Le parc Labelle de Saint-Jérôme en automne, avec la statue du curé Labelle.
Contexte géographique — Le parc Labelle, au centre-ville de Saint-Jérôme, au Québec, photographié le 16 octobre 2018.Photo : Andre Carrotflower / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie réelle conservée en entier, redimensionnement et conversion WebP sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Guy Turcotte : les crimes et les procès

CRIMES IMPOSSIBLES

Piedmont et Saint-Jérôme, Québec

Crimes en 2009 ; condamnation en 2015 ; peine en 2016 ; audience en 2026

Condamné à perpétuité ; sorties avec escorte refusées le 22 septembre 2026

En février 2009, à Piedmont, au Québec, Guy Turcotte tue ses deux enfants, Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans. Le cardiologue reconnaît les gestes, mais sa responsabilité criminelle devient le centre d’une longue bataille judiciaire. Un premier jury le déclare non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux en 2011. Ce verdict est annulé en appel. Un second procès aboutit, en décembre 2015, à une condamnation pour deux meurtres au deuxième degré, suivie d’une peine de prison à perpétuité. Pour leur mère, Isabelle Gaston, chaque audience ravive la perte. En septembre 2026, une demande de sorties avec escorte est refusée, nouvelle étape d’un dossier dont la condamnation reste en vigueur.

L’affaire en 30 secondes

Les victimes
Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans, sont tués par leur père en février 2009.
Les verdicts
Le verdict de non-responsabilité de 2011 est annulé ; le second jury retient deux meurtres en 2015.
La peine
Perpétuité, avec dix-sept ans avant admissibilité à une libération conditionnelle ; aucune sortie automatique.

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1. Olivier et Anne-Sophie, deux enfants tués

Guy Turcotte et Isabelle Gaston sont médecins et parents d’Olivier et d’Anne-Sophie. Leur séparation intervient au début de 2009. Turcotte s’installe à Piedmont, dans les Laurentides. C’est dans cette résidence que les enfants meurent sous ses coups en février. La rupture appartient au contexte examiné lors des procès ; elle ne transfère aucune responsabilité des meurtres à leur mère. [1] [2]

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2. 21 février 2009 : l’intervention policière

Alertés après des propos suicidaires rapportés par la mère de Turcotte, les policiers interviennent dans la maison le 21 février. Ils découvrent les enfants morts et leur père encore vivant. Celui-ci est hospitalisé après une intoxication volontaire. L’enquête ne se construit pas autour d’un auteur inconnu : elle doit établir les actes, leur séquence et l’état de celui qui les a commis. [1] [2]

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3. 2011 : un premier verdict de non-responsabilité

Le premier procès s’ouvre en avril 2011. Turcotte reconnaît avoir causé la mort de ses enfants ; le débat porte sur sa responsabilité au moment des faits. Le 5 juillet, le jury le déclare non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. Il est alors interné à l’Institut Philippe-Pinel. [1] [2]

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4. Le critère juridique au cœur des débats

L’article 16 du Code criminel exige un trouble mental empêchant de comprendre la nature des actes ou de savoir qu’ils sont mauvais. La présence d’un diagnostic ne suffit donc pas, à elle seule, à écarter la responsabilité. Dans ce dossier, les expertises examinent les effets d’un trouble de l’adaptation, d’une crise suicidaire et d’une intoxication. [2] [3]

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5. 2013 : pourquoi le verdict est annulé

Le 13 novembre 2013, la Cour d’appel du Québec ordonne un nouveau procès. Elle relève une insuffisance des directives données aux jurés sur la distinction entre troubles mentaux et effets de l’intoxication. Ils devaient pouvoir apprécier la contribution de chacun à l’incapacité alléguée. L’arrêt ne prononce pas lui-même une condamnation : il impose de rejuger les accusations avec des explications juridiques adéquates. [2] [4]

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6. 2014 : la voie du nouveau procès confirmée

Turcotte demande l’autorisation de contester cet arrêt devant la Cour suprême du Canada. Le 20 mars 2014, la juridiction refuse cette autorisation. Cette décision est une étape de procédure, distincte d’un jugement de culpabilité sur les faits. Elle clôt la contestation de l’annulation, sans remplacer l’examen des preuves par un second jury. [4]

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7. 2015 : deux meurtres au deuxième degré

Le second procès se déroule à Saint-Jérôme. Le 6 décembre 2015, le jury déclare Turcotte coupable des deux meurtres au deuxième degré. La défense de troubles mentaux n’est pas retenue. La qualification correspond à des meurtres sans préméditation établie dans le verdict ; elle ne désigne pas des morts accidentelles. [5] [6]

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8. 2016 : une peine à perpétuité

Le 15 janvier 2016, le juge André Vincent prononce la peine. Turcotte est condamné à l’emprisonnement à perpétuité et ne peut demander une libération conditionnelle avant dix-sept ans. Le jugement tient notamment compte de l’âge des victimes et du lien parental. Ces dix-sept ans constituent une période d’inadmissibilité ; les présenter comme la durée totale de l’emprisonnement ferait disparaître la portée de la perpétuité. [6]

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9. 2018 : la peine demeure inchangée

La Cour d’appel rejette le 28 juin 2018 la demande de réduction de la période préalable à une libération conditionnelle. Turcotte ne poursuit pas cette contestation devant la Cour suprême, selon l’annonce rapportée en août. L’exécution de la peine se poursuit donc sur cette base, sans qu’une date automatique de sortie puisse être déduite du seul nombre d’années. [7] [8]

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10. Isabelle Gaston face au temps judiciaire

La mère d’Olivier et d’Anne-Sophie traverse deux procès puis les suites de la condamnation. En décembre 2016, lorsque Turcotte abandonne l’appel de son verdict de culpabilité, elle évoque la possibilité de vivre son deuil avec moins d’attente judiciaire. Cette étape concerne le verdict ; le recours sur la peine se poursuivra encore. [9]

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11. 22 septembre 2026 : la demande refusée

Turcotte comparaît devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada pour demander des permissions de sortie avec escorte. La demande est refusée. Selon le compte rendu du Réveil, les commissaires estiment notamment qu’il n’assume pas encore pleinement ses gestes. Il s’agit d’un examen de sorties encadrées, distinct d’une libération conditionnelle totale. [10]

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12. Une nouvelle audience, une perte durable

Isabelle Gaston prend encore la parole lors de l’audience de septembre 2026. Dans un entretien au 98.5 Montréal, elle décrit ensuite son appréciation du processus de décision. Sa présence rappelle que l’exécution d’une peine comporte de nouvelles étapes pour les familles des victimes. [10] [11]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Turcotte a tué Olivier et Anne-Sophie en février 2009. Le verdict de non-responsabilité de 2011 est annulé en 2013. Le second jury le reconnaît coupable en 2015. La perpétuité prononcée en 2016 et la période de dix-sept ans avant admissibilité demeurent en vigueur. Le 22 septembre 2026, sa demande de sorties avec escorte est refusée.

Incertain ou non établi

Les débats psychiatriques ont porté sur des questions précises de responsabilité au moment des faits ; ils ne permettent pas de diagnostiquer à distance le condamné aujourd’hui. Les raisons intimes avancées par Turcotte ne remplacent ni les preuves examinées au procès ni la responsabilité retenue par le verdict.

Les dates clés

  1. 20–21 février 2009 — Olivier et Anne-Sophie sont tués à Piedmont ; la police intervient le 21 février.
  2. 5 juillet 2011 — Le premier jury retient la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.
  3. 13 novembre 2013 — La Cour d’appel annule ce verdict et ordonne un nouveau procès.
  4. 20 mars 2014 — La Cour suprême refuse d’autoriser l’appel de cette décision.
  5. 6 décembre 2015 — Le second jury prononce la culpabilité pour deux meurtres au deuxième degré.
  6. 15 janvier 2016 — La perpétuité est assortie de dix-sept ans avant admissibilité à une libération conditionnelle.
  7. 28 juin 2018 — La Cour d’appel maintient la peine et rejette la demande de réduction.
  8. 22 septembre 2026 — La Commission refuse les permissions de sortie avec escorte demandées par Turcotte.

Les lieux de l’affaire

Piedmont situe la résidence où les enfants ont été tués. Saint-Jérôme est le centre judiciaire des procès et de la détermination de la peine. Montréal apparaît dans le parcours institutionnel, notamment avec l’Institut Philippe-Pinel et la Cour d’appel. La photographie du parc Labelle donne un repère géographique sur Saint-Jérôme ; elle ne représente ni la maison des faits ni une scène d’audience.

Ce qui rend cette affaire singulière

Deux jurys ont rendu des verdicts différents après l’annulation du premier pour des erreurs de directives. Le dossier rend visibles plusieurs décisions souvent confondues : responsabilité criminelle, qualification du meurtre, peine, puis demandes de sortie. Les suivre séparément permet de comprendre la condamnation actuelle sans effacer le parcours d’Isabelle Gaston ni la mémoire d’Olivier et d’Anne-Sophie.

Sources et méthode

Les décisions sont restituées à partir des résumés SOQUIJ, du registre de la Cour suprême et des comptes rendus datés. L’entretien radiophonique est cité pour sa présentation écrite, sans prétendre en transcrire l’intégralité. Le récit évite les détails graphiques et distingue l’admissibilité à une libération, une décision de libération et une permission de sortie. Vérification documentaire : 24 septembre 2026.

  1. Le Journal de Québec — chronologie jusqu’au second verdict, décembre 2015
  2. SOQUIJ / CanLII Connecte — arrêt R. c. Turcotte, 2013 QCCA 1916
  3. Ministère de la Justice du Canada — article 16 du Code criminel
  4. Cour suprême du Canada — dossier 35675 et décision du 20 mars 2014
  5. L’Hebdo Journal — verdict de culpabilité, décembre 2015
  6. SOQUIJ / CanLII Connecte — peine, R. c. Turcotte, 2016 QCCS 112
  7. TVA Nouvelles — rejet de l’appel sur la peine, 28 juin 2018
  8. 98.5 Montréal — absence de recours supplémentaire sur la peine, août 2018
  9. Le Journal de Québec — Isabelle Gaston après l’abandon de l’appel du verdict, décembre 2016
  10. Le Réveil — refus de permissions de sortie avec escorte, 22 septembre 2026
  11. 98.5 Montréal — présentation de l’entretien avec Isabelle Gaston, 22 septembre 2026