Façade du 36 quai des Orfèvres à Paris, ancien siège de la police judiciaire.
Le 36 quai des Orfèvres à Paris, photographié en 2010. Image du contexte policier, ni portrait de François Vérove ni scène d’enquête.Photo : Gzen92 / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie réelle conservée en entier, redimensionnement et conversion WebP sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Le Grêlé : François Vérove identifié

CRIMES IMPOSSIBLES

Paris ; Seine-et-Marne ; Essonne ; Le Grau-du-Roi, Gard

Crimes des années 1980–1990 ; identification en 2021 ; suites en 2026

Identification génétique ; auteur décédé avant tout procès ; autres faits examinés

Pendant trente-cinq ans, le Grêlé reste un visage sans nom. Des témoignages, des portraits-robots puis un profil génétique relient des crimes commis en région parisienne, sans permettre de retrouver leur auteur. En septembre 2021, une campagne de convocations visant d’anciens gendarmes conduit à François Vérove, devenu policier puis retraité. Il meurt avant d’être entendu. Une lettre et surtout une comparaison ADN permettent enfin de l’identifier. Cette découverte répond à une question majeure, mais laisse les familles sans procès et plusieurs dossiers sans réponse définitive. L’enquête se poursuit pour vérifier son parcours, rattacher les faits démontrables et mesurer les limites de ses aveux.

L’affaire en 30 secondes

L’enquête
Des crimes commis en région parisienne sont progressivement reliés à un même profil génétique.
L’identification
Après la mort de François Vérove en septembre 2021, l’ADN le relie au Grêlé.
Les suites
Aucun procès n’a pu le juger. Les enquêteurs continuent à examiner d’autres faits possibles.

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1. Cécile Bloch, le dossier fondateur

Le 5 mai 1986, Cécile Bloch, onze ans, est retrouvée morte dans son immeuble du 19e arrondissement de Paris. Elle a subi des violences sexuelles. Des personnes ont aperçu un inconnu dans le bâtiment. Leurs descriptions donnent aux enquêteurs un visage à rechercher. [1] [3]

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2. Un surnom issu des témoignages

La peau marquée décrite par des témoins vaut à l’homme recherché le surnom de Grêlé. Les portraits-robots circulent, mais ne livrent pas d’identité. Avec les années, l’apparence peut évoluer. L’enquête doit donc dépasser la seule ressemblance et retrouver des éléments vérifiables, capables de relier une personne précise aux traces conservées dans les dossiers. [1]

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3. Deux victimes adultes dans le Marais

Le 29 avril 1987, Irmgard Müller et Gilles Politi sont retrouvés assassinés à Paris. Ce double meurtre concerne des adultes, alors que le dossier Cécile Bloch porte sur une enfant. Le rapprochement ne peut donc pas reposer uniquement sur un profil de victime supposé constant. Les analyses ultérieures donneront une autre base au lien entre les affaires : des traces biologiques permettant de dépasser leurs différences apparentes. [2]

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4. L’autorité comme moyen d’approche

Un épisode survenu lors d’une fête d’adolescents en avril 1987 retient l’attention de la juge. Un homme présente une carte portant la mention Gendarmerie, prétexte le bruit puis agresse des jeunes restés sur place. Ce témoignage nourrit une question décisive : l’auteur imite-t-il un représentant de l’ordre ou connaît-il réellement ce milieu ? [3]

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5. Ingrid survit à l’agression de 1994

Le 29 juin 1994, Ingrid, onze ans, est enlevée à Mitry-Mory par un homme se présentant comme policier. Elle est conduite jusqu’à Saclay et subit une agression sexuelle. Elle survit. Son témoignage et les éléments recueillis deviennent essentiels à la suite des recherches. [2]

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6. Relier des crimes avant de nommer l’auteur

Selon la chronologie de France Télévisions, un rapprochement génétique relie en 1996 l’agression d’Ingrid au meurtre de Cécile Bloch. En 2001, le double meurtre du Marais rejoint cette série. L’ADN donne alors une continuité que les différences entre scènes ne rendaient pas évidente. Il manque toujours le nom correspondant au profil : identifier une trace commune à plusieurs dossiers et identifier celui qui l’a laissée sont deux étapes distinctes. [2]

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7. Un parcours dans les forces de l’ordre

Vérove sert dans la gendarmerie de 1983 à 1988, avant de devenir policier. Il s’installe plus tard dans le sud de la France et exerce un mandat municipal à Prades-le-Lez. Son entourage connaît un homme intégré à la vie locale. Les archives de sa carrière fournissent des affectations, des dates et des relations à confronter aux enquêtes. [4]

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8. La décision de reprendre les listes

Le 15 novembre 2019, la juge Nathalie Turquey demande à la gendarmerie une liste d’hommes nés entre 1950 et 1966 et passés par la Garde républicaine en 1987. Taille, groupe sanguin et photographies doivent aider aux vérifications. L’enquête transforme ainsi une hypothèse de profession en une recherche délimitée. Le travail consiste à reprendre des dossiers individuels, y compris ceux de personnes qui n’ont jamais été identifiées comme suspects dans la série criminelle. [3]

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9. Une campagne de prélèvements en 2021

Environ 750 anciens gendarmes sont concernés par la campagne de convocations et de prélèvements génétiques rapportée par RTL. Vérove figure parmi les personnes appelées. La méthode ne suppose pas que tous ces hommes soient coupables : elle cherche une correspondance avec le profil inconnu. Cette phase associe les archives professionnelles à la comparaison biologique, après des décennies pendant lesquelles ces informations n’avaient pas abouti à son identification. [4]

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10. La mort de Vérove puis la confirmation

Le 29 septembre 2021, François Vérove est retrouvé mort au Grau-du-Roi. Il a laissé une lettre dans laquelle il reconnaît des actes criminels, sans en fournir un inventaire complet. La comparaison ADN permet ensuite de confirmer le lien avec le Grêlé. La découverte est annoncée à la fin de septembre. L’élément déterminant pour l’identification est cette correspondance matérielle ; la lettre ne constitue pas, à elle seule, une vérification de tous les crimes évoqués. [5]

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11. Une identité trouvée, des réponses manquantes

La mort de Vérove empêche un procès à son encontre. Dès octobre 2021, les investigations se poursuivent pour reconstituer ses déplacements et rechercher d’éventuels autres faits. Le travail change de point de départ : un nom est désormais connu, mais chaque rapprochement doit encore être étayé. [6] [8]

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12. L’affaire Gilbert Gaudry examinée en 2026

En janvier 2026, une expertise d’écriture apporte un élément supplémentaire dans l’enquête sur la mort de Gilbert Gaudry, retrouvé en juin 1990 à Saint-Aubin, dans l’Essonne. Selon le parquet cité par l’AFP, Vérove serait l’auteur des falsifications de chèques volés à la victime. Le pôle de Nanterre est saisi de ce dossier depuis novembre 2024. Ce rapprochement renforce une piste précise ; il doit conserver son statut d’élément d’enquête, sans être présenté comme un verdict. [7]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

L’identification génétique de François Vérove en 2021 relie un nom à des crimes que l’ADN avait déjà rapprochés. Son passage dans la gendarmerie puis la police est documenté. Les recherches parmi d’anciens gendarmes ont conduit à sa convocation. Il est mort avant de pouvoir être interrogé dans ce cadre et jugé.

Incertain ou non établi

L’étendue complète de son parcours criminel n’est pas fixée par un procès. Des affaires évoquées après son identification restent à vérifier séparément. La lettre posthume n’offre ni chronologie exhaustive ni réponse fiable à toutes les questions.

Les dates clés

  1. 5 mai 1986 — Meurtre de Cécile Bloch à Paris.
  2. 29 avril 1987 — Meurtres d’Irmgard Müller et Gilles Politi.
  3. 29 juin 1994 — Enlèvement et agression d’Ingrid.
  4. 1996 et 2001 — Rapprochements génétiques entre plusieurs dossiers.
  5. 2019–2021 — Recherche dans les archives et convocations d’anciens gendarmes.
  6. Septembre 2021 — Mort de Vérove et identification ADN.
  7. Janvier 2026 — Expertise d’écriture rapportée dans l’affaire Gaudry.

Les lieux de l’affaire

Paris concentre plusieurs scènes du dossier, dont l’immeuble de Cécile Bloch et le double meurtre du Marais. Mitry-Mory et Saclay jalonnent l’agression d’Ingrid. Le Grau-du-Roi est le lieu où Vérove est retrouvé mort, distinct des scènes criminelles précédentes.

Ce qui rend cette affaire singulière

Le dossier du Grêlé montre la complémentarité de traces anciennes et d’une nouvelle question posée aux archives. L’ADN avait relié des affaires longtemps avant de donner un nom. La recherche parmi les gendarmes a rendu possible la comparaison décisive. Mais cette avancée laisse subsister deux histoires : celle des crimes matériellement reliés et celle des autres faits pour lesquels les familles attendent encore des réponses.

Sources et méthode

Les repères chronologiques sont croisés entre France Télévisions, RTL et la presse d’information. Le chiffre total des crimes parfois attribués au Grêlé n’est pas repris comme bilan définitif. L’identification ADN, les déclarations de la lettre et les rapprochements ultérieurs sont distingués. Le point de janvier 2026 sur Gilbert Gaudry repose sur le compte rendu d’une expertise, pas sur une condamnation. Vérification documentaire : 23 septembre 2026.

  1. Wikipédia — François Vérove, repères biographiques et affaires documentées
  2. France Télévisions — chronologie du documentaire Insoupçonnable, 2024
  3. RTL — le travail de la juge et les témoignages, 4 mars 2022
  4. RTL — parcours de Vérove, convocations et suites de l’enquête, 2022
  5. Le Parisien — identification du Grêlé et lettre posthume, 30 septembre–1er octobre 2021
  6. Le Progrès — nouvelles investigations après l’identification, 7 octobre 2021
  7. Journal Spécial des Sociétés avec AFP — expertise d’écriture dans l’affaire Gaudry, 9 janvier 2026
  8. Le Parisien — questions et réponses sur les suites de l’enquête, 4 mars 2026