Immeuble clair à l’angle des rues du Docteur-Blanche et de l’Assomption à Paris, photographié depuis la chaussée.
Angle des rues du Docteur-Blanche et de l’Assomption, dans le 16e arrondissement de Paris, le 2 septembre 2021. Vue de quartier postérieure aux faits.Photo : Polymagou / Wikimedia Commons — CC BY 4.0 · Source · CC BY 4.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Gang des Postiches, les braquages parisiens

CASSES & ARNAQUES

Paris · région parisienne · Yerres

1981–1986 · procès jusqu’en 2018

Gang démantelé · condamnations dans plusieurs procédures

Paris, 14 janvier 1986. Au Crédit lyonnais de la rue du Docteur-Blanche, un braquage du gang des Postiches se termine par une fusillade. L’inspecteur Jean Vrindts et le braqueur Bruno Berliner sont tués. Depuis 1981, le groupe attaque des banques sous des déguisements et dévalise les coffres de leurs clients. Des arrestations puis plusieurs procès suivent. L’histoire du butin se prolonge jusque dans une affaire jugée en 2018. Les responsabilités sanctionnées sont connues, mais la reconstitution complète des fonds dérobés reste plus incertaine.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Plus d’une vingtaine d’attaques de banques attribuées au groupe entre 1981 et 1986.
La justice
Procès en 1996, puis condamnation de Patrick Geay en appel en 2006.
La question restante
Le devenir de l’ensemble du butin ne se résume pas aux sommes retrouvées ou aux récits publiés.

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1. Une bande issue de l’Est parisien

L’histoire du groupe s’enracine notamment à Belleville, autour de relations anciennes. Bruno Berliner, André Bellaïche, Robert Marguery, Jean-Claude Myszka et Patrick Geay apparaissent dans les récits et les procédures. Le nom collectif simplifie une réalité faite de présences variables, de cavales et de parcours judiciaires différents. [1] [2]

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2. Pourquoi les Postiches

Le surnom vient des perruques, moustaches et barbes factices portées pendant les attaques. Les vêtements et les déguisements modifient l’apparence des hommes qui entrent dans les agences en plein jour. Ils compliquent ensuite les descriptions recueillies auprès des témoins. [1] [3]

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3. La salle des coffres au centre du vol

Les braqueurs retiennent employés et clients sous la menace pendant qu’une partie du groupe s’en prend aux coffres individuels. Ils y trouvent des espèces, des bijoux, des pièces et des lingots. L’objectif dépasse donc le contenu des caisses bancaires. Cette organisation suppose une présence prolongée à l’intérieur de l’agence, au contact des personnes séquestrées. Le ton parfois plaisant rapporté par des témoins ne supprime pas la contrainte armée. [1] [2] [4]

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4. Une série de plus de vingt attaques

Entre 1981 et janvier 1986, plus d’une vingtaine de braquages sont attribués aux Postiches à Paris et dans sa région ; les rétrospectives en dénombrent souvent vingt-sept. Les coffres appartiennent à des particuliers et leur contenu n’est pas toujours documenté de manière comparable. Les évaluations du butin varient fortement selon les récits. [2] [3] [5]

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5. Le dispositif policier et ses limites

La brigade de répression du banditisme et la brigade de recherche et d’intervention cherchent à interrompre la série. Le dispositif décrit au procès de 1996 vise à repérer les auteurs pendant une attaque, puis à les suivre jusqu’à un lieu où l’interpellation présente moins de risques. Cette stratégie porte alors le nom de plan Ballon. Elle doit éviter un affrontement au milieu des clients ; l’opération de janvier 1986 montre combien cet objectif reste fragile. [4]

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6. Le 14 janvier 1986, deux morts

Une alerte conduit les policiers rue du Docteur-Blanche, dans le seizième arrondissement. À la sortie des braqueurs, la situation dégénère en fusillade. Jean Vrindts, policier, et Bruno Berliner, membre du groupe, sont mortellement atteints. Robert Marguery, blessé, est arrêté, tandis que d’autres hommes prennent la fuite. La fin de l’attaque ne se réduit plus à une perte d’argent : elle provoque des morts, des blessures et une vive crise au sein des services de police. [3] [4] [6]

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7. La cavale s’achève à Yerres

Le 13 décembre 1986, les policiers interviennent dans un pavillon à Yerres, dans l’Essonne. Plusieurs fugitifs sont arrêtés, parmi lesquels Bellaïche, Myszka et Geay. De l’argent et des biens dérobés sont retrouvés dans les caches de la maison. Cette opération constitue une étape décisive du démantèlement. [3] [7]

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8. Une instruction qui dure dix ans

En mars 1996, Marguery, Myszka et Bellaïche comparaissent devant les assises de Paris. Les comptes rendus rappellent la longueur de l’instruction et les années déjà passées en détention provisoire avant leur remise en liberté. Le procès porte sur des faits sélectionnés par l’accusation, des preuves et des responsabilités personnelles, avec des positions différentes selon les accusés. [4] [5]

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9. Les condamnations de 1996

En avril 1996, Marguery et Myszka sont condamnés à douze ans de réclusion. Bellaïche reçoit huit ans, notamment pour association de malfaiteurs, évasion et recels. Patrick Geay, absent, est jugé par contumace. Sa situation ouvre une autre séquence judiciaire : il faudra sa reprise pour qu’un procès se déroule en sa présence. [2] [5] [8]

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10. Le procès de Patrick Geay

Après une longue cavale, Geay est arrêté en janvier 2003. Rejugé à Paris, il est condamné à quinze ans de réclusion en février 2004. Il conteste sa participation. Le 31 octobre 2006, les assises d’appel de l’Essonne portent la peine à dix-sept ans, retenant cinq braquages et une complicité de tentative de meurtre sur un policier. Son avocat annonce un pourvoi. Ce verdict doit être rapporté pour les faits retenus, sans y ajouter toutes les attaques attribuées au groupe. [8] [9] [10]

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11. Un trésor qui change de mains

En 2004, les investigations sur Michel Fourniret font réapparaître une partie du butin associé aux Postiches. Le récit passe par des relations nouées en prison, Jean-Pierre Hellegouarch et sa compagne Farida Hammiche. Celle-ci participe en 1988 à la récupération d’or caché, puis est assassinée. Ce prolongement n’implique pas que Fourniret ait appartenu au gang ou participé à ses braquages : il concerne l’appropriation ultérieure d’une partie des biens volés. [7] [11]

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12. Le jugement de l’affaire Hammiche

Le 16 novembre 2018, la cour d’assises des Yvelines condamne Michel Fourniret à la perpétuité pour l’assassinat de Farida Hammiche. Monique Olivier reçoit vingt ans de réclusion pour complicité. Tous deux sont également reconnus coupables de recel de vol. Ce procès établit un prolongement criminel autour d’une partie du butin ; il ne constitue pas un inventaire de toutes les valeurs prises dans les banques entre 1981 et 1986. [11] [12]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Les attaques se concentrent entre 1981 et 1986. La fusillade du 14 janvier 1986 tue un policier et un braqueur. Des condamnations interviennent en 1996, puis contre Geay en appel en 2006. Le procès de 2018 sanctionne l’assassinat de Farida Hammiche et le recel d’une partie du butin.

Incertain ou non établi

Les chiffres du butin et le détail de sa répartition ne sont pas uniformes dans les sources. La présence d’un nom dans l’histoire du gang ne démontre pas sa participation à chaque braquage. Les récits de solidarité ou de générosité ne permettent pas d’effacer les otages, les blessés et les morts.

Les dates clés

  1. 1981 — Début de la série d’attaques attribuées aux Postiches.
  2. 14 janvier 1986 — Fusillade rue du Docteur-Blanche ; deux morts.
  3. 13 décembre 1986 — Arrestations à Yerres.
  4. 1988 — Assassinat de Farida Hammiche après la récupération d’or.
  5. Mars–avril 1996 — Procès de trois membres et condamnations.
  6. Janvier 2003 — Arrestation de Patrick Geay.
  7. Février 2004 — Geay condamné à quinze ans.
  8. 31 octobre 2006 — Dix-sept ans en appel.
  9. 16 novembre 2018 — Verdict dans l’affaire Hammiche.

Les lieux de l’affaire

Belleville est un lieu d’origine des relations du groupe. Les banques parisiennes constituent ses principales cibles. La rue du Docteur-Blanche marque le dernier braquage de la série. Yerres correspond à une cache et aux arrestations de décembre 1986. Paris, Évry et Versailles accueillent les principales étapes judiciaires décrites ici.

Ce qui rend cette affaire singulière

Les déguisements donnent une identité immédiatement reconnaissable à des hommes qui cherchent justement à ne pas être reconnus. Le récit public s’attache à leurs apparences, mais les procès ramènent l’attention vers les personnes menacées et les responsabilités individuelles. L’histoire du butin se prolonge bien au-delà du démantèlement du groupe.

Sources et méthode

Les entretiens avec l’ancien enquêteur Bernard Pasqualini et la journaliste Patricia Tourancheau sont confrontés aux comptes rendus des audiences de 1996, 2004, 2006 et 2018. La date du dernier braquage est distinguée de celle des arrestations de Yerres. Les montants discordants ne sont pas additionnés. Les jugements sur le butin sont séparés de ceux concernant les braquages eux-mêmes. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. RTL, 2017 — Le gang des Postiches : témoins, enquêteur et journaliste
  2. Le Parisien, 24 janvier 2017 — Les Postiches, parcours et procès
  3. RTL, 14 janvier 2024 — Braquages, fusillade et arrestations à Yerres
  4. Le Monde, 21 mars 1996 — Trois membres devant la cour d’assises
  5. Le Monde, 4 février 2004 — Patrick Geay rejugé pour une série de hold-up
  6. Le Monde, 26 juillet 2004 — La saga des braqueurs en perruque et costume
  7. Le Monde, 26 juillet 2004 — L’enquête sur les lingots et le butin
  8. Le Parisien, 3 février 2004 — L’ancien du gang devant ses juges
  9. Le Parisien, 13 février 2004 — Quinze ans de réclusion pour Geay
  10. AFP / Le Monde, 1er novembre 2006 — Dix-sept ans en appel pour Patrick Geay
  11. Le Parisien, 16 novembre 2018 — Verdict dans l’affaire Farida Hammiche
  12. Le Monde, 16 novembre 2018 — Condamnations pour assassinat, complicité et recel