Façade en pierre de la mairie de Mérignac, avec ses colonnes et les drapeaux devant le bâtiment.
Mairie de Mérignac (Gironde), le 27 mars 2016. Vue de contexte géographique antérieure aux faits ; elle ne représente pas la scène du crime.Photo : PA / Wikimedia Commons · Source · CC BY-SA 4.0. Image entière conservée, redimensionnée et convertie en WebP ; aucun recadrage ni filtre. Licence de la source conservée.

L’ENVERS DE L’AFFAIRE · DOSSIER DOCUMENTAIRE

Chahinez Daoud : le féminicide de Mérignac et les défaillances

CRIMES IMPOSSIBLES

Mérignac · Bordeaux · Gironde

2020–2026

Perpétuité en première instance en 2025 ; appel formé

Mérignac, 4 mai 2021. En fin de journée, Chahinez Daoud est attaquée dans la rue par Mounir Boutaa, son mari dont elle cherche à se séparer. Il lui tire dessus puis la brûle vive. Cette mère de trois enfants a 31 ans. L’homme est rapidement arrêté, mais une autre chronologie apparaît derrière le crime : une condamnation pour violences conjugales, des interdictions, une sortie de prison et une nouvelle plainte. Comment les informations détenues par plusieurs services ont-elles laissé cette femme sans protection suffisante ? Le procès de mars 2025 juge l’assassinat. Les inspections et les démarches de la famille posent, sur un autre terrain, la question des défaillances qui ont précédé sa mort.

L’affaire en 30 secondes

La victime
Chahinez Daoud, 31 ans, est tuée le 4 mai 2021 à Mérignac.
Les alertes
Son mari avait été condamné en 2020 ; elle avait de nouveau porté plainte en mars 2021.
La procédure
Perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté le 28 mars 2025 ; le condamné fait appel.

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1. Se séparer dans un contexte de violences

Chahinez Daoud est mère de trois enfants. Les témoignages recueillis au cours du dossier décrivent des violences et un contrôle exercé sur sa vie quotidienne. Elle cherche à se séparer de Mounir Boutaa. À l’approche du procès, ses parents rappellent la vie de leur fille et ce qu’ils attendent de la justice. [1] [2]

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2. Une condamnation avant le crime

Le 25 juin 2020, le tribunal correctionnel de Bordeaux condamne Boutaa pour violences conjugales à dix-huit mois de prison, dont neuf avec sursis. Des interdictions de contact et de présence au domicile de Chahinez accompagnent la décision. Pourtant, pendant sa détention, il cherche encore à la joindre. Elle porte plainte en août. La violence n’était donc pas inconnue des institutions : une procédure avait déjà conduit à une peine et à des obligations destinées à protéger la victime. [3] [4]

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3. 15 mars 2021 : une nouvelle alerte

Après la sortie de prison de Boutaa, de nouvelles violences conduisent Chahinez au commissariat le 15 mars 2021. La mission d’inspection constate que les investigations engagées après cette plainte n’ont pas permis de retrouver l’auteur. Elle souligne aussi l’insuffisante prise en compte du besoin de protection de Chahinez. [4] [5]

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4. Des services qui ne relient pas assez les alertes

Le suivi judiciaire, le travail policier et l’accompagnement de la victime disposent chacun d’informations. Les inspections décrivent une coordination insuffisante et une mauvaise appréciation du danger. La sortie de prison n’a pas donné lieu à une information adaptée de Chahinez. L’affaire révèle la fragilité d’une protection lorsque les données sur les violences, les interdictions et les nouveaux faits ne sont pas rapprochées assez vite pour conduire à une décision. [5] [6]

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5. L’attaque du 4 mai 2021

Le crime se déroule dans le secteur de l’avenue Carnot, à Mérignac. Boutaa attaque Chahinez avec une arme à feu puis met le feu à son corps. Le logement est également incendié. Il est interpellé peu après les faits. La présence de témoins et les constatations permettent d’engager l’enquête sur les gestes, leur préparation et leur intention. [7] [8]

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6. Les enfants et les parents après la mort

Les parents de Chahinez viennent d’Algérie pour s’occuper de leurs trois petits-enfants. Ils doivent organiser une nouvelle vie tout en suivant l’instruction et en préparant leur présence aux assises. Les témoignages publics expriment à la fois le deuil et la demande de comprendre pourquoi les alertes n’ont pas suffi. La famille demande une sanction de l’auteur, mais aussi un examen des responsabilités dans le fonctionnement de la protection. [1] [2]

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7. Ce que demande la mission d’inspection

Le rapport interministériel rendu public en juin 2021 formule des recommandations sur l’évaluation du danger, l’information des victimes et les échanges entre services. Il préconise notamment une attribution plus précoce du téléphone grave danger et une coordination renforcée avec la probation. Elles indiquent des changements attendus ; leur formulation dans un rapport ne démontre pas à elle seule leur application effective. [4]

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8. Des suites disciplinaires distinctes du procès

Une enquête de l’Inspection générale de la police nationale examine le travail policier. En janvier 2022, le directeur général de la police confirme des sanctions visant cinq fonctionnaires. Le traitement de la plainte avait aussi suscité des questions sur l’agent qui l’avait recueillie, lui-même condamné pour violences intrafamiliales. Ces suites concernent les obligations professionnelles. Elles ne doivent pas être confondues avec le procès criminel de Boutaa, ni avec une condamnation de l’État à indemniser la famille. [9] [10]

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9. Mars 2025 : l’assassinat devant les assises

Le procès s’ouvre le 24 mars 2025 devant les assises de la Gironde, à Bordeaux. Les audiences examinent la préparation de l’attaque, les violences antérieures et la personnalité de l’accusé. Boutaa présente la séparation et les comportements qu’il prête à Chahinez comme des motifs de ressentiment. Les parties civiles demandent que la domination et la volonté de punir soient prises en compte dans la lecture des faits. [8] [11]

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10. L’expertise psychiatrique et la responsabilité

Les experts ont conclu à une altération du discernement de Boutaa au moment des faits. Cette conclusion ne correspond pas à une abolition de son discernement et ne le rend pas pénalement irresponsable. Au procès, l’enjeu concerne notamment la diminution de peine qui pourrait en découler. L’avocate générale demande de l’écarter en raison de sa dangerosité. La cour suit cette position : l’expertise demeure une pièce du débat, sans faire disparaître la possibilité d’une peine à perpétuité. [12] [13]

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11. 28 mars 2025 : la perpétuité

La cour condamne Mounir Boutaa à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de vingt-deux ans, pour l’assassinat de Chahinez. Le retrait de l’autorité parentale sur leur fils commun est également rapporté. Cette décision clôt le premier procès, mais pas nécessairement le parcours judiciaire : le condamné dispose d’un recours, qu’il exerce dans le délai prévu. [13] [14] [15]

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12. L’appel et les procédures à distinguer

Le 16 avril 2025, une avocate confirme que Boutaa a fait appel dans le délai de dix jours. Le verdict ne doit donc pas être présenté comme définitif. Les calendriers spécialisés consultés en septembre 2026 annoncent un procès à Périgueux du 23 au 27 novembre, sous réserve d’évolution du calendrier. Parallèlement, la démarche de la famille contre l’État porte sur les défaillances de protection. Son existence ne permet pas de conclure qu’une condamnation de l’État a déjà été prononcée. [7] [15] [16] [17]

Ce qui est établi, ce qui reste incertain

Documenté

Les violences avaient donné lieu à une condamnation en 2020 et à une nouvelle plainte en mars 2021. Des inspections ont documenté des défaillances. Boutaa a été condamné à perpétuité en mars 2025 et a fait appel.

Incertain ou non établi

L’issue de l’appel n’est pas acquise. Les dates de novembre 2026 sont annoncées par des calendriers spécialisés et restent prévisionnelles. Aucune décision définitive de condamnation de l’État n’est établie par les sources retenues ici.

Les dates clés

  1. 25 juin 2020 — Condamnation pour violences conjugales.
  2. 15 mars 2021 — Nouvelle plainte de Chahinez.
  3. 4 mai 2021 — Assassinat à Mérignac.
  4. Juin 2021 — Publication du rapport d’inspection.
  5. Janvier 2022 — Sanctions policières confirmées.
  6. 24–28 mars 2025 — Procès à Bordeaux et condamnation à perpétuité.
  7. 16 avril 2025 — L’appel est confirmé publiquement.
  8. 23–27 novembre 2026 — Procès d’appel annoncé à Périgueux ; calendrier prévisionnel.

Les lieux de l’affaire

Mérignac, en Gironde, est le lieu des faits. Bordeaux accueille le tribunal correctionnel, puis le premier procès criminel. Périgueux est annoncé pour l’appel. La photographie montre la mairie de Mérignac en 2016, avant les faits, et non le lieu de l’attaque.

Ce qui rend cette affaire singulière

Le dossier relie une condamnation pour violences, des interdictions de contact et de nouvelles alertes avant l’assassinat. Il oblige à suivre trois questions distinctes : la culpabilité de l’auteur, les manquements professionnels et la responsabilité éventuelle de l’État.

Sources et méthode

Synthèse du rapport d’inspection et des comptes rendus de presse. Le verdict de première instance, l’appel et les suites disciplinaires sont distingués. Les dates futures reposent sur deux calendriers concordants, sans décision de fixation consultée. Les détails graphiques et l’identité des enfants sont écartés.

  1. BFMTV, parole des parents avant le procès, 18 mars 2025
  2. Le Monde, parcours de Chahinez et enjeux des assises, 24 mars 2025
  3. Le Parisien, condamnation de 2020 et premières défaillances, 10 juin 2021
  4. IGA / IGJ, mission d’inspection sur Mérignac, juin 2021, copie publiée par l’AMF
  5. Le Monde, conclusions de la mission d’inspection, 10 juin 2021
  6. Europe 1, lacunes dans le suivi et la protection, 10 juin 2021
  7. La Dépêche, faits poursuivis et démarche contre l’État, 24 mars 2025
  8. Le Club des juristes, ouverture du procès et qualifications, 24 mars 2025
  9. Le Monde, confirmation des sanctions contre cinq policiers, 5 janvier 2022
  10. Le Parisien, suites de l’enquête de l’IGPN, 27 septembre 2021
  11. Le Parisien, première journée d’audience, 24 mars 2025
  12. Le Monde, réquisitions et discernement au dernier jour du procès, 28 mars 2025
  13. RTL, verdict et période de sûreté, 28 mars 2025
  14. Franceinfo, verdict et retrait de l’autorité parentale, 28 mars 2025
  15. AFP / Le Progrès, appel confirmé par la défense, 16 avril 2025
  16. AideauxTD, calendrier prévisionnel des procès, consulté le 23 septembre 2026
  17. Pamplemousse Magazine, calendrier prévisionnel concordant, consulté le 23 septembre 2026