La cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie domine les toits de tuiles rouges d’Elne.
La cathédrale et les toits d’Elne, photographiés le 25 août 2015. Vue de contexte de la commune, postérieure aux crimes de 1991.Photo : Jorge Franganillo — Wikimedia Commons · Source · CC BY 3.0. Photographie conservée en entier, redimensionnée et convertie en WebP ; même licence, sans ajout ni reconstitution.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Christian van Geloven, crimes et procès

CRIMES IMPOSSIBLES

Elne, Saint-Dizier, Saint-Maurice-Navacelles, Perpignan

1991–1994 · décès en détention en 2011

Perpétuité avec trente ans de sûreté · condamné décédé

Elne, 19 octobre 1991. Muriel Sanchez et Ingrid Van de Portaele, deux cousines de dix ans, disparaissent au cours d’une sortie dans leur quartier. Les recherches conduisent à Christian van Geloven, interpellé en Haute-Marne le 1er novembre. Les corps sont retrouvés dans l’Hérault deux jours plus tard. Condamné à perpétuité avec trente ans de sûreté en 1994, il meurt en détention en 2011. Au-delà de sa culpabilité, l’affaire pose la question des alertes antérieures et du suivi d’un homme déjà condamné.

L’affaire en 30 secondes

Les victimes
Muriel Sanchez et Ingrid Van de Portaele disparaissent ensemble à Elne le 19 octobre 1991.
La justice
Le 25 mars 1994, les assises des Pyrénées-Orientales prononcent la perpétuité et trente ans de sûreté.
La question restante
Comment les antécédents, les soins et les alertes ont-ils été appréciés avant les crimes ?

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1. La disparition de Muriel et Ingrid

Le samedi 19 octobre 1991, les deux cousines quittent le jardin d’une maison d’Elne pour une courte sortie au bureau de tabac voisin. Leur absence inquiète rapidement les parents, qui cherchent dans le quartier et préviennent les gendarmes. Leurs proches ne disposent d’aucune explication à leur disparition et espèrent encore les retrouver dans les environs. [1]

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2. Une mobilisation qui ne trouve pas les enfants

Des barrages sont installés, des points d’eau sont examinés et des battues parcourent les bois. Des centaines de gendarmes et de volontaires participent aux recherches, selon la rétrospective de RTL. Malgré cette mobilisation, aucune découverte ne permet de localiser les cousines. La piste d’un enlèvement prend davantage de poids. [1][2]

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3. Un véhicule et un nom à vérifier

Un témoignage évoque un homme auprès d’une voiture, près de l’endroit où les fillettes ont été aperçues. Puis un renseignement téléphonique attire l’attention sur Christian van Geloven, déjà condamné pour des violences sexuelles et présent dans la région au moment des faits. Le documentaire de France Télévisions consacré à la garde à vue rappelle ce basculement. [1][2]

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4. L’interpellation à Saint-Dizier

Van Geloven est retrouvé à Saint-Dizier, en Haute-Marne, loin d’Elne. Il y est hospitalisé après une tentative de suicide survenue pendant son déplacement dans le Sud. Le 1er novembre 1991, il est interpellé et placé en garde à vue. Il reconnaît les crimes dans la nuit suivante. Ces déclarations permettent de chercher des éléments vérifiables, alors que les enquêteurs ne disposent toujours pas des corps. [3][4]

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5. Les corps retrouvés le 3 novembre

Le 3 novembre 1991, les gendarmes retrouvent les corps de Muriel et Ingrid près de Saint-Maurice-Navacelles, dans l’Hérault. Des vêtements sont également retrouvés dans le lac du Salagou. Ces découvertes apportent des éléments matériels à confronter aux aveux. Elles mettent fin à l’espoir de retrouver les deux enfants en vie et ouvrent la phase judiciaire consacrée aux crimes. [3][5]

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6. Deux condamnations avant octobre 1991

Le passé judiciaire de Van Geloven devient une question majeure. En 1984, le tribunal correctionnel d’Orléans l’a condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont trente mois avec sursis, avec une mise à l’épreuve et une obligation de soins. Une nouvelle condamnation avec sursis intervient en 1990. [5]

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7. Les alertes et le suivi en question

L’enquête publiée par Le Monde en mars 1992 retrace les contacts entre Van Geloven, les soignants et les magistrats. Elle rapporte aussi les démarches inquiètes d’une famille avant octobre 1991. Ces éléments nourrissent une interrogation sur l’évaluation du danger et sur la circulation des informations. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer une responsabilité pénale à un professionnel déterminé. [6]

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8. L’ouverture du procès à Perpignan

Le procès s’ouvre le 21 mars 1994 devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales. Les parents de Muriel et Ingrid assistent aux débats. L’état psychique de l’accusé et les explications données par les experts occupent une place importante dès les premières audiences. Les comptes rendus font apparaître une controverse sur son fonctionnement et sur la portée des soins. [7]

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9. La place des enfants et de leurs proches

Les audiences entendent également les proches des victimes. Le compte rendu du Monde du 26 mars souligne l’importance de ces témoignages pour rappeler la vie de Muriel et d’Ingrid. Les familles interviennent dans une procédure qui examine des qualifications pénales et des expertises, mais elles attendent aussi que leurs enfants soient reconnues comme des personnes, au-delà des pièces du dossier. [8]

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10. La perpétuité, le 25 mars 1994

Le 25 mars, Van Geloven est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de trente ans. La cour le reconnaît coupable de l’enlèvement, des violences sexuelles aggravées et de l’assassinat des deux enfants. La peine prononcée est bien la perpétuité : les trente ans désignent la période de sûreté, et non une peine de prison limitée à cette durée. [9][10]

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11. Un décès en 2011, annoncé en 2012

Van Geloven meurt à la prison d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin, le 6 août 2011. L’information n’est rendue publique qu’en mai 2012. Il faut distinguer ces deux dates pour éviter de situer son décès l’année de sa révélation. Les comptes rendus consultés établissent qu’il est mort en détention. [10][11]

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12. Ce que le procès tranche, ce qu’il laisse à examiner

La condamnation de 1994 apporte la réponse pénale aux crimes commis contre Muriel et Ingrid. Elle ne suffit pas à clore la réflexion sur les décisions prises avant leur disparition. Les reportages et les récits d’audience conservent la trace de ces deux dimensions : juger les actes d’un homme et comprendre pourquoi des condamnations et un suivi n’ont pas empêché de nouveaux crimes. Le dossier évite de transformer cette interrogation en certitude rétrospective sur ce que chaque intervenant pouvait savoir. [6][7][9]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Les deux cousines disparaissent à Elne le 19 octobre 1991. Van Geloven est interpellé le 1er novembre ; les corps sont retrouvés le 3 novembre dans l’Hérault. La condamnation à perpétuité avec trente ans de sûreté est prononcée le 25 mars 1994. Son décès en détention, en août 2011, est annoncé publiquement en mai 2012.

Incertain ou non établi

Les articles consultés ne constituent pas l’intégralité du dossier d’instruction ni le texte complet de l’arrêt d’assises. Ils ne permettent pas de restituer chaque déplacement ou chaque échange entre professionnels. La critique du suivi antérieur ne doit pas être présentée comme une condamnation judiciaire de médecins ou de magistrats.

Les dates clés

  1. 1984 et 1990 — Condamnations antérieures et mesures de suivi.
  2. 19 octobre 1991 — Disparition des deux cousines à Elne.
  3. 1er novembre 1991 — Interpellation à Saint-Dizier.
  4. 3 novembre 1991 — Découverte des corps dans l’Hérault.
  5. 21–25 mars 1994 — Procès à Perpignan et condamnation à perpétuité.
  6. 6 août 2011 — Décès en détention à Ensisheim.
  7. Mai 2012 — Annonce publique du décès.

Les lieux de l’affaire

Elne est la commune de la disparition. Saint-Dizier est le lieu de l’interpellation. Saint-Maurice-Navacelles et le lac du Salagou se rattachent aux découvertes matérielles dans l’Hérault. Le procès se tient à Perpignan, puis la dernière étape connue se situe à Ensisheim. La photographie montre la cathédrale et les toits d’Elne en 2015 : elle présente la commune, sans prétendre montrer un lieu précis de l’enlèvement.

Ce qui rend cette affaire singulière

Cette affaire associe une recherche très mobilisatrice, une enquête menée à distance et l’examen critique d’un suivi antérieur. Sa singularité ne réside pas dans la description des violences, mais dans l’écart entre les informations déjà détenues sur Van Geloven et l’impossibilité de protéger les deux enfants.

Sources et méthode

Les comptes rendus contemporains du Monde documentent l’enquête, les audiences et le verdict. Les présentations de France Télévisions et de RTL complètent la chronologie des recherches ; elles sont identifiées comme des récits rétrospectifs. La presse de mai 2012 établit la date du décès. Le texte intégral de l’arrêt d’assises n’a pas été consulté : aucune motivation détaillée ni décision de recours non documentée n’est ajoutée. Le récit reste non graphique et distingue les faits des critiques institutionnelles. Vérification documentaire : 28 septembre 2026.

  1. RTL, Christian Van Geloven : l’enquête, avec Me Étienne Nicolau, avocat des familles, 2021
  2. France Télévisions, 48 Heures : la garde à vue de Christian Van Geloven, dossier de presse du 6 novembre 2017
  3. Le Monde, interpellation et découverte des corps, 5 novembre 1991
  4. La Dépêche du Midi, rappel de l’enquête et décès du condamné, 5 mai 2012
  5. Le Monde, ouverture du procès et antécédents judiciaires, 22 mars 1994
  6. Le Monde, « Crime et tourment », enquête sur le parcours et le suivi, 5 mars 1992
  7. Le Monde, débats sur les expertises au procès, 23 mars 1994
  8. Le Monde, témoignages des familles aux assises, 26 mars 1994
  9. Le Monde, verdict et période de sûreté, 28 mars 1994
  10. La Dépêche du Midi, décès le 6 août 2011 à Ensisheim, 6 mai 2012
  11. Le Monde, annonce du décès en prison, 5 mai 2012