
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Louis Poirson, crimes et enlèvements
CRIMES IMPOSSIBLESDouains · Neuilly · Pacy-sur-Eure · Mantes-la-Jolie · La Villeneuve-en-Chevrie · Versailles
Quatre meurtres en 1995 et 1999 · Arrestation en 2000 · Verdicts en 2002 et 2005
Deux condamnations à perpétuité ; vingt-deux ans de sûreté prononcés lors du second procès, en 2005.
Douains, 30 août 1995. Jeanine Villain et sa fille Monique disparaissent après un passage au cimetière animalier. Leurs corps sont retrouvés quelques jours plus tard. L’enquête vise d’abord un proche, détenu à tort pendant près de trois ans. En 2000, un enlèvement interrompu conduit les gendarmes à Louis Poirson ; ses aveux et les recherches éclairent quatre homicides. Condamné à perpétuité en 2002 puis en 2005, il laisse derrière lui une question distincte des verdicts : les autres pistes explorées correspondent-elles à des crimes encore non établis ?
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Quatre femmes tuées ; un enlèvement interrompu relance les recherches.
- La justice
- Perpétuité à Évreux en 2002, puis à Versailles en 2005.
- La question restante
- D’autres pistes existent, mais elles ne valent pas de nouvelles culpabilités établies.
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1. 30 août 1995 : deux femmes au cimetière animalier
Jeanine Villain et sa fille Monique se rendent au cimetière animalier de Douains, dans l’Eure. Elles y rencontrent Louis Poirson, qui dégrade une installation. Selon le récit qu’il livrera au procès, l’annonce d’un appel aux gendarmes déclenche son agression. Les deux femmes sont enlevées puis tuées. [1][2]
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2. 2 septembre : les corps retrouvés à Neuilly
Les corps de Jeanine et Monique Villain sont découverts le 2 septembre 1995 dans un champ à Neuilly, à distance du cimetière. Les enquêteurs doivent reconstituer le passage d’un lieu à l’autre et comprendre ce qui s’est produit après leur disparition. Le double homicide reste longtemps sans auteur identifié. [3][4]
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3. La piste familiale enferme un innocent
En mars 1998, Michel Villain, fils de Jeanine et frère de Monique, est mis en examen et placé en détention. Les soupçons s’appuient notamment sur les accusations de son fils et de la compagne de celui-ci. Il conteste les faits. Il passe près de trente-trois mois en détention provisoire avant d’être mis hors de cause. Ce n’est pas une condamnation ensuite annulée : l’injustice se produit pendant l’instruction, avant tout jugement de culpabilité. [1][2][4]
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4. Un parcours déjà connu de la justice
Tailleur de pierre, Poirson travaille dans le secteur de Mantes et de Bonnières-sur-Seine. Son casier comprend une condamnation à quinze ans de réclusion dans les années 1980, puis une nouvelle peine de prison dans les années 1990. Ces antécédents ne suffisent pas alors à lui attribuer les meurtres de Douains. [1][5]
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5. Mai 2000 : une découverte sur son lieu de travail
Une femme prise en voiture par Poirson est séquestrée dans une dépendance du lieu où il travaille, dans le secteur de La Villeneuve-en-Chevrie et Chaufour-lès-Bonnières. L’intervention de son employeur permet sa libération. Son témoignage conduit les enquêteurs vers le tailleur de pierre, qui se présente aux gendarmes de Bonnières-sur-Seine. [5][6]
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6. Charlotte Berson : revenir sur une disparition de 1999
Charlotte Berson disparaît de Pacy-sur-Eure en septembre 1999. Son corps est découvert le mois suivant dans le secteur de Saint-Cyr-en-Arthies, dans le Val-d’Oise. En 2000, les gendarmes réinterrogent Poirson sur ce meurtre. Il reconnaît avoir rencontré cette femme sur la route et l’avoir tuée. [3][5][6]
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7. Lucie Pham-Ngoc-Bich : les bijoux et les recherches
Lucie Pham-Ngoc-Bich disparaît en avril 1999. Des bijoux qui lui appartiennent sont retrouvés lors d’une perquisition chez Poirson à Mantes-la-Jolie. Il reconnaît ce nouveau meurtre et donne des indications sur l’endroit où le corps est enterré. Les recherches aboutissent en janvier 2001 dans le secteur de Chaufour-lès-Bonnières. [5][8]
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8. Décembre 2000 : le double meurtre change d’auteur présumé
Interrogé sur les faits de Douains, Poirson reconnaît en décembre 2000 les meurtres de Jeanine et Monique Villain. Les enquêteurs de l’Eure confrontent ce récit au dossier ouvert cinq ans auparavant. Michel Villain peut sortir de la position de suspect pour retrouver celle de proche des victimes. Au procès de Poirson, son avocat dénonce la durée de sa détention et la fragilité des éléments qui l’ont provoquée. [1][2][6]
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9. Les investigations se poursuivent au-delà des aveux
En 2001, les gendarmes de la section de recherches de Versailles examinent d’autres disparitions et organisent des fouilles avec une équipe cynophile belge. Des investigations portent également sur un ancien cliché découvert dans le passé de Poirson. Ces recherches ne prouvent pas, à elles seules, l’existence d’autres meurtres commis par lui. Le bilan judiciaire retenu ici reste celui des quatre femmes dont les homicides sont jugés dans les deux procès. [8][9]
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10. 24 septembre 2002 : la première perpétuité
Les assises de l’Eure, à Évreux, jugent les faits commis contre Jeanine et Monique Villain. Après deux jours de débats, Poirson est condamné le 24 septembre 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité. L’avocate générale demande aussi vingt-deux ans de sûreté ; la cour ne retient pas cette demande. [1][2][4]
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11. 4 février 2005 : le second procès et vingt-deux ans de sûreté
Du 2 au 4 février 2005, les assises des Yvelines examinent les meurtres de Charlotte Berson et de Lucie Pham-Ngoc-Bich, ainsi que d’autres violences et enlèvements. Le 4 février, Poirson reçoit une nouvelle peine de réclusion criminelle à perpétuité, cette fois assortie de vingt-deux ans de sûreté. La sûreté encadre certains aménagements ; elle ne transforme pas la perpétuité en une peine de vingt-deux ans. [5][10]
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12. Ce que les verdicts permettent encore d’affirmer
Les deux condamnations établissent la responsabilité de Poirson dans quatre homicides. Des enquêteurs continuent, dans leurs témoignages ultérieurs, à s’interroger sur l’étendue de son parcours. Ces convictions personnelles ne constituent pas un verdict supplémentaire. La recherche documentaire menée pour cette fiche ne retrouve pas de décision publique postérieure modifiant les peines de 2002 et 2005. Elle ne permet pas non plus d’attester un lieu de détention actuel ou une libération. [10][11]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Les meurtres de Jeanine et Monique Villain, Charlotte Berson et Lucie Pham-Ngoc-Bich sont jugés dans deux procédures. L’enlèvement de 2000, les aveux successifs et les découvertes matérielles font progresser les enquêtes. Michel Villain passe près de trois ans en détention provisoire à tort avant la mise en cause de Poirson.
Incertain ou non établi
Le total d’éventuelles autres victimes n’est pas établi par les sources retenues. Les mobiles formulés par Poirson ne suffisent pas à expliquer ses actes. La fin d’une période de sûreté ne prouve aucune sortie de prison. En l’absence d’une décision récente vérifiable, cette fiche ne donne ni date de libération ni établissement actuel.
Les dates clés
- 30 août – 2 septembre 1995 — Disparition puis découverte des corps des deux femmes Villain.
- Mars 1998 — Placement en détention de Michel Villain.
- Avril–septembre 1999 — Disparitions de Lucie Pham-Ngoc-Bich et de Charlotte Berson.
- Mai 2000 — Enlèvement interrompu et mise en cause de Poirson.
- Décembre 2000 — Aveux concernant le double meurtre de Douains.
- Janvier 2001 — Découverte du corps de Lucie Pham-Ngoc-Bich.
- 24 septembre 2002 — Première condamnation à perpétuité.
- 4 février 2005 — Seconde perpétuité, avec vingt-deux ans de sûreté.
Les lieux de l’affaire
Douains est le point de départ du double meurtre ; Neuilly, le lieu de découverte des corps. Les autres dossiers traversent l’Eure, les Yvelines et le Val-d’Oise. Mantes-la-Jolie apparaît dans les perquisitions, Bonnières dans l’enquête, Évreux et Versailles dans les procès. La photographie situe La Villeneuve-en-Chevrie en 2022 : son église n’est pas présentée comme une scène de crime.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’enquête avance grâce à une victime survivante, à l’intervention d’un employeur et au rapprochement de dossiers entre plusieurs services. Elle met aussi au jour une grave erreur de direction contre un proche endeuillé. Sa singularité tient à ces deux mouvements simultanés : identifier un auteur de crimes répétés et défaire une accusation qui paraissait tenir avant les nouveaux éléments.
Sources et méthode
Les comptes rendus contemporains des deux procès fixent le bilan judiciaire. Les reportages de l’enquête documentent les découvertes et les aveux, sans convertir leurs hypothèses en faits acquis. Plusieurs rétrospectives mêlent dates, prénoms ou nombre de crimes jugés ; les recoupements privilégient les articles d’audience. Les arrêts d’assises intégraux et le dossier actuel d’application des peines ne sont pas consultés. Les témoignages tardifs servent seulement à identifier les interrogations persistantes. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Le Monde — verdict de la cour d’assises de l’Eure, 26 septembre 2002
- Le Parisien — Prison à perpétuité pour le tailleur de pierre, 25 septembre 2002
- Le Monde — récit du double meurtre et de l’enquête, 9 juillet 2002
- Le Parisien — ouverture du premier procès, 23 septembre 2002
- Le Parisien — ouverture du procès des Yvelines, 2 février 2005
- Le Parisien — aveux et rapprochements entre enquêtes, 15 décembre 2000
- Le Monde — compte rendu d’audience, 25 septembre 2002
- Le Parisien — fouilles et dossiers supplémentaires étudiés, 28 juin 2001
- Le Parisien — recherches sur le passé de Poirson, 30 mai 2002
- Le Parisien — compte rendu du verdict du 4 février 2005, publié le 5 février
- RTL — témoignages rétrospectifs de Philippe Schneider et Michèle Fines, L’Heure du crime