Les voies ferrées et les quais de la gare de Des Plaines, sous un ciel bleu.
La gare de Des Plaines, dans l’Illinois, en juillet 2009. Photographie de contexte géographique.Photo : Zol87 / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0 · Source · CC BY-SA 2.0. Photographie réelle conservée en entier, redimensionnement et conversion WebP sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

John Wayne Gacy : crimes et enquête

CRIMES IMPOSSIBLES

Des Plaines, Norwood Park et comté de Cook, Illinois, États-Unis

Crimes de 1972 à 1978 ; procès en 1980 ; exécution en 1994 ; identifications relancées en 2011

Trente-trois meurtres jugés ; Gacy exécuté en 1994 ; cinq victimes restent non identifiées

Des Plaines, 11 décembre 1978. Robert Piest quitte quelques instants la pharmacie où il travaille pour parler d’un emploi avec un entrepreneur. Il ne revient pas. La recherche de cet adolescent conduit les policiers jusqu’à John Wayne Gacy, puis à sa maison dans la périphérie de Chicago. Les perquisitions révèlent une série de meurtres commis entre 1972 et 1978. En mars 1980, Gacy est reconnu coupable de trente-trois meurtres. Son exécution, en 1994, ne ferme pourtant pas tout le dossier : plusieurs victimes restent sans nom. Depuis 2011, les enquêteurs reprennent les identifications avec les familles, l’ADN et la généalogie génétique. Cinq identités sont encore recherchées par le shérif du comté de Cook.

L’affaire en 30 secondes

Le déclencheur
La disparition de Robert Piest, le 11 décembre 1978, conduit la police à Gacy.
Le bilan judiciaire
Gacy est reconnu coupable de trente-trois meurtres en mars 1980.
L’enquête continue
L’identification des victimes se poursuit après sa mort. Trois noms ont été retrouvés depuis 2011.

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1. Robert Piest ne revient pas

Robert Piest, quinze ans, travaille dans une pharmacie de Des Plaines. Le 11 décembre 1978, il dit à sa mère qu’il veut rencontrer un entrepreneur au sujet d’un emploi. La famille l’attend, puis cherche et alerte la police. Le nom de John Wayne Gacy apparaît rapidement. Les enquêteurs disposent d’un point de départ concret : un rendez-vous annoncé, un lieu de travail et un interlocuteur à retrouver. [1]

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2. Un entrepreneur connu dans son quartier

Gacy dirige une entreprise de travaux et participe à la vie locale. Ses apparitions en clown amateur alimenteront ensuite sa notoriété criminelle, mais elles ne constituent pas le fil de l’enquête sur Piest. Les policiers examinent ses activités professionnelles et ses contacts. Des employés ou anciens employés ont eux aussi disparu. Le dossier commence à dépasser l’absence signalée quelques jours plus tôt. [1] [5]

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3. Un reçu dans la maison

Une première perquisition, le 13 décembre, permet de saisir plusieurs objets. Parmi eux figure un reçu de développement photographique provenant de la pharmacie. Une collègue explique l’avoir placé dans une veste de Piest avant qu’il ne quitte le magasin. Ce petit document rapproche ainsi le dernier lieu où l’adolescent a été vu et la maison de Gacy. [2]

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4. Le second mandat du 21 décembre

Les policiers surveillent Gacy et poursuivent les vérifications. Le reçu et les observations faites au domicile soutiennent une nouvelle demande de perquisition. Le mandat du 21 décembre autorise la recherche du corps de Piest. Les fouilles révèlent les premières dépouilles. L’arrêt de 1984 examinera précisément la régularité de ces recherches, car la recevabilité des preuves dépend aussi des conditions de leur découverte. [2]

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5. Trente-trois victimes, plusieurs lieux

Vingt-neuf corps sont retrouvés sur la propriété ; quatre autres sont découverts dans la rivière Des Plaines. Les recherches doivent attribuer des identités, reconstituer les disparitions et relier chaque victime au suspect. Le chiffre de trente-trois correspond au périmètre des meurtres jugés. Il ne dispense pas d’un travail individuel sur les dépouilles, les dossiers dentaires, les objets et les témoignages des proches. [3] [5]

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6. Des aveux confrontés aux découvertes

Gacy reconnaît une série de meurtres et fournit des indications aux enquêteurs. Ses déclarations sont confrontées aux fouilles et aux autres éléments matériels. Il les contestera ensuite. Dans cette affaire, l’aveu n’est donc pas l’unique pièce sur laquelle repose le dossier : il s’inscrit dans un ensemble de constatations et de témoignages. [2] [5]

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7. Le procès de mars 1980

La défense invoque l’irresponsabilité liée à l’état mental de Gacy. Des experts interviennent et leurs analyses sont discutées. Le jury rejette cette défense et le reconnaît coupable des trente-trois meurtres. [3] [4]

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8. Les condamnations et les recours

La peine capitale est prononcée pour douze meurtres auxquels la loi alors applicable peut être appliquée ; les autres entraînent des peines de prison à vie. Plusieurs recours examinent ensuite la défense, les expertises et la procédure de condamnation. Gacy est exécuté dans l’Illinois le 10 mai 1994. Cette date clôt son parcours pénal, mais pas les recherches permettant de rendre leur nom à toutes les victimes. [3] [4] [5]

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9. 2011 : reprendre les identifications

En 2011, le shérif du comté de Cook relance la recherche des huit victimes alors non identifiées. Les restes sont réexaminés et les familles sont invitées à fournir des éléments de comparaison génétique. William George Bundy est identifié cette même année. Le progrès ne consiste pas à découvrir un nouveau meurtre attribué à Gacy : il permet d’associer une personne disparue à l’une des dépouilles déjà retrouvées. [6]

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10. 2017 : retrouver le nom de James

James Haakenson, appelé Jimmie dans le communiqué du shérif, est identifié en 2017. Sa dépouille avait été retrouvée en décembre 1978 parmi plusieurs victimes dans le vide sanitaire. La reprise du dossier réunit les informations familiales et les possibilités nouvelles de l’ADN. Près de quarante ans après les fouilles, une identification donne enfin une réponse précise à une famille qui vivait avec l’incertitude. [7]

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11. 2021 : la généalogie génétique

Le 25 octobre 2021, l’identité de Francis Wayne Alexander est annoncée. Le DNA Doe Project décrit un travail parti de l’ADN extrait d’une dent, puis de rapprochements généalogiques permettant de construire des arbres familiaux. Cette méthode fait émerger un candidat que les enquêteurs doivent vérifier. Elle prolonge l’identification médico-légale ; un rapprochement avec un parent éloigné ne suffit pas, isolément, à donner un nom certain. [8] [10]

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12. Cinq victimes encore sans identité

La page actuelle du shérif recense cinq victimes non identifiées et indique disposer de profils ADN permettant des comparaisons. Elle rappelle aussi que certaines personnes tuées n’avaient jamais été signalées disparues. Les distances familiales et les ruptures de contact compliquent les rapprochements. Le nombre de victimes jugées reste établi ; ce qui manque encore, pour ces cinq personnes, est notamment leur identité et le récit de leur disparition. [9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Les trente-trois condamnations pour meurtre et le rejet de la défense d’irresponsabilité sont documentés par les décisions judiciaires. Gacy a été exécuté en 1994. Bundy, Haakenson et Alexander ont été identifiés après la reprise des recherches de 2011. Le shérif du comté de Cook maintient un appel concernant cinq victimes encore sans nom.

Incertain ou non établi

Les identités manquantes et certains détails des derniers trajets ne sont pas entièrement élucidés. Les spéculations sur un bilan supérieur aux trente-trois meurtres jugés ne doivent pas être présentées comme des condamnations supplémentaires. Les récits rétractés de Gacy ne valent pas, à eux seuls, une révision des faits établis.

Les dates clés

  1. 1972–1978 — Période des meurtres au centre du dossier.
  2. 11 décembre 1978 — Disparition de Robert Piest à Des Plaines.
  3. 21 décembre 1978 — Nouvelle perquisition et découverte des premières victimes.
  4. Mars 1980 — Trente-trois meurtres retenus au procès.
  5. 10 mai 1994 — Exécution de Gacy dans l’Illinois.
  6. 2011 — Reprise des identifications ; William George Bundy identifié.
  7. 2017 — Identification de James Haakenson.
  8. 25 octobre 2021 — Identification de Francis Wayne Alexander.

Les lieux de l’affaire

Des Plaines est le lieu de la dernière rencontre connue de Piest. La maison de Gacy se trouvait dans le secteur de Norwood Park, au nord-ouest de Chicago. La rivière Des Plaines est un autre espace de recherche, distinct de la propriété. Les juridictions du comté de Cook puis les cours d’appel examinent le dossier.

Ce qui rend cette affaire singulière

La célébrité de Gacy a souvent éclipsé le travail consacré à ses victimes. Pourtant, cette enquête possède deux temporalités très différentes : quelques jours pour découvrir l’ampleur des crimes, puis des décennies pour compléter les identifications. Le dossier montre pourquoi condamner un auteur et répondre aux familles ne sont pas toujours des étapes achevées au même moment.

Sources et méthode

Les arrêts de 1984, 1988 et 1993 documentent les preuves, la défense et les recours. Les communiqués du shérif et du DNA Doe Project fixent les identifications ultérieures. Les nombres de corps annoncés pendant les fouilles ne sont pas confondus avec le bilan final. La page officielle des victimes non identifiées est consultée pour le suivi. Vérification documentaire : 23 septembre 2026.

  1. CNN / KBZK — retour sur la disparition de Robert Piest et la recherche des familles, 21 décembre 2018
  2. Cour suprême de l’Illinois — People v. Gacy, arrêt de 1984
  3. Cour fédérale d’appel — Gacy v. Welborn, arrêt de 1993
  4. Cour suprême de l’Illinois — recours après condamnation, arrêt de 1988
  5. Associated Press / Deseret News — exécution de Gacy, 10 mai 1994
  6. Shérif du comté de Cook — identification de William George Bundy, 29 novembre 2011
  7. Shérif du comté de Cook — identification de James Haakenson, 2017
  8. DNA Doe Project — identification de Francis Wayne Alexander, 25 octobre 2021
  9. Shérif du comté de Cook — les cinq victimes encore non identifiées
  10. Chicago Sun-Times — les proches de Francis Wayne Alexander, 26 octobre 2021