et condamnation aux assises du Tarn-et-Garonne.
  8. 12 mars 2020 — Décès de Jocelyne Bourdin à Rennes.

Les lieux de l’affaire

La Charente, la Loire-Atlantique et l’Indre correspondent aux premières agressions décrites. La Somme puis le Tarn-et-Garonne sont les départements des deux découvertes mortelles. Vic-en-Bigorre et Mont-de-Marsan jalonnent le dernier enlèvement rapporté avant l’arrestation. Montbartier est associé à la fin de la cavale ; Montauban au procès. La mairie photographiée sert seulement de repère géographique : elle n’est pas le lieu du barrage.

Ce qui rend cette affaire singulière

Les survivantes rendent possible une lecture des rôles qui dépasse la seule présence d’un homme et d’une femme dans le même véhicule. Leurs témoignages confrontent directement la défense de Bourdin aux actes qu’elles rapportent. La mobilité du couple explique aussi la difficulté initiale de l’enquête : il faut relier des victimes, des identités d’emprunt et des communes éloignées. La chronologie rassemble ces faits sans les transformer en récit d’aventure.

Sources et méthode

Les articles de février 1986 sont recoupés avec La Dépêche et les entretiens rétrospectifs de RTL, dont celui d’un ancien directeur d’enquête. Les comptes rendus initiaux donnent parfois des lieux ou noms discordants ; seuls les éléments recoupés sont retenus. L’arrêt intégral et les débats à huis clos ne sont pas disponibles dans le corpus consulté. La donnée de décès provient d’une reprise des fichiers de l’Insee. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. RTL, L’Heure du crime — Les premières victimes et les faux emplois
  2. Le Monde, 14 février 1986 — Recherches, victimes et derniers enlèvements
  3. Le Monde, 15 février 1986 — La fin de la cavale
  4. Le Monde, 17 février 1986 — Fasquel mortellement blessé, Bourdin arrêtée
  5. Le Monde, 18 février 1986 — L’inculpation de Jocelyne Bourdin
  6. RTL, L’Heure du crime — Le procès de 1989, avec un ancien directeur d’enquête
  7. La Dépêche du Midi, 27 novembre 2007 — Montbartier et le verdict de Montauban
  8. Libra Memoria, données Insee — Jocelyne Bourdin, décès du 12 mars 2020