
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Justine Vayrac : de la disparition à un verdict contesté en appel
CRIMES IMPOSSIBLESTauriac · Brive-la-Gaillarde · Beynat · Tulle
Disparition : 23 octobre 2022 · Verdict : 21 mars 2026
Trente ans en première instance ; appel annoncé le 1er avril 2026
Dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022, Justine Vayrac, 20 ans, disparaît après une soirée à Brive-la-Gaillarde. Son corps est retrouvé quatre jours plus tard près de Beynat. L’enquête conduit à Lucas Larivée, condamné en mars 2026 à trente ans de réclusion pour viol et meurtre. Il a fait appel. Des premiers indices au procès, le dossier oppose les constatations matérielles aux versions successives de l’accusé.
L’affaire en 30 secondes
- Victime
- Justine Vayrac, 20 ans, mère d’un jeune enfant.
- Enquête
- Corps retrouvé le 27 octobre 2022 près de Beynat, après les déclarations du suspect.
- Justice
- Lucas Larivée condamné à trente ans ; décision contestée en appel.
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Une sortie à Brive, puis plus aucune nouvelle
Justine Vayrac a 20 ans et vit à Tauriac, dans le Lot. Elle est mère d’un jeune enfant. Dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022, elle sort à Brive-la-Gaillarde. La disparition se noue à l’issue de cette soirée en discothèque : ses proches ne parviennent plus à la joindre. Leur inquiétude ouvre une recherche dont l’objectif est encore de la retrouver vivante. [1]
Le portrait que donne le père de son enfant rappelle une autre dimension de sa vie. Il décrit une jeune mère attentive et déterminée à prendre soin de son fils. Au moment de la disparition, celui-ci se trouve auprès de son père. Ce témoignage restitue une existence familiale que le récit criminel tend à effacer. Sortir avec des amis ne dit rien d’une responsabilité dans les violences subies. [3]
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Les premiers indices conduisent à Lucas Larivée
Lucas Larivée, un jeune ouvrier agricole, est identifié comme la dernière personne connue à avoir été avec Justine. Les recherches se concentrent sur son environnement à Beynat. Lors de la conférence de presse du 27 octobre, le procureur de Limoges présente plusieurs éléments : des traces de sang dans sa voiture et son logement, un sac brûlé identifié comme celui de Justine, ainsi qu’un témoignage concernant son téléphone. Ces éléments matériels et déclaratifs donnent une direction précise aux investigations. [1]
Leur intérêt tient à leur convergence. Un objet personnel retrouvé relie un lieu à la disparue ; une trace biologique doit être identifiée ; une déclaration doit être située dans le temps. Aucun de ces éléments ne raconte, isolément, toute la soirée. Les rapprocher permet en revanche de confronter une version aux constatations. Le domicile et le véhicule deviennent des lieux à examiner, puis à replacer dans une chronologie.
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Le 27 octobre, la recherche devient une enquête sur la mort
Pendant sa garde à vue, Lucas Larivée reconnaît avoir causé la mort de Justine. Il livre toutefois une version qui minimise les violences et présente la relation sexuelle comme consentie. Le corps est retrouvé le 27 octobre dans une zone boisée proche de son domicile. Il est mis en examen pour viol, séquestration et meurtre, puis placé en détention provisoire. Reconnaître un décès n’équivaut donc pas à reconnaître toutes les infractions poursuivies. [1]
Les premières constatations, puis l’autopsie rapportée au début de novembre, ne concordent pas avec le récit d’un unique coup fatal. L’examen médico-légal devient essentiel pour comprendre la nature des violences. À cette époque, certaines analyses sont encore attendues : les interrogations sur une éventuelle substance administrée à Justine ne peuvent pas être converties en certitudes. Une hypothèse présente dans la presse pendant les premiers jours ne vaut pas une conclusion expertale, et les informations de 2022 doivent être lues avec leur date. [2]
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En mars 2026, le débat se déplace devant les assises
Plus de trois ans après les faits, Lucas Larivée comparaît devant la cour d’assises de la Corrèze, à Tulle. Le procès confronte les constatations, les expertises et les versions de l’accusé. L’enjeu dépasse la question de savoir s’il a causé la mort : la qualification des violences sexuelles et l’intention homicide sont au cœur du débat. La défense conteste la lecture de l’accusation. Ce désaccord doit être présenté comme tel, sans adopter automatiquement le récit de l’un ou l’autre camp. [4]
Le 21 mars 2026, après une audience prolongée d’une journée, la cour condamne Lucas Larivée à trente ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de vingt ans, pour le viol et le meurtre de Justine. Le ministère public avait requis la perpétuité. Les réquisitions et la peine prononcée sont deux étapes distinctes : les premières expriment la demande de l’accusation, la seconde est la décision de la cour. [4]
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Une condamnation dont la défense a fait appel
Le 1er avril 2026, l’appel de Lucas Larivée est rendu public. La peine de trente ans doit dès lors être accompagnée de cette précision : elle a été prononcée en première instance et reste contestée. Son avocat, Michel Labrousse, met en cause l’équité du procès et demande une autre appréciation des faits. Ces critiques sont les arguments de la défense ; elles ne constituent pas une décision établissant que le premier procès aurait été irrégulier. [5]
Auprès de Radio Totem, l’avocat conteste notamment la qualification de viol et celle de meurtre, en défendant une version sans intention de tuer. L’existence du recours ne permet de prédire ni un acquittement ni une peine future. Il faut conserver ensemble deux informations : une cour a retenu la culpabilité de l’accusé, et celui-ci a exercé une voie de recours contre ce verdict. La fiche ne présente donc pas cette décision comme définitive et n’annonce aucune date d’audience d’appel non confirmée. [6]
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Pour les proches, une attente qui recommence
Les obsèques de Justine se déroulent le 4 novembre 2022 à Tauriac. Le témoignage du père de son enfant montre combien l’annonce du décès transforme aussi la vie de ceux qui restent. Préserver les liens familiaux, accompagner un enfant et faire face à l’exposition publique deviennent des réalités quotidiennes. Cette histoire ne se résume pas à l’identité d’un accusé ou au nombre d’années d’une peine. [3]
Après l’annonce de l’appel, la famille exprime dans La Dépêche la difficulté de devoir affronter une nouvelle audience et de revenir sur les mêmes faits. Sa réaction dit la durée particulière du temps judiciaire : le premier verdict ne met pas nécessairement fin à l’attente. Pour raconter le dossier avec justesse, il faut rendre cette parole à ses auteurs, tout en distinguant leur vécu des questions que la cour d’appel devra examiner. La place de Justine dans le récit demeure celle d’une personne dont la vie a été interrompue, et non celle d’un prétexte à la description des violences. [7]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
La disparition, la découverte du corps et la condamnation du 21 mars 2026 sont documentées. La peine prononcée est de trente ans, avec vingt ans de sûreté. L’appel annoncé le 1er avril empêche de présenter ce verdict comme définitif.
Incertain ou non établi
Les arguments de la défense n’établissent pas à eux seuls une irrégularité du procès. Le résultat du recours reste à venir. Les hypothèses formulées pendant les premiers jours, notamment sur une substance administrée, ne sont pas reprises ici comme des faits acquis.
Les dates clés
- 22–23 octobre 2022 — Soirée à Brive et disparition de Justine.
- 27 octobre 2022 — Découverte du corps ; mise en examen de Lucas Larivée.
- 4 novembre 2022 — Obsèques à Tauriac.
- Mars 2026 — Procès devant les assises de la Corrèze.
- 21 mars 2026 — Condamnation à trente ans de réclusion criminelle.
- 1er avril 2026 — Annonce de l’appel formé par Lucas Larivée.
Les lieux de l’affaire
Tauriac est la commune où vivait Justine et où ses obsèques ont été célébrées. Brive est celle de sa dernière soirée. Beynat entre dans l’enquête par le domicile du suspect et la découverte du corps à proximité. Tulle accueille le premier procès. La photographie du bourg de Beynat sert de repère géographique.
Deux enquêtes à lire ensuite
Sources et vérification
- La Dépêche — Premiers éléments présentés par le procureur, 27 octobre 2022
- La Dépêche — Le point sur l’enquête, 5 novembre 2022
- La Dépêche — Le témoignage du père de son enfant, 5 novembre 2022
- Le Parisien — Verdict aux assises de la Corrèze, 21 mars 2026
- Le Parisien / AFP — Appel de Lucas Larivée, 1er avril 2026
- Radio Totem — Les arguments de la défense après l’appel, 1er avril 2026
- La Dépêche — La réaction des proches à l’appel, 5 avril 2026