
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Karine Schaaff, le meurtre de Bitche
CRIMES IMPOSSIBLESBitche · Mouterhouse · Metz · Nancy
2001–2006
Trente ans de réclusion en appel · décision du 17 février 2006
Bitche, 22 juillet 2001. Karine Schaaff part à vélo retrouver une amie et disparaît sur son trajet. Les recherches conduisent à Stéphane Krauth, dont la voiture a heurté la bicyclette. Il indique ensuite aux gendarmes où se trouve le corps, dans la forêt de Mouterhouse. Sa version d’un accident mortel est contestée par les expertises. Condamné à perpétuité en 2004, il est rejugé en février 2006 et reçoit trente ans de réclusion. La chronologie précise des violences demeure discutée, sans effacer cette condamnation.
L’affaire en 30 secondes
- La disparition
- Une sortie à vélo le 22 juillet 2001 ; le corps est retrouvé onze jours plus tard.
- La justice
- La peine prononcée en appel est de trente ans, avec vingt ans de sûreté.
- La question restante
- La collision et les actes qui suivent doivent être distingués ; tous leurs détails ne sont pas reconstitués.
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1. Le trajet à vélo du 22 juillet 2001
Karine Schaaff est une lycéenne de Bitche, en Moselle. Le dimanche 22 juillet, elle quitte son domicile à bicyclette pour rendre visite à une amie. Elle n’arrive pas à destination. Son vélo est retrouvé sur le parcours, dans le secteur de la route de Dambach. Les gendarmes cherchent à identifier les personnes et les véhicules présents sur cet itinéraire. [1] [2]
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2. Les débris orientent vers une voiture
Les constatations sur la chaussée et la bicyclette indiquent qu’un véhicule a heurté le vélo. Des fragments de clignotant orientent les recherches vers une Mazda 323. Les gendarmes recueillent aussi des témoignages sur les véhicules aperçus dans le secteur. Le rapprochement entre dégâts, horaires et renseignements recueillis fait progressivement émerger la piste de Stéphane Krauth. [1]
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3. Onze jours d’attente et de vérifications
Pendant les recherches, les témoignages doivent être triés et les signalements confrontés aux éléments matériels. Les comptes rendus contemporains décrivent aussi des pistes sans résultat, dans une région où bois et routes secondaires compliquent la localisation d’une personne. Le 1er août, Krauth est interpellé. Son audition donne une nouvelle direction aux investigations : il admet avoir percuté Karine. L’explication qu’il propose porte toutefois sur un accident, alors que les enquêteurs cherchent encore la victime. [1] [2]
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4. La découverte en forêt de Mouterhouse
Le 2 août 2001, Krauth conduit les gendarmes dans la forêt de Mouterhouse, où le corps de Karine est retrouvé. La disparition devient une affaire criminelle. Le lieu de découverte est distinct de celui de la collision : le déplacement de la victime doit donc être expliqué. Les tentatives de dissimulation ont également dégradé les possibilités de constatation. [2] [3]
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5. La version d’un accident qui aurait dégénéré
Krauth affirme avoir heurté involontairement la cycliste puis avoir paniqué. Dans ses déclarations successives, il reconnaît des actes commis après le choc tout en contestant une entreprise criminelle préalable. La question n’est donc pas seulement de savoir si la voiture a rencontré le vélo, fait admis, mais ce qui s’est produit ensuite et quand Karine est morte. [3] [4]
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6. Les déclarations de Péroline Garino
Péroline Garino, la compagne de Krauth, est elle aussi interrogée. Ses déclarations évoluent et mettent en cause le comportement de son compagnon. L’enquête examine parallèlement sa participation à la disparition de preuves. Son rôle ne doit pas être assimilé à celui de Krauth : le procès de 2004 aboutit pour elle à une peine de trois ans d’emprisonnement pour destruction de preuves. [4] [10]
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7. Ce que les expertises permettent de distinguer
Les experts confrontent les traces de freinage, les dommages aux véhicules et les constatations médico-légales. La thèse d’une collision à très grande vitesse, qui expliquerait à elle seule le décès, est mise en difficulté. Les débats d’octobre 2004 portent notamment sur l’écart entre cette version et les résultats techniques. Il faut séparer deux questions : le caractère volontaire du heurt et le caractère mortel de ce choc. Une incertitude sur la première ne valide pas automatiquement la seconde. [5] [6]
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8. Le renvoi aux assises contrôlé en 2004
Le 18 février 2004, la Cour de cassation rejette les pourvois examinés contre la décision de renvoi devant les assises. L’arrêt rappelle les charges d’enlèvement et de séquestration suivis de mort, ainsi que de viol. Il expose les objections de la défense et les motifs retenus par la chambre de l’instruction. Ce contrôle porte sur la régularité et la qualification du renvoi : il n’est pas le verdict de culpabilité, qui appartient à la juridiction de jugement après les débats. [7]
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9. Le premier procès à Metz
Le procès s’ouvre le 15 octobre 2004 devant la cour d’assises de la Moselle. Les jurés entendent les experts et les témoins, puis examinent les versions de Krauth et de Garino. Le 22 octobre, Krauth est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté. [8] [9]
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10. Le nouveau débat devant la cour de Nancy
Le procès en appel commence le 10 février 2006 devant la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle. Krauth soutient encore la thèse de l’accident ; l’accusation la conteste et requiert le maintien d’une peine perpétuelle. Péroline Garino intervient alors comme témoin, sa propre condamnation n’étant plus soumise à cette audience après son désistement d’appel. [10] [11]
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11. Le 17 février 2006 : trente ans de réclusion
À l’issue du second procès, Krauth est condamné à trente ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers, soit vingt ans. La peine de l’appel remplace ainsi la perpétuité prononcée en 2004. Cette réduction n’est pas un acquittement et ne valide pas le récit d’un simple accident. En juin 2006, la presse rapporte séparément la libération conditionnelle de Péroline Garino, intervenue le mois précédent après sa condamnation à trois ans. [10] [12] [13]
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12. Ce que l’on peut dire des suites
La dernière peine documentée dans les sources retenues est celle de l’appel de 2006. Aucune décision vérifiée ne permet ici d’annoncer une libération de Krauth ou de décrire sa situation pénitentiaire actuelle. La période de sûreté n’est pas une date automatique de sortie : elle limite l’accès à certains aménagements pendant sa durée. [10] [14]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
La collision implique la voiture de Krauth. Il conduit les enquêteurs jusqu’au corps le 2 août 2001. Deux procès d’assises se succèdent ; la peine prononcée en appel est de trente ans de réclusion. Garino est condamnée séparément pour destruction de preuves.
Incertain ou non établi
Les versions de l’accusé et certains témoignages ont changé. Tous les actes et leur ordre précis ne sont pas reconstitués avec la même certitude. Les documents consultés ne renseignent pas une éventuelle décision récente d’aménagement de peine.
Les dates clés
- 22 juillet 2001 — Disparition de Karine pendant une sortie à vélo.
- 1er–2 août 2001 — Interpellation de Krauth, puis découverte du corps.
- 18 février 2004 — Rejet des pourvois contre le renvoi aux assises.
- 22 octobre 2004 — Perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté au premier procès.
- 17 février 2006 — Trente ans de réclusion avec vingt ans de sûreté en appel.
- Mai 2006 — Libération conditionnelle de Garino, rapportée début juin.
Les lieux de l’affaire
Bitche est la ville de départ de Karine ; la route vers Dambach situe la collision. La forêt de Mouterhouse est le lieu où le corps est retrouvé. Metz accueille le procès de 2004, Nancy celui de 2006. La citadelle photographiée en 2011 sert uniquement de repère géographique pour Bitche et ne représente pas une scène de l’affaire.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’enquête associe une recherche de personne disparue à la reconstitution technique d’un choc routier. Le débat central porte sur le lien entre cette collision et le décès, puis sur les actes commis après le heurt. La comparaison des deux procès montre aussi pourquoi une peine largement médiatisée en première instance doit être suivie jusqu’à l’appel.
Sources et méthode
L’arrêt de la Cour de cassation du 18 février 2004 constitue la source judiciaire primaire sur le renvoi et les moyens de la défense. Les verdicts sont recoupés entre les comptes rendus contemporains et la rétrospective de L’Est Républicain. Le texte intégral de l’arrêt d’assises de 2006 n’a pas été consulté. Les descriptions de violences ont été écartées ; les qualifications judiciaires sont conservées. Aucune situation carcérale actuelle n’est déduite du seul calcul des peines. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Le Parisien, onze jours de recherches et de vérifications, 3 août 2001
- RTL, retour sur l’enquête et les versions de Krauth, 2019
- Le Parisien, les premières déclarations au juge, 13 août 2001
- Le Parisien, les déclarations de la compagne de Krauth, 10 août 2001
- Le Monde, les experts au procès de Krauth, 20 octobre 2004
- La Dépêche, débats sur la thèse de l’accident mortel, 20 octobre 2004
- Cour de cassation, chambre criminelle, 18 février 2004, pourvoi 03-87.234
- Le Monde, ouverture du premier procès, 15 octobre 2004
- Le Parisien, verdict de perpétuité, 23 octobre 2004
- L’Est Républicain, trente ans de réclusion en appel, rétrospective de 2013
- Le Parisien, ouverture du procès en appel, 11 février 2006
- Le Monde, réduction de la peine en appel, 18 février 2006
- Le Parisien, libération conditionnelle de Péroline Garino, 2 juin 2006
- Légifrance, Code pénal, article 132-23 : période de sûreté