Façade en pierre du palais de justice de Besançon, avec deux drapeaux français au-dessus de l’entrée.
Le palais de justice de Besançon, photographié le 31 octobre 2024, avant le procès de Frédéric Péchier en 2025.Photo : Wikipedro / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie réelle conservée en entier, redimensionnement et conversion WebP sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Frédéric Péchier : les empoisonnements de Besançon

CRIMES IMPOSSIBLES

Besançon, Doubs ; Lyon, Rhône, France

Faits de 2008 à 2017 ; verdict en décembre 2025 ; appel en cours en 2026

Condamné en première instance pour trente empoisonnements, dont douze mortels ; appel en cours

Besançon, janvier 2017. Un arrêt cardiaque pendant une opération conduit à examiner une poche de perfusion et à soupçonner un empoisonnement. L’enquête remonte ensuite jusqu’à des incidents survenus depuis 2008 dans deux cliniques. Trente patients sont concernés, dont douze sont morts. Le 18 décembre 2025, après quinze semaines de procès, la cour d’assises du Doubs condamne l’anesthésiste Frédéric Péchier à la réclusion criminelle à perpétuité, avec vingt-deux ans de sûreté. Il nie les faits et fait appel. Cette condamnation n’est donc pas définitive. En juin 2026, la justice refuse sa remise en liberté ; le nouveau procès, confié à la cour d’assises du Rhône, est alors envisagé pour l’automne 2027.

L’affaire en 30 secondes

Les faits jugés
Trente empoisonnements commis entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon ; douze patients sont morts.
Le verdict
Le 18 décembre 2025, la cour d’assises prononce la perpétuité et une période de sûreté de vingt-deux ans.
L’appel
Péchier conteste sa culpabilité. Le procès en appel doit se tenir dans le Rhône ; la condamnation reste susceptible de réexamen.

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1. Janvier 2017 : une opération et un arrêt cardiaque

Le 11 janvier 2017, Sandra Simard est opérée du dos à la clinique Saint-Vincent. Un arrêt cardiaque survient ; elle survit après un coma. L’analyse d’une poche de perfusion révèle une teneur anormale en potassium. L’hypothèse dépasse celle d’une complication ordinaire : les enquêteurs cherchent comment un produit dangereux a pu se retrouver dans un dispositif destiné à soigner. [1] [2] [5]

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2. Un second patient au centre des débats

Le 20 janvier, Jean-Claude Gandon subit aussi un arrêt cardiaque pendant une intervention. Il survit. Parmi les trente patients concernés, il est le seul directement anesthésié par Péchier ; les autres étaient pris en charge par des confrères. Les enquêteurs examinent les accès aux produits et les interventions autour des patients. [4] [5]

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3. Reconstituer neuf années d’incidents

Les investigations remontent des alertes de 2017 vers des accidents antérieurs à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté. Le dossier jugé rassemble trente empoisonnements entre 2008 et 2017, dont douze mortels. La reconstitution exige de reprendre les dossiers médicaux et chaque épisode, sans assimiler automatiquement tout incident à un crime. [1] [2]

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4. La place centrale des expertises

Analyses biologiques, produits administrés, horaires et témoignages des soignants sont confrontés. Plusieurs corps sont exhumés ; une soixantaine de rapports d’expertise alimente le dossier. Il faut établir, pour chaque patient, ce qui relève d’un produit introduit volontairement, puis attribuer ce geste. Une anomalie ne désigne pas à elle seule son auteur. [2] [4] [10]

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5. 2017–2019 : les accusations s’étendent

Mis en examen en mars 2017 pour sept cas, Frédéric Péchier est placé sous contrôle judiciaire. En mai 2019, dix-sept empoisonnements supplémentaires portent le total à vingt-quatre. Il reste libre et conteste les accusations. Le dossier s’élargit encore jusqu’aux trente cas examinés au procès de 2025. [3] [1]

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6. Le scénario soutenu par l’accusation

L’accusation décrit des contaminations destinées à provoquer des urgences, à discréditer des collègues et à permettre à Péchier d’apparaître comme un réanimateur indispensable. Elle rapproche ces épisodes de conflits professionnels et de sa présence dans les établissements. Cette explication du mobile appartient à l’argumentation du ministère public. [6] [10]

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7. La contestation de l’anesthésiste

À la barre en septembre 2025, Péchier admet qu’une poche utilisée pour Sandra Simard a été empoisonnée, tout en niant en être responsable. Il défend ses choix lors de la réanimation et conteste l’interprétation d’autres incidents. Il évoque aussi des collègues qui auraient voulu le faire accuser. Cette thèse reste un argument de défense ; elle n’établit pas la culpabilité des personnes mises en cause dans ses déclarations. [4]

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8. Quinze semaines devant les assises du Doubs

Le procès commence le 8 septembre 2025 à Besançon. Trois magistrats et six jurés examinent les faits pendant quinze semaines. Les audiences reprennent les dossiers médicaux et entendent experts, proches, survivants et professionnels. Près de cent cinquante parties civiles participent à cette procédure, qui examine séparément trente situations. [1] [6]

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9. Ce que les survivants viennent raconter

Sandra Simard et Jean-Claude Gandon témoignent à l’audience de septembre. Ils décrivent les suites de l’arrêt cardiaque et du coma, les troubles persistants et les conséquences sur leur quotidien. Leurs récits déplacent l’attention des seules discussions techniques vers les personnes concernées. Les proches des patients morts attendent, eux aussi, une réponse sur des événements d’abord vécus comme des accidents survenus pendant des soins. [5]

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10. 18 décembre 2025 : la condamnation

La cour déclare Péchier coupable des trente empoisonnements et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. Il est immédiatement incarcéré. Les juges retiennent donc sa responsabilité au terme des débats de première instance. La motivation rendue publique reprend l’examen des différents cas et les éléments ayant conduit à écarter les explications de la défense. [6] [10]

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11. L’appel et les demandes de mise en liberté

La défense fait appel dès le 18 décembre 2025. Péchier demande sa remise en liberté avant le nouveau procès. Une première demande est rejetée à Besançon en février 2026 ; le 12 mai, la Cour de cassation rejette le recours contre ce refus. Ces décisions concernent sa détention provisoire pendant l’appel, sans rejuger les trente empoisonnements. [8] [9]

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12. 2026 : maintien en détention et futur procès à Lyon

Le 1er avril 2026, la Cour de cassation désigne la cour d’assises du Rhône pour l’appel. Le 23 juin, la chambre de l’instruction de Lyon refuse une nouvelle remise en liberté. Elle invoque notamment les risques de pressions, la garantie de représentation et la prévention du renouvellement des faits. Son communiqué envisage un procès à l’automne 2027 : cette indication de calendrier ne signifie pas qu’une nouvelle décision sur la culpabilité existe déjà. [7]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

La cour d’assises du Doubs a retenu trente empoisonnements, dont douze mortels, et condamné Péchier en décembre 2025. Il a fait appel et reste détenu après le refus de juin 2026. La cour d’assises du Rhône doit réexaminer l’affaire. Ces étapes sont établies ; le verdict de première instance ne peut être présenté comme définitif.

Incertain ou non établi

La défense conteste l’attribution des empoisonnements et leur interprétation. Le procès en appel n’a pas encore produit de verdict dans les sources consultées. L’automne 2027 est une période envisagée, non une date ferme d’ouverture. Les soupçons exprimés contre des collègues ne valent pas preuve de leur implication.

Les dates clés

  1. 2008–2017 — Période des faits examinés dans deux cliniques de Besançon.
  2. Janvier 2017 — Les cas de Sandra Simard et Jean-Claude Gandon deviennent centraux dans l’enquête.
  3. Mars 2017 – mai 2019 — Premières mises en examen, puis extension du dossier à vingt-quatre cas.
  4. 8 septembre 2025 — Ouverture du procès portant sur trente empoisonnements.
  5. 18 décembre 2025 — Condamnation à perpétuité, incarcération et appel de la défense.
  6. 1er avril 2026 — La cour d’assises du Rhône est désignée pour le procès en appel.
  7. 23 juin 2026 — La chambre de l’instruction de Lyon refuse une nouvelle remise en liberté.
  8. Automne 2027, envisagé — Période annoncée pour le nouveau procès, sous réserve du calendrier judiciaire.

Les lieux de l’affaire

Besançon réunit les deux établissements concernés et le lieu du premier procès. La photographie montre son palais de justice. Lyon intervient dans la procédure d’appel après la désignation de la cour d’assises du Rhône. Ce déplacement de juridiction ne change pas le lieu des faits.

Ce qui rend cette affaire singulière

L’affaire exige de rapprocher des incidents médicaux séparés dans le temps, puis de discuter leur origine et leur attribution. Les expertises occupent une place centrale, mais les témoignages et la chronologie sont également examinés. Le second procès doit reprendre cette discussion judiciaire.

Sources et méthode

Les comptes rendus des audiences sont confrontés au communiqué de la cour d’appel. Accusation, arguments de défense, verdict initial et décisions sur la détention sont distingués. Les détails médicaux sont limités à ce qui éclaire l’enquête ; aucun scénario supplémentaire n’est ajouté. Vérification documentaire : 24 septembre 2026.

  1. Egora — Ouverture du procès et chiffres clés du dossier, 8 septembre 2025
  2. Le Monde — L’enquête, les expertises et l’ouverture des débats, 8 septembre 2025
  3. TF1 Info — Les premières mises en examen et l’extension des poursuites, mai 2019
  4. Egora — Interrogatoire de Péchier et arguments de la défense, 23 septembre 2025
  5. AFP / Egora — Témoignages de Sandra Simard et Jean-Claude Gandon, 19 septembre 2025
  6. AFP / Egora — Verdict de la cour d’assises du Doubs, 18 décembre 2025
  7. Cour d’appel de Lyon — Rejet de la demande de mise en liberté, 23 juin 2026
  8. AFP / MaCommune.info — Rejet du recours sur la détention, 12 mai 2026
  9. RTL — Appel du verdict et demande de remise en liberté, 19 décembre 2025
  10. Le Monde — Motivation de la condamnation de première instance, 24 décembre 2025