Ancienne mairie de Chevilly-Larue vue depuis la rue en 2019.
Ancienne mairie de Chevilly-Larue, photographiée le 26 octobre 2019. Illustration géographique postérieure aux faits de l’affaire Claude Lastennet. Image redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage.Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Image entière conservée, redimensionnée et convertie en WebP ; aucun recadrage ni filtre. Licence de la source conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Claude Lastennet : les meurtres de cinq femmes âgées

CRIMES IMPOSSIBLES

Chevilly-Larue · Thiais · Hauts-de-Seine · Créteil

1993–1994 · procès en octobre 1997

Perpétuité · décédé le 19 décembre 2023

Chevilly-Larue, 12 janvier 1994. Les policiers arrêtent Claude Lastennet dans le foyer où il réside. Il a vingt-deux ans. Depuis août, cinq femmes âgées ont été tuées à leur domicile dans le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine ; une sixième a survécu à une agression. Le signalement d’un autre résident vient de donner un nom au suspect recherché. Lastennet reconnaît les faits, mais ses explications ouvrent une autre interrogation : comment comprendre le « double » auquel il attribue ses crimes ? Les assises le condamneront à perpétuité en 1997. Le récit doit tenir ensemble les victimes, les recoupements policiers et la décision judiciaire, sans reprendre comme une vérité le personnage qu’il décrit.

L’affaire en 30 secondes

Les victimes
Cinq femmes âgées de 72 à 92 ans sont tuées entre août 1993 et janvier 1994. Une sixième femme survit à une agression.
L’enquête
Un renseignement venu du foyer conduit à l’arrestation de Lastennet le 12 janvier 1994. Il reconnaît les crimes.
La justice
Condamné à perpétuité avec dix-huit ans de sûreté en octobre 1997, il meurt le 19 décembre 2023, à cinquante-deux ans.

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1. Cinq femmes, cinq vies interrompues

Marcelle Cavilier, Antoinette Bonin, Raymonde Dolisy, Augustine Royer et Violette de Ferluc sont les cinq femmes tuées. Leurs noms restituent ce que le surnom de « tueur de vieilles dames » tend à effacer. Les crimes ont en commun l’âge des victimes et l’intrusion de la violence dans leur domicile, cet espace qui devrait les mettre à l’abri. [1] [2]

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2. Août 1993 : un vol débouche sur un meurtre

La série débute à Chevilly-Larue avec la mort de Marcelle Cavilier, quatre-vingt-sept ans. Dans les récits rétrospectifs, l’agression initiale est liée à un cambriolage. Les vols accompagnent ensuite plusieurs faits. Lastennet présentera lui-même des explications différentes, mêlant l’intérêt pour les biens dérobés à un discours sur le plaisir de tuer. [2] [3]

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3. De Thiais aux Hauts-de-Seine

À l’automne, les crimes se succèdent dans plusieurs communes. Antoinette Bonin est tuée à Thiais, Raymonde Dolisy à Boulogne-Billancourt, puis Augustine Royer à Bourg-la-Reine. Cette dispersion impose de rapprocher des faits enregistrés dans des territoires différents. Leur ressemblance devient un outil de travail : âge des femmes, lieux privés, agressions et vols. [2] [4]

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4. Une sixième victime survit

Rosalie Czajka survit à une agression à Chevilly-Larue en décembre 1993. Elle doit être distinguée des cinq femmes décédées. Sa résistance et l’alerte donnée dans son voisinage interrompent l’attaque, selon les récits de l’enquête. Le procès examinera une tentative d’assassinat en plus des homicides, avec des conséquences durables pour la femme agressée. [2] [5]

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5. Janvier 1994 : la mort de Violette de Ferluc

La dernière femme tuée est Violette de Ferluc, quatre-vingt-douze ans, à Thiais. Sa mort survient au début de janvier, alors que les recherches se poursuivent. Des objets dérobés, notamment une carte bancaire, prennent une place dans le récit du tournant policier. Une confidence de Lastennet à un autre résident de son foyer va être rapprochée des informations publiées sur ce crime. [2] [6]

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6. Ce que la géographie apporte aux recherches

La présentation du documentaire de France Télévisions met en avant la ligne de bus 192 pour expliquer les rapprochements au sud de Paris. Ce repère aide à comprendre l’attention portée aux trajets ordinaires et aux communes voisines. Il ne faut toutefois pas transformer cette image en carte exhaustive : la série comprend aussi Boulogne-Billancourt. [1] [2]

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7. Le signalement venu du foyer

Le 12 janvier, les policiers interpellent Lastennet à son lieu de résidence, à Chevilly-Larue. Le compte rendu publié deux jours plus tard situe l’origine du renseignement auprès d’un autre occupant du foyer. Lastennet n’est donc pas identifié au terme d’une rencontre fortuite avec une patrouille. Une information concrète conduit les enquêteurs jusqu’à lui. [7]

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8. Des aveux à la procédure judiciaire

Lastennet reconnaît cinq meurtres et une tentative. Le 13 janvier 1994, il est mis en examen à Créteil et placé en détention. Les aveux donnent une direction majeure au dossier, mais leur présence ne dispense pas de confronter les déclarations aux scènes, aux objets et aux témoignages. La procédure doit déterminer ce qui peut être retenu pour chaque victime. [6] [7]

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9. Le « double » décrit par l’accusé

Pour parler des crimes, Lastennet évoque un autre lui-même, qu’il désigne à la troisième personne. Son avocat, Pierre-Olivier Sur, reviendra longuement sur cette présentation. Ces paroles appartiennent au discours de l’accusé et à celui de sa défense. Elles ne démontrent pas l’existence d’une entité indépendante qui aurait agi à sa place. Les reprendre sans attribution donnerait à une explication personnelle le statut d’un constat médical ou d’une conclusion judiciaire qu’elle n’a pas. [3] [8]

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10. Les experts et la question de la responsabilité

Les récits du procès rapportent que les experts n’ont pas retenu une démence excluant la responsabilité pénale. Les difficultés psychiques examinées à l’audience ne conduisent donc pas à écarter le jugement des crimes. Le débat judiciaire porte sur sa responsabilité au moment des faits ; les images de vampire ou de double maléfique utilisées dans certains récits n’offrent pas une explication suffisante. [6] [8]

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11. 23 octobre 1997 : la réclusion à perpétuité

Les assises du Val-de-Marne prononcent la perpétuité assortie de dix-huit ans de sûreté. Le compte rendu du Monde date le verdict du jeudi 23 octobre 1997 et détaille les faits retenus : un meurtre aggravé, quatre assassinats et une tentative d’assassinat. Ce décompte mérite d’être conservé. Dire seulement « cinq assassinats » gommerait une distinction du jugement. La période de sûreté ne signifie pas davantage que la peine prend automatiquement fin après dix-huit années. [5]

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12. La détention, puis le décès en 2023

En 2022, Pierre-Olivier Sur affirme que son client souhaite désormais sortir et a évolué. Il s’agit de la position de l’avocat, pas de l’annonce d’une libération. Lastennet meurt le 19 décembre 2023. La notice issue du fichier des décès de l’Insee indique Poitiers et un âge de cinquante-deux ans. Cette donnée impose de corriger les récits encore rédigés au présent. Les sources réunies ne permettent pas de préciser ici la cause médicale du décès. [8] [9] [10]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Cinq homicides et une tentative ont été jugés aux assises du Val-de-Marne. Lastennet avait reconnu les faits. La perpétuité, les dix-huit ans de sûreté et le décès du 19 décembre 2023 sont documentés. Le compte rendu contemporain du verdict donne le 23 octobre 1997.

Incertain ou non établi

Le discours de Lastennet sur un « double » ne doit pas être présenté comme un mécanisme prouvé. La cause du décès n’est pas établie par les sources retenues. Les propositions de sortie rapportées par son avocat ne permettent pas d’affirmer qu’une juridiction avait accordé une libération.

Les dates clés

  1. Août 1993 — Début de la série avec la mort de Marcelle Cavilier.
  2. Automne 1993 — Trois autres femmes sont tuées ; Rosalie Czajka survit à une agression en décembre.
  3. Janvier 1994 — Mort de Violette de Ferluc, puis arrestation de Lastennet le 12.
  4. 23 octobre 1997 — Perpétuité avec dix-huit ans de sûreté.
  5. 2022 — Son avocat évoque publiquement un souhait de sortie.
  6. 19 décembre 2023 — Décès à cinquante-deux ans, enregistré à Poitiers.

Les lieux de l’affaire

Chevilly-Larue et Thiais sont au cœur du dossier dans le Val-de-Marne. Boulogne-Billancourt et Bourg-la-Reine correspondent aux faits des Hauts-de-Seine. Créteil est le lieu de la procédure et du procès. La photographie de l’ancienne mairie de Chevilly-Larue, prise en 2019, situe la commune sans montrer le domicile d’une victime.

Ce qui rend cette affaire singulière

Cette enquête se résout grâce au passage d’un rapprochement entre crimes à un renseignement nominatif. Le procès doit ensuite répondre à une autre question : comment juger un accusé qui reconnaît les faits tout en les attribuant à un autre lui-même ? La responsabilité retenue par les assises et la place des victimes constituent les repères essentiels, au-delà du vocabulaire spectaculaire attaché à l’affaire.

Sources et méthode

Les dates judiciaires reposent sur les comptes rendus contemporains du Monde, prioritaires sur les résumés rétrospectifs. L’inventaire nominatif est signalé comme une source secondaire. Les explications psychologiques sont attribuées à Lastennet, à sa défense ou aux experts tels que rapportés. La notice du fichier Insee actualise le décès : la formulation au présent de certains articles de 2024 n’est pas reprise. Les scènes ne sont pas reconstituées et les détails graphiques sont écartés.

  1. France Télévisions, 28 mars 2024 — présentation du documentaire et géographie des recherches
  2. Wikipédia — inventaire des victimes, communes et récit du signalement ; à recouper avec les archives citées
  3. RTL, novembre 2022 — les propos de Lastennet et le récit de la défense
  4. Le Parisien, 28 juillet 2023 — crimes du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine
  5. Le Monde, 25 octobre 1997 — verdict du 23 octobre et qualifications retenues
  6. RTL, 12 janvier 2024 — arrestation, aveux et débat sur la responsabilité
  7. Le Monde, 15 janvier 1994 — arrestation le 12 et mise en examen le 13 janvier
  8. RTL, 19 novembre 2022 — entretien avec l’avocat Pierre-Olivier Sur
  9. Libra Memoria — notice issue du fichier des décès de l’Insee, 19 décembre 2023
  10. Décès en France — Claude Lastennet, naissance et décès, acte 377