
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Jean-Pierre Treiber : Géraldine Giraud et Katia Lherbier
CRIMES IMPOSSIBLESFrance · Yonne · La Postolle · Villeneuve-sur-Yonne · Auxerre · Melun
Disparition : 1er novembre 2004 · Découverte : 9 décembre 2004 · Décès de Treiber : 2010
Jean-Pierre Treiber décède avant son procès · Aucune condamnation pour le double meurtre
La Postolle, 1er novembre 2004. Géraldine Giraud et Katia Lherbier séjournent dans la maison familiale des Giraud, dans l’Yonne. Après un dernier appel téléphonique, les deux femmes ne donnent plus de nouvelles. Des opérations bancaires conduisent les enquêteurs vers Jean-Pierre Treiber ; les corps sont ensuite découverts dans sa propriété. L’affaire semble avancer vers un procès, mais les pistes de complicité, une contamination de scellés et une évasion spectaculaire compliquent sa lecture. En février 2010, l’accusé meurt avant de comparaître. Que permettent alors d’affirmer les indices, et quelles questions demeurent sans réponse lorsqu’aucune cour d’assises n’a pu juger les accusations ?
L’affaire en 30 secondes
- Les victimes
- Géraldine Giraud, 36 ans, et Katia Lherbier, 32 ans, disparaissent ensemble dans l’Yonne en novembre 2004.
- Les indices
- Leurs cartes bancaires sont utilisées par Treiber. Leurs corps sont retrouvés dans le puisard de sa propriété.
- La procédure
- Renvoyé aux assises, Treiber nie les homicides. Son décès en détention, le 20 février 2010, empêche son procès.
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1. Deux femmes attendues ailleurs
Géraldine Giraud est comédienne et fille de Roland Giraud ; Katia Lherbier travaille comme éducatrice spécialisée. Elles forment un couple. Leur disparition simultanée inquiète les proches. [1]
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2. Le dernier contact depuis La Postolle
Le 1er novembre 2004, à 20 h 08, Géraldine téléphone à une amie depuis La Postolle. Ce contact devient un repère dans la chronologie des recherches. Les deux femmes cessent ensuite de donner signe de vie. Les recherches commencent le 4 novembre ; une information judiciaire pour enlèvements et séquestrations est ouverte à Sens au cours du mois. [2] [6]
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3. La piste des cartes bancaires
Des retraits et des paiements effectués avec les cartes des disparues orientent l’enquête vers Jean-Pierre Treiber, ancien garde forestier et ouvrier agricole. Il est interpellé le 23 novembre 2004, puis mis en examen et incarcéré le 25. L’utilisation des moyens de paiement constitue un lien matériel majeur. Elle ne suffit cependant pas, prise isolément, à raconter ce qui est arrivé aux deux femmes : les enquêteurs doivent encore retrouver les victimes. [1] [6]
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4. Les recherches à Villeneuve-sur-Yonne
Les policiers examinent la propriété de Treiber à Villeneuve-sur-Yonne. Dans les restes d’un feu, ils découvrent des objets brûlés, notamment des éléments de téléphone et des clés ; l’une est rapprochée du logement parisien de Géraldine. Ces constatations conduisent à poursuivre les recherches sur place. Le terrain cesse d’être seulement le domicile d’un homme soupçonné d’avoir utilisé des cartes : il peut conserver des traces de la disparition elle-même. [3]
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5. Les deux corps dans le puisard
Le 9 décembre 2004, les corps de Géraldine et de Katia sont découverts au fond d’un puisard de la propriété. L’enquête change de nature. Le 20 décembre, Treiber est mis en examen pour assassinats. Il conteste avoir tué les deux femmes. Le lieu de découverte devient un élément central de l’accusation, sans résoudre à lui seul les circonstances de leur arrivée sur le terrain, le déroulement précis des homicides et leur mobile. [2] [6]
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6. Quand l’ADN mène vers une contamination
Deux profils génétiques inconnus relevés sur un ruban adhésif alimentent la recherche de complices. Selon le bilan de l’instruction publié par Le Parisien en octobre 2009, ils proviennent finalement de policiers ayant manipulé les scellés. Ce résultat retire son fondement à cette piste particulière. Il ne fait pas disparaître les autres indices. L’épisode montre pourquoi identifier une trace exige aussi de vérifier quand et comment elle a été déposée. [4]
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7. La piste familiale et le non-lieu
Marie-Christine Van Kempen, tante de Géraldine, a été soupçonnée d’avoir commandité les faits et mise en examen pour complicité d’assassinats. Le juge ne retient pas cette thèse : le 13 octobre 2008, elle bénéficie d’un non-lieu, tandis que Treiber est renvoyé aux assises. Le non-lieu est confirmé en 2009. Les soupçons anciens ne peuvent donc pas être présentés comme une implication établie ni comme une condamnation. [5] [10]
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8. Un procès pour confronter les charges
À l’issue de l’instruction, Jean-Pierre Treiber doit comparaître seul devant la cour d’assises de l’Yonne. L’audience est prévue pour avril 2010. Les cartes bancaires, les corps retrouvés sur sa propriété et ses explications doivent être examinés publiquement et contradictoirement. Le renvoi signifie que des charges justifient un procès ; il ne constitue pas un verdict. [11]
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9. La sortie de la prison d’Auxerre
Le 8 septembre 2009, Treiber s’évade de la maison d’arrêt d’Auxerre en se dissimulant dans un carton provenant de l’atelier où il travaille. Le chargement quitte la prison à bord d’un camion. Une nouvelle enquête s’ouvre pour le retrouver et rechercher ses soutiens éventuels. Elle ne constitue pourtant pas une preuve autonome de sa culpabilité dans les deux homicides. [6]
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10. Soixante-quatorze jours avant Melun
La traque traverse notamment les forêts de Seine-et-Marne. Le 20 novembre 2009, des policiers du RAID et de la police judiciaire arrêtent Treiber dans un appartement de Melun. Après soixante-quatorze jours de cavale, il est incarcéré à Fleury-Mérogis. L’enquête sur les aides apportées au fugitif concerne cette période précise : une aide à l’évasion ou à la cavale ne démontre pas une participation aux crimes de 2004. [7] [12]
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11. Le décès avant l’audience
Le 20 février 2010, Jean-Pierre Treiber est retrouvé mort dans sa cellule. L’autopsie confirme un suicide. Son procès, qui doit s’ouvrir deux mois plus tard, n’aura pas lieu. Les proches des victimes perdent l’occasion d’entendre les éléments du dossier débattus devant une cour d’assises. [8]
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12. Ce que laisse une procédure interrompue
L’article 6 du code de procédure pénale prévoit que la mort de la personne poursuivie éteint l’action publique à son encontre. Cette règle explique l’absence de jugement de Treiber. Elle n’efface pas les découvertes de l’enquête et ne fournit aucune réponse nouvelle sur le mobile. La fiche conserve donc les faits matériels documentés, le statut d’accusé au moment du décès et les décisions favorables aux personnes mises hors de cause. [9]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
La disparition, l’utilisation des cartes bancaires, la découverte des corps chez Treiber, son évasion et son décès sont documentés. Le non-lieu de Marie-Christine Van Kempen doit être respecté. Treiber a été renvoyé aux assises, mais n’a jamais été jugé pour ces homicides.
Incertain ou non établi
Le mobile et le déroulement complet des faits n’ont pas reçu de réponse dans un verdict. Les scénarios de complicité ne peuvent être affirmés sur la base de soupçons abandonnés. La contamination de certains scellés ne permet ni de valider ces scénarios, ni d’annuler intellectuellement tout le dossier.
Les dates clés
- 1er novembre 2004 — Dernier contact connu depuis La Postolle.
- 23–25 novembre 2004 — Arrestation, mise en examen et détention de Treiber.
- 9 décembre 2004 — Découverte des corps à Villeneuve-sur-Yonne.
- 13 octobre 2008 — Non-lieu pour la tante ; renvoi de Treiber aux assises.
- 8 septembre / 20 novembre 2009 — Évasion d’Auxerre, puis arrestation à Melun.
- 20 février 2010 — Décès avant le procès prévu en avril.
Les lieux de l’affaire
La Postolle correspond au séjour et au dernier appel connu. Villeneuve-sur-Yonne est le lieu de découverte des corps. Sens intervient dans l’instruction ; Auxerre devait accueillir les assises. Melun marque la fin de la cavale. Fleury-Mérogis est le lieu du décès en détention.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’affaire oblige à séparer trois niveaux souvent confondus : les indices matériels, les charges conduisant au procès et la culpabilité prononcée par une juridiction. La contamination de scellés illustre une limite concrète de l’analyse génétique. L’absence finale d’audience laisse des familles sans la confrontation attendue, tout en interdisant de rédiger après coup un verdict qui n’a jamais existé.
Sources et méthode
Vérification documentaire le 23 septembre 2026. Les comptes rendus contemporains sont confrontés aux bilans ultérieurs de l’instruction. Le réquisitoire de septembre 2008 est distingué du non-lieu prononcé le 13 octobre. Les anciens soupçons visant des tiers sont rapportés avec leur issue. Aucun accès aux expertises intégrales n’est revendiqué ; aucune culpabilité judiciaire n’est attribuée à Treiber en l’absence de procès.
- RTL — Géraldine Giraud, Katia Lherbier et le suspect Treiber, 27 août 2025
- Le Parisien — les dix dates-clefs, 20 février 2010
- Le Monde — Toute l’enquête sur un double crime mystérieux, 27 décembre 2005
- Le Parisien — Quatre ans d’instruction chaotique, 16 octobre 2009
- Le Parisien — la tante de Géraldine Giraud obtient un non-lieu, 14 octobre 2008
- La Dépêche / AFP — évasion et chronologie de l’enquête, 8–9 septembre 2009
- Le Progrès — arrestation de Treiber à Melun, 20 novembre 2009
- La Dépêche / AFP — autopsie et absence de procès, 20–21 février 2010
- Légifrance — code de procédure pénale, article 6 : extinction de l’action publique
- La Dépêche — rappel de la confirmation du non-lieu en février 2009, 1er décembre 2009
- Le Parisien — Treiber sera jugé en 2010, 21 juillet 2009
- Le Monde — réincarcération après soixante-quatorze jours de cavale, 21 novembre 2009