
L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE
Denis Waxin, les crimes de Lille
CRIMES IMPOSSIBLESLille · Ronchin · Lambersart · Douai · Saint-Omer
1985–2003
Perpétuité en appel en 2003 · période de sûreté de vingt-neuf ans
Lille, 22 novembre 1985. Nathalie Hoareau disparaît alors qu’elle effectue une course près de chez elle. Son meurtre demeure inexpliqué, puis deux autres fillettes sont tuées en 1990 et en 1992. L’enquête change de dimension en janvier 1999 : une enfant survit à une agression et permet d’identifier Denis Waxin. Les analyses génétiques et les interrogatoires rapprochent ensuite plusieurs dossiers. Deux procédures sont nécessaires, car Waxin est encore mineur lors du premier crime. Les procès aboutissent à vingt ans de réclusion dans cette affaire et à la perpétuité dans l’autre. En appel, en 2003, la sûreté de cette dernière peine est fixée à vingt-neuf ans.
L’affaire en 30 secondes
- Les faits
- Trois fillettes sont tuées en 1985, 1990 et 1992 ; d’autres enfants survivent aux agressions.
- La justice
- Deux procédures distinguent le premier crime, commis alors que Waxin est mineur, des faits suivants.
- La question restante
- La fin éventuelle d’une période de sûreté ne doit jamais être présentée comme une libération automatique.
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1. Nathalie Hoareau disparaît en 1985
Le 22 novembre, Nathalie rentre de l’école dans le quartier des Biscottes, au sud de Lille. Elle ressort pour une course de proximité et ne revient pas. Sa mère cherche dans les commerces voisins avant de prévenir la police. Les recherches conduisent à la découverte de son corps. [1] [2]
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2. Un deuxième meurtre en octobre 1990
Près de cinq ans plus tard, Cathy Monchaux disparaît à son tour dans le secteur de Wazemmes. Elle est retrouvée morte le lendemain. La proximité géographique avec le premier crime nourrit les rapprochements, mais une ressemblance entre deux affaires ne permet pas encore d’identifier un même coupable. [2] [3]
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3. La disparition de Nadjia en juillet 1992
Le 23 juillet 1992, Nadjia disparaît à Lille ; son corps est retrouvé quelques jours plus tard près de la ville. Ce troisième meurtre renforce la crainte d’un auteur qui agit dans le même secteur. Les enquêteurs disposent de témoignages et de traces, mais aucun suspect n’est alors confondu. [2] [3] [4]
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4. Des dossiers qui restent longtemps sans réponse
Les trois meurtres surviennent dans des quartiers du sud de l’agglomération lilloise ou à proximité. Les familles attendent une identification pendant plusieurs années. Les rapprochements reposent sur les lieux, le profil des victimes et les constatations recueillies. Ils orientent le travail policier sans remplacer la preuve propre à chaque fait. [1] [4]
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5. Le témoignage décisif de janvier 1999
Le 6 janvier 1999, une enfant est agressée puis laissée en vie. Elle parvient à raconter ce qui lui arrive et à décrire l’homme. Sa description conduit les policiers à lui présenter des photographies. Elle désigne Denis Waxin, connu de leurs services pour des vols. La mémoire de cette victime donne un nom aux enquêteurs. [2] [3]
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6. Denis Waxin est identifié et arrêté
Waxin travaille comme pompiste et mène une vie conjugale qui ne laisse pas soupçonner ces crimes à son entourage. Il est entendu en janvier 1999 puis placé en détention. L’enquête confronte le signalement, les déclarations et les prélèvements. [2] [5] [6]
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7. Les analyses relient l’enquête aux anciens crimes
Le profil génétique de Waxin est comparé aux traces conservées dans le dossier de Nadjia. Une correspondance apparaît. Ce résultat permet de dépasser un simple rapprochement de circonstances et de revenir sur un meurtre ancien avec un suspect identifié. [2] [3]
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8. Les aveux de juillet 1999 élargissent les poursuites
Au cours des interrogatoires de juillet, Waxin reconnaît les trois meurtres. Le juge d’instruction Christophe Ingrain examine ses déclarations avec les éléments des dossiers. D’autres agressions sexuelles sur des enfants sont également retenues dans les poursuites. Ils ne permettent pas non plus d’additionner comme certains tous les faits supplémentaires un jour évoqués sans victime identifiée. [3] [7]
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9. Le procès de Douai en mai 2002
Les assises du Nord examinent les crimes commis alors que Waxin est majeur, notamment les meurtres de Cathy et de Nadjia et les agressions dont d’autres enfants survivent. Les experts ne retiennent pas une abolition de responsabilité. Le 31 mai 2002, la cour prononce la réclusion criminelle à perpétuité avec trente ans de sûreté. [5] [7]
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10. Une procédure distincte pour le premier meurtre
Le meurtre de Nathalie fait l’objet d’un autre procès, devant la cour d’assises des mineurs du Nord, en septembre 2002. Waxin est mineur au moment des faits de 1985 : c’est cet âge qui détermine la juridiction, même si le jugement intervient bien plus tard. Il reçoit vingt ans de réclusion. [3] [7]
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11. Les décisions d’appel de 2003
La condamnation à vingt ans pour le premier meurtre est confirmée en appel. Dans l’autre procédure, examinée à Saint-Omer en novembre 2003, les assises du Pas-de-Calais maintiennent la perpétuité et fixent la sûreté à vingt-neuf ans. Les présentations récentes de France Télévisions rappellent encore cette décision de 2003. [3] [6]
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12. Ce que signifie une période de sûreté
L’article 132-23 du Code pénal organise une période durant laquelle certains aménagements, dont la libération conditionnelle, sont en principe exclus. Une sûreté de vingt-neuf ans n’équivaut donc pas à une peine totale de vingt-neuf ans. Son terme éventuel ne supprime ni la condamnation à perpétuité ni l’examen judiciaire requis pour une sortie. Les sources retenues ici ne documentent aucune décision récente accordant une libération à Waxin ; annoncer une date certaine dépasserait ce qu’elles permettent d’établir. [6] [8]
Ce qui est établi, ce qui reste incertain
Documenté
Trois meurtres sont attribués judiciairement à Denis Waxin, dans une série qui comprend aussi des violences sexuelles contre des enfants survivants. L’identification intervient en 1999. Les faits de 1985 sont jugés séparément parce que l’auteur est alors mineur. Les décisions d’appel de 2003 maintiennent vingt ans dans ce premier dossier et la perpétuité dans l’autre, avec vingt-neuf ans de sûreté.
Incertain ou non établi
Tous les récits publics ne donnent pas les mêmes âges ni les mêmes détails chronologiques secondaires. Les formulations contradictoires ne sont pas reprises. Les déclarations concernant des victimes supplémentaires non identifiées ne sont pas intégrées au bilan certain.
Les dates clés
- 22 novembre 1985 — Disparition et meurtre de Nathalie Hoareau à Lille.
- Octobre 1990 — Disparition et meurtre de Cathy Monchaux.
- Juillet 1992 — Disparition de Nadjia puis découverte de son corps.
- Janvier 1999 — Une victime survivante permet l’identification de Waxin ; début de la détention.
- Juillet 1999 — Aveux et extension des investigations aux meurtres anciens.
- 31 mai 2002 — Perpétuité avec trente ans de sûreté aux assises du Nord.
- Septembre 2002 — Vingt ans pour le crime de 1985, jugé séparément.
- 2003 — Confirmation de cette peine ; perpétuité avec vingt-neuf ans de sûreté dans l’autre appel.
Les lieux de l’affaire
Lille rassemble les principaux quartiers de l’enquête, dont Lille-Sud, Moulins, Wazemmes et Fives. Ronchin et Lambersart appartiennent également à la géographie des dossiers rapprochés. Douai accueille les premiers procès. Saint-Omer accueille les débats d’appel devant les assises du Pas-de-Calais. La Grand-Place photographiée sert uniquement de repère urbain ; elle n’est pas présentée comme une scène de crime.
Ce qui rend cette affaire singulière
L’avancée décisive vient de la parole d’une enfant qui survit, puis du rapprochement de cette identification avec des traces anciennes. Le dossier montre pourquoi témoignage et preuve scientifique doivent être lus ensemble. Sa chronologie judiciaire exige aussi une attention particulière : l’âge de l’auteur au moment du premier crime impose une procédure différente, et la sûreté prononcée en première instance change en appel. Ces distinctions évitent de réduire plusieurs décisions à une formule imprécise.
Sources et méthode
La chronologie est recoupée entre la presse du procès, les rétrospectives de RTL et du Parisien et les présentations de France Télévisions. Le Code pénal sert à expliquer la sûreté. Les archives publiques accessibles ne remplacent pas les arrêts intégraux : les jours exacts des décisions secondaires ne sont pas ajoutés sans confirmation suffisante. Les victimes survivantes ne sont pas nommées et aucun détail graphique n’est repris. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.
- Soirmag, Jacques Pradel, 13 mai 2022 — Le début de l’enquête en 1985
- RTL, 2021 — Rétrospective de l’identification et des crimes
- Le Parisien, Crime Story — Denis Waxin, deuxième partie, transcription sur Dailymotion
- France Télévisions, 25 novembre 2025 — Présentation du documentaire sur l’enquête
- L’Obs, 31 mai 2002 — Compte rendu de la condamnation aux assises du Nord
- France Télévisions, grille du 27 au 29 août 2026 — Rappel de la condamnation de novembre 2003
- Wikipédia — Repérage chronologique et références des deux procédures, recoupés avec la presse
- Légifrance — Code pénal, article 132-23, définition de la période de sûreté