Vue générale de Corsier-sur-Vevey et de Vevey, avec le Léman et les montagnes sous un ciel couvert.
Corsier-sur-Vevey au premier plan, Vevey et le Léman au second, le 3 août 2005. Vue générale de contexte géographique.Photo : Marek Ślusarczyk / Wikimedia Commons — CC BY 3.0 · Source · CC BY 3.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

François Légeret, les meurtres de Vevey

CRIMES IMPOSSIBLES

Vevey · Lausanne · canton de Vaud

2005–2024

Condamné à vie · condamnation maintenue après révision et recours

Vevey, 4 janvier 2006. Deux femmes sont retrouvées mortes dans la villa de la famille Légeret : Ruth Légeret et son amie Marina Studer. Marie-José, la fille de Ruth, a disparu. L’enquête conduit au fils adoptif, François Légeret, qui conteste les meurtres. Il est condamné à la prison à vie en 2008, puis à nouveau en 2010 après l’admission d’une révision. Le Tribunal fédéral maintient la condamnation en 2011. Les nouvelles démarches examinées jusqu’en 2024 ne la renversent pas. Une absence demeure au centre du dossier : le corps de Marie-José n’est pas retrouvé.

L’affaire en 30 secondes

La découverte
Deux corps sont découverts le 4 janvier 2006 ; la justice situe les trois homicides au 24 décembre 2005.
La justice
La peine à vie de 2008 est maintenue après un nouveau procès en 2010 puis devant le Tribunal fédéral.
La question restante
Marie-José Légeret reste introuvable. Son meurtre est retenu judiciairement malgré l’absence de corps.

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1. La découverte du 4 janvier 2006

Un jardinier puis un agent de sécurité s’inquiètent de l’absence de réponse dans la propriété. L’entrée dans la villa conduit à la découverte des corps de Ruth Légeret, 81 ans, et de Marina Studer, 80 ans, au bas d’un escalier intérieur. La seconde vient passer les fêtes auprès de son amie. La maison est fermée et les investigations se concentrent rapidement sur les personnes qui la fréquentent. Le 4 janvier est la date de découverte, pas celle retenue pour les décès. [1]

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2. Une troisième femme manque à l’appel

Marie-José Légeret, la fille de Ruth, ne donne plus signe de vie. Ses affaires et sa voiture restent sur place ; les recherches ne révèlent pas l’usage ultérieur de ses moyens financiers. L’enquête doit expliquer cette disparition en même temps que les deux morts. Le tribunal retiendra son homicide, mais sans pouvoir fixer précisément son déroulement ni le lieu où le corps se trouve. [1] [2]

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3. Le patrimoine et les tensions familiales

Les relations au sein de la famille deviennent un axe d’enquête. François Légeret intervient dans la gestion de biens et les juges examinent les conflits liés au patrimoine. L’accusation retient un mobile financier, que le condamné conteste. [1] [2]

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4. L’arrestation et les versions successives

François Légeret est arrêté le 2 février 2006. Ses déclarations sur le 24 décembre varient. Il affirme notamment être venu à la villa, y avoir vu deux femmes déjà mortes et sa sœur encore vivante ; il maintient qu’il n’est pas l’auteur des crimes. Ces propos ne sont donc pas des aveux de meurtre. Leur utilisation, en particulier lors d’auditions sans avocat, devient ensuite un sujet de recours. La justice examine aussi les déclarations répétées en présence de ses conseils. [1] [2]

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5. Des traces ADN intégrées à un ensemble d’indices

Des traces attribuées à François Légeret sont retrouvées sur le vêtement porté par sa mère et sur une paire de ciseaux. La défense discute leur portée. Dans son contrôle de 2011, le Tribunal fédéral considère que les juges peuvent les retenir avec les autres indices. [2]

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6. La première condamnation de 2008

Le 27 juin 2008, le Tribunal criminel de l’Est vaudois condamne Légeret pour meurtre et assassinat à une peine privative de liberté à vie. Le jugement retient les trois homicides, dont celui de sa sœur disparue. Le recours cantonal est rejeté le 29 octobre. Légeret continue de clamer son innocence. La procédure ne s’arrête pourtant pas là : un témoignage rendu public après ce premier procès conduit à réexaminer la chronologie. [3] [4]

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7. Le témoignage qui permet une révision

Une boulangère affirme avoir servi Ruth et Marie-José Légeret le 24 décembre 2005 en fin d’après-midi. Il s’agit de la mère et de sa fille, et non de Ruth et de Marina Studer. Si cette datation est exacte, elle fragilise le scénario retenu. Le 23 novembre 2009, la justice vaudoise admet la demande de révision et ordonne une nouvelle instruction ainsi qu’un nouveau jugement. [3] [4]

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8. Le second procès maintient la peine en 2010

Le 18 mars 2010, le Tribunal criminel de Lausanne maintient la condamnation à vie. Il ne retient pas la date donnée par la boulangère. Les juges rapprochent ce témoignage des livraisons restées dehors, de l’absence de réponse à la villa et des données téléphoniques. Ils concluent à une confusion chronologique. La décision est confirmée au niveau cantonal le 4 octobre 2010. [3] [4] [5]

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9. La décision fédérale de décembre 2011

Le 20 décembre 2011, le Tribunal fédéral laisse subsister la condamnation. Son contrôle porte sur les griefs de droit et sur l’absence d’arbitraire dans l’appréciation des preuves ; il ne constitue pas un troisième procès complet. Une partie du recours aboutit sur un point civil concernant une indemnité pour tort moral. Cette correction ne supprime ni la déclaration de culpabilité ni la peine à vie, distinction indispensable pour lire correctement le résultat. [2] [4]

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10. Les contestations se poursuivent

Légeret dépose de nouvelles demandes de révision et de récusation. En 2018, le Tribunal fédéral examine notamment des déclarations du fils de la boulangère rapportées dans un livre. Il estime qu’elles ne fournissent pas un élément susceptible d’ébranler la condamnation. Les juges précisent que le témoignage initial n’est pas écarté sur la base d’un diagnostic de troubles de mémoire, mais parce que sa datation contredit l’ensemble des éléments retenus. [3] [5]

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11. Pourquoi une révision peut être refusée

La révision suppose notamment des faits ou moyens de preuve nouveaux et sérieux, aptes à modifier le jugement. La décision cantonale de 2021 puis l’arrêt fédéral du 5 mai 2022 examinent aussi les demandes visant à écarter des magistrats. Le fait que des juges aient déjà refusé un recours ne démontre pas, à lui seul, leur partialité. [4] [6]

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12. Les décisions examinées jusqu’en 2024

L’historique officiel recense un nouveau rejet fédéral le 10 janvier 2024. Le 14 mai suivant, l’arrêt 6B_135/2024 déclare irrecevables un autre recours et la demande de récusation. Le tribunal relève une nouvelle lecture personnelle d’éléments déjà examinés, sans fait nouveau sérieux propre à soutenir la révision. La condamnation demeure. Les sources consultées ne permettent d’annoncer ni acquittement ultérieur, ni nouveau procès obtenu, ni découverte du corps de Marie-José. [7]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Deux corps sont découverts à Vevey le 4 janvier 2006. La condamnation retient trois homicides commis le 24 décembre 2005. Une révision est admise en 2009 et un second jugement maintient la peine à vie en 2010. Les recours ultérieurs examinés ne l’annulent pas. François Légeret conteste toujours sa responsabilité dans les récits publics consultés.

Incertain ou non établi

Le corps de Marie-José n’est pas retrouvé dans l’état du dossier documenté. Le déroulement précis de sa mort reste moins déterminé que sa qualification judiciaire.

Les dates clés

  1. 24 décembre 2005 — Date des homicides retenue par la justice.
  2. 4 janvier 2006 — Découverte de Ruth Légeret et Marina Studer.
  3. 2 février 2006 — Arrestation de François Légeret.
  4. 27 juin 2008 — Première condamnation à vie.
  5. 23 novembre 2009 — Admission d’une demande de révision.
  6. 18 mars 2010 — Nouvelle condamnation à vie à Lausanne.
  7. 20 décembre 2011 — Condamnation maintenue devant le Tribunal fédéral.
  8. 8 octobre 2018 — Refus d’une nouvelle démarche en révision.
  9. 5 mai 2022 — Nouveau recours rejeté dans la mesure de sa recevabilité.
  10. 10 janvier et 14 mai 2024 — Décisions fédérales ne renversant pas la condamnation.

Les lieux de l’affaire

Vevey, sur la rive vaudoise du Léman, rassemble la villa, les commerces cités par les témoins et les premiers actes de l’enquête. Lausanne accueille le second procès ainsi que des instances cantonales et fédérales.

Ce qui rend cette affaire singulière

Le dossier associe deux décès constatés et une troisième victime dont le corps demeure absent. Il montre aussi qu’un témoignage peut suffire à obtenir une révision sans être finalement retenu après réexamen. La succession des recours exige de lire leur objet : condamnation, recevabilité, récusation ou conséquences civiles.

Sources et méthode

Les décisions cantonales et fédérales priment pour les dates et la portée des procédures. Les comptes rendus de presse servent au contexte et à l’identification des protagonistes. L’arrêt du 14 mai 2024 est le plus récent directement examiné ici. Les récits de défense sont distingués des constatations judiciaires ; les incertitudes sur la disparition ne conduisent ni à effacer la condamnation ni à inventer les circonstances manquantes. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. RTL, 16 décembre 2025 — Les faits, les protagonistes et la disparition
  2. Tribunal fédéral, 20 décembre 2011 — Arrêts 6B_118/2009 et 6B_12/2011, reproduction DFR
  3. Tribunal fédéral, 8 octobre 2018 — Arrêt 6B_713/2017, reproduction DFR
  4. Cour d’appel pénale vaudoise, 7 octobre 2021 — Historique des jugements et nouvelle demande de révision
  5. Radio Lac / ATS, 12 octobre 2018 — Le refus de révision et le témoignage de la boulangère
  6. Tribunal fédéral, 5 mai 2022 — Arrêt 6B_32/2022, reproduction DFR
  7. Tribunal fédéral, 14 mai 2024 — Arrêt 6B_135/2024 et historique actualisé des recours