La Seine à Neuilly-sur-Seine, avec la pointe boisée de l’île de la Jatte et le temple de l’Amour à gauche, une passerelle au centre et des péniches amarrées à droite.
La Seine à Neuilly-sur-Seine et la pointe sud de l’île de la Jatte, vues en 2012. Vue de contexte ; aucune embarcation n’est identifiée comme La Martinique.Photo : Olga Rithme / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Photographie redimensionnée et convertie en WebP, conservée en entier et sous la même licence.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Dominique Aubry, meurtre sur une péniche ?

CRIMES IMPOSSIBLES

Neuilly-sur-Seine · Nanterre · Versailles

2005–2015

Deux acquittements · Appel du 19 octobre 2015

Neuilly-sur-Seine, 1er décembre 2005. Dominique Aubry, 57 ans, est retrouvée morte sur sa péniche, La Martinique. D’abord orientée vers un suicide, l’enquête explore ensuite l’hypothèse d’un crime lié à son héritage. Ses amis Franck Renard-Payen et Olivier Eustache sont jugés, puis acquittés en 2014 et de nouveau en appel le 19 octobre 2015. Leur culpabilité n’est pas établie. L’affaire laisse des interrogations sur les circonstances du décès, mais celles-ci ne permettent pas de présenter les deux hommes comme des meurtriers.

L’affaire en 30 secondes

Les faits
Dominique Aubry est retrouvée morte à bord de La Martinique, le 1er décembre 2005.
La justice
Franck Renard-Payen et Olivier Eustache sont acquittés en 2014 puis en appel en 2015.
La question restante
Les expertises ne permettent pas de reconstituer avec certitude toutes les circonstances du décès.

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1. Une vie sur la Seine

Dominique Aubry vit sur une péniche amarrée à Neuilly-sur-Seine. Son mari, marchand d’art, meurt au début de 2005. Parmi ses proches figurent Franck Renard-Payen, qu’elle connaît depuis longtemps, et Olivier Eustache. Leur place dans son entourage devient un sujet majeur de l’enquête. Les témoignages décrivent cette proximité de façons opposées : soutien amical pour les uns, relation intéressée pour les autres. [1] [2]

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2. Le dîner du 30 novembre

Le 30 novembre 2005, Dominique Aubry reçoit les deux hommes à dîner sur La Martinique. Ils disent quitter les lieux dans la soirée. Cette rencontre les place parmi les dernières personnes connues à l’avoir vue vivante. Les enquêteurs examinent leurs déclarations, notamment l’omission initiale de la présence d’Olivier Eustache par Franck Renard-Payen. La portée de cette omission est discutée ; elle ne suffit pas à établir ce qui se produit après leur départ. [1] [3]

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3. La découverte du 1er décembre

Le lendemain, Franck Renard-Payen revient et découvre Dominique Aubry morte à bord. La police est appelée. Les premières constatations orientent les recherches vers un suicide. Les informations sur son état moral, sa consommation d’alcool et les médicaments sont alors examinées dans cette perspective. Elles constituent un contexte médical et personnel à vérifier, sans permettre à elles seules de déterminer les circonstances exactes de la mort. [2] [4]

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4. La famille conteste le suicide

La mère et le frère de Dominique Aubry contestent cette première lecture. Ils estiment notamment que ses échanges récents et son état ne correspondent pas au scénario retenu. Une enquête pour homicide volontaire est ouverte en janvier 2006. Le dossier change d’orientation : les enquêteurs recherchent désormais une éventuelle intervention extérieure. Les convictions des proches sont prises en compte, mais restent distinctes d’une preuve matérielle de meurtre. [1] [5]

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5. Le testament au cœur des soupçons

Peu avant sa mort, Dominique Aubry désigne Franck Renard-Payen comme légataire universel. La valeur de la succession est alors estimée à environ quatorze millions d’euros, avant impôts. Ce testament fournit à l’accusation l’hypothèse d’un mobile financier. La juge Nathalie Turquey rappelle cependant au procès qu’un mobile possible ne démontre pas la réalisation d’un crime. L’existence d’un bénéficiaire ne résout ni la cause du décès ni l’identité d’un éventuel auteur. [5] [6]

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6. Des expertises qui ne convergent pas

Les examens médico-légaux et les autres expertises se multiplient. Ils discutent l’heure du décès, les constatations corporelles et leur compatibilité avec les scénarios envisagés. Les résultats ne convergent pas vers une démonstration incontestable d’homicide. La difficulté est renforcée par l’absence de mise sous scellés de la péniche au début de l’affaire. La conservation des lieux devient elle-même un sujet de débat, car leur état peut avoir changé. [1] [7] [8]

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7. Le non-lieu de 2011

Le 11 mai 2011, la juge d’instruction Nathalie Turquey estime les charges insuffisantes et prononce un non-lieu en faveur des deux hommes. Cette décision intervient après plusieurs années d’investigations. Elle signifie que la magistrate ne retient pas de charges suffisantes pour les renvoyer aux assises. Le parquet conteste cette analyse et fait appel. Le non-lieu ne clôt donc pas durablement le dossier, contrairement à ce qu’espèrent les intéressés. [1] [6]

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8. Le renvoi devant les assises

La décision de non-lieu est infirmée et les deux hommes sont finalement renvoyés devant une cour d’assises. Le 4 mars 2014, leur procès s’ouvre à Nanterre. Ils comparaissent libres et nient toute participation à un homicide. Les jurés doivent examiner les pièces, les expertises et les témoignages accumulés depuis 2005. [4] [5]

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9. Le premier acquittement

Le 18 mars 2014, les assises des Hauts-de-Seine acquittent Franck Renard-Payen et Olivier Eustache. Le ministère public a pourtant requis une peine de quinze à vingt ans de réclusion contre eux. Les débats ne permettent pas de surmonter les incertitudes du dossier. Le parquet fait appel de l’acquittement : les deux hommes doivent ainsi affronter une nouvelle audience criminelle. [9] [10]

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10. Une seconde audience à Versailles

Le procès d’appel débute le 5 octobre 2015 devant les assises des Yvelines, à Versailles. L’accusation soutient à nouveau un assassinat destiné à capter la fortune de Dominique Aubry. La défense conteste la solidité des indices et la lecture des expertises. Les témoins sont interrogés près de dix ans après le décès. Cette distance temporelle renforce la difficulté de départager des souvenirs incomplets et des interprétations contradictoires. [11] [12]

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11. Le second acquittement

Le 19 octobre 2015, après environ cinq heures de délibération, la cour acquitte les deux hommes. L’hypothèse criminelle défendue par le parquet n’emporte pas la conviction des jurés. Cette seconde décision est l’issue pénale documentée par les sources retenues. La persistance d’interrogations privées ou médiatiques ne modifie pas le verdict. [12] [13]

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12. La succession, un autre contentieux

Au moment du verdict de 2015, l’AFP précise que l’héritage fait encore l’objet d’une contestation civile. Il faut donc distinguer l’acquittement des poursuites criminelles et le règlement effectif de la succession. Les titres annonçant un héritage de quatorze millions ne prouvent pas un versement immédiat de cette somme. Les documents consultés ne permettent pas de fixer ici l’issue finale du litige patrimonial ni une éventuelle indemnisation de la détention. [12] [13]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Établi

Dominique Aubry meurt à bord de sa péniche en décembre 2005. Les deux hommes poursuivis sont acquittés le 18 mars 2014, puis le 19 octobre 2015 en appel. Le testament désigne Franck Renard-Payen comme légataire universel. L’homicide allégué et la culpabilité des accusés ne sont pas établis par ces procès. [9] [12] [13]

Incertain ou non établi

La documentation publique ne permet pas de reconstituer chaque moment de la dernière nuit. Les désaccords entre experts et les limites des constatations initiales subsistent dans le récit de l’enquête. Ils ne constituent pas des preuves nouvelles contre les acquittés. Le règlement définitif de la succession n’est pas établi dans ce dossier. [7] [8] [12]

Les dates clés

  1. 1er décembre 2005 Découverte du corps sur La Martinique. [4]
  2. Janvier 2006 Ouverture d’une enquête pour homicide volontaire. [1]
  3. 11 mai 2011 Non-lieu, ensuite contesté par le parquet. [1]
  4. 18 mars 2014 Acquittement à Nanterre ; le parquet fait appel. [9] [10]
  5. 19 octobre 2015 Acquittement en appel à Versailles. [12]

Les lieux de l’affaire

La péniche La Martinique est amarrée sur la Seine à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. Nanterre accueille le premier procès d’assises en 2014. Versailles, dans les Yvelines, accueille celui de l’appel en 2015. La photographie montre les bords de Seine à Neuilly : aucune embarcation visible n’est identifiée comme celle de Dominique Aubry. [1] [4] [11]

Ce qui rend cette affaire singulière

La difficulté porte d’abord sur la nature même de la mort, avant de porter sur un auteur éventuel. Le dossier réunit un testament, des relations amicales discutées et des expertises qui ne lèvent pas les incertitudes. Deux procès aboutissent au même résultat. Le point d’interrogation du titre rappelle que « meurtre sur une péniche » demeure ici l’hypothèse de l’accusation, et non un fait judiciairement démontré. [5] [6] [9] [12]

Sources et méthode

Les comptes rendus contemporains des deux procès sont croisés avec les rétrospectives de RTL et France Télévisions. Les expertises complètes et les arrêts ne sont pas directement reproduits ; leurs conclusions sont rapportées par la presse. Les reprises d’une dépêche AFP ne sont pas considérées comme des confirmations indépendantes. Aucun recours ultérieur modifiant l’acquittement en appel n’a été identifié dans la recherche effectuée. L’issue civile de la succession reste non vérifiée. Le titre interrogatif ne présente pas un meurtre comme établi. Vérification documentaire : 29 septembre 2026.

  1. RTL · Affaire Dominique Aubry : l’enquête et les deux procès · dossier rétrospectif consulté le 29 septembre 2026
  2. Le Parisien · Qui sont les deux hommes accusés ? · 5 octobre 2015
  3. Le Parisien · L’accusation fragilisée au procès de l’héritier · 14 mars 2014
  4. La Dépêche · La riche veuve a-t-elle été suicidée ? · 3 mars 2014
  5. Le Parisien · Le mystère de la veuve pendue dans sa péniche · 4 mars 2014
  6. Le Parisien · Mort de la veuve : l’héritage, un mobile pas une preuve · 12 mars 2014
  7. France Télévisions · Faites entrer l’accusé : Dominique Aubry · présentation documentaire de 2018
  8. La Dépêche · Richissime veuve retrouvée pendue : meurtre ou suicide ? · 5 octobre 2015
  9. RTL · Acquittement des deux accusés · 18 mars 2014
  10. TF1 Info · Le parquet fait appel de l’acquittement · mars 2014
  11. Le Parisien · Le mystère de la veuve pendue de retour aux assises · 5 octobre 2015
  12. AFP / La Dépêche · L’innocence à nouveau reconnue des deux amis · 19 octobre 2015
  13. Le Parisien · Mort de la riche veuve de Neuilly : l’accusé blanchi · 19 octobre 2015