Les quais et les maisons de Bergerac au bord de la Dordogne, vus depuis le Vieux Pont.
Bergerac et les berges de la Dordogne, vus du Vieux Pont le 19 septembre 2010. Photographie de contexte géographique ; aucune maison montrée n’est désignée comme lieu d’agression.Photo : Lionel Allorge / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 3.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, conservée en entier et sous la même licence.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Francis Leroy, les crimes de Dordogne

CRIMES IMPOSSIBLES

Bergerac · Lembras · Bourdeilles · Périgueux

1978–1984 · procès en 1989 · libération rapportée en 2005

Perpétuité en 1989 · vingt ans de sûreté · sortie de prison en 2005

Lembras, 24 janvier 1984. Jacques Royère est tué lors d’une intrusion dans une maison, près de Bergerac. Ce meurtre rejoint une série d’agressions et de séquestrations commencée en 1978. Les témoignages, un rapprochement avec des antécédents et des objets retrouvés orientent l’enquête vers Francis Leroy. Le 23 juin 1989, il est condamné à perpétuité avec vingt ans de sûreté. Sa libération en 2005 est rapportée par plusieurs sources. Le surnom de tueur de la pleine lune demeure, mais il ne suffit pas à expliquer les passages à l’acte.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Une série d’intrusions et d’agressions aboutit au meurtre de Jacques Royère.
La justice
Les assises de la Dordogne condamnent Leroy le 23 juin 1989.
La question restante
Que montrent les indices derrière l’explication attribuée à la pleine lune ?

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1. Un premier dossier à Saintes

L’affaire périgourdine comporte un antécédent essentiel. En 1964, les assises de la Charente-Maritime condamnent Leroy à vingt ans de réclusion dans un premier dossier criminel, lié à la mort de Christiane Judet. Il obtient une libération conditionnelle en 1973. Cet antécédent prend une place décisive lorsqu’un enquêteur cherche à rapprocher l’inconnu de Bergerac d’un homme déjà identifié par la justice. [7] [8] [9]

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2. Le retour dans le monde des chevaux

Après sa sortie, Leroy s’installe dans la propriété familiale du secteur de Bourdeilles. Il élève des chevaux. Les récits d’audience décrivent une insertion locale qui ne suscite pas spontanément la méfiance de son entourage. Cette vie visible explique une partie de la surprise lors de l’arrestation. [3] [7]

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3. Des intrusions à partir de 1978

À partir de 1978, des habitants de la région de Bergerac subissent des intrusions nocturnes. L’agresseur contrôle les occupants, les retient et profère des menaces. Les récits ne décrivent pas toujours un vol important ni un objectif immédiatement lisible. C’est une difficulté pour les enquêteurs : les actes peuvent présenter une parenté sans suivre exactement le même déroulement. [5] [6]

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4. Des souvenirs précis malgré la peur

Le visage dissimulé prive les témoins d’un moyen simple de reconnaissance. Ils retiennent d’autres particularités : la stature, la manière de parler ou une anomalie de la main. Le récit de l’arrestation souligne notamment une phalange manquante, signalée par des victimes et observée chez Leroy. Ce détail physique vient compléter les autres rapprochements. [5] [6]

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5. Des faits de gravité différente

Les faits réunis dans le dossier comprennent des vols, des séquestrations et des violences sexuelles. Ils ne peuvent être résumés comme une suite uniforme de meurtres. Les comptes rendus judiciaires parlent d’une dizaine d’agressions dans la période périgourdine. Notre lecture distingue ce décompte du nombre de morts : le procès de 1989 retient un homicide dans cette série. Cette précision évite d’amplifier les faits sous l’effet d’un surnom ou d’un résumé télévisuel. [4] [5]

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6. Jacques Royère est tué à Lembras

Le 24 janvier 1984, une nouvelle intrusion se produit à Lembras. Jacques Royère, industriel de la région, est tué. Son nom devient le repère central de l’enquête pour homicide. La succession des agressions et ce décès renforcent la nécessité de rapprocher les informations détenues par les services. Les souvenirs des personnes présentes et les objets emportés doivent permettre de remonter à l’auteur, au-delà du seul portrait d’un homme masqué. [1] [2] [8]

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7. Un échange entre policiers ouvre la piste

Guy Penaud rapporte qu’une conversation entre policiers remet sur la table le passé d’un habitant de la région. Un fonctionnaire connaît un homme déjà condamné, associé autrefois à des crimes commis lors d’une nuit de pleine lune. Cette évocation attire l’attention sur Leroy. Les enquêteurs peuvent désormais comparer un individu réel aux portraits et aux particularités décrites par les victimes. [6]

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8. Les découvertes et les aveux

Fin janvier 1984, Leroy est interpellé puis entendu. Le compte rendu contemporain mentionne, en l’attribuant aux enquêteurs, la découverte d’une carte de crédit volée chez Françoise Natalis à Lembras. Il rapporte aussi la correspondance avec les signalements. Début février, Leroy reconnaît les faits et fait l’objet d’une inculpation. L’enquête ne se réduit ainsi ni à une intuition sur la lune ni au seul passé du suspect : elle confronte plusieurs catégories d’éléments. [1] [2]

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9. La pleine lune, une explication à examiner

L’expression de tueur de la pleine lune donne à l’affaire sa notoriété. Des rapprochements calendaires et des expertises sont discutés au cours de la procédure. Ils ne permettent pas de présenter l’astre comme une cause démontrée des crimes. Le témoignage rétrospectif de Guy Penaud propose aussi une lecture des déplacements et des occasions d’agir. Ces récits doivent garder leur statut : ils éclairent une conduite, sans remplacer la démonstration des actes jugés. [3] [5] [6]

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10. Cinq journées devant les assises

Le procès s’ouvre le 19 juin 1989 à Périgueux. La cour examine les faits commis autour de Bergerac, les déclarations de l’accusé et les expertises. Les débats font apparaître le décalage entre l’éleveur connu dans la région et l’auteur des agressions. L’institution judiciaire doit pourtant juger autre chose qu’un portrait de personnalité. [3] [4]

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11. La perpétuité le 23 juin 1989

Le 23 juin, la cour d’assises de la Dordogne prononce la réclusion criminelle à perpétuité, avec vingt ans de sûreté. Le compte rendu du verdict mentionne la culpabilité pour le meurtre de Jacques Royère, deux viols et des séquestrations. La question lunaire ne conduit donc pas à un effacement de la responsabilité pénale. [4] [5]

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12. Une libération rapportée en 2005

Les rétrospectives indiquent que Leroy sort de prison en 2005 et quitte le Périgord. RTL reprend ce repère en 2024 avec des intervenants qui connaissent l’affaire. Les pièces détaillant les conditions de cette sortie ne figurent pas dans le corpus consulté. Il serait donc inexact d’en déduire un effacement de la condamnation, ou d’inventer les obligations imposées. [5] [6] [9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

La série périgourdine s’étend de 1978 à janvier 1984. Leroy reconnaît des agressions au cours de l’enquête. La condamnation de 1989 et la sortie de prison rapportée en 2005 sont documentées. La mort de Jacques Royère fait partie des faits jugés à Périgueux ; l’antécédent de Saintes relève d’une procédure différente. [2] [4] [7]

Incertain ou non établi

L’influence causale de la lune n’est pas établie par les documents présentés. Les interprétations du comportement de Leroy ne sont pas équivalentes à une preuve scientifique générale. La date exacte de la première intrusion et certaines dates de sa première procédure varient selon les rétrospectives. Les modalités de la libération de 2005 restent insuffisamment détaillées. [5] [8]

Les dates clés

  1. 1964 Première condamnation à vingt ans en Charente-Maritime. [7]
  2. 1973 Libération conditionnelle et retour en Périgord. [7]
  3. 1978–1984 Série d’agressions autour de Bergerac. [5]
  4. 24 janvier 1984 Meurtre de Jacques Royère à Lembras. [2]
  5. Fin janvier–début février 1984 Interpellation, aveux et inculpation. [1] [2]
  6. 19–23 juin 1989 Procès à Périgueux et perpétuité. [4]
  7. 2005 Libération rapportée par les rétrospectives. [5]

Les lieux de l’affaire

Saintes appartient au premier dossier criminel. Bourdeilles correspond au retour de Leroy dans la propriété familiale. Bergerac et les communes voisines forment le cadre des agressions qui suivent. Lembras est le lieu du meurtre de Jacques Royère ; Périgueux accueille le procès de 1989. La vue de Bergerac donne un repère régional, sans attribuer un fait à un bâtiment photographié. [1] [7] [9]

Ce qui rend cette affaire singulière

Le dossier montre comment une série dispersée devient une enquête centrée sur un suspect : descriptions, mémoire d’un ancien cas, perquisition et aveux s’additionnent. Notre analyse privilégie ces étapes, vérifiables dans les récits d’enquête. La pleine lune appartient à l’histoire médiatique et aux débats d’expertise ; elle ne doit pas masquer les actes, les victimes ni le contenu du verdict. [1] [5] [6]

Sources et méthode

Les articles contemporains de 1984 et de juin 1989 sont confrontés aux témoignages rétrospectifs. Les mentions d’un premier procès en 1961 sont écartées au profit de 1964 ; 1961 renvoie aux faits initiaux. Pour la série périgourdine, 1978 est conservé sans imposer un mois contesté. Le nombre de morts est distingué du nombre d’agressions. Les déclarations sur la lune sont attribuées, sans valeur causale affirmée. Le récit de 2013 avertit lui-même de possibles erreurs chronologiques. Aucune décision ultérieure modifiant le verdict de 1989 n’est identifiée dans les références accessibles ; le dossier judiciaire intégral et les conditions de sortie ne sont pas disponibles. Vérification documentaire : 29 septembre 2026.

  1. Le Monde, 2 février 1984 — En cagoule sous la pleine lune
  2. Le Monde, 4 février 1984 — Inculpation et aveux rapportés
  3. Le Monde, 21 juin 1989 — Compte rendu des audiences
  4. Le Monde, 25 juin 1989 — Verdict rendu le 23 juin à Périgueux
  5. RTL, 2 février 2024 — Entretiens avec Guy Penaud et Jean-Paul Auriac
  6. TV Grandes chaînes, 14 décembre 2024 — Retour sur l’identification de Leroy
  7. Soirmag, Jacques Pradel, 1er septembre 2024 — Antécédent de 1964 et retour en Périgord, début accessible
  8. Le Boutillon de la Mérine, octobre 2013 — Témoignages et récit rétrospectif, avec avertissement sur les dates
  9. Wikipédia — Francis Leroy, notice secondaire de recoupement