
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Joseph DeAngelo : le Golden State Killer
CRIMES IMPOSSIBLESVisalia, Sacramento, région de San Francisco et sud de la Californie, États-Unis
Crimes de 1974 à 1986 ; arrestation en 2018 ; condamnation en 2020
Treize meurtres et treize enlèvements reconnus ; prison à vie sans libération conditionnelle
Sacramento, avril 2018. Une enquête vieille de plusieurs décennies se resserre autour de Joseph James DeAngelo, ancien policier installé à Citrus Heights. Son nom n’est pas apparu directement dans un fichier criminel : une recherche généalogique fondée sur l’ADN a permis de remonter jusqu’à lui. Une comparaison biologique directe confirme ensuite la piste. Arrêté le 24 avril, il est identifié comme le Golden State Killer, auteur de crimes longtemps répartis entre plusieurs surnoms et plusieurs comtés californiens. En 2020, il plaide coupable de treize meurtres et de treize enlèvements commis pour voler. Sa condamnation à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle clôt la procédure, après des décennies d’attente pour les victimes.
L’affaire en 30 secondes
- Plusieurs noms, un auteur
- Des séries d’abord étudiées séparément sont réunies par les rapprochements entre dossiers.
- Le tournant de 2018
- La généalogie fournit une piste ; une comparaison directe de l’ADN la confirme.
- La décision de 2020
- DeAngelo reconnaît sa culpabilité et reçoit une peine de prison à vie sans libération conditionnelle.
01 / 12
1. Visalia, avant le nom de Golden State Killer
Dans les années 1970, une série de cambriolages frappe Visalia. Le 11 septembre 1975, Claude Snelling est tué à son domicile. Cette affaire appartient au parcours criminel ensuite attribué à DeAngelo. À l’époque, les enquêteurs cherchent un homme associé aux intrusions locales, le Visalia Ransacker. Les faits ne sont pas encore réunis avec ceux qui vont survenir plus au nord, dans la région de Sacramento. [1] [2]
02 / 12
2. La peur s’installe autour de Sacramento
À partir de 1976, des intrusions et des agressions sexuelles se multiplient dans l’est du comté de Sacramento. L’auteur est appelé East Area Rapist. Les habitants modifient leurs habitudes et sécurisent leurs logements. En février 1978, Brian et Katie Maggiore sont tués alors qu’ils promènent leur chien à Rancho Cordova. Les crimes touchent des quartiers résidentiels et mobilisent plusieurs services de police. [2] [8]
03 / 12
3. Des crimes dispersés en Californie
La carte s’étend à la région de la baie de San Francisco puis au sud de la Californie. Les homicides sont aussi associés au surnom Original Night Stalker. Le dernier meurtre connu de la série est celui de Janelle Cruz, en 1986. Les noms différents reflètent la manière dont les enquêtes se sont constituées. [1] [2]
04 / 12
4. Relier des dossiers avant de nommer un homme
Les analyses génétiques rapprochent progressivement des crimes auparavant traités séparément. Des traces biologiques peuvent provenir d’un même auteur sans que son identité soit connue. Le National Institute of Justice décrit le rôle des réexamens d’affaires anciennes et des échanges entre comtés. [3]
05 / 12
5. 2016 : un nouvel appel national
Le 15 juin 2016, le FBI et les autorités locales relancent publiquement la recherche. Une récompense de 50 000 dollars accompagne la campagne. Les enquêteurs sollicitent des informations sur une série vieille de plusieurs décennies. Le bilan alors diffusé n’est pas encore celui de la procédure de 2020. [1]
06 / 12
6. Chercher une parenté génétique
En 2018, les enquêteurs utilisent GEDmatch pour rechercher des personnes apparentées au détenteur de l’ADN inconnu. D’après le récit de la procureure Anne Marie Schubert, les rapprochements servent à construire des arbres familiaux. L’âge et la géographie permettent ensuite de réduire les possibilités. La base généalogique ne livre pas automatiquement un coupable : elle fournit une piste que l’enquête doit confirmer. [3] [4]
07 / 12
7. Une comparaison directe avant l’arrestation
La piste converge vers Joseph DeAngelo. Placé sous surveillance, il laisse un objet portant son ADN, que les enquêteurs récupèrent puis comparent aux traces conservées. Cette étape est différente du rapprochement généalogique initial : elle porte directement sur le suspect. DeAngelo est arrêté le 24 avril 2018. [3] [4]
08 / 12
8. L’ancien policier de Citrus Heights
DeAngelo a été policier à Exeter de 1973 à 1976, puis à Auburn jusqu’en 1979. Au moment de son arrestation, il vit à Citrus Heights, dans la région de Sacramento. La découverte de son ancienne profession frappe l’opinion. [2] [8]
09 / 12
9. Le choix d’une procédure négociée
Les procureurs de six comtés réunissent les poursuites à Sacramento. Le 29 juin 2020, DeAngelo plaide coupable de treize meurtres au premier degré et de treize enlèvements commis pour voler. L’accord écarte la peine capitale et prévoit aussi la reconnaissance de faits non poursuivis. Il permet une issue judiciaire sans imposer aux victimes et aux témoins âgés un procès susceptible de durer encore de nombreuses années. [5] [6] [9]
10 / 12
10. Reconnaître aussi les faits non poursuivis
La procédure distingue les infractions donnant lieu à condamnation et les autres faits admis dans l’accord, notamment des violences sexuelles devenues impossibles à poursuivre en raison des délais applicables. Cette distinction évite de réduire toute l’affaire aux seuls treize meurtres. Elle permet également aux personnes concernées par les autres crimes d’entendre leur reconnaissance dans un cadre public et judiciaire. [5] [9]
11 / 12
11. Les victimes prennent la parole
En août 2020, des survivantes, des survivants et des proches décrivent devant la justice les conséquences durables des crimes. Les audiences précèdent le prononcé de la peine. Elles donnent une place aux personnes touchées, au-delà de la célébrité du surnom et de la méthode d’identification. [7] [8]
12 / 12
12. 21 août 2020 : la prison à vie
DeAngelo est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Le communiqué officiel détaille notamment onze peines perpétuelles consécutives pour les treize meurtres, auxquelles s’ajoutent les peines liées aux enlèvements. Le nombre de peines et celui des victimes ne se confondent donc pas. La décision clôt les poursuites réunies dans cette procédure, après l’acceptation de sa reconnaissance de culpabilité. [6] [7]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
DeAngelo a reconnu treize meurtres et treize enlèvements commis pour voler. Des faits supplémentaires ont été admis dans l’accord. Son identification associe des rapprochements entre scènes, une recherche généalogique puis une comparaison ADN directe. La peine prononcée le 21 août 2020 exclut la libération conditionnelle.
Incertain ou non établi
L’étendue des crimes reconnus ne permet pas d’attribuer automatiquement à DeAngelo toute affaire ancienne présentant une ressemblance. Les détails de chaque déplacement ou de chaque préparation ne sont pas intégralement reconstitués. Les surnoms et les bilans publiés avant 2018 décrivent un état de l’enquête ; ils ne remplacent pas le périmètre judiciaire fixé en 2020.
Les dates clés
- 1974–1975 — Cambriolages à Visalia ; Claude Snelling est tué en septembre 1975.
- 1976 — Début de la série d’agressions dans l’est du comté de Sacramento.
- Février 1978 — Meurtres de Brian et Katie Maggiore à Rancho Cordova.
- 1986 — Meurtre de Janelle Cruz, dernier homicide connu de la série.
- 15 juin 2016 — Nouvelle campagne de recherche du FBI et des autorités locales.
- 24 avril 2018 — Arrestation de Joseph DeAngelo.
- 29 juin 2020 — Reconnaissance de culpabilité dans la procédure réunie à Sacramento.
- 21 août 2020 — Condamnation à la prison à vie sans libération conditionnelle.
Les lieux de l’affaire
Visalia se trouve dans la vallée centrale de Californie. Sacramento et Rancho Cordova forment un autre ensemble de lieux, plus au nord. Les crimes du sud concernent notamment les comtés de Ventura, Santa Barbara et Orange. Citrus Heights est le lieu de vie de DeAngelo lors de son arrestation. Cette dispersion explique la pluralité des services engagés. Le Capitole photographié situe Sacramento et ne représente pas le lieu de l’audience.
Ce qui rend cette affaire singulière
Cette affaire montre deux usages successifs de l’ADN : rapprocher des crimes, puis orienter une enquête vers une personne. Entre ces étapes, il faut conserver les prélèvements, confronter les dossiers et vérifier les pistes. La généalogie n’efface pas ce travail préalable. Son résultat dépend ici d’archives matérielles qui ont traversé plusieurs décennies et d’une coopération entre juridictions.
Sources et méthode
Les communiqués des procureurs fixent les qualifications et la peine. Le FBI documente la relance de 2016 ; le National Institute of Justice et les entretiens avec les acteurs de l’enquête éclairent les rapprochements ADN. Les bilans anciens sont replacés dans leur date de publication. Les violences sont mentionnées sans description graphique. Vérification documentaire : 23 septembre 2026.
- Cold Case Killer — FBI
- The 'Golden State Killer': Inside the timeline of crimes - ABC News
- Serial Killer Connections Through Cold Cases | National Institute of Justice
- 'I wasn't sure we would ever find out': How DNA, genetic genealogy made 2018 the year to crack cold cases - ABC News
- Sacramento County District Attorney Justice Journal Newsletter January 2021
- Joseph James DeAngelo Jr. Sentenced to 11 Consecutive Life terms without the Possibility of Parole for 13 Murders, and an additional consecutive Life term for 13 Kidnappings – Tulare County District Attorney
- 'Golden State Killer' addresses the court: 'I'm truly sorry' - ABC News
- Sacramento County DA’s new book tells the inside story of the Golden State Killer investigation
- 'Golden State Killer' pleads guilty as horrific crimes recounted by prosecutors - ABC News