
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Jamel Leulmi, les crimes aux assurances-décès
CRIMES IMPOSSIBLESLeudeville · Brétigny-sur-Orge · Marrakech · Évry · Paris
2007–2010 : faits et enquête · 2014–2017 : procès et recours
Trente ans de réclusion · dix-huit ans de sûreté en appel · pourvoi rejeté le 29 mars 2017
Leudeville, 30 janvier 2007. Kathlyn Vasseur est grièvement blessée lors d’une sortie à vélo avec son mari, Jamel Leulmi. Elle meurt une semaine plus tard à l’hôpital. Les faits passent d’abord pour un accident. En décembre 2009, une autre compagne, Julie Derouette, survit à une sortie de route et à une agression au Maroc. Les deux femmes souscrivent des assurances-décès au bénéfice du même homme. L’enquête relie les dossiers ; Leulmi est condamné à trente ans de réclusion en 2014, puis en appel en 2016, avec dix-huit ans de sûreté. Son pourvoi est rejeté en 2017. La question documentaire porte sur la démonstration du projet criminel derrière des événements présentés comme des accidents.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Kathlyn Vasseur meurt en 2007. Julie Derouette survit à une agression au Maroc en 2009. Leulmi est bénéficiaire de leurs contrats.
- La justice
- Trente ans de réclusion en 2014, peine confirmée en 2016 avec dix-huit ans de sûreté. Pourvoi rejeté en 2017.
- La question restante
- Comment établir un projet d’assassinat lorsque les premières constatations évoquent un accident et que l’accusé nie les faits ?
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1. La mort de Kathlyn Vasseur
Le 30 janvier 2007, Kathlyn Vasseur est grièvement blessée pendant une sortie à vélo à Leudeville. Elle meurt une semaine plus tard à l’hôpital, sans reprendre conscience. Leulmi décrit une collision avec un véhicule en fuite. L’enquête initiale ne permet pas d’identifier le conducteur et le dossier est classé. Il est rouvert après les accusations de Julie Derouette. [1] [11]
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2. Un décès qui déclenche des versements
Kathlyn souscrit plusieurs contrats au bénéfice de son mari. Leulmi perçoit environ 1,2 million d’euros après sa mort. Les contrats prennent une place centrale dans l’accusation. Il faut distinguer cet argent versé des capitaux potentiels liés aux autres femmes : les additionner comme des gains encaissés fausserait le dossier. [13]
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3. Julie Derouette part au Maroc
Fin 2009, Julie Derouette rejoint Leulmi à Marrakech. Elle signe auparavant plusieurs contrats qui le désignent comme bénéficiaire. Les montants rapportés varient selon les garanties et les articles, mais atteignent plusieurs millions d’euros. [1] [4]
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4. La nuit du 20 au 21 décembre 2009
Julie survit à une sortie de route près de Marrakech. Elle raconte une collision provoquée, puis une agression après son extraction du véhicule. Ses blessures sont graves et entraînent des séquelles durables. Son récit devient l’un des éléments majeurs de l’enquête. [2] [4]
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5. Les contrats disparus déclenchent l’alerte
Le 12 juin 2010, Julie dépose plainte après la disparition de copies de ses contrats d’assurance. Elle rapproche ce cambriolage de ce qui lui arrive au Maroc. Les enquêteurs reviennent alors sur la mort de Kathlyn et sur les capitaux versés. La parole d’une survivante relie deux dossiers séparés par presque trois ans et par deux pays. [1]
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6. Une troisième femme est entendue
Les investigations révèlent qu’une autre compagne, Karine, souscrit également des garanties au profit de Leulmi. Les gendarmes l’alertent et les contrats sont résiliés. Ce volet éclaire la répétition du mécanisme financier ; il ne doit pas devenir, dans le récit, un troisième homicide. Leulmi est interpellé le 3 août 2010. Il conteste les accusations qui lui sont présentées. [2] [5]
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7. Le mécanisme défendu par l’accusation
L’accusation rapproche les relations sentimentales, les contrats et les accidents allégués. Certaines garanties majorent le capital en cas de mort accidentelle. Selon cette lecture, donner au décès cette apparence permet à la fois d’éloigner le soupçon d’homicide et de déclencher les paiements. Le mobile financier est donc précis, mais les jurés doivent aussi examiner ce qui relie Leulmi à chaque crime. [1] [5]
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8. La défense conteste les liens entre les faits
Les experts entendus en mai 2014 ne tranchent pas entre décès accidentel et étouffement. Une voiture volée compatible avec une collision est retrouvée. La défense souligne ces limites et conteste le lien entre Leulmi et les agresseurs de Julie non identifiés. Le dossier comporte donc des incertitudes médico-légales réelles, débattues avant les condamnations : elles ne doivent être ni effacées ni présentées comme un acquittement. [7] [12]
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9. Le premier verdict, en mai 2014
Le procès s’ouvre le 28 avril 2014 aux assises de l’Essonne, à Évry. Le 22 mai, la cour condamne Leulmi à trente ans de réclusion. Il est reconnu coupable de l’assassinat de Kathlyn et de sa participation à la tentative d’assassinat de Julie. La défense annonce un appel. Il ne s’agit donc pas de deux femmes tuées : l’une meurt, l’autre survit et participe au procès. [6] [8]
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10. En appel, la période de sûreté augmente
Le second procès commence le 19 janvier 2016 à Paris. Le 12 février, la cour prononce à nouveau trente ans de réclusion. La période de sûreté passe de quinze à dix-huit ans, d’après Le Parisien. La durée principale demeure identique, mais ses modalités sont aggravées. Leulmi continue de nier. La demande de perpétuité formulée par l’accusation ne doit pas être confondue avec la peine effectivement prononcée. [2] [9] [14]
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11. Le pourvoi est rejeté en 2017
Leulmi se pourvoit en cassation après l’appel. Le 29 mars 2017, la chambre criminelle rejette son recours, selon le compte rendu publié le même jour. La condamnation à trente ans, assortie de dix-huit ans de sûreté, demeure donc en place. Cette étape clôt la succession des recours ordinaires identifiée dans les sources consultées ; le dossier ne s’arrête pas au seul verdict parisien de février 2016. [3] [10]
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12. La survivante au centre du rapprochement
Julie peut raconter ce qui lui arrive et signaler la disparition des documents. Sa démarche rend possible un nouvel examen du dossier de Kathlyn. Les deux condamnations successives ne reposent pas sur des aveux de Leulmi : il continue de contester. Les sources utilisées n’offrent pas une reconstitution complète du rôle de tous les intervenants évoqués dans les débats, ni de sa situation pénitentiaire actuelle. [4] [7] [10]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Établi
Leulmi est condamné pour l’assassinat de Kathlyn Vasseur et pour la tentative d’assassinat visant Julie Derouette. Le verdict d’appel du 12 février 2016 fixe trente ans de réclusion et dix-huit ans de sûreté. Le rejet du pourvoi est annoncé le 29 mars 2017. Julie survit : ce dossier ne compte pas deux homicides consommés. [2] [3]
Incertain ou non établi
Le rôle exact de certains intervenants dans l’agression marocaine reste insuffisamment documenté dans les sources publiques utilisées. Les montants assurés ne sont pas tous comparables. Aucune date de libération ni nouvelle décision d’application des peines n’est établie par cette recherche. [7] [10]
Les dates clés
- 30 janvier 2007 Faits de Leudeville ; Kathlyn meurt une semaine plus tard à l’hôpital. [11]
- 20–21 décembre 2009 Julie Derouette survit aux faits commis près de Marrakech. [2] [4]
- 12 juin 2010 Plainte de Julie après la disparition de documents d’assurance. [1]
- 3 août 2010 Interpellation de Jamel Leulmi. [2]
- 22 mai 2014 Condamnation à trente ans aux assises de l’Essonne. [6]
- 12 février 2016 Trente ans confirmés en appel, avec dix-huit ans de sûreté. [9]
- 29 mars 2017 Rejet du pourvoi en cassation. [10]
Les lieux de l’affaire
- Leudeville — Commune de l’Essonne où surviennent les faits du 30 janvier 2007. Ne pas la confondre avec Leuville-sur-Orge. [2]
- Brétigny-sur-Orge — Commune d’origine de Leulmi citée par la presse locale. [2]
- Marrakech — Le séjour de Julie et les faits de décembre 2009 imposent des investigations en France et au Maroc. [4]
- Évry et Paris — Le premier procès se tient à Évry en 2014, l’appel à Paris en 2016. La photographie du palais d’Évry date de 2011. [6] [9]
Ce qui rend cette affaire singulière
L’apparence d’un accident joue un double rôle dans l’accusation : expliquer la mort et activer des garanties financières. La répétition des contrats permet de relire des événements jusque-là séparés. Le dossier montre aussi une limite essentielle de cette démonstration : un bénéficiaire et un mobile ne suffisent pas sans examen des circonstances, des témoignages et des expertises. C’est sur cet ensemble discuté que les deux cours d’assises rendent leurs décisions. [5] [6] [7]
Sources et méthode
Les articles publiés à l’ouverture du procès, aux verdicts de 2014 et 2016, puis lors du rejet du pourvoi de 2017 sont recoupés. Les termes assurance-vie employés dans certains titres sont précisés dans le texte : les faits portent sur des assurances-décès. Les capitaux potentiels de Julie, les majorations accidentelles et les sommes encaissées après la mort de Kathlyn restent distincts. Les positions de la défense sont attribuées. Le jugement complet, les expertises intégrales et le dossier d’application des peines ne sont pas consultés ; aucun calendrier de sortie n’est déduit des dix-huit ans de sûreté. Les faits du 30 janvier 2007 sont distingués du décès hospitalier survenu une semaine plus tard. Vérification documentaire : 30 septembre 2026.
- RTL — Le séducteur de l’Essonne jugé pour assassinat et escroquerie, 28 avril 2014
- Le Parisien — Condamnation en appel et périodes de sûreté, 12 février 2016
- Le Parisien — Pourvoi en cassation rejeté, 29 mars 2017
- France Télévisions — Au cœur de l’affaire Jamel Leulmi, présentation du documentaire sur le procès en appel
- RTL — Réclusion à perpétuité requise, 21 mai 2014
- Le Parisien — Verdict des assises de l’Essonne, 22 mai 2014
- Le Monde — Trente ans de prison pour Jamel Leulmi, arguments de la défense, 22 mai 2014
- TF1 Info — Leulmi condamné à trente ans, 22 mai 2014
- TF1 Info — Le veuf noir condamné à trente ans en appel, 12 février 2016
- Le Parisien, Crime Story — Jamel Leulmi, l’homme qui tuait pour des assurances-vie, seconde partie, diffusion 2026
- Le Parisien — Témoins de la soirée de Leudeville et décès hospitalier, 6 mai 2014
- Le Parisien — Accident ou assassinat, les experts ne tranchent pas, 7 mai 2014
- Le Parisien — Les assurances-décès au cœur du procès, 8 mai 2014
- Le Parisien — Ouverture de l’appel et changement de défense, 18 janvier 2016