Photographie ancienne de la façade et de la cour de la ferme de Hinterkaifeck.
La ferme de Hinterkaifeck avant 1922, selon la description de la source. Cette vue extérieure historique montre le bâtiment où six personnes furent tuées en mars 1922.Photo : Auteur inconnu / Wikimedia Commons · Source · Domaine public (œuvre anonyme ancienne, PD-anon-expired). Photographie réelle conservée en entier, redimensionnement et conversion WebP sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Hinterkaifeck : le massacre mystérieux de la ferme bavaroise

CRIMES IMPOSSIBLES

Hinterkaifeck, près de Gröbern et Waidhofen, Bavière

31 mars–4 avril 1922 ; recherches poursuivies durant des décennies

Six meurtres non élucidés ; aucun coupable établi

Bavière, 4 avril 1922. À Hinterkaifeck, près de Gröbern, plusieurs visites sont restées sans réponse. Un mécanicien a réparé un moteur sans rencontrer les habitants ; des voisins finissent par entrer dans la ferme. Ils y découvrent six personnes mortes : les membres de la famille Gruber-Gabriel et leur nouvelle employée. Les enquêteurs situent les meurtres à la fin du mois de mars. Des récits de bruits, de traces dans la neige et d’une activité persistante sur le domaine nourriront ensuite la légende. Pour comprendre cette affaire non élucidée, il faut revenir aux dépositions, aux recherches de la police bavaroise et à l’écart entre les observations conservées et les conclusions qu’on leur a prêtées.

L’affaire en 30 secondes

Les victimes
Andreas et Cäzilia Gruber, Viktoria Gabriel, ses enfants Cäzilia et Josef, et Maria Baumgartner.
La découverte
Les voisins entrent dans la ferme le 4 avril 1922, plusieurs jours après les meurtres.
Le dossier
Une arme est retrouvée en 1923. Les nombreuses pistes examinées ne permettent pas d’établir un coupable.

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1. Une habitation et une exploitation isolées

Hinterkaifeck se trouve à l’écart du village de Gröbern, dans la région de Schrobenhausen. Le bâtiment réunit des pièces de vie et des espaces agricoles, avec une grange, une étable et un local de moteur. Entrer dans une dépendance ne permet pas de voir toutes les pièces. Les portes, passages et trajets décrits par chacun aideront les enquêteurs à reconstituer les accès possibles. [1] [2]

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2. Six vies interrompues

Andreas et Cäzilia Gruber vivent avec leur fille veuve Viktoria Gabriel et les deux enfants de celle-ci. Maria Baumgartner prend son service le 31 mars 1922. Sa sœur Franziska confirme cette arrivée dans sa déposition du 5 avril et identifie ses affaires. Ce repère permet de situer la présence de la nouvelle employée avant les faits. Les six victimes se trouvent donc dans la même exploitation au moment du crime. [3] [4]

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3. Des traces rapportées avant le crime

Des témoins attribuent à Andreas Gruber des propos sur une intrusion et des traces dans la neige, peu avant les meurtres. D’autres récits évoquent des bruits dans les combles. Ces informations ont été recueillies après sa mort : elles parviennent aux enquêteurs par ceux qui disent les avoir entendues. Ces récits ne constituent pas une observation directe d’un inconnu caché dans la ferme. [2] [5]

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4. Le silence devient inhabituel

Dans sa déposition du 5 avril, Michael Pöll raconte avoir remarqué un calme inhabituel près de la ferme les 1er et 3 avril, alors qu’il travaillait dans les champs. Lorenz Schlittenbauer rapporte aussi le passage d’un marchand qui n’y avait trouvé personne. Leur répétition finit par inquiéter le voisinage. Le voisinage n’en comprend la gravité qu’après plusieurs jours. [1] [2]

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5. Le mécanicien travaille sans rencontrer personne

Albert Hofner vient réparer le moteur le jour de la découverte. Dans son témoignage détaillé du 15 mai 1925, il décrit son attente, les bruits des animaux, puis plusieurs heures de travail sans voir aucun habitant. Il finit par repartir et signale cette absence. Recueilli trois ans après, son récit hésite sur les dates. Il éclaire ses gestes et ses observations ; il n’établit pas qu’un meurtrier se trouvait encore là pendant la réparation. [6]

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6. Les voisins entrent le 4 avril

Lorenz Schlittenbauer se rend à la ferme avec Michael Pöll et Jakob Sigl. Ils passent par le local du moteur, puis gagnent la grange. Ils découvrent d’abord quatre victimes, avant de trouver les deux autres dans les pièces d’habitation. Pöll décrit aussi les déplacements et les manipulations survenus lors de cette découverte. Les policiers examineront donc une scène déjà parcourue et modifiée. [1] [2]

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7. Des constatations commencées après l’alerte

Le rapport de Georg Reingruber du 6 avril retrace le départ de Munich, l’arrivée nocturne à Wangen et l’attente jusqu’au matin faute d’éclairage adapté. Les policiers se rendent ensuite à la ferme avec les responsables locaux. Le rapport mentionne aussi l’échec des chiens à suivre une piste, dans un contexte de pluie et de neige. La recherche d’un trajet exploitable s’en trouve compliquée. [7]

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8. Un outil retrouvé lors de la démolition

En 1923, la démolition de la ferme révèle une Reuthaue, un outil agricole retrouvé dans un espace de plancher et retenu comme arme du crime. En juillet, l’ancien employé Georg Siegl reconnaît un outil assemblé par Andreas Gruber. Il décrit le manche façonné, les bandes de fer et la vis qui le maintient. Elle ne fournit cependant pas le nom de la personne qui s’en est servie contre les habitants. [8] [9]

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9. La question d’une présence après les meurtres

L’état des animaux et certains signes d’activité ont nourri l’idée que l’auteur serait resté sur place après les faits. Elle rassemble pourtant des observations faites par des personnes différentes, à des moments différents. Le mécanicien décrit notamment les portes et la position du chien. Aucun de ces témoins ne dit avoir vu le meurtrier nourrir les bêtes. [6] [9]

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10. Rechercher dans le voisinage et au-delà

Les enquêteurs examinent des pistes proches de la famille et d’autres visant des personnes de passage. Le rapport du 6 avril évoque des vérifications sur les déplacements d’anciens détenus et des demandes adressées aux établissements pénitentiaires. La réputation d’aisance des habitants oriente aussi la recherche vers un vol possible. Les valeurs restées sur place ne permettent pourtant pas, à elles seules, de déterminer le mobile ni de calculer avec certitude ce qui aurait disparu. [7]

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11. Le soupçon contre un voisin reste un soupçon

Lorenz Schlittenbauer, l’un des découvreurs, fait durablement l’objet d’accusations locales. Une note de l’inspecteur Martin Riedmayr, datée du 12 mai 1931, distingue cette conviction répandue de son propre examen : après une audition approfondie, il juge sa culpabilité très improbable. Le document recommande néanmoins d’entendre un autre témoin. La rumeur locale diverge ici de l’appréciation policière. [10]

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12. Une ferme disparue, des documents conservés

La ferme est démolie en 1923 ; le dossier lui survit. En 2026, les Archives de l’État de Bavière présentent des pièces provenant de la police de Munich et du Musée de l’armée bavaroise. Ces documents permettent de comparer plans, rapports et témoignages. Elle ne produit pas de résolution nouvelle. Le bilan reste celui de six meurtres, de nombreuses personnes examinées et d’un auteur demeuré inconnu. [4] [9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Six personnes ont été tuées et découvertes le 4 avril 1922. Les enquêteurs situent les faits dans la soirée du 31 mars ou la nuit suivante. Les déclarations des découvreurs, le passage du mécanicien et l’identification ultérieure de l’outil figurent dans les documents conservés.

Incertain ou non établi

Le nombre d’auteurs, leur identité, leur mobile et la succession exacte des attaques ne sont pas établis. La durée d’une présence après le crime, comme celle d’une éventuelle observation préalable des habitants, relève de reconstitutions qui ne doivent pas être présentées comme des certitudes.

Les dates clés

  1. 31 mars 1922 — Maria Baumgartner prend son poste ; les meurtres sont situés à cette période.
  2. 4 avril 1922 — Passage du mécanicien et découverte par les voisins.
  3. 5–6 avril 1922 — Dépositions et premières constatations documentées.
  4. 1923 — Démolition de la ferme et découverte de l’outil.
  5. 15 mai 1925 — Audition détaillée du mécanicien Albert Hofner.
  6. 12 mai 1931 — Note policière sur les accusations visant Schlittenbauer.
  7. 2026 — Exposition d’archives à Munich ; affaire toujours non élucidée.

Les lieux de l’affaire

Le domaine de Hinterkaifeck se situait près de Gröbern, sur le territoire actuel de Waidhofen en Haute-Bavière. Schrobenhausen apparaît dans les démarches judiciaires ; Munich envoie les enquêteurs spécialisés. Wangen sert d’étape à l’équipe venue de Munich. La ferme historique photographiée a ensuite disparu.

Ce qui rend cette affaire singulière

Le mystère tient autant au retard de la découverte qu’à la fragilité des rapprochements ultérieurs. Le dossier contient des observations précises, mais aussi des souvenirs tardifs et des accusations répétées. Les confronter permet de comprendre comment une affaire rurale devient une légende sans que son auteur soit identifié.

Sources et méthode

Les transcriptions de pièces anciennes publiées par Hinterkaifeck-Wiki sont rapprochées de la présentation officielle des archives bavaroises. La date d’une déposition est distinguée de celle de l’événement décrit. Les observations, rumeurs et hypothèses d’enquête conservent leur statut ; aucun suspect n’est présenté comme coupable.

  1. Archives d’Augsbourg — déposition de Michael Pöll, 5 avril 1922, transcription
  2. Archives d’Augsbourg — déposition de Lorenz Schlittenbauer, 5 avril 1922, transcription
  3. Archives d’Augsbourg — déposition de Franziska Schäfer, 5 avril 1922, transcription
  4. Archives de l’État de Bavière — présentation de l’exposition Hinterkaifeck, 2026
  5. Hinterkaifeck-Wiki — comparaison des déclarations sur les traces dans la neige
  6. Archives d’Augsbourg — déposition d’Albert Hofner, 15 mai 1925, transcription
  7. Archives de Munich — rapport de Georg Reingruber, 6 avril 1922, transcription
  8. Archives de Munich — déclaration de Georg Siegl, 5 juillet 1923, copie transcrite
  9. Archives de l’État de Bavière — catalogue de l’exposition, Elena Hiemer, 2026
  10. Archives de Munich — note de Martin Riedmayr, 12 mai 1931, transcription