
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Edwige Alessandri, les trois procès
CRIMES IMPOSSIBLESPernes-les-Fontaines · Avignon · Nîmes · Lyon
2000–2026
Condamnée en 2009 · nouvelle demande de révision en 2026
Pernes-les-Fontaines, nuit du 16 au 17 juillet 2000. Richard Alessandri est tué chez lui. Son épouse décrit l’intrusion de malfaiteurs, mais l’enquête l’accuse d’un crime familial. Après deux procès en 2006 et une cassation, elle est condamnée à dix ans de réclusion à Lyon en 2009. L’identification d’un ADN relance la contestation. Une première demande de révision échoue en 2019 ; une nouvelle est déposée le 5 mars 2026. Peut-elle conduire au réexamen du verdict ? Aucune annulation n’est établie à la date de cette fiche.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Richard Alessandri est tué dans sa chambre. Son épouse affirme que des intrus sont responsables.
- La justice
- Trois procès : douze ans en 2006, puis dix ans en 2009 après cassation du verdict d’appel.
- La question restante
- La requête déposée en mars 2026 obtiendra-t-elle une révision ? Elle ne vaut pas annulation du verdict.
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1. Richard Alessandri est tué chez lui
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 2000, Richard Alessandri, responsable d’un supermarché à Pernes-les-Fontaines, meurt d’un coup de feu dans sa chambre. Son épouse Edwige appelle les secours. Elle affirme qu’un intrus tire et que d’autres personnes prennent la fuite. Deux explications vont s’opposer : une agression venue de l’extérieur et un crime commis au sein du foyer. [1] [6]
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2. L’hypothèse d’un cambriolage contestée
Edwige Alessandri soutient que des malfaiteurs visent la recette du commerce. Les enquêteurs doutent de cette version : aucune effraction n’est relevée et rien n’est dérobé. Ils examinent les relations du couple et envisagent une dispute. La défense souligne qu’une intrusion n’exige pas nécessairement une porte forcée et qu’une tentative de vol peut échouer. [2] [3] [6]
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3. Les déclarations changeantes du fils
Entendu en garde à vue, Yohann, le fils aîné d’Edwige Alessandri, donne plusieurs versions avant de mettre sa mère en cause. Il revient rapidement sur cette accusation. Les enquêteurs conservent ses premières déclarations à charge ; la défense invoque la pression et l’épuisement des interrogatoires. Edwige Alessandri, elle, nie tuer son mari. [1] [10]
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4. Une accusation sans arme retrouvée
L’arme du crime n’est pas retrouvée. La défense conteste aussi l’existence d’un mobile précis. Edwige Alessandri passe vingt et un mois en détention provisoire avant une remise en liberté. Ses proches poursuivent leurs démarches et font appel à l’ancien gendarme Jean-François Abgrall pour une contre-enquête. Son travail s’attache notamment aux traces autour de la maison et à la possibilité d’une présence étrangère au foyer. [1] [2] [7]
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5. 2006 : une première condamnation
En janvier 2006, la cour d’assises du Vaucluse, à Avignon, reconnaît Edwige Alessandri coupable du meurtre de Richard et prononce douze ans de réclusion. Elle comparaît en contestant les faits. Ses défenseurs poursuivent cependant la contestation devant une autre juridiction de jugement. [3] [8]
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6. L’appel puis la cassation
En décembre 2006, à Nîmes, le deuxième procès aboutit à la même peine de douze ans. La Cour de cassation annule ensuite cette décision pour une irrégularité de procédure. Il faut distinguer les deux étapes : l’appel réexamine l’affaire, tandis que la cassation contrôle la régularité juridique du procès. Cette annulation n’acquitte pas Edwige Alessandri. Elle conduit à un nouveau jugement devant la cour d’assises du Rhône. [3] [6]
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7. 2009 : le troisième procès à Lyon
En février 2009, Edwige Alessandri comparaît pour la troisième fois. La cour d’assises du Rhône la déclare à nouveau coupable et fixe la peine à dix ans. Pendant ce procès, une comparaison des profils ADN issus de mégots avec le fichier national est ordonnée. Les résultats arrivent après le verdict. [2] [7] [8]
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8. L’ADN ouvre une nouvelle piste
Les mégots sont ramassés dès le début de l’enquête, à proximité d’une haie du jardin et de traces de pas. Leur exploitation ultérieure conduit à un homme connu pour des cambriolages. Il reconnaît une présence possible sur place mais conteste un rôle dans le meurtre. Pour la défense, ce résultat soutient l’hypothèse d’une intrusion. Il ne date cependant pas, à lui seul, le dépôt de la trace et ne démontre pas que son porteur tire sur Richard. [2] [7]
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9. La libération puis la demande de révision
Edwige Alessandri obtient une libération conditionnelle en octobre 2010. Elle veut ensuite faire annuler sa condamnation. La défense annonce une requête en 2011 ; un supplément d’information est ordonné en octobre 2012. Des témoignages viennent s’ajouter à la piste génétique. [2] [4] [10]
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10. Une nouvelle enquête, puis un non-lieu
Une information judiciaire s’ouvre en 2013 sur la piste de malfaiteurs extérieurs. Les avocats critiquent le retour de services déjà impliqués dans la première enquête et demandent d’autres investigations. Le 20 avril 2018, cette procédure se termine par un non-lieu, confirmé en appel en juin 2019. Cette décision concerne la nouvelle information : elle ne blanchit pas Edwige Alessandri et ne remplace pas le verdict prononcé à Lyon. [5] [6] [8]
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11. 2019 : la révision n’aboutit pas
En décembre 2019, la défense apprend que la requête en révision est jugée irrecevable. Le quatrième procès espéré n’a pas lieu. La condamnation de 2009 demeure. Les soupçons visant d’autres personnes n’autorisent pas à les présenter comme des auteurs identifiés : aucun nouveau verdict ne leur attribue le meurtre. [8] [9]
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12. 2026 : une nouvelle requête est déposée
Le livre Les Deux Mégots, de Geoffrey Le Guilcher, paraît en février 2026 et défend la thèse d’une erreur judiciaire. Le journaliste apporte notamment un nouveau témoignage attribuant les faits à des malfaiteurs. Le 5 mars, Me Damien Brossier dépose une nouvelle requête en révision. Au 29 septembre 2026, les sources consultées ne permettent d’établir ni l’annulation du verdict ni la tenue d’un quatrième procès. Le dépôt est confirmé ; son issue reste à vérifier. [10] [11] [12]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Établi
Le meurtre de Richard, les trois procès et la condamnation de 2009 sont établis. Les analyses génétiques conduisent à des investigations complémentaires. La première demande de révision n’aboutit pas en 2019. Une nouvelle requête est déposée le 5 mars 2026 : cette démarche est confirmée par la presse, sans décision d’annulation identifiée lors de la vérification. [2] [8] [9] [11]
Incertain ou non établi
Le rôle éventuel de malfaiteurs, le moment du dépôt des traces génétiques et la portée des témoignages restent discutés. Les conclusions favorables à Edwige Alessandri formulées par ses avocats et par Geoffrey Le Guilcher ne sont pas des décisions de justice. Inversement, le maintien de la condamnation n’interdit pas d’examiner un élément nouveau dans le cadre prévu par la loi. [10] [12] [13]
Les dates clés
- 16–17 juillet 2000 Meurtre de Richard Alessandri au domicile familial. [6]
- Janvier et décembre 2006 Deux condamnations à douze ans ; celle d’appel est ensuite cassée. [6] [8]
- Février 2009 Troisième procès à Lyon : dix ans de réclusion. [7] [8]
- Octobre 2010 Libération conditionnelle. [2] [6]
- Octobre 2012 Supplément d’information lié à la demande de révision. [4]
- 2018–2019 Non-lieu dans la nouvelle information, confirmation en appel puis échec de la révision. [6] [8] [9]
- 5 mars 2026 Dépôt d’une nouvelle requête en révision. [11]
Les lieux de l’affaire
Pernes-les-Fontaines, dans le Vaucluse, est le lieu du meurtre. Avignon accueille le premier procès, Nîmes l’appel, puis Lyon le jugement après cassation. Montpellier et Avignon interviennent dans les investigations complémentaires. La vue de Pernes-les-Fontaines en ouverture situe la commune ; elle ne montre pas la maison des Alessandri. [5] [7] [8]
Ce qui rend cette affaire singulière
L’exploitation tardive des mégots donne au dossier sa particularité : une trace recueillie dès 2000 produit une identification après le troisième verdict. L’affaire met ainsi en relation la conservation des indices, les résultats scientifiques et le calendrier des recours. Trois condamnations successives ne sont pas trois affaires différentes ; la révision cherche à remettre en cause la décision devenue définitive au moyen d’éléments nouveaux. [2] [7] [13]
Sources et méthode
Les comptes rendus des procès et recours sont recoupés avec les articles consacrés aux analyses ADN et à la requête de 2026. Les dates de mise à jour de pages anciennes ne sont pas traitées comme de nouveaux événements. Le non-lieu de 2018, sa confirmation de 2019 et le rejet de la révision sont séparés. Les critiques de l’enquête et les affirmations d’innocence sont attribuées à leurs auteurs. Ni le dossier pénal complet ni une décision sur la requête de 2026 ne sont disponibles dans les références consultées. Vérification documentaire : 29 septembre 2026.
- RTL, L’Heure du crime — « Affaire Edwige Alessandri : l’épouse a-t-elle tué son mari ? »
- Le Parisien, 16 mars 2011 — « Le combat d’un fils pour innocenter sa mère »
- Le Parisien, 20 septembre 2012 — « Justice : et si la “veuve noire” était innocente… »
- Le Dauphiné libéré, 22 octobre 2012 — « Une lueur d’espoir pour Edwige Alessandri »
- François Barrère, Le Dauphiné libéré, 26 juillet 2013 — « Des suspicions sur la contre-enquête »
- Brice Theate, Le Dauphiné libéré, 10 mai 2018 — Le non-lieu dans la nouvelle information
- Damien Delseny, Le Parisien, 28 mai 2019 — « Affaire Alessandri : dix-neuf ans de mystère »
- Jean-Xavier Pieri, Le Dauphiné libéré, 17 juin 2019 — Le non-lieu confirmé en appel
- Le Dauphiné libéré, 21 décembre 2019 — La requête en révision jugée irrecevable
- Yann Bouchez, Le Monde, 27 février 2026 — La nouvelle demande de révision annoncée
- Le Dauphiné libéré, 6 mars 2026 — « Meurtre de Richard Alessandri : vers un nouveau procès ? »
- Le Dauphiné libéré, 13 avril 2026 — Entretien avec Geoffrey Le Guilcher sur Les Deux Mégots
- Service Public — « Demander la révision d’une décision de justice (pénale ou civile) », version consultée le 29 septembre 2026