
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
L’étrangleur de Boston, l’affaire Albert DeSalvo
CRIMES IMPOSSIBLESBoston et sa région · Massachusetts · États-Unis
Meurtres en 1962–1964 · Aveux en 1965 · Analyse ADN en 2013
Aucun procès pour les meurtres de la série ; responsabilité dans la mort de Mary Sullivan établie par les autorités grâce à l’ADN.
Boston, 14 juin 1962. Anna Slesers est retrouvée morte chez elle. D’autres femmes sont tuées dans la région jusqu’en janvier 1964. Albert DeSalvo revendique ensuite les crimes attribués à l’étrangleur de Boston, mais ne comparaît jamais pour ces meurtres. Condamné pour d’autres infractions en 1967, il meurt en prison en 1973. L’ADN le relie en 2013 au meurtre de Mary Sullivan. Cette avancée majeure ne démontre pas, à elle seule, qu’il est l’auteur de toute la série.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Treize morts sont généralement rattachées à l’affaire.
- La justice
- DeSalvo est condamné pour d’autres crimes ; les meurtres ne sont pas jugés.
- La question restante
- L’ADN résout le cas Sullivan, sans attribuer biologiquement toute la série.
01 / 12
1. Une première mort dans un appartement
Anna Slesers, cinquante-cinq ans, est découverte morte dans son appartement le 14 juin 1962. D’autres décès suivent durant l’été. Les attaques se produisent dans des logements, des lieux associés à la sécurité quotidienne. La question de l’entrée de l’agresseur devient centrale. La police invite les femmes vivant seules à vérifier l’identité de leurs visiteurs. Un climat de peur s’installe avant qu’un suspect unique ne soit identifié. [1]
02 / 12
2. Une série aux contours variables
Les récits de l’affaire retiennent généralement treize morts entre juin 1962 et janvier 1964. Certaines sources distinguent un noyau de onze crimes et deux autres morts rattachées au dossier. Les âges et les circonstances varient. Ce décompte historique ne doit pas être confondu avec un nombre de condamnations : il s’agit d’affaires regroupées sous un même nom, dont l’attribution commune reste une question à examiner. [2][3]
03 / 12
3. Deux journalistes interrogent les rapprochements
Loretta McLaughlin et Jean Cole, du Boston Record American, enquêtent sur les meurtres. Leur série d’articles de janvier 1963 rapproche les faits et questionne les méthodes policières. Elles rencontrent des résistances professionnelles et institutionnelles. Leurs travaux contribuent à fixer l’image publique de l’étrangleur. [1]
04 / 12
4. DeSalvo est arrêté pour d’autres attaques
En octobre 1964, Albert DeSalvo est arrêté à la suite d’une agression signalée par une survivante. D’autres femmes le reconnaissent ensuite. Les poursuites concernent notamment des agressions et des vols, pas les meurtres regroupés sous le nom de l’étrangleur. C’est seulement pendant sa détention, notamment à Bridgewater, que ses déclarations conduisent à le rapprocher de la série. [4]
05 / 12
5. Des aveux transmis par la défense
En 1965, DeSalvo se présente comme l’auteur des meurtres. Son avocat F. Lee Bailey recueille sa version, qui contient des détails sur les scènes de crime. Ces déclarations convainquent certains enquêteurs et observateurs, mais suscitent aussi des objections. La question est double : quels détails ne peuvent provenir que de l’auteur, et lesquels peuvent être connus autrement ? [4][5]
06 / 12
6. Ce que juge réellement le tribunal en 1967
Le procès de janvier 1967 porte sur des vols à main armée et des agressions sexuelles. La défense discute la responsabilité mentale de DeSalvo ; le verdict conduit à la perpétuité. Il n’est pourtant ni jugé ni condamné pour les meurtres de l’étrangleur. Confondre cette peine avec un verdict sur la série efface une distinction décisive : l’homme est détenu pour des faits qui ne sont pas les homicides dont il revendique la responsabilité. [4][6]
07 / 12
7. La mort de DeSalvo empêche un procès ultérieur
DeSalvo revient sur ses aveux. En novembre 1973, il est tué en prison à Walpole, à quarante-deux ans. Sa mort interdit tout procès futur contre lui pour les homicides de Boston. Le dossier reste ainsi ouvert à une investigation historique et scientifique, avec cette limite judiciaire durable. [10][9]
08 / 12
8. Pourquoi les analyses anciennes alimentent le doute
Un article scientifique de David Foran et James Starrs, publié en 2004, décrit des analyses après l’exhumation de Mary Sullivan. Deux profils d’ADN mitochondrial issus de matières prélevées ne correspondent pas à DeSalvo. Ces résultats entretiennent la contestation de ses aveux. Ils concernent toutefois les échantillons alors étudiés : on ne peut les substituer aux prélèvements conservés depuis la scène de crime, sur lesquels portent les investigations ultérieures. [7][3]
09 / 12
9. En juillet 2013, une piste génétique familiale
Les enquêteurs analysent des traces biologiques conservées dans le dossier Sullivan. Un prélèvement provenant d’une bouteille utilisée par un neveu de DeSalvo permet une comparaison. Les marqueurs du chromosome Y montrent une correspondance dans la lignée paternelle. Ce premier résultat ne désigne pas, à lui seul, un individu unique : plusieurs hommes d’une même lignée peuvent partager ces marqueurs. Il justifie une étape supplémentaire. [8][3]
10 / 12
10. Le prélèvement direct sur DeSalvo
Le corps de DeSalvo est exhumé en juillet 2013. L’ADN extrait de ses restes permet cette fois une comparaison directe avec les traces de l’affaire Sullivan. Le 19 juillet, les autorités annoncent une correspondance et lui attribuent le meurtre. Le résultat porte sur cette victime et sur les éléments conservés de son dossier. [9][3]
11 / 12
11. La preuve Sullivan ne résout pas toute la série
Après l’annonce de 2013, certains responsables estiment probable que DeSalvo ait également commis d’autres meurtres de la série. Cette appréciation dépasse la seule portée de l’analyse génétique. D’autres observateurs soulignent les différences entre les dossiers et envisagent plusieurs auteurs. Ni l’unité complète de la série ni sa division exacte entre plusieurs personnes ne peuvent être déduites du seul résultat Sullivan. Il faut examiner les autres affaires séparément. [11][5]
12 / 12
12. La famille Sullivan face aux résultats
Casey Sherman, neveu de Mary Sullivan, publie en 2003 un livre contestant les aveux de DeSalvo. En juillet 2013, il accueille favorablement les nouvelles analyses, puis considère la comparaison directe comme une réponse à la mort de sa tante. Il conserve néanmoins des questions sur les autres victimes. Son évolution illustre l’importance d’examiner une preuve nouvelle, même lorsqu’elle contredit une conviction longtemps défendue par des proches. [11][9]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
DeSalvo avoue puis se rétracte. Sa condamnation de 1967 vise des infractions distinctes des meurtres. Il meurt en détention en 1973. Les autorités annoncent en juillet 2013 une correspondance génétique directe dans le dossier Mary Sullivan, après une première comparaison familiale.
Incertain ou non établi
Le résultat obtenu pour Sullivan ne constitue pas une preuve génétique pour toutes les autres victimes. L’existence d’un seul auteur pour l’ensemble des morts regroupées, ou le nombre éventuel d’autres auteurs, reste discutée. Le dossier ne permet pas d’affirmer qu’un verdict collectif aurait tranché ces questions.
Les dates clés
- 14 juin 1962 — Anna Slesers est retrouvée morte à Boston.
- Janvier 1963 — McLaughlin et Cole publient leur enquête dans le Record American.
- Janvier 1964 — Meurtre de Mary Sullivan à Beacon Hill.
- Octobre 1964 — Arrestation de DeSalvo pour d’autres attaques.
- 1965 — Aveux concernant les meurtres de l’étrangleur.
- Janvier 1967 — Condamnation à perpétuité pour d’autres infractions.
- Novembre 1973 — DeSalvo est tué à la prison de Walpole.
- 2004 — Publication d’analyses après l’exhumation de Sullivan.
- 19 juillet 2013 — Annonce de la correspondance ADN directe avec DeSalvo.
Les lieux de l’affaire
Les faits regroupés concernent Boston et plusieurs communes du Massachusetts. Mary Sullivan vit à Beacon Hill. Bridgewater appartient à l’histoire de la détention et des aveux ; Walpole est le lieu de la mort de DeSalvo. La photographie de Commonwealth Avenue montre Back Bay en 2019 : le bâtiment visible n’est présenté ni comme domicile d’une victime ni comme scène de crime.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’affaire juxtapose une forte identification médiatique, des aveux sans procès pour meurtre et une preuve génétique apparue près d’un demi-siècle après les faits. Elle montre pourquoi une réponse solide sur un homicide ne résout pas automatiquement tous ceux qu’un même surnom a réunis. Le nom de chaque victime demeure l’unité pertinente de l’enquête.
Sources et méthode
La synthèse du National Institute of Justice décrit la démarche ADN et ses limites. L’article scientifique de 2004 est replacé avant les analyses de 2013, sans confondre les échantillons examinés. La presse contemporaine documente les annonces publiques. Les variations entre onze et treize morts reflètent des périmètres différents ; aucun de ces nombres ne constitue un bilan de condamnations. Les adaptations audiovisuelles ne sont pas utilisées comme preuves. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Smithsonian Magazine — The Tenacious Women Reporters Who Helped Expose the Boston Strangler, 16 mars 2023
- TIME / LIFE — City of Fear: Photos From the Boston Strangler Era, 1963
- National Institute of Justice — Solving Cold Cases with DNA: The Boston Strangler Case, 3 mars 2014
- Notable Trials and Court Cases / JRank — Albert Henry DeSalvo Trial: 1967
- RTÉ — DNA breakthrough in Boston Strangler case, 11 juillet 2013
- Boston Globe — Compte rendu du procès pour agressions et vols, 13 janvier 1967
- David R. Foran et James E. Starrs — In search of the Boston Strangler, Medicine, Science and the Law, janvier 2004
- GBH — DA Details Evidence Linking DeSalvo To Boston Strangler Murder, 12 juillet 2013
- Boston.com — Annonce des résultats ADN directs et réactions, 19 juillet 2013
- National Institute of Justice — Serial Killer Connections Through Cold Cases, 15 juin 2020
- Boston.com — Annonce de l’exhumation et position de la famille Sullivan, 11 juillet 2013