Ancien bâtiment voyageurs de la gare de Saint-Blaise-la-Roche – Poutay, côté route.
La gare de Saint-Blaise-la-Roche – Poutay, photographiée en 2010. Lina se dirigeait vers cette gare lors de sa disparition en septembre 2023. Photographie de 2010 ; ne représente pas le jour de la disparition.Photo : Ji-Elle / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 3.0. Image convertie en WebP et redimensionnée ; cadrage intégral conservé dans le fichier, recadrage possible à l’affichage ; licence de la source conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Lina Delsarte : la voiture qui a changé le cours de l’enquête

CRIMES IMPOSSIBLES

Plaine · Saint-Blaise-la-Roche · Sermoise-sur-Loire

Disparition : 23 septembre 2023 · Corps retrouvé : 16 octobre 2024

Principal suspect décédé ; conclusions d’enquête sans condamnation

Le 23 septembre 2023, Lina Delsarte, 15 ans, disparaît en marchant vers la gare de Saint-Blaise-la-Roche, en Alsace. Son corps est retrouvé le 16 octobre 2024 dans la Nièvre. Entre ces deux dates, l’identification d’une voiture volée, des traces génétiques et l’exploitation de données de déplacement ont transformé les recherches. Le principal suspect, Samuel Gonin, est mort avant de pouvoir être jugé.

L’affaire en 30 secondes

Victime
Lina Delsarte, 15 ans lors de sa disparition dans le Bas-Rhin.
Tournant
ADN et effets personnels reliés à une Ford Puma volée ; déplacements exploités.
Limite
Samuel Gonin est mort le 10 juillet 2024 ; il n’a pas été jugé dans ce dossier.

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Le trajet vers une gare qu’elle n’atteint pas

Le samedi 23 septembre 2023, Lina quitte son domicile de Plaine, dans le Bas-Rhin. Elle doit rejoindre à pied la gare de Saint-Blaise-la-Roche, à environ trois kilomètres, puis prendre un train pour Strasbourg où l’attend son petit ami. Elle n’arrive pas au rendez-vous. Celui-ci prévient sa mère. Les enquêteurs cherchent à reconstituer les dernières minutes d’un déplacement qui, jusque-là, appartient à la vie ordinaire de l’adolescente. [1]

Dans le village, les premiers portraits recueillis par la presse décrivent une jeune fille joyeuse, attachée à ses relations et aux usages de son âge. La gare photographiée en ouverture de cette fiche représente ce quotidien : un lieu de départ vers les études, les proches ou les sorties. L’image date de 2010 et ne montre pas le jour des faits. [2]

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Un périmètre restreint, des mois sans réponse

Le téléphone de Lina cesse d’émettre vers 11 h 22. Des témoins la situent sur la route en fin de matinée. Les battues et les premières vérifications ne permettent pas de la retrouver. Au fil des mois, des véhicules et des emplois du temps sont examinés. En mars 2024, trois gardes à vue sont levées sans élément incriminant. Ces vérifications ne permettent pas de désigner les personnes entendues comme responsables de la disparition. [1]

Les moyens engagés comprennent des équipes au sol, des recherches avec des chiens et l’exploration de points d’eau. Aucun indice d’un accident sur le trajet ne vient donner l’explication attendue. Le problème tient à la brièveté du passage à reconstituer : une adolescente peut être vue à un endroit puis ne plus laisser de trace quelques minutes plus tard. L’absence de résultat dans un secteur fouillé impose d’élargir le travail aux déplacements possibles, aux témoignages et aux données techniques, sans transformer chaque nouvelle piste en accusation. [8]

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Une voiture volée relie enfin plusieurs traces

Le 26 juillet 2024, le parquet de Strasbourg annonce que le profil génétique de Lina a été identifié dans une voiture volée. Il s’agit d’une Ford Puma. Le rapprochement ouvre une piste nouvelle, bien différente des seules observations recueillies sur la route. Le véhicule avait été immobilisé dans l’Aude après une affaire sans lien alors établi avec la disparition. Son examen rapproche un objet matériel conservé loin de l’Alsace d’une enquête menée depuis des mois. [8]

RTL rapporte que le sac de Lina et des effets personnels ont été retrouvés dans la voiture, ainsi que des traces biologiques. Samuel Gonin, identifié comme son conducteur, devient le principal suspect. Mais il est mort le 10 juillet 2024, avant l’annonce publique du rapprochement génétique. Les enquêteurs ne peuvent plus lui soumettre leurs découvertes. Ils doivent progresser en croisant les objets, les images et les données du véhicule. Son décès ne transforme pas les soupçons en verdict : aucun tribunal ne l’a condamné dans cette affaire. [3]

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Des données de trajet aux fouilles de terrain

L’exploitation de la voiture permet de retracer une partie de ses déplacements. Ce travail ne se réduit pas à suivre un point sur une carte : il faut identifier des arrêts, apprécier leur durée, puis déterminer quelles zones peuvent être parcourues depuis chacun d’eux. RTL décrit des recherches organisées autour de ces lieux, avec des périmètres adaptés au temps disponible. Selon le média, près de 170 hectares sont ainsi fouillés. [4]

Les recherches passent notamment par les Vosges et la Haute-Saône avant d’aboutir dans la Nièvre. Les données numériques orientent les équipes ; elles ne remplacent pas l’examen du terrain. Entre une trace enregistrée et une découverte, il reste des bois, des chemins, des reliefs et des points d’eau à inspecter. [8]

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Le 16 octobre 2024, Lina est retrouvée dans la Nièvre

Le corps de Lina est découvert à Sermoise-sur-Loire, près de Nevers, dans un cours d’eau d’une zone boisée. Plus d’un an s’est écoulé depuis sa disparition. Cette découverte met fin à l’espoir de la retrouver vivante, mais elle donne aussi aux enquêteurs un lieu et des éléments à examiner. Elle est liée au travail de reconstitution du trajet de la voiture. Retrouver le corps et reconstituer entièrement les faits restent toutefois deux objectifs différents. [4]

Le temps écoulé et les conditions de conservation compliquent les expertises, comme le soulignent les questions posées à l’autopsie dès octobre. Dans le bilan rendu public le 19 décembre 2024, le parquet privilégie une mort par strangulation, tout en conservant des réserves médico-légales. Cette formulation doit rester prudente. Elle ne justifie ni une description inventée des derniers instants ni une certitude sur tous les gestes commis. Les constatations réduisent des incertitudes, sans nécessairement permettre de répondre à chacune des questions de la famille. [6] [5]

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Ce que l’enquête peut dire sans procès du suspect

Le bilan du parquet de décembre 2024 privilégie également une action solitaire de Samuel Gonin. Cette appréciation porte sur les éléments réunis à cette date. La présenter ne revient pas à inventer un complice, ni à assurer que chaque détail de la rencontre a été établi. Le dossier comporte une limite durable : le principal suspect est décédé. Les traces peuvent être confrontées entre elles, mais sa version ne pourra pas être débattue devant une cour d’assises. [5]

Pour les proches, la découverte du corps fait passer l’attente dans un autre temps. Une amie de la mère de Lina raconte à RTL le choc de l’annonce après des mois de recherches. L’enquête et le deuil ne progressent pas au même rythme. Les obsèques se tiennent à Plaine le 25 octobre 2024. Le récit public doit laisser une place à cette vie et à cette perte, tout en refusant de combler les silences par des scénarios. Une question encore ouverte sur l’enlèvement ne constitue pas une preuve contre une personne de l’entourage. [7] [5]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

La disparition du 23 septembre 2023, l’identification de traces dans la voiture et la découverte du corps à Sermoise-sur-Loire sont documentées. Le décès du principal suspect précède l’annonce publique du rapprochement génétique.

Incertain ou non établi

Les circonstances exactes de la rencontre et l’ensemble des derniers déplacements de Lina ne sont pas restitués avec certitude. Le bilan de décembre 2024 privilégie une strangulation et une action solitaire ; il ne s’agit pas d’un verdict.

Les dates clés

  1. 23 septembre 2023 — Lina disparaît sur le trajet vers la gare.
  2. Mars 2024 — Trois gardes à vue levées sans élément incriminant.
  3. 10 juillet 2024 — Mort de Samuel Gonin.
  4. 26 juillet 2024 — Annonce de l’identification de l’ADN de Lina dans un véhicule.
  5. Été 2024 — Fouilles orientées par les déplacements de la voiture.
  6. 16 octobre 2024 — Découverte du corps dans la Nièvre.
  7. 19 décembre 2024 — Bilan du parquet sur les causes probables du décès.

Les lieux de l’affaire

Plaine et Saint-Blaise-la-Roche délimitent le trajet initial. L’Aude intervient dans l’identification du véhicule. Les Vosges et la Haute-Saône font partie des secteurs fouillés. Sermoise-sur-Loire, dans la Nièvre, est la commune de découverte du corps : ces lieux correspondent à des étapes différentes de l’enquête.

Deux enquêtes à lire ensuite

Sources et vérification

  1. Le Parisien — Le trajet, les recherches et le tournant de l’ADN, 27 juillet 2024
  2. Le Parisien — Portrait de Lina et de son village, 8 octobre 2023
  3. RTL — Le véhicule et la piste Samuel Gonin, octobre 2024
  4. RTL — Près de 170 hectares fouillés, 21 octobre 2024
  5. Wikipédia — Meurtre de Lina Delsarte, bilan du parquet du 19 décembre 2024 et références
  6. RTL — Les questions posées à l’autopsie, 18 octobre 2024
  7. RTL — La réaction des proches à la découverte du corps, octobre 2024
  8. Wikipédia anglophone — Chronologie des recherches et identification du véhicule