
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Juana Barraza, les meurtres de Mexico
CRIMES IMPOSSIBLESMexico · Moctezuma · Venustiano Carranza · Mexique
Début des années 2000–2006 · condamnation en 2008 · suivi en 2026
Condamnée à 759 ans de prison en 2008 ; détention encore documentée en mai 2026
À Mexico, le 25 janvier 2006, Ana María de los Reyes Alfaro est tuée chez elle, dans la colonia Moctezuma. Son locataire alerte des policiers qui arrêtent Juana Barraza. Des empreintes et des témoignages la relient ensuite à plusieurs meurtres de femmes âgées. En mars 2008, elle reçoit une peine cumulée de 759 ans de prison. Les sources divergent entre seize et dix-sept homicides retenus. Comment l’enquête a-t-elle identifié l’auteure, et que peut-on réellement affirmer du bilan judiciaire de cette série ?
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Des femmes âgées sont tuées à domicile ; l’arrestation intervient le 25 janvier 2006.
- L’enquête et la justice
- Barraza reçoit une peine cumulée de 759 ans ; les comptes rendus mentionnent seize ou dix-sept homicides.
- La question restante
- Le nombre total attribuable à la série et les écarts entre les bilans publiés restent à distinguer.
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1. Des femmes tuées dans leur logement
Au début des années 2000, la police de Mexico enquête sur des meurtres de femmes âgées. Le bilan de janvier 2006 distingue déjà l’ensemble des homicides examinés de ceux qu’ils pensent relier à une série. Les dizaines de morts alors évoquées ne sont donc pas autant de crimes prouvés contre Barraza. [1]
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2. Une aide apparente pour entrer
Les récits d’enquête décrivent une personne qui propose des services, une aide sociale ou des soins afin de gagner la confiance de femmes souvent seules. L’approche ne nécessite pas une effraction visible. Ce schéma général aide à comprendre les rapprochements ; il ne démontre pas que chaque victime a reçu les mêmes paroles ni que tous les crimes ont commencé de façon identique. [1] [2]
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3. Le poids d’un portrait supposé
Avant l’identification, les descriptions recueillies et la force prêtée à l’agresseur ont orienté une partie des recherches vers un homme déguisé en femme. L’arrestation de Barraza contredit cette attente. Le dossier rappelle une limite du profil : une hypothèse sur le sexe ou l’apparence de l’auteur peut guider les recherches, mais elle ne doit pas devenir un filtre qui écarte les personnes ne correspondant pas au scénario attendu. [1] [3]
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4. Une empreinte sur une radiographie
Dans un dossier de vol à Jardín Balbuena, une personne se présentant comme infirmière manipule une radiographie. Une empreinte y est retrouvée. El Universal rapporte en 2006 son rapprochement avec Barraza et l’ouverture d’une procédure pour ce vol. Les archives donnent des dates différentes pour cet épisode de 2005 ; aucune date plus précise n’est imposée ici. [2]
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5. Le 25 janvier, chez Ana María
Ana María de los Reyes Alfaro vit dans la colonia Moctezuma, à Venustiano Carranza. Le 25 janvier 2006, celui-ci arrive alors que Barraza quitte les lieux et découvre sa logeuse morte. Son intervention permet de donner immédiatement l’alerte. Les récits divergent sur l’âge exact de la victime ; son identité, le quartier et la date de l’arrestation constituent les repères concordants. [3] [4]
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6. L’alerte rejoint une patrouille
José Joel López González attire l’attention de policiers à proximité. Barraza est interceptée puis identifiée comme la personne qui sortait de la maison. En février, le locataire et les deux agents sont récompensés publiquement. Il ne signifie pas que tous les homicides examinés auparavant soient résolus au moment de l’interpellation. [3] [5]
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7. Le premier acte judiciaire de janvier
Le 30 janvier 2006, le juge ordonne la poursuite de la procédure avec détention pour le meurtre d’Ana María de los Reyes. La Jornada précise que cet acte concerne alors ce dernier homicide, tandis que les autres dossiers restent à étayer. L’expression mexicaine auto de formal prisión désigne ici une étape de procédure. Elle ne doit pas être confondue avec la condamnation générale prononcée deux ans plus tard. [4]
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8. Les autres dossiers entrent dans la procédure
En mars 2006, de nouvelles décisions concernent notamment les morts de Natalia Torres Castro et María de los Ángeles Repper Hernández. La presse dénombre alors six actes de mise en cause avec détention et rapporte d’autres mandats. Empreintes et reconnaissances de témoins soutiennent les rapprochements présentés par le parquet. Barraza conteste les accusations supplémentaires. [6]
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9. Le jugement du 31 mars 2008
Le juge Enrique Juárez Saavedra, au soixante-septième tribunal pénal, prononce une peine cumulée de 759 ans et dix-sept jours. La publication historique du pouvoir judiciaire de Mexico indique dix-sept homicides et douze vols. El Universal publie ce même total dans le corps de son compte rendu. [7] [8]
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10. Seize ou dix-sept : conserver la divergence
La Jornada rapporte pour sa part seize femmes tuées et douze vols. Le chapeau de l’article d’El Universal mentionne lui aussi seize, alors que son texte indique dix-sept. Cette contradiction existe donc jusque dans une même archive. Sans accès au dispositif intégral du jugement, cette fiche la signale au lieu de choisir silencieusement un chiffre. Les 759 ans et l’existence de la condamnation sont, eux, concordants. [8] [9]
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11. Une peine cumulée, un recours annoncé
Les comptes rendus de 2008 expliquent que la durée effectivement exécutable est plafonnée à cinquante ans selon le droit applicable rapporté à l’époque. Additionner les peines ne signifie donc pas pouvoir enfermer une personne pendant sept siècles. Barraza annonce son intention de faire appel. Les sources consultées ne permettent pas de reconstituer l’issue complète des recours : cette annonce n’est présentée ni comme un acquittement ni comme la preuve d’une révision obtenue. [9]
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12. Le suivi de détention en 2026
En mai 2026, un transfert vers l’hôpital Belisario Domínguez est suivi d’un retour en établissement pénitentiaire. N+ rapporte une prise en charge à Tepepan et cite le secrétaire à la Sécurité citoyenne sur le maintien de la surveillance. Les formulations évoquant une sortie de prison doivent être lues dans ce contexte médical. Ce déplacement sous garde n’est pas une remise en liberté et ne modifie pas, à lui seul, la condamnation. [10]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Ce qui est établi
Ce qui reste incertain
Les dates clés
Enquêtes sur des meurtres de femmes âgées à Mexico. [1]
Découverte d’Ana María et arrestation de Barraza. [3]
Première décision de poursuite avec détention pour ce meurtre. [4]
De nouveaux dossiers sont soumis au juge. [6]
Prononcé de la peine cumulée de 759 ans. [7]
Transfert médical sous garde et retour en détention rapportés. [10]
Les lieux de l’affaire
- MexicoPlusieurs arrondissements sont concernés par les enquêtes rapprochées. [1]
- Moctezuma, Venustiano CarranzaQuartier de la dernière victime et de l’arrestation. [3]
- Jardín BalbuenaSecteur du dossier de vol lié à une empreinte sur une radiographie. [2]
- Santa Martha Acatitla et TepepanLieux pénitentiaires mentionnés aux différentes étapes du suivi. [4] [10]
Ce qui rend cette affaire singulière
La série associe une approche fondée sur la confiance, un profil initial trompeur et un tournant apporté par un témoin. Le passé de Barraza dans la lutte libre, sous le nom de La Dama del Silencio, a dominé de nombreux portraits. Il n’explique pourtant ni chaque meurtre ni les preuves du procès. La distinction entre l’image publique, les indices et le jugement permet de rendre aux femmes tuées une place qui dépasse le surnom de leur meurtrière. [3] [6] [7]
Sources et méthode
Les archives de La Jornada et d’El Universal sont recoupées avec El Libro Rojo du pouvoir judiciaire de Mexico, notamment sa page 99, puis avec le suivi pénitentiaire de N+ en mai 2026. Le livre est une synthèse institutionnelle, pas le jugement intégral. La divergence seize/dix-sept homicides est conservée, ainsi que la différence entre soupçons, actes de procédure et condamnation. L’âge discordant de la dernière victime et les détails non corroborés ne sont pas arbitrés artificiellement. Vérification documentaire : 3 octobre 2026.
- La Jornada, bilan du mode opératoire et des recherches, 26 janvier 2006
- El Universal, Enfrenta Mataviejitas dos procesos por robo, archive de 2006
- La Jornada, Cae mataviejitas tras consumar otro de sus crímenes; es mujer, 26 janvier 2006
- La Jornada, notification de l’auto de formal prisión, 31 janvier 2006
- La Jornada, récompenses au témoin et aux policiers, 14 février 2006
- La Jornada, Dos autos más de formal prisión para la Mataviejitas, 4 mars 2006
- Poder Judicial de la Ciudad de México, El Libro Rojo, tome I, chapitre La Mataviejitas, p. 99
- El Universal, Confirman sentencia de 759 años a La Mataviejitas, 31 mars 2008
- La Jornada, Dan 759 años de prisión a La mataviejitas, 1er avril 2008
- N+, état de santé et retour en détention, 28 mai 2026, actualisé le 31 mai